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Kramer (Stanley).
L.S. à Paul Giannoli.
1 p. in-4, à son en-tête. Pas de date. Sur la première mondiale de son film «Judgment at Nuremberg» pour lequel il sera nommé aux Oscars. «In the meantime, I have been thinking it might be useful if I try to tell you why I decided to make this motion picture now; and the reason for holding the premiere in West Berlin at this particularly critical moment in the relations between the West and East [...]»
Bookseller reference : 21110
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HAVET (Mireille, de Soyecourt).
Arlequin. Image de Printemps. Récit d’Adieux. Dialogue. Narcisse (épopée). 5 poèmes tapuscrits. 1919-1921.
44 feuillets, format in-4. Sans date (1919-1921).Ensemble de 5 longs poèmes de la jeune Mireille Havet (1898-1932) en grande partie inédits. Promise à tous les succès dans les lettres, et soutenue par ses amis Colette, Cocteau, Paul Fort, Natalie Clifford-Barney, et l’entourage des salons mondains, ainsi que celui des premiers surréalistes, Mireille Havet avait été accueillie dans Les Soirées de Paris et qualifiée de manière élogieuse par Apollinaire comme « sa petite poyetesse ». Cette suite de poèmes est tapuscrite, avec quelques rares corrections de coquilles, dans un texte suivant une composition soignée. — Arlequin. S. d. (mai). 8 feuillets avec d’importantes variantes sur le texte qui sera publié dans les Écrits nouveaux de juin 1922. Il s’agit du poème le plus connu de Mireille Havet, inspiré de la trame de son roman autobiographique, Carnaval. — Image de Printemps. S. d. 4 ff. — Récit d’Adieux. S. d. 6 ff. — Dialogue. S. d. (mai). 7 ff. — Narcisse (épopée). 1919-1921. 19 ff.
Bookseller reference : 21111
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HAVET (Mireille, de Soyecourt).
Conte. Manuscrit autographe. à Marcelle Garros.
22 p. in-4 (la dernière effrangée en bordure sans atteinte au texte). St-Raphaël en Provence, commencé le mardi 7 septembre, terminé le mercredi 8 septembre (circa 1921). Nombreuses ratures et corrections. Les manuscrits de Mireille Havet sont d’une grande rareté, malgré l’ampleur de son œuvre découverte récemment (son Journal en cours de publication aux éditions Claire Paulhan comporte déjà cinq volumes), la plupart de ses papiers ayant disparu. Une partie seulement fut redécouverte au milieu des années 1990 dans les archives de Ludmila Savitzky, légataire de Mireille Havet, et déposée dans une collection publique. Conte très probablement inédit dédié à son amie Marcelle Garros, veuve de l’aviateur Roland Garros mort en 1918. C’est Jean Cocteau qui lui présentera Mireille Havet ; Marcelle Garros deviendra un temps son amante et l’initiera à l’opium, tout en la soutenant et l’encourageant dans sa création littéraire. Récit envoûtant et plein de sensualité, il évoque les soirées dans une fumerie d’opium avec tout son cérémonial et ses accessoires, entremêlé à une histoire d’amour saphique ressassée sans fin… (…) Vos amis aimaient votre maison, votre vie, votre beauté régulière qui dédaignait le luxe de la ville couchée dans la lumière et d’où vous êtes venue légère pour quelques saisons (…). Pour cette demeure silencieuse ou vous avez réussi l’atmosphère de conte, un songe aux yeux ouverts entre l’esprit et le corps docile d’une amie (…). Le récit se termine ainsi : Madame terminons ce mensonge je ne connais pas votre maison j ’ignore même si comme le dit la légende vous y habitez seule ou avec une amie vous savez mieux que moi que je n’y entrerai jamais et qu’il n’y a pas de terrasse. Tout ceci est une histoire. J ’ai rêvé devant une façade close aux livres que j ’aime… Et au verso de cette dernière page, cet envoi : Pour toi Marcelle, que j ’ai écrit cette histoire [que] tu m’as toi-même répétée, pour te distraire. Cette maison, nous l’avons vue hier en nous promenant. Tu m’as raconté ce qu’on disait autrefois sur la propriétaire mais tu sais bien que j ’ignore comme toi jusqu’au nom de cette femme.
Bookseller reference : 21112
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COCTEAU (Jean).
La Chambre nuptiale. La Machine infernale MANUSCRIT AUTOGRAPHE signé de l’étoile.
3 pages in-4 d'une écriture bien serrée, s.d. (1932). " Regarde, spectateur, remontée à bloc, de telle sorte que le ressort se déroule avec lenteur tout le long d'une vie humaine, une des plus belles parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l'anéantissement mathématique d'un mortel ".Très beau document. Il s'agit d'un premier jet de l'acte III de la Machine infernale intitulé La Chambre nuptiale, il deviendra La Nuit de noces dans la version définitive. Il peut se lire comme le synopsis de cette scène dans laquelle Oedipe et Jocaste après la célébration de leur mariage sont dans la chambre d'amour, l'inceste ayant été consommé, " rouge comme une petite boucherie ". Il se déroule dans un climat de sensualité et de sommeil, les dialogues oscillent du duel au duo, du débat politique à l'ébat érotique… La Machine infernale, écrite en 1932 fut jouée pour la première fois le 10 avril 1934 à la Comédie des Champs-Élysées à Paris, théâtre alors dirigé par Louis Jouvet qui s'occupe de la mise en scène, dans des décors et des costumes de Christian Bérard. C'est Jean Cocteau lui-même qui prononce les paroles de la Voix; Jean-Pierre Aumont est Oedipe, Marthe Régnier Jocaste, Lucienne Bogaërt le Sphinx... La pièce se fonde sur Œdipe roi de Sophocle dont Cocteau avait déjà écrit une adaptation en 1925 qu'il reprendra dans l'acte IV. L'idée du premier acte s'inspire directement de celui d'Hamlet avec le fantôme de Laïus que personne ne voit ni n'entend. Mais la pièce garde une parfaite unité, en orchestrant avec une ampleur nouvelle, les thèmes et les procédés des précédentes pièces "antiques" de Cocteau. Le livre fut publié pour la première fois chez Grasset dans la collection "Pour mon plaisir" en 1934, il était illustré d'une suite de 16 dessins hors texte de Jean Cocteau intitulée "Le Complexe d'Oedipe". La même année Cocteau publie Mythologies avec 10 lithographies de Giorgio de Chirico.La pièce est dédiée " à Marie-Laure et à Charles de Noailles ". Les relations entre Cocteau et Marie-Laure de Noailles ont été souvent mouvementées et passionnelles. Elle aurait, dans un accès de colère, brûlé le manuscrit de La Machine infernale qui lui avait été offert.
Bookseller reference : 21114
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REVERZY (Jean).
L.S. à Jacques Brenner.
1 p. in-4, Lyon, 11 novembre 1954, à en-tête de son cabinet. Belle lettre au sujet du premier roman de Reverzy Le Passage (Julliard), qui obtient le prix Renaudot 1954 lui assurant brutalement plus de 100 000 lecteurs, la célébrité, une vie publique… “Excusez-moi d’avoir tardé à vous remercier pour l’article que vous avez consacré à mon roman. C’est hier seulement que j ’ai connu cet article chez notre éditeur où j ’étais allé connaître « ma presse ». Le bien que vous dites de mon livre me touche et m’encourage. Ce n’est pas sans inquiétude que j’ai pu envisager le jugement que porteraient sur mon ouvrage les gens de ma génération ; et, m’étant mis à écrire tardivement, j’ai pu craindre que ma pensée et les réactions de ma sensibilité en face de la vie fussent démodées. L ’accueil d’un écrivain comme vous, marqué par les événements d’un même temps, m’ôte bien des inquiétudes. Soyez en remercié…”
Bookseller reference : 21123
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HERBART (Pierre).
L.A.S. à Jacques BRENNER.
1 p. in-8, Paris, 14 mai 1959, env. cons.Il part sans délai pour Cabris... “Verrai là-bas si j’ai quelque chose à vous donner pour un n° futur [des Cahiers des Saisons]. En attendant voici le poème de M. Sager dont je vous ai parlé...”
Bookseller reference : 21125
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HERBART (Pierre).
L.A.S. à Jacques BRENNER.
2 p. in-4, Cabris, 29 novembre 1963.“Voici le texte dont je vous avais parlé. Je n’ai pu me résoudre à remplacer par Cocteau l’initiale (page 1 et 3) que j’avais mise. Toutefois, si, après lecture, vous jugez qu’on peut le faire, je vous autorise à y aller. (...) Ne pouvez-vous m’envoyer dès maintenant de l’argent pour ce Castor ? Je suis toujours dans une horrible misère. A part cela, tout va bien - et j’aurais des histoires bien étranges à vous raconter”. Il lui demander de renvoyer la page manuscrite de “Peau d’Ange”... et “le manuscrit de Castor, avec une copie dactylographiée...” Joint la minute de réponse de Brenner (1 p. in-8 écriture très serrée). Les deux nouvelles ont paru dans Les Cahiers des Saisons puis, dans Histoires confidentielles chez Grasset en 1970. Très bons documents.
Bookseller reference : 21126
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HERBART (Pierre).
L.A.S. à Jacques BRENNER.
2 p. in-8, 30 septembre 1970."Peau d'Ange, publié par vos soins dans "Les Cahiers des Saisons", je suppose (car je n'ai jamais su que cela avait paru : il est vrai que nous étions un peu brouillés à l'époque, sans doute par ma faute - et je me réjouis que cette absurde fâcherie soit effacée, n'est-ce pas ?) m'est arrivé hier. Je voulais savoir comment vous vous en étiez tiré avec la fin. Fort bien ma foi. Comme j'étais en train de corriger les épreuves des Histoires imaginaires, j'en ai pris de la graine, adopté votre formule, c'est-à-dire supprimé la dernière phrase (Il faut maintenant parler des robes.) supprimé aussi votre ligne de points de suspension. Donc, la fin est : Si seulement tu étais jaloux de tout le monde, dit-elle. [sans mention du genre : "le texte est resté inachevé"] - ce qui me convient parfaitement. Je n'aime pas les choses parachevées". Il a renvoyé les épreuves et demande le texte de la "prière d'insérer" "que vous avez si gentiment et si bien rédigée...""Peau d'Ange" est la dernière des Histoires confidentielles (Grasset, 1970).
Bookseller reference : 21128
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HERBART (Pierre).
L.A.S. à Jacques BRENNER.
2 p. in-4, 4 août 1970."Les “plans” sont un peu changés. Voici. Studio à votre disposition le 11 septembre, de 9h. du matin à 13h. Le réalisateur Guimard (?) sera là, bien entenduà s’occuper des gens pour lectures. Quant à nous deux...” Il passe le mois d’août chez François Michel. “Rentrerai Paris exprès pour préparer avec vous notre émission, vers le 5 septembre. Dites moi si tout cela marche. Mais il serait dangereux de faire remettre l’émission...”
Bookseller reference : 21129
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PONS (Maurice).
L.A.S. à Maurice Noël.
2 p. in-4, “mercredi soir” (1953 ou 54).Il a appris la nouvelle de l’accident de Maurice Noël et il a pour lui un très grande peine... “et je compatis d’autant mieux que je suis resté moi-même dix semaines dans le plâtre...Il veut faire quelque chose... “Peut-on venir vous voir? vous faire parvenir une surprise? vous distraire? vous aider pour votre journal? vous promener en voiture? Vous me rendriez heureux en me demandant tout ce qui pourrait vous faire plaisir ou vous être utile...” Il n’a d’autres obligations à ce moment et se propose d’être entièrement dévoué à lui si il le veut...“Profitez bien de ce que l’immobilité apporte, tout de même, de sagesse et de repos. (Vous souvenez-vous de ma fameuse nouvelle du Figaro, souvenir d’un long voyage immobile à l’hopital?) (...)
Bookseller reference : 21137
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LACRETELLE (Jacques de).
L.A.S. à Pierre André-May.
