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‎Autographes‎

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‎RENARD Jules‎

‎Lettre autographe signée adressée à Charles Mendel‎

‎- Paris 26 janvier 1909, 11,4x17,4cm, une page 1/2 sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée de Jules Renard adressée à Charles Mendel, rédigée à l'encre noire sur un papier à en-tête de la rue du rocher. Quelques pliures transversales. Amusante lettre dans laquelle l'écrivain sollicite une remise auprès d'un libraire : "Voulez-vous avoir la nouvelle allégeance de me céder le volume des Comédies moyennant mille francs que je renverrais à votre caisse avec l'exactitude que vous me connaissez. [...] ce ne serait pas pour vous un grand sacrifice." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎SIGNAC Paul‎

‎Lettre autographe signée adressée à Camille Pissarro : "Cela vous ennuirait-il [sic] d'écrire à Mirbeau qu'un Signac, à votre avis, ne ressemble pas plus à un Seurat qu'un Hokousai à un Hiroshigé... "‎

‎- s.d. (23 janvier 1894), 22,6x17,5cm, 2 pages sur un double feuillet déplié. - Lettre autographe signée de Paul Signac adressée à Camille Pissarro, rédigée à l'encre noire sur deux pages et signée d'un monogramme de l'artiste. Cette lettre a été retranscrite dans l'article de Pierre Michel et Christian Limousin intitulé "Octave Mirbeau et Paul Signac - Une lettre inédite de Signac à Mirbeau" (in Cahiers Octave Mirbeau, n° 16, mars 2009, pp. 202-210). "Mon cher Maître, Cela vous ennuirait-il [sic] d'écrire à Mirbeau qu'un Signac, à votre avis, ne ressemble pas plus à un Seurat qu'un Hokousai à un Hiroshigé... si toutes fois (sic) le reproche d'imitation dont il cherche à m'accabler vous semble injuste. L'amitié que vous m'avez toujours témoignée et les compliments que vous avez bien voulu faire de mes toiles, m'autorisent à vous demander ce service. Cordialement. PS" Belle lettre dans laquelle Paul Signac cherche l'appui de son maître Camille Pissarro après une critique acerbe publiée par Octave Mirbeau dans L'Echo de Paris. Dans ledit article, le premier à la Une de L'Echo de Paris du 23 janvier 1894, Octave Mirbeau n'épargne en effet pas Signac : « M. Signac a voulu continuer Seurat. Je ne puis me faire à sa peinture. Je ne méconnais pas ses qualités mais elles disparaissent sous l'amoncellement de ses défauts. Ce qu'on admettait de Georges Seurat [...] on le comprend moins chez M. Signac qui n'en est que l'adepte trop complaisant et trop littéral. Et puis cette continuelle sécheresse me choque. M. Signac fait la nature immobile et figée. Jamais le vent n'a secoué la surface inerte de ses mers, ni tordu les branches de ses pins, ni animé l'éternelle fixité de ses nuages, la raideur cartonnée de ses ciels. Il ignore le mouvement, la vie, l'âme qui est dans les choses. [...] Il serait peut-être temps, pour notre joie, que M. Signac voulût bien nous donner du Signac. Je crois qu'il le peut.» Pourquoi cette obsession pour Seurat ? « En ce début d'année 1894, la position de Mirbeau, de Geffroy, de Pissarro et que quelques autres, est de considérer que le néo-impressionnisme est bel et bien mort en 1891 avec la disparition de Seurat. Le regard rétrospectif qu'ils jettent sur cette aventure artistique les conduit à penser qu'il ne s'agissait nullement d'un prolongement, d'une continuation de l'impressionnisme par des voies nouvelles (scientifiques), mais bien d'une réaction contre lui, voire d'une liquidation pure et simple du mouvement. » (Cahiers Octave Mirbeau). La réponse de Pissarro à Signac, elle-même transcrite par Michel et Limousin, ne se fait pas attendre : cela « [l]'ennuirait d'écrire ce que vous me demandez à Mirbeau, et cela pour plusieurs raisons. [...] Premièrement parce que je suis en froid avec lui, vous le savez bien. Deuxièmement parce que, pour vous-même, il ne sied pas de discuter l'opinion d'un critique, même étant persuadé d'être dans le vrai, et, si vous voulez franchement ma façon de penser et que je suis heureux d'avoir l'occasion de vous exprimer, je trouve que la méthode même est mauvaise. Au lieu de servir l'artiste, l'ankylose et le glace. Si je vous ai fait des compliments cette année, c'est parce que j'ai trouvé vos dernières toiles mieux que celles que vous aviez exposées aux Indépendants, mais je suis loin de trouver que vous êtes dans la voie qui convient à votre tempérament essentiellement peintre et si, jusqu'à présent, je ne vous ai rien dit à ce sujet, c'est parce que j'étais sûr de vous être désagréable et, somme toute, mes convictions peuvent ne pas être partagées par vous. Réfléchissez mûrement et voyez si le moment n'est pas venu de faire votre évolution vers un art plus de sensation, plus libre et qui serait plus conforme à votre nature. » « Dépité, et privé de l'autorité d'un maître vénéré par le critique, Signac en est réduit à élaborer lui-même, et sans plus attendre, la réponse à adresser à Mirbeau [...] » (ibid.) Cette réponse prend la forme d'une longue lettre rédigée le même jou‎

‎SENGHOR Léopold Sédar‎

‎Poèmes‎

‎- Seuil, Paris 1972, 14,5x21,5cm, reliure de l'éditeur. - Nouvelle édition, un des exemplaires numérotés. Reliure à la bradel en pleine toile rouge de l'éditeur, dos lisse légèrement éclairci. Agréable exemplaire. Envoi autographe signé de Léopold Sédar Senghor à madame Lucas. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎JOUVE Pierre Jean‎

‎Poésie. Diadème - Ode - Langue‎

‎- Mercure de France, Paris 1966, 14,5x21cm, broché. - Edition originale collective, un des 20 exemplaires numérotés sur vélin pur fil, seuls grands papiers avec quelques hors commerce. Premier plat très légèrement et marginalement insolé, dos plissé en queue, agréable exemplaire du troisième volume des oeuvres complètes de Pierre Jean Jouve. Précieux envoi autographe daté et signé de Pierre Jean Jouve : "A André Malraux en amitié, admiration - fidélité. Pierre Jean Jouve. 1966" [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎JOUVE Pierre Jean‎

‎Poésie. Mélodrame - Moires‎

‎- Mercure de France, Paris 1967, 14,5x21cm, broché. - Edition originale collective, un des 20 exemplaires numérotés sur vélin pur fil, seuls grands papiers avec quelques hors commerce. Agréable exemplaire du quatrième volume des oeuvres complètes de Pierre Jean Jouve. Précieux envoi autographe daté et signé de Pierre Jean Jouve : "A André Malraux pour un grand livre et une amicale figure. Pierre Jean Jouve. 1967" [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎ARAGON Louis‎

‎Lettre autographe signée‎

‎- Grandcamp-les-Bains s.d. (ca 1914-1920), 13,5x21cm, une page sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée adressée à un correspondant qu'il ne nous a pas été possible d'identifier. Rédigée depuis le Grand Hôtel de Grandcamp-les-Bains (Calvados) à l'encre bleue sur un feuillet remplié de papier blanc. Une pliure transversale inhérente à la mise sous pli de la missive et quatre petites perforations portant atteinte au texte mais ne gênant pas sa lecture. La mention de Grandcamp-les-Bains - où Aragon ne semble avoir été qu'une seule fois l'été de ses dix-sept ans - et la signature - d'une forme précoce - nous laissent penser que la lettre pourrait avoir été rédigée à l'été 1914. Philippe Forest, dans sa biographie d'Aragon, confirme que c'est bien à Grandcamp-les-Bains, où sa famille avait loué cinquante chambres dans un grand hôtel du bord de mer pour loger famille et amis, que le futur poète apprit la nouvelle de la mobilisation. L'écriture, moins ronde que sur les manuscrits antérieurs aux années 1920, nous semble cependant plus tardive et nous ne sommes donc pas en mesure de confirmer la date de 1914. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎BARBEY D'AUREVILLY Jules‎

‎Aphorisme autographe signé : "Il n'y a de bon à faire que les choses déjà faites. [...]"‎

‎- s.l. s.d. (ca 1890), Cadre : 20,5x25cm / sujet : 11,5x17cm, une page encadrée. - Aphorisme autographe signé de Jules Barbey d'Aurevilly, sept lignes rédigées à l'encre rouge. Le manuscrit est présenté dans un cadre en bois sous passe-partout de tissu vieux rose. "Il n'y a de bon à faire que les choses déjà faites. Le passé, c'est le présent, c'est l'avenir, c'est tout, voilà pourquoi j'ai l'horreur des voyages, que les superficiels adorent. J. Barbey d'Aurevilly" [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎BECKETT Samuel‎

‎Lettre autographe signée adressée à Alain Bosquet‎

‎- 17 février 1967, 21,5x27cm, une page sur un feuillet. - Handwritten signed letter addressed to Alain Bosquet 17 February 1967 | 21.5 x 27 cm | one page on one leaf Handwritten letter signed by Samuel Beckett addressed to Alain Bosquet. Some lines written in black ink on watermarked paper. "I do not have the slightest novelty to offer you [...] I very much regret." [FRENCH VERSION FOLLOWS] Lettre autographe signée de Samuel Beckett adressée à Alain Bosquet. Quelques lignes rédigées à l'encre noire sur un papier filigrané. "Je n'ai pas le moindre inédit à vous proposer [...] Je regrette beaucoup."‎

‎BERLIOZ Hector‎

‎Lettre autographe signée adressée à Louis Penet : "Je vis dans un tourbillon de souffrances, de joies, d'émotions diverses qu'il me serait bien difficile de vous faire connaître."‎

‎- Paris 9 septembre 1859, 13,4x20,2cm, 3 pages sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée d'Hector Berlioz adressée à Louis Penet. Trois pages rédigées à l'encre noire sur un feuillet remplié. Cette lettre a été retranscrite dans la correspondance générale de Berlioz (Flammarion, 1995). Nous n'avons pu trouver que de très rares informations sur le destinataire de cette lettre, pourtant très proche de Berlioz. La Bibliothèque Nationale de France possède en effet une longue lettre du compositeur à ce même ami datée du 16 décembre 1832 et du même ton très intime que la nôtre. Louis Penet (1808-1879) fut un ancien négociant orléaniste, président de l'Association alimentaire de Grenoble. " Vous me paraissez triste, je ne suis pas gai. Je suis malade, et cruellement, d'une névralgie qui me tue. Nous causerons de nos misères [...] Je vis dans un tourbillon de souffrances, de joies, d'émotions diverses qu'il me serait bien difficile de vous faire connaître. Le dernier voyage de Bade avec ses ardentes commotions musicales m'a achevé." L'année 1869 est placée sous le signe de la maladie pour Berlioz : "Les souffrances physiques ne cessant d'augmenter, nous le voyons recourir, sans aucun succès d'ailleurs, aux services d'un guérisseur nègre." (Henry Barraud, Hector Berlioz, 1979) [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎ARAGON Louis‎

‎Aurélien‎

‎- Gallimard, Paris 1949, 13,5x21cm, relié. - Nouvelle édition. Reliure en demi basane marbrée bordeaux à coins, dos à cinq nerfs, initiales dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, modeste reliure de l'époque. Envoi autographe signé de Louis Aragon au docteur Julian. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎BRETON André & BRETON Elisa‎

‎Carte postale autographe signée inédite adressée à Jean Schuster : "Ce pays est très beau décidément."‎

‎- Amsterdam 1958, 13,9x8,9cm, une carte postale. - Autograph signed postcard addressed to Jean Schuster Amsterdam 1958 | 13.9 x 8.9 cm | a postcard Handwritten postcard signed by André Breton addressed to Jean Schuster, written in blue ballpoint pen on the back of a postcard reproducing a black and white photography of a Melanesian mask preserved at the Tropenmuseum in Amsterdam and which André Breton designates under the highly significant qualifier "friend", responsible for showing his "affection" to Jean Schuster. "This grid pattern of canals and the tulip tiling leaves us in great indecision. [...] This country is decidedly very beautiful." His wife Elisa Breton added a few lines of a Surrealist tone following the main text: "Elisa in Amsterdam comes from a gingerbread tin and a potential twisting from antiquarians." Jean Schuster (1929-1995) joined the Surrealist group in 1947. Close to Benjamin Péret and André Breton, he will become Breton's executor. [FRENCH VERSION FOLLOWS] Carte postale autographe signée inédite d'André Breton adressée à Jean Schuster, rédigée au stylo bille bleu au verso d'une carte postale reproduisant une photographie en noir et blanc d'un masque mélanésien conservé au Tropenmuseum d'Amsterdam et qu'André Breton désigne sous le qualificatif hautement significatif d'"ami" chargé de transmettre son "affection" à Jean Schuster. Superbe description picturale de la ville et de sa topographie qui surprend le poète : "Ce quadrillage de canaux et le carrelage de tulipes nous laissent en grande indécision. [...] Ce pays est très beau décidément." Elisa, l'épouse de Breton, a ajouté quelques lignes d'une tonalité toute surréaliste à la suite du texte principal : "Elisa à Amsterdam est issue d'un moule de pain d'épices et d'une entorse en puissance d'antiquaires." Jean Schuster (1929-1995) rejoint le groupe surréaliste en 1947. Proche de Benjamin Péret et André Breton, il deviendra l'exécuteur testamentaire de ce dernier.‎