1 page (26,5 x 21 cm), 11bis rue Vézelay." Je suis très touché par la pensée que vous avez eu. Mais à mon grand regret, je n’ai rien en ce moment, que je puisse vous envoyer pour “Intentions”. Je lirai avec plaisir votre revue (...) et j’espère pouvoir en dire quelques mots dans une petite chronique sur “les jeunes” que j’écris parfois dans la Revue de la Semaine”.
Bookseller reference : 21197
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PATOCCHI (Pericle).
C.A.S. à Yanette Delétang-Tardif.
1 carte postale de Lugano (Suisse), 12 janvier 1957.“Chère amie, veuillez s.v.p. prendre une lame Gilette et transformer l’y en un ï dans la naïade du petit poème que je vous ai envoyé avant de quitter Paris. Il est vrai qu’il s’agit là d’une odelette bien modeste et bien indigne de la gente personne à qui elle est adressée, mais ce n’est pas une raison pour qu’on n’y respecte pas l’orthographe des naïades qui dans leur innocence ne méritent pas une pareille injure.”
Bookseller reference : 21207
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Spoelberch de Lovenjoul (Vicomte Charles de).
L.A.S. à un confrère.
4 p., 18 × 11,3, à son chiffre, Bruxelles, 1er août 1895. Au sujet d’une archive musicale… Spoelberch de Lovenjoul constitua une imposante bibliothèque des écrivains du XIXe siècle dont il était spécialiste (Balzac notamment), qu’il légua à l’Institut de France en 1905. Votre aimable proposition me touche beaucoup et je vous suis on ne peut plus obligé d’avoir songé à moi dans cette circonstance. Mais ces documents si intéressants ne rentrent pas dans le cadre de mes recherches et je vous conseille bien vivement si la famille de Mayerbeer ne les désirait pas, de les proposer à M. Nuitter le bibliothécaire de l’Opéra. C’est dans cette bibliothèque que leur place est marquée, me semble-t-il, à côté de tant de souvenirs précieux de tous les librettistes et de tous les grands musiciens dont les chefs-d’œuvre ont paru sur cette grande scène. P.S. Peut-être cela intéresserait-il aussi M. Gaston Calmann Lévy, le plus jeune des trois frères à la tête de cette maison de librairie. Il s’occupe beaucoup de musique et rassemble certains documents et certaines partitions.
Bookseller reference : 21208
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CURTIS (Jean-Louis).
Jean Paulhan vu par Marcel Proust.
Manuscrit de travail de 8 p., 27 × 21, avec des ratures et des ajouts. Pastiche littéraire de Jean-Louis Curtis, c’est un chapitre d’À la Recherche du Temps posthume qui fut publié chez Fasquelle en 1957 dans la collection Libelles. D’autres volumes de pastiches du même suivront : La Chine m’inquiète en 1972 (les évènements de Mai 68 vu par…) ainsi que La France m’épuise en 1982 (la victoire de Mitterrand de 1981). Nous donnons, à titre d’échantillon, la première phrase du manuscrit : “J ’eus aussi le grand plaisir de rencontrer chez Roberte Swann, mon ami Jean Paulhan, l’un des hommes les plus suavement perspicaces du siècle, dompteur de l’édition doué d’un magnétisme assez puissant pour juguler pendant des années une ménagerie d’écrivains altérés de gloire, dont il savait apaiser, d’une parole douce, insinuante et ténue comme une caresse, les farouches appétits et les grinçantes impatiences, et que l’on voyait ronronner à ses pieds, fauves provisoirement apprivoisés, dans son bureau directorial de la N.R.F., critique assez subtil pour qu’on ne sût jamais avec précision s’il vous adorait dans vos faiblesses et vos manques ou vous dédaignait dans vos vertus et vos mérites, rhétoricien assez agile pour enrober dans des apophtegmes aigus comme des énigmes, excitants comme des toniques, insolites comme des paradoxes, les vérités permanentes du bon sens, les classiques évidences d’un Boileau ou d’un Sainte-Beuve, de sorte qu’ayant écrit un ouvrage où il raillait l’inhibition, la paralysie qui empêchent aujourd’hui un si grand nombre d’écrivains de dire avec simplicité le peu qu’ils ont à dire et qui, par exemple leur font croire naïvement qu’un « ciel bleu », un « lac tranquille » sont des choses qui ne se peuvent plus nommer, on pensa généralement que ces Fleurs de Tarbes (c’était le titre du libelle) inauguraient dans les lettres la douloureuse mode des crampes stylistiques, intronisaient le mal même qu’elles dénonçaient — c’est-à-dire une forme particulièrement exquise et torturée de l’impuissance, la Terreur devant le langage — et que l’on prit pour d’inquiétantes orchidées tropicales ces honnêtes pivoines pyrénéennes”.
Bookseller reference : 21212
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VAN DER MEERSCH (Maxence).
Invasion 14. Ensemble de documents, manuscrit autographe et tapuscrit.
- 1 L.S. d’une page, 21 x 13,5 cm, à en-tête de R. Esménard des éditions Albin Michel à M. Monod, Club du Meilleur Livre, Paris, le 2 juin 1954. Madame Maxence Van der Meersch par l’intermédiaire des éditions Albin Michel transmet les pages inédites et le tapuscrit des carnets intimes de Van der Meersch destinés à enrichir l’édition d’Invasion 14 qui paraîtra au Club du Meilleur Livre la même année. - 4 pages autographes extraites du manuscrit de Maxence Van der Meersch d’une écriture très dense avec des ratures et des corrections (22 x 16,5 cm).- 3 pages tapuscrites avec des corrections manuscrites extraites des “Réflexions tirées des carnets intimes de Maxence Van der Meersch”, c’est le titre de ces pages (27 x 21 cm). Invasion 14 retrace les années d'occupation allemande dans le Nord de la France pendant la Première Guerre mondiale. C'est un roman fresque aux personnages multiples qui s'inspire de témoignages, d'anecdotes et de faits réels recueillis par l'écrivain. Paru chez Albin Michel en 1935 il manqua le prix Goncourt d’une voix, mais il obtint l'année suivante pour un autre roman L'Empreinte du dieu.
Bookseller reference : 21213
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MARGERIT (Robert).
Vacances. Tapuscrit signé.
17 p. dactylographiées, 27 x 20,5, avec des corrections et des ajouts autographes, daté et signé 20 juillet 1946. Publié sous ce titre, Vacances, dans Les Œuvres Libres, Nouvelle Série no 58 (294), en janvier 1952. Cette nouvelle plonge le lecteur dans la même ambiance sourdement érotique que celle du roman publié deux ans plus tôt chez Gallimard: Par un été torride. La découverte pour le jeune Raymond de la féminité en la personne d’Henriette grimpée à l’échelle pour la cueillette des cerises… Devant le potager des Chassagne, elle ôta de son bras nu, rond et brun, son panier qu’elle tendit en souriant. — vous me le tiendrez. Une longue échelle rustique était dressée contre l’un des deux grands cerisiers qui faisaient au potager un fronton de feuillages. Henriette empoigna les montants et se mit à grimper. Raymond, ne sachant s’il devait la suivre ou demeurer à tenir l’échelle, attendait en la regardant machinalement. Il remarqua le gonflement charnu de ses bras dans la traction, puis le mouvement de sa taille, le renflement de sa croupe…
Bookseller reference : 21216
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APPIA (Béatrice).
C.A.S. signée à Jean Carteret.
1 carte postale “Victoire détachant sa sandale”, datée 28-12-57. “Cher Jean Impossible d’écrire. Je suis paralysée par la ronde infernale des nuits blanches, jours noirs et inversement (aussi). J’espère toujours te voir bientôt, et reposé. T’embrasse.”
Bookseller reference : 21251
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SICHEL (Pierre).
12 L.A.S. et 1 telegramme à Pierre André-May.
14 p. in-4 sauf une in-8, certaines sont datées (de 1922 à 1924). Pierre Sichel, poète et peintre, ami de Valery Larbaud, publiera dans les no 8, 12, 17 et 20 de la revue Intentions. Il est l’auteur d’une biographie de Modigliani, un court roman : Banal ou les ruses de la presse en 1926, Si la peinture est une métaphysique en 1952, et donnera des articles dans la N.R.F. Cette correspondance fait mention de Jean de Tinan, Gide, Delteil (à propos de Choléra), de Mac Orlan (La Vénus Internationale), Larbaud (Amants, heureux amants). Le plus souvent il s’agit de ses articles pour la revue.
Bookseller reference : 21255
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BECKETT (Samuel).
6 L.A.S. ou C.A.S. au comédien Georges Adet + 4 L.A.S. ou C.A.S. de Suzanne Beckett au même et à sa femme. Soit un ensemble de 10 lettres sur 12 pages.
6 pages de différents formats, datés de Paris et Ussy sur-Marne, 15 avril 1957 - 19 novembre 1965. Toutes les env. cons. (Sam Beckett) + 6 pages, 4 juin - 22 décembre 1959. Env. cons. Belle correspondance toute en sobriété, amicale et affectionnée. Georges Anet jouait Nagg dans Fin de partie dans la mise en scène de Roger Blin. Fin de Partie, écrite en français puis traduite en anglais par Beckett (Endgame), est jouée pour la première fois le 1er avril 1957, au Royal Court Theatre de Londres puis au Studio des Champs-Elysées à Paris. 15 avril 1957, env. cons. "Je reçois à l'instant votre lettre. Nous sommes après Londres à la campagne et comptons y rester encore un petit moment. Merci de votre gentille invitation, ce sera pour plus tard avec joie. Nous nous verrons probablement la semaine prochaine. J'ai téléphoné à Madame Adet en arrivant à Paris, mais à une heure sans doute pas assez matinale car ça ne répondait pas. Je vous prie de lui présenter mes hommages. Bien amicalement de nous deux et à bientôt.".9 mai 1957, env. cons. "Nous quittons Paris demain et ne sommes de retour que vers le milieu de la semaine prochaine. Nous ne pourrons donc, à notre grand regret, avoir le plaisir de diner chez vous lundi prochain. Ce sera si vous voulez bien pour un autre lundi, bientôt j'espère. Félicitations de votre grand succès dans Fin de partie. Tout le monde parle de vous. Bien amicalement de nous deux à madame Adet et à vous-même".2 avril 1960, env. cons. "Cher ami merci de votre gentille lettre. Je suis très content que cette pièce vous ait plu. A la campagne jusqu'à la fin de la semaine prochaine. Je vous ferai signe à ce moment-là Ce sera bon de vous revoir. Bien amicalement de nous deux."10 mai 1961, env. cons. "Cher ami j'y pense après votre coup de téléphone, avez-vous besoin d'un coup de main cette fois ? Je n'ose rien faire sans votre accord. Un simple oui sur une carte postale et j'oserai. Amitiés à vous deux de nous deux."15 mai 1961, env. cons. "Chers amis merci de votre lettre. Je suis heureux de pouvoir vous donner ce petit coup de main. Courage. Amitiés."19 novembre 1961. "Chers amis merci de tout cœur de votre gentille lettre. Nous vous envoyons nos pensées affectueuses."Les lettres de 1959 de Suzanne Beckett à Mme Adet lui sont adressées tandis que son mari est soigné d'une tuberculose au sanatorium de Bligny. Suzanne Dechevaux-Dumesnil rencontre Samuel Beckett en 1938 et l'épousera en 1961. Les 4 courriers sont signés S. et S. Beckett. 5 juin 1959, env. cons. "Chère madame. J'ai essayé deux ou trois fois de vous téléphoner. Je voulais savoir comment vous alliez. Je suppose que malgré votre courage vous devez vous sentir quelquefois désemparée sans doute. Enfin une bonne partie et sans doute la plus lourde, est passée. On vous envoie ce petit (...) avec ma lettre, bien ridicule, pour que vous vous offriez le cinéma un jour de cafard en pensant que deux de vos amis voudraient faire bien davantage pour vous en ce moment."10 septembre 1959. Carte à Monsieur Adet Sanatorium de Bligny. "Chers amis. Nous avons été bien contents de voir que l'appareil avait pu surprendre un petit sourire radieux de vous deux. Merci d'avoir pensé à nous envoyer cette gentille photo. (...) bien sûr qu'on s'embrasse, et pourquoi pas ?2 octobre 1959, env. cons. "Voilà un petit morceau de truc machin chose qui vous apportera les pensées de Roger Blin Jean Marais et nous deux qui avons parlé de vous deux hier au soir autour de quatre verres."22 décembre 1959, env. cons. "Chers amis. Nous sommes honteux de ne pas vous avoir encore répondu. Il faut que ce soit bientôt la période des vœux pour qu'on prenne la plume alors qu'on ne s'en croyait plus capable et qu'on dise à nos amis que nous espérons que l'année prochaine sera autrement merveilleux que cette année qui ne fut pas brillante mais qui aurait pu être pire. On n'ose pas vous donner un petit rendez-vous à Paris. Nous sommes souvent à Ussy et quand on va à Paris c'est en coup de vent. Mais dès que ce sera possible nous n'y manquerons pas. Passez bien les fêtes, de cœur avec vous."Joint 5 coupures de presse concernant En attendant Godot, Oh les beaux jours, l'exposition Beckett en 1971 à l'université de Reading (Royaume uni), et Beckett est joué aussi en javanais (c'est le titre de l'article).
Bookseller reference : 21274
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NERVAL (Gérard de).
L.A.S. à l’éditeur Buloz.
1 page in-8 (20,5 × 13,5) sur un double feuillet, s. d. [août ou septembre 1849], adresse au verso à Monsieur Buloz à la Revue des deux Mondes. À propos des Confidences de Nicolas, (qui devient Les Confessions) une importante étude sur la vie et de l’œuvre de Restif de la Bretonne qui ne paraîtra qu’en août et septembre 1850 à la Revue des deux Mondes et prendra place en volume dans Les Illuminés chez Victor Lecou en 1852. “J ’ai pensé naturellement que vous ne commenceriez pas cette quinzaine les Confessions de Nicolas. La publication du Constitutionnel* m’a obligé moi-même à changer quelque chose au plan de la 2e partie qui j ’espère bien pourra compléter l’ensemble. Le besoin d’une somme assez forte pour un billet m’a forcé à consacrer huit jours à un travail relatif aux publications futures du jour de l’an. Je reviendrai vous voir avec de nouveaux éléments après votre numéro. Votre bien dévoué Gérard de Nerval”. *Dans le Constitutionnel des 16-17 et 18-19 août 1849 où paraît une étude de Charles Monselet sur Restif qui gêne Nerval. Nerval, Œuvres Complètes, Pléiade I, pp. 1436-37.
Bookseller reference : 21280
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SCHWOB (Marcel).
L.A.S. à RACHILDE.
4 p. oblongues in-12, Paris, mercredi [1889]. Très belle lettre sur Monsieur Vénus. “Vous aviez raison — j ’ai été terriblement mystifié. La préface de Barrès m’avait mis en garde — mais tout de même je me suis laissé aller — c’est si gentil. Monsieur Vénus — vous savez que ce n’est pas un livre compromettant — mais affreusement dangereux. Il est vraiment trop séduisant, votre jeune homme, avec sa dorure de soleil sur la peau, son cou et ses mollets. Je m’arrête pour ne pas dire de sottises. Je ne déteste pas Raoule mais j ’aime mieux Jacques — ce qui est affreux et contraire à la morale. Vous me permettrez maintenant de dire, même après Barrès, que votre livre est un chef d’œuvre de perversité toute autre ; — que je saurais le comparer aux livres du XVIIIe siècle qui satisfont tous la curiosité. Ce que le vôtre a d’admirable, c’est qu’il la laisse inépuisée et haletante. C’est un grand mystère de cœur et de chair — et comme tous les mystères, on le désire beaucoup et on ne s’en lasse point. Ce livre m’a compromis vis-à-vis de moimême au point que ce brave de Raittolbe m’est bien insupportable — je suis presque jaloux de cet affreux être à moustaches pommadées qui ne comprend pas les choses. Je crois que je couperai dans le livre les pages où il est question de lui — afin de pouvoir le relire avec toujours le même charme. Pourquoi cet abominable individu braque-t-il un revolver sur Jacques qui devait être si adorable en femme ? (…) Mais voilà une lettre inconvenante au plus haut point. Vous voudrez bien vous souvenir que je parle à l’auteur de Monsieur Vénus et qu’il faut aussi que vous portiez la peine de m’avoir mystifié par un supplice de Tantale”. Il l’assure de toute son admiration et de ne pas l’oublier auprès de monsieur Vallette…
Bookseller reference : 21504
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SCHWOB (Marcel).
L.A.S. à un “cher monsieur”.
1 p. in-8 sur un double feuillet vergé “Rye Mill”, Paris, “11, rue St Louis en l’ile” 28 décembre 1904. “J’ai oublié parmi les femmes auteurs de nommer et de dire que j’admire - Mme Rachilde - et n’oubliez pas aussi Léon Bloy et Laurent Tailhade, deux puissants satiriques et magiciens du verbe...”
Bookseller reference : 21505
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FORNERET (Xavier).
Ensemble de 10 documents notariés signés.
30 pages de format divers mais le plus souvent 29,5 × 19,5. Beaune, 1851-1854. Huit signatures autographes de l’Homme noir. Cet ensemble comprend trois actes notariés signés de la main de Xavier Forneret. Le premier, en date du 22 juillet 1851, concerne la vente de terrains, dont Forneret est propriétaire, à la commune de Demigny par l’intermédiaire du maire. Les portions de terrain seront employées alors au redressement et élargissement du Chemin de Gde Communication n°4 de Chagny à St. Loup-de-la Salle… Les deux autres sont des reçus signés par Xavier Forneret adressés à son notaire Maître Faivre. Les sept autres actes sont les écritures des dépenses et recettes faites pour Forneret par Maître Faivre, notaire à Demigny. Ces documents à marges réglées à l’encre et à la plume portent 8 fois la signature de Xavier Forneret et souvent sont précédées de mentions familières comme J ’ai lu et j ’approuve ou J ’ai examiné et j ’approuve sauf erreur ou omission. Rien donc d’extravagant quoique ? Provenance : Francis Dumont. On joint une copie faite de sa main de l’acte de naissance et de l’acte de décès de Forneret ainsi que le croquis de son arbre généalogique. De bien précieux documents, qui mériteraient d’être enluminés par Pierre Alechinsky !
Bookseller reference : 21511
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DELTEIL (Joseph).
ENSEMBLE DE LETTRES ET DE DOCUMENTS. 1 L.A.S. et 1 C.A.S. à Franz HELLENS + 9 L.A.S. et 15 C.A.S. à Jacques Antoine + 4 L.A.S. ou C.A.S. de Caroline Delteil au même + et divers documents.
30 p. in-8 ou in-12 pour la plupart, lettres ou cartes postales illustrées. La Tuilerie de Massane, 29 juin 1969 pour F.H. 29 juin 1971 - janvier 1978 pour J.A., nombreuses enveloppes cons. Une des cartes comporte un amusant dessin original (volatile). Sympathique correspondance amicale. Jacques Antoine, éditeur et libraire à Bruxelles à l'enseigne de La Jeune Parque, fut mis en contact avec Delteil grâce à Franz Hellens dont il fut l'exécuteur testamentaire. Très tôt le projet d'une exposition organisée à Bruxelles va se profiler… A Frans Hellens : " On me dit que vous avez écrit un magnifique article pour le N° spécial d'Entretiens qui m'est consacré. Il me tarde de le lire (…) Par ailleurs, les directeurs de la revue ont envie de publier dans la même série la reproduction de votre spécial du Disque Vert sur Lautréamont. Ils me demandent s'ils pourraient vous écrire à ce sujet pour vous demander l'autorisation… Et maintenant je pars en vacances, juillet et août dans les forêts, quelle joie pour l'homme des bois que je me sens de plus en plus… "" Mais je suis ravi bien sûr de cette idée d'exposition chez Jacques Antoine ! "" Vous êtes bien gentil de vouloir quand même faire cette petite exposition, et en somme de remplacer vous-même l'auteur… " Il lui propose de l'accueillir à La Tuilerie : "Vous savez qu'ici nous vivons à la bonne franquette. Venez donc déjeuner, diner, etc. à votre aise ".Le tournage du film documentaire de Jean-Marie Drot sur plusieurs jours (" Vive Joseph Delteil ") va retarder un peu les choses. Les livres et documents prévus pour l'exposition de Bruxelles devant être utilisés aussi pour le film… " Je me sens un peu comme un bandit de grand chemin, et m'en excuse très sincèrement. Mais cela me tombe dessus comme une bombe. Drot, qui était en panne depuis un an et plus, se manifeste tout à coup, et le jour de votre visite… Je me vois soudain démuni de tout pour ce grand œuvre. Que faire ? Je n'ai pu que me jeter à vos trousses… "" D'accord pour la lettre Breton, à la réflexion je ne crois pas que c'est à moi à la publier, elle ne fait honneur ni à lui ni à moi… "On joint :-1 brouillon de télégramme de condoléance de Jacques Antoine à Caroline à la mort de Delteil, ainsi qu'un texte autographe sans doute pour la présentation de l'exposition de Bruxelles.-Divers documents concernant le film de Jean-Marie Drot.-2 photographies en couleurs (13,2 x 9) portrait de Delteil chez lui.-11 photographies noir et blanc (12,3 x 8,6) vues de l'exposition à Bruxelles, vitrines, etc. Sur l'une d'elle on peut reconnaitre Jacques Antoine.
Bookseller reference : 21552
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BUET (Charles).
13 L.A.S. ou C.A.S. à Gabriel Mourey.
21 p. formats divers. Paris, Chambéry, Thonon-les-Bains, 29 mai 1892 — septembre 1895. 1 lettre à en-tête du Logis du Chat Noir.Charles Buet (1846-1897), écrivain et journaliste, a reçu avenue de Breteuil beaucoup d’écrivains catholiques, comme lui, volontiers polémistes : Barbey d’Aurevilly, Léon Bloy ; mais encore François Coppée ou J.-K. Huysmans qui le prit, dit-on, comme modèle de Monsieur Chantelouve dans son roman Là-Bas. Correspondance amicale et littéraire très intéressante, qui mêle stratégie mais également cordialité et humour. Mentions de Barbey d’Aurevilly, Gourmont, Daudet, Sarah Bernhardt , Loti, J. Albiot, etc. Il est question dans une ou deux lettres du frère de Buet, Guillaume, dans une mauvaise passe, mentions aussi des journaux ou revues : L ’Idée Libre, Le Chat Noir, Le Figaro, Gil Blas. “…je suis assez d’avis que, lorsqu’on veut faire quelque chose, il est bien inutile, quand il n’est pas nuisible, d’obtenir la permission d’intermédiaires quelconques. Dans la circonstance présente, et si nous nous entendons bien, nous n’avons aucunement à prendre l’avis de Mlle Read, parce que cela nous amènerait à solliciter l’avis de Bloy, et peut-être à implorer celui de Péladan. Quant à ce que pensait des statues en général, et de la sienne en particulier, notre Barbey d’Aurevilly, peu nous en chault (sic). On fait dire aux morts tout ce qu’on veut, car ils ne sont plus là pour rétorquer. Agissons donc, vous et moi, de notre propre initiative, et si il y a des coussins à interposer entre nos projets et des oppositions plus ou moins sensiblerimentales, je m’en charge…”
Bookseller reference : 21575
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(FAUTRIER). MALRAUX (André).
C.A.S. à Jean PAULHAN.