‎CALDER Sandra‎

‎Carte postale autographe signée adressée à Juan Luis Buñuel ; "La paix ! la paix ! la paix !"‎

‎- s.d. (ca 1967) , 15,7x10,8cm, une carte postale. - Handwritten signed postcard addressed to Juan Luis Buñuel s.d(ca 1967), 15.7 x 10.8 cm, a postcard Handwritten postcard signed by Alexander Calder addressed to Juan Luis Buñuel on the back of a reproduction of a painting by Georges de La Tour. Two small perforations in the left margin of the card, as is usual in Juan Luis Buñuel's collection. "La paix ! la paix ! la paix ! pour 1968 Vanvis - I don't understand why I'm always leaving messages and never getting an answer. I was sorry not to see you in Barcelone. It is a beautiful snow. Love to you and Carmen and children. Sandro" In 1939, Luis Buñuel, who had just received an offer to work in Hollywood, decided, with his wife and child, to leave the chaotic situation in Europe to go and live the American Dream. The penniless Buñuels initially spent a few precarious months living in New York. Luis Buñuel found himself forced to ask Dali—his longstanding friend in exile, along with Gala, during these years—to lend him some money. His request was refused in no uncertain terms, putting an end to the two men's friendship. Thus it was Calder, whom Luis had perhaps already met in Paris in the 1920s, who put the whole family up in his Upper Side apartment. Juan Luis Buñuel, the artist's godson, sensed that his interest in sculpture began in this same period: "When Dali told my father he would not lend him any money, he contacted him [Calder]. He offered his house to us and we lived with his family for a time. I can only vaguely remember it, but it was then that I started to become interested in sculpture and he encouraged me" (Anton Casto, Juan Luis una entrevista). Despite the geographical distance that would come to separate them, Alexander Calder would remain a friend of the Buñuel family. The relationship between the artist and the film-maker is, however, almost entirely absent from the biographies, and this correspondence is a rare testimony to the profound connection between the sculptor and the Buñuel family. [FRENCH VERSION FOLLOWS] Carte postale autographe signée Sandra Calder adressée à Juan Luis Buñuel au verso d'une reproduction d'un tableau de Georges de La Tour. Deux petites perforations en marge gauche de la carte, comme habituellement dans la collection de Juan Luis Buñuel. "La paix ! la paix ! la paix ! pour 1998 Vanvis - I don't understand why I'm always leaving messages and never getting an answer. I was sorry not to see you in Barcelone. It is a beautiful snow. Love to you and Carmen and children. Sandra" En 1939, Luis Buñuel, qui venait de recevoir une proposition de travail à Hollywood, décide, avec femme et enfant, de quitter la situation chaotique de l'Europe pour vivre l'American Dream. Les Buñuel, désargentés, tran­sitent d'abord quelques mois par New York où ils vivent dans des condi­tions précaires. Luis Buñuel se voit contraint de demander à Dali - son ami de longue date en exil avec Gala dans ces mêmes années - de lui prêter de l'argent. Il essuie un violent refus qui met fin à l'amitié des deux hommes. C'est alors Calder, que Luis a peut-être déjà rencontré à Paris dans les an­nées 1920, qui accueille toute la famille dans son appartement de l'Upper Side. Juan Luis Buñuel, filleul de l'artiste, suppose que son intérêt pour la sculpture a commencé à la même période : « Quand Dali dit à mon père qu'il ne lui prêterait pas d'argent, il l'a contacté [Calder]. Il nous a offert sa maison et nous avons vécu au côté de sa famille pendant quelque temps. Je ne m'en rappelle que vaguement, mais c'est alors que j'ai commencé à m'intéresser à la sculpture et il m'a encouragé. » (Anton Castro, Juan Luis una entrevista). En dépit de la distance géographique qui les séparera, Alexander Calder demeurera un ami de la famille Buñuel. La relation entre l'artiste et le ci­néaste est cependant presque totalement absente des biographies et cette correspondance est un rare témoignage du lien profond entre le sculpteur et‎

‎MANN Thomas‎

‎Carte postale autographe signée à Friedrich Karl Roedemeyer‎

‎- Munich 22 février 1922, 8,7x13,7cm, une carte postale. - Carte postale autographe signée de Thomas Mann adressée à Friedrich Karl Roedemeyer, rédigée des deux côtés à l'encre noire. Le professeur Friedrich Karl Roedemeyer (1894-1947) enseigna la linguistique à l'Université de Francfort où il invita Thomas Mann à l'occasion du Goethe Festival. Il s'agit ici d'une lettre d'excuses de l'écrivain qui annonce qu'il ne pourra malheureusement pas assurer la conférence qu'il devait donner. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎SARTRE Jean-Paul‎

‎Manuscrit autographe de deux brouillons de réponses à des lecteurs de France Observateur‎

‎- s.d. (1957), 21x27,2cm, 5 feuillets et une lettre tapuscrite. - Manuscrit autographe de deux brouillons de réponses à des lecteurs de France Observateur suite à la parution de l'article intitulé "Quand la police frappe les trois coups" et rédigé à l'encre bleue sur cinq feuillets quadrillés. Ratures et corrections. L'article, paru en 1957, a été reproduit en 1965 dans Situations 7 Problèmes de marxisme 2. Dans cet article, Sartre proteste contre l'interdiction préfectorale de jouer La Reine de Césarée de Robert Brasillach, sous la pression des résistants, déportés et fils des déportés, et contre les pressions policières exercées contre des pièces de théâtre de Fabre-Luce et Jean Genet. Intéressants brouillons, dans lesquels le philosophe invite M. Ginsburgh à monter lui-même Le Balcon : "Mais puisqu'il ne dément rien de ce que j'ai dit, je me borne pour l'instant à considérer sa lettre comme une confirmation tacite de mon article. Par reste, M. Ginsburgh a l'occasion de me confondre avec éclat : que ne monte-t-il pas le Balcon ? Ce n'est pas un défi, c'est une proposition honnête : si le Balcon est joué sur la scène du théâtre d'Aujourd'hui, je ferai ici même des excuses à M. Ginsburgh et au directeur de l'Alliance Française." Fabre-Luce semble lui-même avoir également écrit à Sartre après la parution de l'article : "Pour M. Fabre-Luce, même réponse : je le remercie de confirmer tacitement les informations que j'avais données sur sa pièce. Il n'ose nier la présence de la police. En témoignage de gratitude, je prends acte, il déclare simplement qu'il ne l'a pas appelée lui-même. [...] M. Fabre-Luce, fort de son succès antérieur, ne craignait rien. La préfecture de police, elle, qui devait être au courant de ce succès, craignait pour M. Fabre-Luce. On voudrait connaître les origines de cette touchante sollicitude. Ce qui compte, c'est beau." Les deux lettres reçues par le philosophe n'ont pas été jointes à cette ébauche de réponse, mais on dispose de la lettre de Gilles Martinet de France Observateur qui joint lesdites réponses des lecteurs à Sartre. Importants brouillons, témoignage du souci avec lequel le penseur germanopratin répondait à ses commentateurs. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Carte-lettre autographe signée et quatrain autographe signé adressés à Alidor Delzant : "j'ai honte d'avoir fui dans ma verdure au moment même où Whistler parlait de mon portrait à faire"‎

‎- Valvins 23 juin 1898, 8,9x11,5cm, une carte recto verso - enveloppe jointe. - Carte-lettre autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant rédigée à l'encre noire des deux côtés. Enveloppe jointe. On joint à cette lettre un quatrain de la main de Stéphane Mallarmé : "Tout en les éternisant / Bracquemond ici fait vivre / Les traits d'Alidor Delzant / A nous ouvert comme un livre." ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Charmante carte dans laquelle le "poëte ordinaire" évoque la réalisation de son portrait par son ami le peintre Whistler : "j'ai honte d'avoir fui dans ma verdure au moment même où Whistler parlait de mon portrait à faire". "Le 1er juin, comme il l'avait promis à Whistler qui, dans sa dernière lettre d'une affection allant jusqu'à la tendresse, l'appelait "mon Mallarmé", il se rend à l'atelier du peintre, rue Notre-Dame-des-Champs. "Vous verrez quelqu'un des forêts, entre le sanglier et le rossignol", avait-il prévenu plaisamment pour annoncer sa visite. Peintre et poète finissent cette journée en dînant rue du Bac où manque désormais la trop éphémère Trixie. Dans la pénombre de l'après-dîner, Whistler, près d'une lampe, semble ressusciter par son aspect Poe l'extraordinaire. Sans doute redit-il alors à Mallarmé le projet qu'il a de le peindre. Le lendemain, sans attendre l'exposition Monet qui doit avoir lieu chez Georges Petit, les Mallarmé rejoignent Valvins." (Jean-Luc Steinmetz, Stéphane Mallarmé) Il s'agit probablement là de la réalisation d'un autre portrait de Mallarmé, dont nous n'avons trouvé aucune trace, Whistler en ayant déjà réalisé un premier qui servit de frontispice à Vers et Prose en 1893. Il évoque également la réalisation du portrait à l'eau-forte de Delzant par Bracquemond : "Je comprends, du reste, l'eau-forte valant cet exil de Paraÿs [...] Redites mon affectueuse admiration toujours à Monsieur Bracquemond." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Carte autographe signée adressée à Alidor Delzant : "Vous avez toujours des façons charmantes de vous rappeler à vos amis, même quand ils se souviennent"‎

‎- Paris 13 octobre 1893, 11,4x8,9cm, une carte recto verso - enveloppe jointe. - Carte autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant rédigée à l'encre noire des deux côtés. Enveloppe jointe. ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Amicale carte dans laquelle Mallarmé remercie Alidor Delzant pour une surprise envoyée : "Ma fille a trouvé à la maison, dès notre retour ces jours-ci, la caisse remplie de regards en coulisse ; elle vous remercie beaucoup et Madame Delzant. Vous avez toujours des façons charmantes de vous rappeler à vos amis, même quand ils se souviennent." Les "regards en coulisse" sont sans doute des abricots ou des pruneaux. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Lettre autographe signée et quatrain autographe signé adressés à Alidor Delzant : " Voici un quatrain lapidaire..." [joint] Calque original du quatrain destiné à orner le linteau de sa cheminée‎

‎- s.d. (15 avril 1892), 12,6x16,4cm, 11,4x8,9cm et 31,9x9,9cm, 2 pages sur un double feuillet, une carte et un calque. - Handwritten signed letter and handwritten signed quatrain addressed to Alidor Delzant: "Here is a concise quatrain..." [with] Original reproduction of the quatrain destined to decorate the lintel of his chimney [15 April 1892] | 12,6 x 16,4 cm | 11,4 x 8,9 cm and 31,9 x 9,9 cm | 2 pages on a double leaf, one card and a reproduction Handwritten signed letter from Stéphane Mallarmé addressed to Alidor Delzant. Two pages written in black ink on a double leaf. Envelope attached. A handwritten signed quatrain by Mallarmé on a card is attached to this letter, the one that will be used for the chimney: Ici le feu pour renaître Tantôt durable ou charmant Comme l'amitié du maître Mêle du chêne au sarment Alidor Delzant was a lawyer, collector and bibliophile. Friend with the Goncourts brothers, he dedicated a book to them and was Edmond's secretary and testamentary beneficiary. A beautiful letter mentioning the creation of a quatrain to embellish Delzant's chimney: "I am infinitely touched, and this thought, like all of yours, is gracious. Here is a concise quatrain + I recommend the engraving in capitals?; tell me if you agree.++ But do you have vine branches?" We attach the original reproduction of the quatrain, likely produced by Mallarmé, destined to adorn the lintel of Alidor Delzant's library chimney in his Paraÿs home. We know Delzant's reply to this letter: "My dear friend / These verses are very beautiful, just what was suited to glorify the Paraÿs Chimney where the vine shoots sparkle around the oak logs. / I remain touched and grateful. / Alidor Delzant." [FRENCH VERSION FOLLOWS] Lettre autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant. Deux pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet. Enveloppe jointe. Est joint à cette lettre un quatrain autographe signé de Mallarmé sur une carte, celui qui sera repris pour la cheminée?: «?Ici le feu pour renaître Tantôt durable ou charmant Comme l'amitié du maître Mêle du chêne au sarment.?» Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Belle lettre évoquant la création d'un quatrain afin d'embellir la cheminée de Delzant?: «?Je suis infiniment touché, et cette pensée, comme toutes les vôtres, est gracieuse. Voici un quatrain lapidaire + je conseille la gravure en capitales?; dites-moi s'il vous agrée.++ Mais usez-vous de sarments ??» On joint le calque original, probablement réalisé par Mallarmé, du quatrain destiné à orner le linteau de la cheminée de la bibliothèque d'Alidor Delzant dans sa maison de Paraÿs. On connaît la réponse de Delzant à cette lettre?: «?Mon cher ami / Ces vers sont très beaux, juste ce qui convenait pour glorifier la Cheminée de Paraÿs où les sarments pétillent autour des bûches des chênes. / Je demeure touché et reconnaissant. / Alidor Delzant.?»‎