2 p. in-12, Paris, à en-tête du Ministère d’Etat aux Affaires Culturelles, 15 décembre (1963).Belle et terrible lettre sur Jean FAUTRIER.“Cher Jean - je crains que l’on ne puisse, en effet, aider Fautrier. Quand la mort rôde, on n’aide les gens que sur l’essentiel (et je n’ai jamais été assez lié avec lui pour y penser) ou sur leurs désirs. Le sien semble être cette rétrospective à laquelle, me disiez-vous, rien ne s’oppose. Je le lui écris. Alors ? A Carré de jouer, un peu par vos soins? (Son petit problème de Légion d’H. sera réglé pour la prochaine promotion donc jour de Pâques).Merci du Nimier, que je vous retourne. Je ne le connaissais pas. Comme c’est loin!”La rétrospective eu lieu au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris en avril-mai 1964. Fautrier décédera le 21 juillet la même année à Châtenay-Malabry.
Bookseller reference : 21576
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GRACQ (Julien).
L.A.S. à l'éditrice de Monnerot, "Chère Madame".
1 pleine page in-8 très dense. 29 juillet 2004.Au sujet de la réédition de la Sociologie du Communisme de Jules Monnerot aux éditions du Trident."C'est une heureuse nouvelle, et c'est une nouvelle forte, dans un temps où les vrais livres d'idées n'abondent pas. Cette lecture a jadis marqué pour moi l'année 1949 d'une pierre blanche. Je ne suis ni sociologue ni philosophe, mais l'histoire m'est restée proche, toujours, et le livre a libéré pour moi, au moment où débutait la "guerre froide" le sentiment revigorant d'un courant d'air rétabli; de fenêtres percées et grandes ouvertes sur une bulle énorme, et jusque-là étanche, qui s'était formée autour de la philosophie de l'histoire, et qui n'admettait plus que de l'air conditionné.L'Union Soviétique et son entreprise grandiose se sont effondrées, et le livre prophètique est devenu historique. A-t'il beaucoup agi à l'époque, directement? On peut en douter, car il s'est fait autour de lui - et on a fait - beaucoup de silence. Mais comme le disait en 1949 à Jules Monnerot, dans sa lettre de remerciements, un lecteur illustre, un tel livre était par lui-même un acte. Tocqueville n'a jamais milité (et a mon avis il a bien fait) mais les livres font souvent, quand ils durent et s'imposent, office de délégation de pouvoirs : nos idées sur la révolution de 1789 et sur la démocratie - et ce qui s'ensuit - en sont encore par lui modifiées".Il revient sur le Monneret penseur et "guerrier" qui prit une part active à la politique et que l'on ne pouvait suivre dans tous ses choix, "il m'a d'ailleurs toujours paru que les voies de la polémique n'étaient pas celles qui lui réussissaient le mieux..." "Mais les grands livres finissent avec le temps par s'établir au-dessus de la mêlée (...) à celui-ci se rattache toujours le souvenir d'une amitié formée dans la jeunesse, que les aléas d'un temps cahoté n'ont jamais pu atteindre".
Bookseller reference : 21578
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GRACQ (Julien).
Minutes autographes de lettres.
7 pages in-8 d'une minuscule écriture, encre noire ou bleue, s.d. (2003-2004).Brouillons de lettres en réponse à divers solliciteurs, visiteurs, admirateurs, etc. À des envois de livres, le plus souvent accompagnés des voeux pour la nouvelle année. En tout 16 correspondants, dont Patrick Modiano et Christian Hubin (pour son recueil Laps), à l'auteur d'un album consacré à la Loire, à un autre sur la Bible, à l'introducteur du nouveau numéro de L'Année Jules Verne, à l'auteur d'un article sur Un Beau ténébreux, etc. Les sujets abordés sont des plus divers ; du Rêve (réponse embarrassée à une admiratrice), la question des voyages et même jusqu'au chocolat celtique... Et des tournures toujours autant aimables que bienvenues. On constate une notable économie de papier (jusqu'à cinq correspondants différents par page). L'ensemble peut paraître assez disparate mais il y a une très nette unité de ton. Gracq sollicité pour une intervention au niveau régional pour la poursuite des représentations d'une mise en scène du Roi Pêcheur : “...crée autrefois, en 1949 aux frais de l'État, qui avait décidé de monter chaque année une pièce inédite, choisie par un jury nommé par lui (Dullin, Baty, Renoir, Camus, etc.) La pièce a été très mal reçue et on m'a aigrement reproché d'avoir aidé à dilapider les deniers de l'État. Je n'ai pas, depuis, fait la moindre démarche pour faire jouer ma pièce, ni sollicité une aide de qui que ce soit pour la monter de nouveau. Je m'en tiens là. Le R.P. Est pour moi un texte de moi comme les autres, romans ou essais, il est dans les librairies, à disposition du public...” Et sur souvenirs de la bataille de Dunkerque : “J'ai une dizaine de jours en effet fait campagne en mai-juin 1940 autour de Dunkerque, avec le 137e d'infanterie, où j'étais lieutenant au 2ème bataillon avant d'être fait prisonnier. Il m'est arrivé d'y faire allusion, ça et là, occasionellement, dans mes livres; mais je pense pas y revenir davantage. L'autobiographie n'est pas mon penchant, et, comme j'ai eu 8 ans à la fin de la guerre de 1914-18, je me suis trop ennuyé dans mon enfance à écouter les récits d'anciens combattants que je ne suis guère tenté d'y ajouter...”
Bookseller reference : 21579
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LEDUC (Violette).
L.A.S. à “Olguche et Marco” Barbezat.
2 pages in-4 à l'encre bleue, Catro de Patos (?), 22 juillet 1960.Belle lettre amicale et très enjouée, un brin délirante et largement assaisonnée d'espagnol puisqu'envoyée d'Espagne... " Vous ne pouvez imaginer combien je pense à vous, et combien vous me manquez (...) Nos langues vont, et vont, on parle de Megève, on nomme les descentes, les monte pentes, les moniteurs, et moi je rêve aussi aux ballades dans les montagnes, à Mozarantros, même aux "tabanos" - Quelles horribles fléaux! " Elle regrette pour eux le mauvais temps en France. " Sincèrement j'aimerais vous voir sortir de votre chambre, et vous trouvez là dehors ! Maintenant, nos amis le médecin et sa femme sont là. Vous les connaîtrez à votre prochain séjour à Madrid ; je sais qu'ils vous amuseront, quoique Mari Carmen (la femme) dise qu'Eusabio (le mari !) soit un autre homme ici qu'à Madrid, il est néanmoins la gaité et la pétillance mêmes. Nous dansons tous les soirs, car il adore ça et le fait à merveille. Comme elle a été malade tout l'hiver elle se fatigue vite ; je fais la relève. Alors nous faisons la joie des jeunes. Il sait aussi danser le flamenco ; il est tordant et a l'air d'un gamin. Olga serait folle ! " Il est ensuite question (dans un espagnol approximatif !) d'un projet de voyage à Londres (…)" Duddie, que nous avons amenée ici comme une reine entre coussins et oreillers seule dans l'auto, derrière, avec sa femme de chambre particulière, va mieux " (quelle phrase !) " Oh, cela n'est pas merveilleux, mais elle bouge les bras plus haut, elle a sorti son tricot abandonné, ce qui marque une amélioration nette. Notre ami la soigne et on essaie d'éliminer l'eau qui est retenue dans ses jambes enflées pour qu'elle marche mieux… " Il est ensuite question de diverses jeunes personnes, de sa belle sœur Tita qui, opérée en Suède, est " allée et revenue en moins de 15 jours, absolument merveilleux, guérie, tout cicatrisée " ! (…)
Bookseller reference : 21813
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LAFORGUE (Jules).
L.A.S. au “Divin” Eugène [Ysaïe].
4 pages in-8 (18 x 11,5), Berlin, [8 décembre 1882], d'une fine écriture à l'encre violette. Env. conservée.Belle lettre, écrite de Berlin alors que Laforgue passe beaucoup de temps chez Théophile Ysaÿe, frère d'Eugène qui terminait ses études de piano à Berlin." Mon Dieu, oui, c'est moi qui t'écris ! - Je suis arrivé hier au soir, de Coblentz, et ce matin Théophile m'a donné ton adresse. - Je crois même que c'est la première fois que je t'écris. Je suis au courant de tes succès et te félicite en mettant à tes pieds tout l'enthousiasme que peut contenir ma pauvre âme d'épicier. Ça te suffit-il ? Oui, à la bonne heure ! (…) " J'ai été tout d'abord chez Frau Hesse, qui m'a donné ta nouvelle adresse. - N'aie pas peur, je n'en profiterai pas trop, et je ne serai pas souvent là pour empêcher Théo de travailler. - Il joue ce soir avec Liebling chez des gens vagues… "Il a neigé tout blanc, les églises à coupoles ont l'air d'être coiffées d'un casque à mèche. Bientôt le 25 - Noël - Noël ! Noël ! les amoureux / Sont bienheureux car c'est pour eux / Qu'est fait le manteau gris des brumes ! / Sonnez, Cloches ! Cloches, sonnez ! / Le pauvre diable, dans son nez / Entend carillonner les rhumes. " J'ai vu de toi une photographie horrible - Serais-tu donc devenu monstrueux ? Est-ce là que je dois chercher la cause de la diminution des naissances signalées en Norvège, et le seul aspect de ton visage aurait-il fait, sur ton passage, avorter les mères futures ? Non, n'est-ce pas ? Adios, mein Kind. Je parle moins allemand que jamais. Ce qui n'est guère suffisant…" Œuvres complètes, II, p. 724-725.
Bookseller reference : 21815
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LAFORGUE (Jules).
L.A.S. à Charles Henry.
4 pages in-12 (16,2 x 10,2), [Berlin, janvier ou février 1883]. " Vous êtes donc de retour. Ecrivez-moi donc ! dites, racontez-moi tout ce que vous avez fait, vu, rapporté dans votre salon rouge ! Vous êtes inconcevable ". (…) J'écris un article sur l'Impressionnisme, article qui sera traduit et paraitra dans une revue allemande, à l'occasion de quoi, un ami de Berlin, qui a une dizaine d'impressionnistes, en fera une exposition. C'est très important ". Il demande qu'on lui déniche " une petite brochure de 50 cent., intitulée, je crois, Les Impressionnistes* par Théodore Duret avec un dessin de Renoir. Cette brochure a paru il y a quatre ans ", il n'en connaît pas l'éditeur mais suppose qu'elle pourrait se trouver à la bibliothèque de la Sorbonne. " Je vous serais bien obligé si vous mettiez la main dessus… Je vous écrirai longuement et vous enverrai des vers un de ces jours, sans blague ".[*Brochure célèbre publiée en 1878 et dont le titre exact est : Les Peintres Impressionnistes (Claude Monet, Sisley, C. Pissaro, Renoir, Berthe Morisot) avec un dessin de Renoir Paris, Librairie parisienne, Haymann et Perois, 1878]. Œuvres complètes, I, p. 814-815.
Bookseller reference : 21816
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LAFORGUE (Jules).
L.A.S. à Charles Henry.
4 pages in-8 (17,8 x 11,5), Coblentz [30 novembre 1884]. " … Figure-toi que j'ai été malade tout ce temps-ci : palpitations, point de côté, etc., et absolument veule. Je me remets et commence à dormir. J'espère que tu n'as pas été dans le même cas, de quelque côté que ce soit ? Madame comprendra pourquoi j'ai fait traîner en longueur l'adaptation de la Fille des neiges que voici enfin. Je te prie, inutile de le dire, de ne pas prendre au sérieux ces vers de commande, quelque bonne volonté que j'aie mise à m'exécuter. - Et que Madame se rappelle sa promesse de ne point les faire circuler, franchement ce serait un mauvais tour.C'est ce soir que je lis à l'Impératrice les lettres de d'Alembert… " Il s'inquiète si l'argent de la Gazette [des Beaux-Arts] a été reçu, il a écrit à Ephrussi à ce sujet. " Heureux homme, à Paris, un Choubersky, chez soi, et des besognes. Je crois que tu ne me tiendras au courant de rien. Il faut tant de courage pour écrire un bout de lettre " (…)" Bonjour à Kahn et à Cros. T'ai-je dit que j'avais reçu la pipe ? Merci - Reçu aussi l'article dans le XIXe Siècle - la phrase de conclusion est une trouvaille solide comme le XIXe Siècle n'en imprime pas souvent, même quand il fait de la philosophie de l'histoire… " Œuvres complètes, II, p. 718-719 (avec des lacunes).
Bookseller reference : 21817
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LAFORGUE (Jules).
L.A.S. à Charles Henry.
4 pages in-8 (18,5 x 12) [Berlin] 1er janvier [1885]. " Je te dois ( ? l'impératif catégorique de Kant) - une lettre depuis longtemps ". Il joint un billet de 100 francs et espère être rapidement en fond pour rembourser sa (ses) dette(s), tirer au clair l'affaire de la Gazette (argent non arrivé), etc. " Et le pauvre Cros, qui attend sans doute aussi ce qu'il me reste à lui devoir ! " (…)Il a reçu par son libraire le livre de Verlaine [Jadis et Naguère] : " Je trouve absolument nulles toutes les pièces longues, sans musique ni art de Naguère. Mais j'adore Kaléidoscope, Vers pour être calomnié, Pantoum négligé et Madrigal. - Mais que de camelote à part ça - du Coppée - de vieux vers oubliés des Poèmes Saturniens (descriptifs).As-tu tenu le volume. A propos je serais bien heureux si Gauthier Villars [Willy] (à qui bonjour) te rendant mes poèmes maudits, tu me les envoyais pour que j'en féconde ici mon pianiste [son ami Théo Ysaÿe]. Que fait Madame (alias Regina nostra) [Candiani] ? (Ich empfehle mich sehr). Parole d'honneur je t'écrirai bientôt une bonne longue causette ainsi qu'à Kahn. En attendant bonjour à tous, surveille les alentours de tes pectoraux et émarge au budget de la patrie. " Œuvres complètes, II, p. 724-725.
Bookseller reference : 21818
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LAFORGUE (Jules).
L.A.S. à Théodore Lindenlaub.
4 pages in-8 (17,8 x 11), Berlin [vers 10-12 décembre 1883]. Il est question dans cette superbe lettre des frères Ysaÿe amis de T. Lindenlaud à Berlin, où il était journaliste, correspondant aux Débats. " Je suis parti de Paris deux jours après vous avoir tourmenté, parti Plutus sait comme ! Puis Bade - puis Coblentz - Ma fameuse dépêche n'a pas l'air de se presser ! - Arrivé à Berlin le 1 décembre - Je suis toute la journée chez Théo. Nous n'en sommes pas encore au pain de seigle - (ma parole) - Reçu votre carte, félicitations pour le trombone. Pas de nouvelles d'Eugène. Théo est toujours dans son petit bouge avec son Böger. Il se lève à midi puis se décrasse, puis travaille. Il compose des machines pour m'épater mais ça ne prend pas ! Nous jouons aux dames ; je le gagne. Il a donné un concert Architectenhaus et joue bientôt à l'académie de Singer. Il n'a pas grandi depuis l'été dernier, mais son vilain cuir a pris des tons encore plus brun-touareg qu'avant. " Ils sont allés ensemble voir une exposition d'Impressionnistes " qui l'ont ahuri et charmé et pour laquelle je fais un article à traduire dans une revue ". " De la neige, de la boue, des drosky sales et vermineux. Des ciels gnian-gnian ; les Linden continuant à n'être de plus en plus que des Linden. Rubinstein passé par ici. Le soir, beurre et œufs durs et lecture des misères de Vallès… " Œuvres complètes, II, p. 848-849.
Bookseller reference : 21819
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RICHAUD (André de).
6 L.A.S. à Jean Puyaubert.
18 p. in-8 ou in-4, pas de dates [1933]. On y joint une lettre signée de son ami Michel PICCOLI au Docteur Jean Puyaubert datée du 7 avril 1959, 2 p. in-4. Le docteur Jean Puyaubert apportera amitié et aide financière à André de Richaud — ainsi qu’il le fera pour Artaud et Roger Gilbert-Lecomte. Comme Artaud (dont il a, par ailleurs, été proche), Richaud a été suivi par le Docteur Allendy — qu’il évoque ici — et plus tard par Gaston Ferdière. André de Richaud vit à cette époque à Paris. Il a publié deux ans plus tôt son roman La Douleur qui l’a rendu célèbre puis deux de ses pièces ont été montées par Dullin au Théâtre de l’Atelier. Il est question à plusieurs reprises dans ces lettres de l’état soldatesque de Richaud qui fait en 1933 son service militaire et c’est à l’école du même nom qu’il a été affecté. Vagabond célèbre de Saint-Germain, Richaud a mené une vie dissolue dont ses lettres portent trace : J ’étais dans un état de nervosité effrayante même pas attribuable à l’alcool puisque je bois beaucoup moins. Mais insomnies… crises de noir… Au début des années 30, il est très lié avec Roger Vitrac (cette sorte de grand salaud va encore se taper un voyage en Grèce) et à la petite société gravitant autour des Deux Magots d’où il donne volontiers des nouvelles à Jean Puyaubert : Ribemont est toujours gentil comme tout. Daumal est soldat a Paris, etc. Rencontre Artaud avec son air « le plus Baudelaire du pauvre », m’a demandé ou je comptais donner ma prochaine pièce, je lui ai répondu avec mon air le plus insolent que j ’hésitais entre Le Palais Royal et les Mathurins et que j ’attendais la réponse de Spinelly* qui avait la pièce en main !… À son correspondant, il fait également part de ses projets personnels avec Dullin ou avec Frédérique Delanglade en compagnie duquel il envisage un voyage dans les Hurdes : Lu l’article de Roger dans l’Intran : un peu « érudit » !… Je pense que mon reportage en Espagne va gazer pour octobre. Si tu avais des renseignements particuliers sur ces peuplades sauvages qui sont au nord de Salamanque et que les Allégret avaient essayé en vain de filmer. C’est là que je dois aller avec Fred qui fera des dessins et des photos. Tu serais très chic de me les envoyer ou des titres de livres qui parlent de ces zigues. Dullin est très content de ce que je lui ai montré du Bel Esprit. Malheureusement, l’existence de l’Atelier est sérieusement menacée. On a coupé le téléphone, la lumière, etc. Le pauvre homme est absolument effondré. As-tu lu cette vieille nouvelle (ils devaient l’avoir depuis 4 ou 5 ans) parue dans la Revue Hebdomadaire.** Cela n’a d’intérêt que placé à son époque (par rapport à Giono, je veux dire qui débutait lui aussi et surtout par les thèmes repris 5 ans après dans La Fontaine des Lunatiques. Le Grix m’a, à cette occasion donné mes 500 francs, il va me payer vite la nouvelle. Je compte pour rien les yeux de crocodile concupiscent qui valaient bien plus !… Je pense que malgré le silence de la presse, tu as su le suicide de Raymond Roussel à Palerme. Dans son testament il a laissé 250 000 balles pour une statue de lui de 3 mètres de haut au Père Lachaise. L ’« écriture coruscante » de Richaud, comme la qualifie Pierre Seghers dans son Anthologie des poètes maudits, jaillit à pleins traits dans cette correspondance. Jusqu’à la fin de son existence, Richaud a été soutenu notamment par Michel Piccoli, qui essaie de récolter des fonds auprès de ses derniers amis : Buñuel, Kahnweiler, Queneau, Pagnol, Camus, Prévert, Audiberti, Vian, Leiris… Cette belle correspondance donne aussi un passionnant témoignage sur le milieu littéraire et théâtral des années trente. *Andrée Spinelly, célèbre comédienne de l’époque. ** no 27, juillet 1933, Le Mal de la Terre.
Bookseller reference : 21834
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DELTEIL (Joseph).
L.A.S. [à Franz HELLENS].
2 pages sur 1 double feuillet in-12. Paris, [1925]." Excusez-moi de mon retard. J'en profite d'abord pour vous remercier de l'envoi d' " Œil-de-Dieu " que je reçois aujourd'hui même, et que je vais lire d'un bon œil. Enfin, voici : 1° quelques pages de votre serviteur. 2° des poèmes de mon ami Collins, dont le premier roman va paraître dans la même collection* qu' " Œil-de-Dieu ". Ce second envoi à toutes fins utiles, et en vous priant de me dire s'il vous intéresse. Vous voyez que lorsque je m'y mets tout de suite j'abuse ! Robert Ganzo, récemment me parlait de vous avec de grands éloges. Et vous savez combien moi-même… Le n° 1 du " D[isque] V[ert] " a-t-il paru ? Je ne l'ai pas encore… " Delteil donnera un texte dans le numéro du Disque Vert de 1925 " Le cas Lautréamont " et un compte-rendu du roman de Hellens dans la Revue Européenne, 26, 1er avril 1925, le premier des articles qu'il a consacré à Hellens. * " Collection Edmond Jaloux ".
Bookseller reference : 21839
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GUILLOUX (Louis).
A la N.R.F., descendant l’escalier... Manuscrit autographe.
5 p., 22,5 × 19,5, sur papier quadrillé à l’encre noire. Quelques savoureuses pages de 1935 extraites des Carnets concernant Gide, Le Sang noir et Georges Palante. Malraux apparait. Les pages suivantes décrivent une réception chez les Blumenthal et une hilarante scène dans le bureau de Roland Dorgelès, à la recherche de ses papiers de vote pour le Goncourt, voulant prouver à Guilloux qu’il a bien donné sa voix pour Le Sang Noir… Ces dernières sont inédites. Guilloux tint des Carnets à partir de 1921. Différent d’un Journal avec ce qu’un tel projet implique de complaisance narcissique, on parlerait plutôt à leur sujet du « livre de bord » d’une traversée du siècle. Il en publia de son vivant un choix en 1978 à la N.R.F. Les passages suivants se trouvent aux pp. 123-124. “À la N.R.F., descendant l’escalier, je croise Gide, qui me prend par le bras, m’entraine, et me dit : « Alors, Cripure, c’est Palante ? Je vous en prie rassurez-moi. Le mal qu’on peut faire sans le savoir ! » Je le « rassure » de mon mieux. Là-dessus il me parle du Sang Noir avec de grands éloges et me tend une lettre qu’il allait m’envoyer. « J ’en avais fait une autre bien plus longue, mais je n’ai pas osé la mettre à la poste. » Je raconte à Malraux l’émoi de Gide, au sujet de Cripure. Malraux me répond que ce n’est surement pas si grave, et il hausse les épaules, non sans une certaine impatience envers Gide. [Ceci n’est clair que si l’on se souvient que les Caves du Vatican portent en épigraphe une phrase de Palante tirée d’une de ses chroniques du Mercure* (…) Palante, me citant le fait, ne cachait pas son dépit, ou plutôt il le cachait très mal sous les apparences de l’ironie. En réalité, il avait très vivement senti l’intention malicieuse de Gide. « Il a fait ça pour se foutre de ma fiole ». (…)] *”Pour ma part, mon choix est fait. J ’ai opté pour l’athéisme social. Cet athéisme, je l’ai exprimé depuis une quinzaine d’années, dans une série d’ouvrages”. Georges Palante Chronique philosophique du Mercure de France (décembre 1912).
Bookseller reference : 21840
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FOMBEURE (Maurice).