‎APOLLINAIRE Guillaume‎

‎Lettre autographe signée inédite adressée à Max Jacob : "Viens tout de même me voir, dirait le père Janvier qui doit pour le moins parler aussi bien que le père de Victor Hugo"‎

‎- Paris s.d. (ca 1918), 13,3x21cm, 2 pages sur un feuillet. - Lettre autographe signée inédite de Guillaume Apollinaire adressée à Max Jacob. Deux pages rédigées à l'encre noire sur un feuillet à en-tête de la chambre des députés. Pliures inhérentes à l'envoi. Lettre inédite, au sujet du député Charles Régismanset, alors directeur du Ministère des Colonies : "Veux-tu dire à ton ami, que Régismanset m'a prié de te faire savoir que son cas ne comportait point d'atténuation au point de [vue] des sous-vêtements militaires." "La colonie a écrit en personne et émettant l'avis le plus défavorable car la maison en question a bénéficié pour l'heure d'une démobilisation importante..." "Ces "colonies" ne sont guère lointaines. Il est détaché rue Oudinot, au cabinet du Ministre Henri Simon qui a été heureux d'avoir pu rendre service à un poète qu'il estime depuis longtemps. Ses attributions sont assez vagues. Affecté au service de la Presse, il supervise le Bulletin d'Informations coloniales et étrangères, y collaborant parfois discrètement, tâche qui lui laisse assez de liberté dans son propre travail. Son chef direct, Charles Régismanset, lui-même écrivain, l'appelle chaque fois qu'un "broussard" de passage peut le renseigner sur les moeurs Bambara ou les féticheurs de Guinée." (Pierre-Marcel Adéma, Guillaume Apollinaire) "Viens tout de même me voir, dirait le père Janvier qui doit pour le moins parler aussi bien que le père de Victor Hugo, surtout viens avant janvier et toujours plus haut Excelsior, viens j'ai quelque chose d'éditorial à te dire." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎BALTHUS Balthasar Klossowski, dit‎

‎Carte de voeux autographe signée‎

‎- s.d. (ca 1970), 14x18,5cm, une carte de voeux. - Carte de voeux autographe signée de Balthus à deux amis, sur le devant est contrecollée la reproduction d'une image issue des très riches heures du duc de Berry. Arrière de la carte un peu bruni. "Durant l'été 1952, Balthus trouve un château dans la Nièvre, entre Autun et Avallon qu'il décide de louer et où il s'installe au printemps de l'année suivante. Les moyens lui en sont donnés par ses marchands, Henriette Gomès, Pierre Matisse et avec eux un collectif de collectionneurs, dont Maurice Rheims, Alix de Rotschild et Claude Hersent. Ils lui versent une pension en échange de ses derniers tableaux qu'ils répartissent entre eux. Le château est fort dégradé et Balthus y vit modestement dans un continuel chantier de remise en état. Il a pour lui tenir compagnie, l'aider à s'installer et assurer une présence quand il se rend à Paris la poétesse Léna Leclercq, rencontrée par l'intermédiaire de Giacometti. Cette dernière reste jusqu'au printemps 1955. Entre temps, Balthus a commencé une relation amoureuse avec sa nièce par alliance, Frédérique Tison, fille d'une précédente union de l'épouse de son frère Pierre." (Fondation Balthus) [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎BALTHUS Balthasar Klossowski, dit‎

‎Lettre autographe signée adressée à Henriette Gomès‎

‎- Chaumard (Nièvre) juillet 1953, 21,8x27,9cm, une page sur un feuillet. - Lettre autographe signée de Balthus adressée à la galerisre Henriette Gomès. Une page rédigée à l'encre noire sur un feuillet, enveloppe jointe. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. "Impossible de me souvenir de l'adresse de Baladine Bd St Michel..." Baladine est le surnom de Merline Klossowska, la mère de Balthus qui fut également la maîtresse de Rilke. "Durant l'été 1952, Balthus trouve un château dans la Nièvre, entre Autun et Avallon qu'il décide de louer et où il s'installe au printemps de l'année suivante. Les moyens lui en sont donnés par ses marchands, Henriette Gomès, Pierre Matisse et avec eux un collectif de collectionneurs, dont Maurice Rheims, Alix de Rotschild et Claude Hersent. Ils lui versent une pension en échange de ses derniers tableaux qu'ils répartissent entre eux. Le château est fort dégradé et Balthus y vit modestement dans un continuel chantier de remise en état. Il a pour lui tenir compagnie, l'aider à s'installer et assurer une présence quand il se rend à Paris la poétesse Léna Leclercq, rencontrée par l'intermédiaire de Giacometti. Cette dernière reste jusqu'au printemps 1955. Entre temps, Balthus a commencé une relation amoureuse avec sa nièce par alliance, Frédérique Tison, fille d'une précédente union de l'épouse de son frère Pierre." (Fondation Balthus) [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎AURIC Georges‎

‎Lettre autographe signée adressée à Bolette Natanson : "Car plus que jamais les gens me dégoûtent, sauf vous, naturellement. Je voudrais appuyer sur un bouton et détruire l'Humanité."‎

‎- s.l. s.d. (vers 1916-1918), 12,4x17cm, 2 pages sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée de Georges Auric adressée à Bolette Natanson. Deux pages rédigées à l'encre noire sur un feuillet remplié. Ratures et soulignements. Pliures inhérentes à l'envoi. Très belle lettre dans laquelle le compositeur disserte sur l'amitié : "Seulement, je voulais vous dire cela d'important. Je vous recommande de ne pas inviter [Florent] Schmitt ni aucun "artiste". Sans cela, je me déclare incapable de résister à la vision de ces génies mauvais. Car plus que jamais les gens me dégoûtent, sauf vous, naturellement. Je voudrais appuyer sur un bouton et détruire l'Humanité. Alors nous serons tranquilles et je vous dirai la vérité sur l'Art et la vérité sur toutes les choses en quoi vous avez foi. " Auric évoque également dans cette lettre la musique : "Il n'y a que les valses de Ravel qui sont nobles et sentimentales." Evoluant depuis sa plus tendre enfance dans les milieux artistiques - elle est la fille d'Alexandre et la nièce de Thadée Natanson, les créateurs de la fameuse Revue Blanche - Bolette Natanson (1892-1936) se lia d'amitié avec Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Georges Auric, Jean Hugo ou encore Colette. Passionnée par la couture, elle quitte Paris pour les Etats-Unis avec Misia Sert, grande amie de Coco Chanel et est embauchée chez Goodman. Avec son mari Jean-Charles Moreux, ils créèrent en 1929 la galerie Les Cadres boulevard Saint-Honoré et fréquentèrent de nombreux artistes et intellectuels. Leur succès fut immédiat et ils multiplièrent les projets : la création de la cheminée de Winnaretta de Polignac, la décoration du château de Maulny, l'agencement de l'hôtel particulier du baron de Rothschild, la création de cadres pour l'industriel Bernard Reichenbach et enfin la réalisation de la devanture de l'institut de beauté de Colette en 1932. Bolette Natanson encadra également les œuvres de ses prestigieux amis peintres : Bonnard, Braque, Picasso, Vuillard, Man Ray, André Dunoyer de Segonzac, etc. En dépit de cette fulgurante ascension, elle mettra fin à ses jours en décembre 1936 quelques mois après le décès de son père. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎AURIC Georges‎

‎Lettre autographe signée adressée à Bolette Natanson : "Alchimistes, Rimbaud ! Eclair ouvre le ciel de mon adolescence ! Je me sens poète et c'est bien le moment de m'arrêter !"‎

‎- s.l. s.d. (vers 1916-1918), 12,4x17cm, 2 pages sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée de Georges Auric adressée à Bolette Natanson. Deux pages rédigées à l'encre noire sur un feuillet remplié. Pliures inhérentes à l'envoi. Belle lettre poétique aux influences rimbaldiennes : "Alchimistes, Rimbaud ! Eclair ouvre le ciel de mon adolescence ! Je me sens poète et c'est bien le moment de m'arrêter !" Auric y évoque un concert qu'il doit donner chez Mme Japy de Beaucourt, qui tenait salon en l'honneur de la revue dirigée par Ricciotto Canudo Montjoie ! : "Je dois jouer - encore ! vendredi chez Mme J. de B. (non point n'est ce pas, Mme Jean de B(?) mais Mme Canudo de Beaucourt". Il ajoute : "Montjoie et Canudo, gras et bête italboche..." Evoluant depuis sa plus tendre enfance dans les milieux artistiques - elle est la fille d'Alexandre et la nièce de Thadée Natanson, les créateurs de la fameuse Revue Blanche - Bolette Natanson (1892-1936) se lia d'amitié avec Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Georges Auric, Jean Hugo ou encore Colette. Passionnée par la couture, elle quitte Paris pour les Etats-Unis avec Misia Sert, grande amie de Coco Chanel et est embauchée chez Goodman. Avec son mari Jean-Charles Moreux, ils créèrent en 1929 la galerie Les Cadres boulevard Saint-Honoré et fréquentèrent de nombreux artistes et intellectuels. Leur succès fut immédiat et ils multiplièrent les projets : la création de la cheminée de Winnaretta de Polignac, la décoration du château de Maulny, l'agencement de l'hôtel particulier du baron de Rothschild, la création de cadres pour l'industriel Bernard Reichenbach et enfin la réalisation de la devanture de l'institut de beauté de Colette en 1932. Bolette Natanson encadra également les œuvres de ses prestigieux amis peintres : Bonnard, Braque, Picasso, Vuillard, Man Ray, André Dunoyer de Segonzac, etc. En dépit de cette fulgurante ascension, elle mettra fin à ses jours en décembre 1936 quelques mois après le décès de son père. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎CELINE Louis-Ferdinand‎

‎Lettre autographe signée : "Pourvu que je ne vive pas aussi longtemps que Pétain !"‎

‎- s.l. [Klarskovgaard] 2 octobre 1950, 21x34 cm, une page sur un feuillet. - Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline adressée à une "demoiselle et amie" que nous n'avons pu identifier. Une page rédigée à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "560" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Amusante lettre dans laquelle l'écrivain sollicite des "tickets d'alimentation" : "Encore nous ! Avec nos "tickets d'alimentation" ! Pourvu que je ne vive pas aussi longtemps que Pétain ! Les tickets non plus !" Ce parallèle entre Pétain, emprisonné pour collaboration et Céline, exilé pour le même motif sera prémonitoire : moins d'une année plus tard le Maréchal décèdera à l'âge de 95 ans. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎CELINE Louis-Ferdinand‎

‎Lettre autographe signée adressée à Maître Thorvald Mikkelsen : "Nous dirons si vous le voulez bien en simple et bon français que Marcel Aymé a : de la pénétration. [...] Et si Marcel a de la pénétration moi j'ai de la vision."‎

‎- s.l. [Klarskovgaard] 22 octobre 1950, 21x34cm, 2 pages sur un feuillet. - Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat, Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "582" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Belle lettre évoquant Marcel Aymé : "Nous dirons si vous le voulez bien en simple et bon français que Marcel Aymé a : de la pénétration. [...] Et si Marcel a de la pénétration moi j'ai de la vision." Nous ne reviendrons pas sur l'amitié qui unit Céline et Aymé - ce dernier lui rendit même visite à Klarskovgaard en mars 1951 - mais nous nous contenterons de citer un passage du texte que l'écrivain montmartrois rédigea en l'hommage de son sulfureux ami : "Je l'ai connu il y a vingt-cinq ans, avant la guerre alors qu'il était partout célébré, admiré - mais rarement compris - et après son retour du Danemark, pendant les neuf années de souffrances qui l'acheminaient vers la mort. Avant comme après la tourmente, sa conversation faisait apparaître l'idéaliste dont les sarcasmes dénonçaient les cent mille misères d'une humanité cruelle, vaniteuse, boulimique, acharnée à sa propre perte. " Avant ", ses réquisitoires contre les folies meurtrières et suicidaires de l'homme, contre les injustices et les traquenards de la société, avaient la force joyeuse d'un lutteur, fusant avec une inépuisable invention verbale qui émerveillait ses auditeurs." (Ecrits sur la politique 1933-1967) Céline parle également dans cette lettre d'Albert Naud (son avocat entre 1947 et 1951) qui "se promène au Canada" et "va se retenir une Thénardière sur le St Laurent". S'en suit une considération toute célinienne : "Je crois aussi que la prochaine et ultime Capitale de la France sera Montréal." L'exilé danois fantasme ensuite sur un gouvernement mondial à mettre en place : "Et [René] Meyer (sic) ministre de la Justice, toujours, bien entendu ! là-bas ! Vous serez alors vous même ministre de la Guerre au Danemark (en retraite)." En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎CELINE Louis-Ferdinand‎

‎Lettre autographe signée adressée à Maître Thorvald Mikkelsen : "Le passeport français est moche mais il vaut mieux que rien."‎