6 L.A.S. à Pierre-Louis Flouquet + 12 poèmes autographes et une Notice biographique manuscrite.
32 pages in-4 ou in-8. Paris, [1931] - 2 octobre 1953. Traces de perforation sur les deux plus anciennes.Sympathique correspondance avec Pierre-Louis Flouquet le directeur de la revue belge Le Journal des Poètes agrémentée de 12 poèmes autographes la plupart sont signés et semblent inédits. Mentions de Norge, Georges Linze, Edmond Vandercammen, Jean Rousselot, Dumaine, Robert Goffin, etc. Envois de textes et de poèmes, rendez-vous chez " Lipp ", etc." Vous avez eu une idée épatante pour le dernier numéro du " Journal des Poètes " consacré aux enfants. Il est très bien. Il y a longtemps pour ma part que je m'intéresse à cette question et je préserve en moi le plus possible d'enfance (…) je vous recopie à la hâte des comptines. Celles où j'ai mis Poitou sont celles de mon enfance (je suis né à 20 kms. De Poitiers. Celles où il y a Argenteuil ont été recueillies par ma femme qui est institutrice à Argenteuil. Les autres données par des camarades. Je vous autorise à les communiquer à Géo Norge si ça l'intéresse. Si vous voulez publier les plus intéressantes… "" Non, je n'ai rien contre toi, tu penses bien. Au contraire j'aime beaucoup " le journal des Poètes " qui nous réconforte car nous ne sommes pas gâtés par les journaux d'ici. Mais la dernière fois tu m'avais donné rendez-vous chez Dumaine où je n'ai pu aller car il m'a fait jadis une petite saleté littéraire (ce serait long à t'expliquer !) " (…)" Hélas, non je ne pourrais pas aller à Venise à cause de mon métier. Mais je t'envoie bien volontiers ce que tu me demandes, et avec joie. Je te donnerai bien aussi un enregistrement pour les " archives sonores " du " Journal des Poètes ". Mais il faudra que tu me précises " Où ? Quand ? Et comment ? " Comme dirait mon adjudant (…) Pourquoi diable me prénommes-tu " Marcel " dans ta correspondance ? "Tourbe d'heures. 2 p. in-8, signé.Monte Alouette !... 1 p. in-4, signé.Heureux oiseaux. 2 p. in-8, signé.Berceuse. 2 p. in-8.Justice. 2 p. in-8.Le Monde concret. 1 p. in-4.Insomnie. 2 p. in-4, signé.Au bas du soir. 2 p. in-8, signé.Présages. 2 p. in-8, signé.Trains. 2 p. in-4, signé.Pourquoi cette pitié ? 1 p. in-4, signé.L'épicerie. 2 p. in-4, signé.Notice biographique. 1 p. in-8. " … L'an dernier est paru son premier volume de vers " Silences sur le Toit " où il essayait de sauver un peu de son enfance et de faire passer le souffle des forêts heureuses ".
Bookseller reference : 21848
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(FORNERET). DUMONT (Francis).
XAVIER FORNERET L'INCONNU DU ROMANTISME. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ.
A COMPLETER8 pages in-8. Manuscrit complet l'encre signé par Francis Dumont.... "L'inconnu du Romantisme, ignoré à peu près à son époque et plus encore après sa mort a été "exhumé" par André Breton et Paul Eluard vers 1927. Grâce à eux il s'est formé dans les milieux littéraires un petit groupe de curieux qui s'est intéressé à celui qui avait adopté le pseudonyme d'Homme Noir. L'on joint un tapuscrit de 12 pages in-4 signé par Dumont: Xavier Forneret L'Inconnu du Romantisme est le Précurseur du Surréalisme et de la Publicité Moderne" ainsi que d'autres documents tapuscrits et autographes relatifs à Xavier Forneret.
Bookseller reference : 21851
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(PETRARQUE).
Photographie de la maison de Pétrarque à Venise.
Tirage argentique d’époque, 8,5 × 7,8, montée sur un carton fort. Sans date (vers 1850). Cette très curieuse photographie provient des archives de Paul Bourget : devant la maison de Pétrarque Riva degli Schiavoni, à Venise, des militaires sont assis près d’un étal de pastèques ! Une plaque sera apposée en 1904.
Bookseller reference : 21857
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PONTALIS (Jean-François et Jean-Bertrand).
12 L.A.S. à Marc Barbezat.
PONTALIS (Jean-François et Jean-Bertrand). 12 L.A.S. à Marc Barbezat. 26 p. d’une fine écriture format in-8. Neuilly sur Seine (le plus souvent), octobre 1942 — 5 mars 1949, enveloppes cons. « L ’ancien enfant prodige, qu’a-t-il fait de ses dons? Quel parti a-t-il tiré de ses lectures, de sa proximité avec des écrivains et des poètes — Cocteau, Genet, Olivier Larronde, Violette Leduc, Louise de Vilmorin, bien d’autres —, de ses rêveries prolongées que, pendant tout un temps, suscitaient les fumées de l’opium ? Qu’est devenu son « journal » où, j ’imagine, il n’épargnait personne, ni ses amis ni lui-même, lui qui s’était exclamé à mon adresse : “Publier de son vivant, c’est d’un vulgaire ! Posthume, mon bon Jean-Bertrand, posthume !” De lui, à part quelques pages inachevées, il ne reste rien. Même le “posthume”, il l’a refusé ». Une rare et très intéressante correspondance par le frère «maudit» du célèbre psychanalyste. Jean-Bertrand Pontalis fut l’élève de Jean-Paul Sartre, il collabora à la revue Les Temps modernes et fut en analyse avec Jacques Lacan. Il deviendra une sommité du monde psychanalytique à partir des années soixante. Il est co-auteur du célèbre Vocabulaire de la psychanalyse que l’on désigne toujours comme le Laplanche et Pontalis. Écrivain et éditeur, on lui doit d’avoir créé les collections L ’un et l’autre, chez Gallimard, après Connaissance de l’inconscient. Au terme d’une existence bien remplie, Jean-Bertrand, Jibé, publiera un troublant récit autobiographique intitulé Frère du précédent (Gallimard, 2006, Prix Médicis essai) qu’il consacre aux rapports avec son ainé, Jean-François. Il brosse par petites touches l’histoire d’une complicité devenue jalousie puis haine farouche… « Même s’il est mort depuis quelques années, je n’arrive toujours pas à savoir s’il me détestait ou s’il m’aimait. Mais, ne serait-ce que par pudeur, je ne voulais pas m’en tenir à une simple description de cette relation. J ’ai donc choisi de m’intéresser, par le moyen d’une série de jeux de miroirs, à d’autres couples de frères, réels ou de fiction : Marcel et Robert Proust, Vincent et Théo Van Gogh, les frères Champollion. Ou encore les Goncourt : à la mort du cadet, Jules, on surnomma le survivant la veuve — le mot couple prend là toute sa force ». Dans ces lettres il est question de différents projets de publications que Jean-François Lefèvre-Pontalis destine à L ’Arbalète, la revue dirigée par Marc Barbezat, en premier lieu d’un cahier consacré à Raymond Radiguet avec textes, documents inédits, études et hommages. Ses lettres, assez vibrionnantes, témoignent d’une belle maîtrise du langage ainsi que d’une solide connaissance du monde des écrivains et de l’édition. Rappelons qu’à cette époque on attend que Jean-François Lefèvre-Pontalis prenne une place de premier choix parmi les écrivains de la nouvelle génération. On parle de lui, ni plus ni moins, comme d’un nouveau Marcel Proust. Il est souvent question de Max Jacob, de Jean Cocteau ou de Jean Hugo avec lesquels il est en intimité. Deux lettres concernent le numéro spécial de l’Arbalète sur les romanciers américains, Eugene O’Neil, Erskine Caldwel ou Djuna Barnes. Il est aussi question de Jean Genet, Georges Auric, Christian Bérard, Olivier Larronde ou Michel Cournot (“un jeune grand ami à moi, il tient ses travaux très secrets, mais il écrit on ne peut mieux, j ’espère lui soutirer un jour une petite pièce, et vous la faire parvenir…”). Son frère cadet, Jean-Bertrand, est le plus souvent associé à ses projets. Jean-François évoque même “un numéro de notre façon ; The Waste-paperbasket « La Corbeille à papier », un recueil de poèmes et de proses à quatre mains, “que nous voulions présenter chez vous, et signer les frères Pontalis…” Suivent ces lignes : “Nous avons compris que notre imagination verbale n’est pas l’Imagination, Reine du vrai. Nous vous donnerons peut-être quelque chose d’autre un jour ; en attendant vous aurez mon travail de commis sur Radiguet. (…) Mon frère vous a envoyé un début d’un roman de jeunesse (Les Dimanches Illustrés) sur le conseil de Sartre. Je vous recommande mon frère. En rêve l’autre nuit on m’a dit que : non content d’avoir du talent il voulait avoir du génie. Et c’est ça même”. (…) “J ’espère que vous le rencontrerez en venant à Paris. Il habite St. Germain des Prés, et vous pourriez prendre rendez-vous. Il ne me ressemble pas du tout, heureusement pour lui”. À partir de la fin 1944 les rapports commencent à se désagréger entre J.-F. L.-P. et Marc Barbezat. C’est tout naturellement que Jean-Bertrand va prendre la relève. Ce sont les dernières lettres de cette précieuse correspondance.
Bookseller reference : 21860
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MAGRITTE, Colinet, Mariën, Scutenaire et Nougé). REVUE. La Feuille Chargée.
La Feuille Chargée. Le Bouchon.
Dir. : René Magritte. Bruxelles, La Feuille Chargée, mars 1950, in-8, en ff., 8 p. Numéro unique de cette revue dirigée par René Magritte. Textes de Magritte, Paul Colinet, Marcel Mariën, Louis Scutenaire et Paul Nougé. 1 dessin de René Magritte (“Portrait des auteurs traité à la bouchonne”). 1/25 ex. revétu de la signature autographe de tous les collaborateurs (après 5 de tête avec un dessin de Magritte) auquel on a joint un jeu d’épreuves complet comportant des corrections manuscrites de chacun des auteurs.
Bookseller reference : 22616
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CADOU (René-Guy).
L.A.S. à Marcel Béalu.
2 p. in-8, Clisson, 12 [mai 1943]. “Cher vieux Marcel, Tu deviens en effet bien hargneux. Est-ce que je pouvais savoir qu’il y avait quelque importance à rapporter au susceptible Lacôte un bénin et sympathique propos venu de lui-même.La jeune poésie m’emmerde comme toi. D’abord je ne suis pas jeune (le cher René de ta lettre signifie tout à fait : vieux con). Je n’ai pas d’amis parmi les jeunes poètes (ceux qu’on appelle ainsi) et tu peux dire tout ce que tu voudras.Maintenant je ne vois pas pourquoi malgré ma pauvreté je n’aurais pas moi aussi les honneurs de l’imprimé. Après tout ma paye ne me fait pas honte et je ne suis pas le seul de cet avis.Quant à Bouhier mon amitié pour l’homme me défend de dire ce que je pense du poète (!) Le point d’exclamation est suffisamment éloquent.Pour te faire râler un peu plus je te demande à toi qui est riche si tu veux me donner un manuscrit pour les amis. Tu n’aurais pas à sortir ton argent et utiliserais comme nous tous les bulletins de souscription. Tâte-toi et réponds pour le fric. J’empoche tout, O Crésus, et t’embrasse. Job.”
Bookseller reference : 22691
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RIGAUT (Jacques).
5 L.A.S. à Robbie [ROBERTSON].
11 pages in-4, à l’encre noire (une au crayon), Malmaison, sans dates [mi avril 1929]. Samedi matin [13 avril ?]Dear Robbie,Glad I would speak to you at the phone. a) will you sans faute mettre ce télégramme ci-joint à la poste demain au tarif week-end letter (si tu passes du côté des Boulevards, il y a le bureau Western Union rue des Italiens, sinon n'importe quel bureau de poste avant 6 heures. b) as-tu remarqué que j'ai négligé sur la liste 14 ou 15 de missionner les genres de caractère. Si tu ne l'as pas rectifié cette fois, veilles-y la prochaine.c) tu auras sans faute un chèque de 2500 fr lundi. Le mieux serait peut-être que tu me dises le montant exact de ton loyer et je te ferai un chèque barré, ce qui me ferait gagner 24 heures et un autre chèque à toi pour que tu aies un peu d'argent de poche et puisses les frais que je t'impose.d) toutes sortes de romans genre policier ou Alex Dumas père, ou Fantomas, anglais ou français serait bienvenu ainsi que NRF d'avril après que Pierre l'ai lu.e) y a-t-il beaucoup de commandes (des n°1 à 13) pas encore livrées ou trop incomplètes. [Rigaut a biffé tout l'ensemble f]f) j'envoie ce soir un télégramme demandant argent famille. La réponse arrivera lundi rue Singer. Donc décachète ce qui arrivera de Nice et envoie-moi sans délai le chèque pour Devos. Je l'endosserai (le chèque pas Devos) et tu le posteras à la banque, après quoi tu pourras remettre à la concierge mon chèque barré (ainsi il ne sera présenté que le lendemain quand l'argent familial sera déjà lui-même en caisse.g) Si tu les as reçues il faudrait envoyer à Melle Carasso ses cartes, et en bloc tous les Lasala à Mme de Lasala-Supervielle, pourvu que tu trouves l'adresse de cette dernière dans un annuaire. A son retour Marie-Louise pourra te la donner - Joindre prospectus - pétards comme [de juste ? mots illisibles] avec chaque boite. h) Merci cent mille fois pour tout ce que tu fais pour moi.i) "corrigeant f)" dépose lundi matin de bonne heure si possible le chèque de 5 000 fr. Paye ton loyer avec mon chèque barré de sorte qu'il ne sera pas présenté à ma banque avant que les 5000 fr y aient été encaissés et sers toi de l'autre chèque si tu as besoin de cash, laisse-moi seulement savoir les sommes.j) Mes chers amis, ne puis-je donc mieux compter sur vous - Sur qui alors? Ne savez-vous pas d'abord dans quel état j'étais (six heures de larmes lundi, trois mardi) 2) C'est vrai les docteurs et à raison exercent une si invraisemblable surveillance et, tout de même, étant spécialistes, il y a une pupille dont ils connaissent le sens 3) notre amitié n'est pas gâchée par notre complicité qui n'est est pas la base, j'en suis sûr, mais comme en vous voyant dans ma faiblesse dont après tout vous avez été témoins, résister à un souvenir, à une sensation, j'ai une peine infinie à vous voir manquer de confiance, je croyais avoir avec vous la permission de dire merde et d'être sûr que vous entendriez "mes chers amis". Je n'y pense plus. Je vous embrasse. (cf. Jean Cocteau et faites la différence s'il y en a une) Jacques R. Dimanche [14 avril 1929?]Chère Robbie,Je me sens mieux mais ne sais encore quand je sortirai. Tu es la moitié de ma guérison, car sans toi je me serais fait une bile énorme au sujet de mes petites cartes. Si tu dois partir pour la campagne avec Pierre, ce que je vous souhaite de tout cœur, peut-être pourras-tu déléguer tes pouvoirs à Melle Tarrisson (Tommisson ?) - elle se rend compte du travail à faire et n'a qu'à désigner son prix. Dis-lui bien comme je lui suis reconnaissante [sic] de t'avoir aidée. A) Je voudrais que Devos m'apporte demain :1) courrier (s'il y a lieu)2) noms des gens qui auraient téléphoné3) mes chaussures jaunes4) deux chemises souples bleues5) deux caleçons6) 2 B.V.D. 7) un coupe-ongle (sécateur)8) ma brosse à habits9) une cinquantaine d'enveloppes et un bloc de papier comme celui-ci classique, une cinquantaine de feuilles à en-tête 36 R. Singer10) mon vieux sweater [chandail] grisqu'il prenne le tram s'il est trop chargé.11) 5 ou 6 boites d'échantillons différentes de petites cartes.12) quelque chose à lire (entre autres je ne sais s'il y a encore chez moi un gros livre Napoléon par [Emil] Ludwig) B) Je téléphonerai vers 3h, 36 rue Singer lundi. Si tu ne dois pas y être sois assez gentille de laisser un message disant à quelle heure tu y seras que je puisse t'atteindre au téléphone.C) Ci-joint liste 15 en deux exemplaires - envoies en une à Loubok avec la lettre ci-jointe et ajoute des noms si tu le juges utile ou agréable.D) Faire livrer au 94 rue de Rivoli les cartes de Mme Radcliffe Chace (attention les premières sont mauvaises il y a Radliffe (pas de c) mais peut-être Loubok ne les a-t-il pas encore livrées.NON. Pour cela, attendre le retour de Marie-Louise. Si Mme Chace doit partir pour l'Amérique, qu'on les livre, sinon qu'on attende. Je souhaite qu'il y ait le moins possible en circulation avant le lancement. E) Commande-moi, veux tu, au plus vite des cartes gravées chez n'importe quel graveur (et demande lui en même temps combien il prendrait pour les petites cartes) mêmes caractères que sur la carte ci-jointe, plus 36 rue Singer en petits caractères calligraphiques - Dis que c'est pressé. Je termine en hâte. Baisers. Amitiés à Pierre. Jacques R. MalmaisonLundi 15 [avril 1929]Chère Robby,J'ai téléphoné à Melle Tarrisson [ ?] qui me dit que Pierre n'est pas bien. Pour l'amour de Dieu, qu'il ne recommence pas à rester sans visites de docteur. Je me charge de faire venir Fraenkel chaque jour, si Pierre y consent, ou alors qu'il ait recours à ce Dr ami de son beau-frère. En cas de panique et de besoin, Fraenkel est encore bon, il suffit de se déranger. A) Veux tu dire à Melle Tarrrisson [ ?] et [mot illisible] de n'y avoir pas pensé plus tôt qu'elle commande pour amis ou gens utiles autant de cartes qu'elle le désire, ce sera me rendre service. B) Si le timbre "Prix 75 fr" est prêt, ne l'utilise que pour les rares prospectus envoyés maintenant. Ne fais pas préparer de prospectus à l'avance avec ces prix, car je ne suis pas sûr de m'y tenir. B) bis A la réflexion, et ne sachant pas où en est le travail, on pourrait préparer quelques centaines de pétards-prospectus numérotés comme c'était convenu et avec un petit signe disons rappelant le n° sur le rouleau de sorte qu'au moment de l'envoyer, il suffira d'appliquer le n° au client, et d'insérer son adresse sur l'étiquette.Mardi [16 avril 1929?]C) Merci de ton téléphone. Je t'en prie, rattrape mes affaires. Si Devos ne paraît pas, vas chez lui, et apporte le paquet ici. Il est très utile que je le voie, oublie mes mauvaises paroles. Je te donnerai le chèque en même temps. Sois assez gentille pour téléphoner avant de venir disant : "Madame de Massot sera à la Malmaison vers telle heure (il faut un quart d'heure de la Porte Maillot à ici. Tu peux m'apporter un peu de chocolat, mais rien d'autre. A tout à l'heure, je vais me raser tout beau pour te recevoir. Mille amitiés à Pierre. Jacques R. [mardi 16 avril 1929?]MALMAISON (tu parles)36 rue SingerDarling Robbie,Send Devos to Loubok, 34 rue des Peupliers and tell him to ask for M. Kornfeld who will give him a package of boxes and of prospectus. Send him here too at the end of the afternoon, if there is any mail for me, otherwise telephone me. Sorry not to write any longer, courage is not yet at his highless. Love to you and Pierre. Jacques Rigaut TSVP Ai été coupé au téléphone au moment où je parlais à mon amie Melle t? (please 1) ajoute son nom (celui de mon amie) sur la liste ci-jointe qu'elle ait ses cartes à elle. 2) met le n° en tête de la liste ci-jointe en double (ce doit être 14 ou 15) 3) Rends une (une seule garde l'autre pour toi) à Devos en même temps que la lettre ci-jointe pour Kornfeld c/o Loubok 34 rue des Peupliers et envoie Devos lui remettre. 4) On va relâcher un peu mon secret mais malgré les visites que je vais pouvoir ré avoir, je crois mieux que ni toi ni Pierre ne veniez 1) parce qu'ils sont sur l'œil 2) parce que malgré le plaisir le plus vif que j'aurais de vous voir vous 2, je crains la tentation et je suis sûr que vous ne me blâmerez pas 5) Amour5 bis) Fais-moi aussi pour Devos qui a téléphoné, peut-être important.Mercredi 17h30 [17 avril 1929?]Chère Robinesse, je t'écris (sur ma dernière feuille de papier) comme on se met à table pour faire venir l'hôte en retard - mais j'espère encore que cette lettre sera inutile, que je te verrai ce soir, outre que je m'inquiète pour l'argent et voudrais te remettre un chèque - je t'en prie - lectures et chemises - je suis totalement démuni - saute dans un taxi, cours chez Devos, récupère son paquet et viens ici [deux mots illisibles] Comment est Pierre - Tendresse et amitié à tous deux. Jacques R. J'ai reçu le courrier que tu avais fait suivre. C'est la meilleure méthode. Continue - merci.
Bookseller reference : 22751
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RIGAUT (Jacques).
Photographie originale.
Photographie originale (9 x 6,5 cm) en tirage d’époque, sans date (été 1923). Beau document inédit montrant Rigaut à la mer en tenue de bain en compagnie de Jeanne Double Lecomte du Nouy et de son fils Philippe. Note au dos: “et une autre de nous trois!! Gardez-les” signée deux fois “Ph. N.” Provenance Philippe Lecomte du Nouy.
Bookseller reference : 22761
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REVUE INTENTIONS. DIVERS.
Revue Intentions. Environ 100 L.A.S. L.S. ou C.A.S. à Pierre ANDRÉ-MAY. 16 MANUSCRITS AUTOGRAPHES SIGNÉS, poèmes, proses ou articles. Soit un ensemble de près de 200 pages.
Toutes les correspondances concernent la revue Intentions, les manuscrits ont, le plus souvent, été publiés dans la revue. André Desson (4), J.J. van Dooren (4 + 1 mss), Lucia van Dooren (5), Georges Duvau (6 + 1 mss), Jean Fayard (2 + 1 mss), Paul Fierens (4 + 1 mss), Arthur Fontaine (1), Georges Gabory (1), François Gachot (3), Henri Ghéon (1, sur Gide), Ismail Girard (1), Émile Henriot (1, sur Fargue), Philippe Hériat (1), Henri Hertz (1), Robert Honnert (6 + 4 mss), Jean Hytier (8), Bertrand de Jouvenel (2 mss), René Kerdyk (1), P.G. La Chesnais (2), Paul Leclère (3), O. Mannoni (5 + 1 mss), Maurice Martin du Gard (3), Emile Moreau (2), Pierre Morhange (1), François Norçay (1 mss), Comte J. de Pesquidoux (1), Philippe Poidatz (10), Mario Puccini (2), Marcel Raval (2, sur Fargue), Jacques Rivière (1, sur Larbaud), Pierre-Jean Robert (2 + 1 mss), Gilbert Robin (4), Maurice Roya (1), André Salmon (1), André Schuck (1 mss), J. et J. Tharaud (1), Albert Thibaudet (1), Pierre Tisserand (1), Mme A. Toupine (3), Fernand Vanderem (1, sur Larbaud), André Vigneau (1 + 1 mss), Edward Woroniecki (3), Michel Yell (3 + 1 mss), Italo Zaratin (2).
Bookseller reference : 22766
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NIMIER (Roger).
Lettre autographe signée à
Paris, 9 novembre 1951, 3 pages 1/2 in-8, à en tête de Opera, l'Hebdomadaire du Théâtre du Cinéma des Lettres et des Arts." Parinaud me dit que vous êtes en possession d'une lettre de Cocteau relative à la mort d'Apollinaire. J'aimerai beaucoup la publier dans notre prochain numéro. Il va de soi que vous serez dédommagé de l'inédit que nous enlèverions à cette lettre et que nous nous occuperons du livre dans lequel elle doit paraitre. J'ai souvenir du bon accueil que vous aviez fait à un de nos reporters lors du premier numéro d'Opera que nous avions fait, voici huit mois. Si vous me donnez votre accord (…) nous vous enverrions un cycliste pour prendre le texte. Je suis grippé actuellement ce qui rend mes séjours à Opera un peu épisodiques… "
Bookseller reference : 22770
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[PAULHAN (Jean]).
Le Clair et l’Obscur.