‎- s.l. [Klarskovgaard] 12 octobre 1950, 21x34cm, 2 pages sur un feuillet. - Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline "ami tenace et obligé" adressée à son avocat, Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "579" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Lettre très énigmatique : "Aladin avait déjà une très jolie lampe - avec celle là vous allez voir un peu les trésors que je vais découvrir. Vous avez raison, du reste - Carpe Diem ! Mais vous savez la moitié au moins du destin : c'est le PASSEPORT. Le passeport français est moche et moch. mais il vaut mieux que rien." Notons au passage le jeu de mots sur le nom de Jules Moch, vice-président du conseil de 1949 à 1950. Il informe Mikkelsen : "J'ai aussi merde ! un cadeau à vous offrir et que vous accepterez, nom de dieu ! parce que c'est un livre en Suédois ! donc scandinave ! donc divin ! donc touchable, acceptable, recevable, non puant." En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎FAURE Edgar‎

‎Le serpent et la tortue. Les problèmes de la Chine populaire‎

‎- Julliard, Paris 1957, 14x19cm, broché. - Edition originale sur papier courant. Envoi autographe signé de l'auteur à Geneviève Dindin. Dos un peu passé, sinon agréable exemplaire. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎VINCENOT Henri‎

‎Walther, ce boche mon ami‎

‎- Denoël, Paris 1979, 14x20,5cm, broché. - Nouvelle édition pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers. Exemplaire complet de sa jaquette illustrée qui comporte deux petites déchirures en tête du premier plat. Envoi autographe signé d'Henri Vincenot à Georges Rochey. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎BLUM Léon‎

‎Lettre autographe signée adressée à Louis Artus‎

‎- Paris 22 mai 1908, 11,1x13,6cm, une feuille. - Lettre autographe signée adressée à l'écrivain Louis Artus, collaborateur au Petit journal et proche ami de Marcel Proust, rédigée à l'encre noire sur une carte lettre. Pliure centrale inhérente à l'envoi. "Puisque vous paraissez attacher quelque importance à l'erreur que j'ai commise je la rectifierai en post scriptum à mon prochain article qui paraîtra dans le numéro du 10 juin". [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎CLEMENCEAU Georges‎

‎Lettre autographe signée adressée à un ami‎

‎- Mont-Dore-Les-Bains 29 août 1909, 13,6x21cm, 1 page sur un double feuillet. - Lettre autographe signée de Georges Clémenceau adressée à un ami. Une page rédigée à l'encre noire sur un double feuillet à en-tête de l'International Palace de Mont-Dore-Les-Bains. Pliure centrale inhérente à l'envoi. Clemenceau, alors en cure thermale à Mont-Dore-les-Bains, écrit : "Tout est bien. C'est entendu pour le 9 octobre. Je suis vraiment confus d'avoir apporté ce dérangement dans vos projets." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎SAND George‎

‎Lettre autographe signée adressée à Stéphanie Geoffroy-Saint-Hilaire : de l'émancipation féminine par l'éducation : "Ç'a été pour moi une éducation à part que celle de cet enfant de 18 ans qui n'en avait que 2, il y a six mois, et qui a maintenant son âge, avec toute la candeur de l'enfance conservée."‎

‎- Nohant 3 juin 1858, 13,4x20,9cm, 4 pages sur un feuillet remplié. - Lettre autographe signée de George Sand adressée à son amie Stéphanie Bourjot, fille d'Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire. Quatre pages rédigées à l'encre bleue sur un feuillet remplié au chiffre de George Sand. Pliures inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été partiellement publiée dans Correspondance, t. XIV, n° 7846. Très belle lettre, en partie inédite, dans laquelle George Sand évoque l'ouvrage de Marie Pape-Carpantier et l'éducation de sa jeune servante Marie Caillaud?: «?C'est un excellent livre, dans lequel j'apprends à lire à ma jeune servante, une fille extraordinairement intelligente et dont ce livre ouvre l'esprit à toutes sortes de bonnes notions. Ç'a été pour moi une éducation à part que celle de cet enfant de 18 ans qui n'en avait que 2, il y a six mois, et qui a maintenant son âge, avec toute la candeur de l'enfance conservée. Donc tous les soirs, nous lisons les historiettes de Marie Carpentier, et je m'y intéresse autant que mon élève.?» Marie Caillaud n'a que onze ans lorsque George Sand la fait entrer à son service afin de s'occuper de la vaisselle et du poulailler, ce qui lui vaudra le sobriquet de «?Marie des poules?». Mais l'écrivaine repère bien vite l'intelligence de la jeune paysanne?: elle en fait rapidement sa gouvernante et à partir de 1856, la jeune fille participe aux séances du petit théâtre de Nohant. C'est au début des années 1858 que l'on trouve mention de son apprentissage notamment dans une lettre de George Sand à son ami Charles Duvernet?: «?Dans mes soirées d'hiver, j'ai entrepris l'éducation de la petite Marie, celle qui jouait la comédie avec nous. De laveuse de vaisselle qu'elle était, je l'ai élevée d'emblée à la dignité de femme de charge que sa bonne cervelle la rend très apte à remplir. Mais un grand obstacle, c'était de ne pas savoir lire. Ce grand obstacle n'existe plus. En trente leçons d'une demi-heure chacune, total quinze heures en un mois, elle a su lentement, mais parfaitement toutes les difficultés de la langue. Ce miracle est dû à l'admirable méthode Laffore, appliquée par moi avec une douceur absolue sur une intelligence parfaitement nette.?» (16 février 1858) Intime de l'écrivaine, Marie Caillaud deviendra finalement une comédienne influente de la scène de Nohant et côtoiera les illustres invités de George Sand?: Delacroix, Gautier, Dumas, le prince Jérôme Bonaparte... Mais Marie ne fut pas la première élève de George Sand, qui demeura toute sa vie durant intéressée par la question de la pédagogie et apprit à lire non seulement à ses enfants, mais aussi à ses petits-enfants et à plusieurs personnes de son entourages (domestiques, paysans). Cette lettre montre toute l'implication qu'elle eut dans son rôle de maîtresse, réfléchissant sans cesse à des manières pertinentes et efficaces d'enseigner?: «?Mais ce qui manque, du moins à ma connaissance, c'est une méthode de lecture. J'en ai fait une (pour mon usage, je ne l'ai pas écrite.) tirée d'abord de celle de Laffore, et modifiée à mon idée. Mais ce que je n'ai pas trouvé dans les manuels à l'usage de l'enfance et des écoles primaires, c'est un livre d'exercices bien faits pour apprendre à lire logiquement tout en se rendant compte de l'orthographe des mots. Ce livre existe-t-il ??» Loin d'être un simple passe-temps, l'éducation revêtit pour George Sand une importance capitale et, comme le souligne Georges Lubin, elle ne se borna donc pas à alphabétiser les plus jeunes. Il faut dire que la mère de Sand lui apprit elle-même à écrire dès l'âge de cinq ans?: «?Elle se rendit compte très tôt que la seule voie pour atteindre à l'égalité était l'émancipation intellectuelle. L'ignorance où les femmes étaient tenues était la cause de leur esclavage. L'ignorance où le peuple était tenu était le fondement de l'inégalité qui régnait entre les classes. L'éducation était le sésame qui ouvrirait les portes fermées.?» («?George Sand et l'éducation?» in Nineteenth-C‎