P., N.R.F., 1958, in-8, br., 38 p. Édition originale. Tiré à part à 50 exemplaires publié sans nom d’auteur, avec une pagination continue du no 64 et?66 de la Nouvelle Nouvelle Revue Française (avril et juin?1958) justifié de la main de l’auteur comportant un envoi autographe signé : à 50 exemplaires no?1/ pour Yolande Fièvre (mais ce n’est qu’un commencement) /Jean P. Ce 8.8.8.Tapuscrit signé joint (27 p. in-4) de toute la seconde et dernière partie de Clair et l’Obscur?: La Tentation de la pensée. Où l’esprit nous met à la gêne. Nombreuses corrections et ajouts à l’encre noire ou rouge et au crayon, signature de l’auteur en dernière page.L’ouvrage sera édité en volume avec une préface de Philippe Jaccottet aux éditions Le Temps qu’il fait en 1983.
Bookseller reference : 22784
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DIETRICH (Luc).
71 L.A.S. à Philippe LAVASTINE.
120 p., in-8 ou in-4 comprenant 18 cartes postales et 2 télégrammes. Divers lieux, 1938 - 1944, certaines enveloppes conservées. Très importante correspondance de Luc Dietrich avec Philippe Lavastine, s'étendant de la rencontre des deux hommes en octobre 1938 jusqu'à la mort de Dietrich en 1944. Quelques lettres sont enluminées de collages d'éléments végétaux et de dessins originaux à l'encre ou aux crayons de couleur de Luc Dietrich. Seulement huit de ces lettres ont été publiées dans la monographie Luc Dietrich parue en 1998 aux Éditions du Temps Qu'il Fait, sous la direction de Fréderic Richaud, toutes les autres sont inédites. Nous nous bornerons à donner quelques extraits…… Philippe-Ie-silencieux, allons troubadour a la manque, envoie-moi quelques mots d'écrits par parchemin-postal (intermédiaire de pieds de facteur). Je ne sais pas ce que je vais devenir. Je ne sais pas si ce qui va sortir de moi. Un réservoir d'huile ? Une brosse? Un lion? Un pou ? Une ARAIGNEE ? Un homme ???? (…) Mystère ? Troublant et épais mystère. De ne pas te voir ça a en quelque sorte faussé ma jactance, désaxé ma rhétorique. Je voudrais que tu m'écrives "…Je te cite. Ta lettre du 4 mars : " Et tu me parles d'identification. Ça c'est un comble. Mais tu n'as jamais compris rien à rien, mon pauvre ami. Dans l'identification, tu y es jusqu'au cou, on ne te voit plus, t'es bouffé jusqu'aux tripes, vide, nettoyé. Où qu'il est, mon ami ? Je ne Ie vois plus ? Y'en a plus ? II a encore une fois foutu le camp. II m'écrit tout le temps, mais dans ses lettres il n'est jamais là. II se promène. II bat la campagne. " T'as raison. T'étais devenu comme un compromis entre une brioche, un rossignol, un cygne, un crocodile. Voilà que je commence à faire Ie zouave. Philippe tu as raison. Je sentais que je ne te donnais plus de vraies lettres, pas les lettres que tu méritais et que je méritais d'écrire. Mais encore une fois Agathe était Ie prétexte, le coup qui ébranle plus loin l'édifice déjà lézardé. Je vais écrire sur les deux souffrances. Tu me répondras. SOUFFRANCE VOLONTAlRE : ne serait-ce pas l'acceptation de la grande, de la vraie douleur physique (dont j'ai horreur et que je ne recherche pas) ? Par exemple, une douleur fulgurante dans un membre. Aussitôt secours de l'analgésique. Si on décide de souffrir sans Ie recours d'aucune drogue, si on accepte ce supplice qui n'a rien d'une masturbation, si on décide de s'élever autour de ce bouillonnement, de se détendre, de se calmer, est-ce cela, " souffrance volontaire" ? Je reconnais que je ne recherche jamais ce genre de souffrance et que, lorsqu'elle arrive, j'essaie d'en tirer parti. D'ailleurs, quand je suis en proie à ces fortes douleurs corporelles, je suis mieux. Mes amis (je me reporte au passé et à ce que j'ai entendu) me trouvent plus ouvert, plus compréhensif, plus détendu… Je devrais faire très attention maintenant et il faudra que tu m'aides, ou plutôt que vous m'aidiez car je ne veux jamais exclure Boussik de notre amitié. J'ai reçu d'elle une lettre si gentille, si voletante et fraîche que je me suis mis à japper de rire, tout seul, comme Hitler quand il se couche après une bonne grosse blague…… En ce moment il pleut, et toute la campagne fume tant la chaleur est grande, la chaleur au ras du sol lutte avec l'eau qui tombe. Temps à pourrir le foin coupé. Ici je m'installe : les livres sont en ordre (presque) dans la bibliothèque, les parquets sont cirés. La porte-fenêtre est percée dans la chambre à coucher et l'escalier construit. L'on peut descendre dans le jardin ou fleurissent : deux lys, des campanules comme des tymballes. (…) Que d'énumérations ô mon pauvre grippe-papier. Mais je pense à toi dans la ville moite et traversée de relents urinaires et industrieux. Je veux que tu sentes que ma campagne existe, qu'elle est touffue et variée, et que je t'attends planté dans les paysages de mon seuil pour saluer ta venue. Quand comptes-tu venir ? Je pense à mon livre avec un débordement de force. J'y pense un peu comme si je l'aimais dans la chair et que je souhaitais sa présence, son plaisir, son grandissement dans l'un et l'autre. Maintenant c'est tout à fait " le sentiment de mon idée" qu'il est placé sur Ie bon chemin. Nous en parlerons. Maintenant je serai mieux à l'aise dans mes actes pour te recevoir. Je suis accablé de maniaqueries, surtout lorsque je suis chez moi, asservi par Ie désordre qui s'y trouve. Je me sentirai mieux dans une maison distribuée, parée et ordonnée selon mes gouts secrets, arrêtés… Sais-tu que j'ai terminé mon livre L'Apprentissage de la Ville ? tout à fait dernièrement ? J'ai sué, ressué et vraiment souffert l'agonie pour l'éclairer, Ie réaliser. Il a posé tous les points sur lesquels je veux peser. Il a défriché l'entrée des voies que je veux parcourir. C'est dur d'écrire un livre, tu sais. Surtout je l'ai voulu sincère. Pour la première fois - et pourtant j'étais sincère (enfin autant qu'un homme ordinaire peut l'être). J'ai découvert l'essence de la sincérité. Avec ce livre j'ai appris la vérité des vérités que vous m'avez fait entrevoir. Je te dois beaucoup Philippe. Comme je voudrais que tu Ie lises.… Daumal m'inquiète. Je serais prêt à payer beaucoup pour prolonger sa vie. (…) À bientôt Philippe. Ne m'écris pas car je te sais très occupé. Je suis encore dans les Égyptiens. J'ai un groupe solide à Marseille. J'ai du travail pour toi, je veux dire j'ai fait des choses en pensant que cela te serait utile. Quelle chance, quel bonheur de ne plus vivre comme une putain. J'ai dit Ie VRAI, j'ai FAIT LE VRAl, j'ai dit Ie Bon et je l'ai répété. Je suis en pleine Égypte de l'Ancien Empire. Je t'embrasse Philippe. Luc…
Bookseller reference : 22948
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MALRAUX (André).
LACLOS. MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ [1939].
27 feuillets in-4 et in-8, numérotés 1 à 22 (dont 2bis, 2ter, 13bis dactylographié, 17bis et 17ter avec deux lignes dactylographiées) montés sur onglets et interfoliés de feuilles de vergé gris. Relié en un volume in-4 (27,2×22,5 cm), demi-maroquin bordeaux à coins, dos à 5 nerfs ornés de caissons à triples encadrements de filets dorés, tête dorée (F. et A. Maylander). MANUSCRIT AUTOGRAPHE DE LA CÉLÈBRE ÉTUDE SUR CHODERLOS DE LACLOS ET LES LIAISONS DANGEREUSES, parue dans le tome II de l'ouvrage collectif " Tableau de la Littérature Française " (N.R.F., 1939). En 1970, Malraux la publiera à nouveau dans " Le Triangle noir " avec deux autres textes, sur Goya et Saint-Just. Elle sera reprise en préface du roman aux éditions du Livre de Poche puis Folio-Gallimard. Le volume s'ouvre par une lettre autographe adressée à son cher Professeur, Henri Mondor (1 page in-12, 7 juin 1945), auquel Malraux offre ce manuscrit. Sur la page de titre autographe qui suit, datée du même jour, dédicacée et signée, l'auteur précise qu'il n'existe pas d'autre manuscrit. Les différences avec le texte définitif sont dues, soit à un montage différent, soit à des corrections sur dactylographie ou épreuves. Bien que de premier jet, ce manuscrit est très proche de la version imprimée. Malraux met en évidence l'originalité et la modernité des Liaisons dangereuses. Il débute par une synthèse du roman : Laclos entre prend de raconter une anecdote de sa jeunesse : une femme abandonnée par son amant décide de faire coucher n'importe qui avec la fiancée de celui-ci, pour qu'il soit trompé avant même son mariage. Il y ajoute l'histoire d'une autre femme qui, séduite et quittée par un complice de la première, meurt de chagrin. Puis il en définit l'essence même : Les Liaisons sont le récit d'une intrigue. (Comme par hasard, ce mot désigne à la fois l'organisation des faits dans un ouvrage de fiction, et un ensemble efficace et orienté de tromperies.) Intriguer tend toujours " à faire croire " quelque chose à quelqu'un ; toute intrigue est une architecture de mensonges; croire à l'intrigue, c'est croire d'abord qu'on peut agir sur les hommes, - par leurs passions, qui sont leurs faiblesses […] Le problème technique du livre est de savoir ce qu'un personnage va faire croire à un autre. D'où une ronde d'ombres Louis XV à la merci des deux meneurs du jeu. Pour Malraux, Laclos renouvelle la notion d'intelligence, idée passionnelle et mythique. Il analyse aussi une autre nouveauté : La passion s'est métamorphosée : elle était fatalité, elle devient désir. Mais, observe-t-il, le premier caractère de ce livre, qui ne parle que de passion, c'est de l'ignorer presque toute. Une seule y paraît: l'amour qu'éprouve Mme de Tourvel […] Les cartes sont simples, dans ce jeu qui n'a que deux couleurs: la vanité, le désir sexuel. Décelant dans les deux protagonistes principaux des Liaisons, la naissance et le prototype de la figure de l'intellectuel, il explique pourquoi ce livre est novateur : Valmont et Mme de Merteuil sont les deux premiers personnages de la fiction qui agissent en fonction d'une idéologie. Par leurs deux personnages significatifs, les Liaisons sont une école de volonté. Et ce n'est pas un de leurs moindres moyens d'action que leur mélange permanent de volonté et de sexualité […] Tout le livre est une érotisation de la volonté. Lorsque son livre n'était déjà plus qu'un chef-d'œuvre mineur et presque clandestin, c'est à Tilly que Laclos disait: "J'ai voulu faire un ouvrage qui retentît encore sur la terre quand j'y aurai passé". Comme il est rare qu'un écrivain se croie assuré des siècles par son seul talent, il semble que Laclos ait attendu sa postérité d'une dénonciation de son temps. Je crains (et les mémoires du temps semblent nous le montrer de plus en plus) que les mœurs des Liaisons n'aient eu dans la France de 1780 que l'importance de celles de Montparnasse dans la France de 1939 […] Il conclut: Laclos fut un dénonciateur de rêves. Il révéla ceux de son temps en leur donnant la vie. En les faisant entrer dans le long domaine des rêves de tous, celui où les hommes promis à la mort contemplent avec envie des personnages un instant maîtres de leur destin. Ce manuscrit figurait à l'exposition Malraux, à la Fondation Maeght (13 juillet-30 septembre 1973). Ancienne collection Henri Mondor avec son ex-libris.
Bookseller reference : 22989
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