‎JOB‎

‎Lettre autographe signée adressée à H. Simonis Empis‎

‎- s.d. (ca 1902), 11,2x17,8cm, 2 pages 1/2 sur un double feuillet. - Lettre autographe signée de Job adressée à l'éditeur H. Simonis Empis. Deux pages et demie sur un double feuillet. Pliure inhérente à l'envoi. Intéressante lettre dans laquelle l'illustrateur propose à l'éditeur de publier "un album dont [il lui] garanti[t] le succès" : "Il s'agit d'un petit roman pour enfants, dont le texte serait fait par Montorgueil et qui serait aussi palpitant que possible [...] Tous les personnages seraient des jouets à un sou..." Il s'agit de Liline et Frérot : au pays des joujoux qui sera finalement édité chez Boivin & Cie. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎AMAN-JEAN Edmond‎

‎Lettre autographe signée‎

‎- s.l. 1933, 10,4x16,2cm, 2 pages sur un double feuillet. - Lettre autographe signée d' Edmond Aman-Jean ; deux pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet au chiffre du peintre. Pliure inhérente à l'envoi. "N'ayant plus l'appartement d'en dessous de mon atelier, je ne suis pas bien sûr que mon téléphone fonctionne bien. On peut toujours me téléphoner par le concierge. J'ai le désir de voir la toile dont vous me parlez..." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎DAUDET Lucien‎

‎Lettre autographe signée adressée à Lucien Descaves : "Quelquefois je m'imagine ce que devrait être l'Académie Goncourt..."‎

‎- Paris 28 mai 1936, 13,4x21cm, 2 pages sur un feuillet. - Lettre autographe signée de Lucien Daudet adressée à Lucien Descaves ; deux pages rédigées à l'encre noire sur un feuillet de papier bleu. Pliures inhérentes à l'envoi. Belle lettre évoquant Alexandre Arnoux, le talent et le prix Goncourt : "Alexandre Arnoux est un écrivain comparable a Vallery (sic) Larbaud, c'est-à-dire un homme remarquable à qui a manqué on ne sait quelle chance ou quelle ambition. [...] Quelquefois je m'imagine ce que devrait être l'Académie Goncourt, dans son véritable esprit Goncourt, et son prestige ici et en Europe, si les Dix étaient vous, mon frère, Claudel, Gide, Max Jacob, Cendrars, Malraux, Neveux, etc. " Alphonse Daudet, le père de Lucien, fut le premier président de l'Académie Goncourt en 1897. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎DAUDET Lucien‎

‎Lettre autographe signée inédite adressée à Lucien Descaves : "Vous, moi, quelques uns avons aimé Céline quand il avait un grand talent"‎

‎- Paris 29 décembre 1942, 13,6x17,9cm et 14x17,8cm, 6 pages sur un double feuillet et un feuillet simple. - Lettre autographe signée de Lucien Daudet adressée à Lucien Descaves ; six pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet et un feuillet simple. Pliures inhérentes à l'envoi. Belle et longue lettre inédite adressée à Lucien Descaves, à qui Daudet n'avait pas donné de nouvelles depuis deux ans. Il retrace dans les grandes lignes les tragiques événements survenus depuis : "Depuis ce temps, je suis resté à Paris, j'ai assisté aux jours de juin 40 [...] J'ai entrepris, pour oublier ma vie, d'écrire une vie de mon père [...] Puis au mois d'août, j'ai compris que j'étais très malade [...] j'ai été opéré, réopéré, en novembre j'étais mourant, je ne savais plus rien, puis une phlébite. [...] Un mois après j'apprenais la mort de mon frère." Tous ces tristes mésaventures ne l'empêche pas de songer à l'Académie Gouncourt qu'il évoque longuement dans cette missive. En effet, son frère Léon Daudet étant décédé quelques mois plus tôt, les académiciens lui cherchent un successeur et le nom de Lucien figure parmi celui des favoris : "Dès que les journaux ont prononcé mon nom pour l'Académie Goncourt, j'ai été très embarrassé." Il énonce cependant les raisons pour lesquelles il ne souhaite pas rejoindre les dix : "Parce que je ne pouvais pas avoir l'air, mon frère étant mort de dire 'à mon tour' [...] Et enfin, c'est difficile d'écrire quand on est le fils d'Alphonse Daudet, mais quand en plus on est le frère de Léon Daudet [...] la partie était perdue d'avance pour moi.". C'est finalement La Varende qui sera élu sur la recommandation de René Benjamin et Sacha Guitry et malgré ses certitudes ("Je me présenterais un jour ou l'autre à l'Académie") Lucien Daudet n'intègrera jamais le prestigieux jury. Lucien a adjoint à sa première lettre un autre feuillet dans lequel il commente le dernier roman de Germaine Beaumont : "Il ne faut pas avoir la moindre idée de ce qu'est un roman, un vrai roman, pour ne pas avoir compris que depuis des années on n'avait pas écrit un roman de cette densité-là." Cette considération littéraire est l'occasion pour Daudet d'aborder le cas Céline, qui - toujours en France à cette époque - vient de publier son troisième pamphlet Les Beaux Draps : "Vous, moi, quelques uns avons aimé Céline quand il avait un grand talent. Et puis tous les imbéciles l'ont découvert quand il s'est imité lui-même et que ça n'a plus été que le moule à gaufres..." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎ALAIN‎

‎"Propos d'un Normand" - Manuscrit autographe signé‎

‎- 29 juin 1911, 13,5x21cm, 2 pages sur un feuillet double. - Manuscrit autographe signé d'Alain portant le titre "Propos d'un Normand" et la mention "sans retard" en haut à gauche du premier feuillet, deux pages rédigées à l'encre noire sur un feuillet double. Ce texte a été publié dans les Propos d'un Normand de 1911. Intéressant manuscrit rédigé au lendemain de la nomination d'Adolphe Messimy au poste de Ministre de la Guerre : "Ce général ministre avait, en somme, très noblement répondu. Il faudra enfin décider, un jour ou l'autre, sans aucun mystère, que la Défense Nationale est républicaine." En effet, le ministre fraîchement élu chercha à redéfinir les relations entre le pouvoir politique et les autorités militaires. Alain reproche au monde militaire son opacité ("Comment la France sera-t-elle défendue ? Nous n'en savons rien. [...] chez nous même les députés ne s'en font aucune idée.") avant de proposer des solutions : "Donc il faudrait qu'il soit bien entendu que chaque chef garde une large initiative, dans l'exécution d'un programme déterminé. Et ce programme ne dépend pas seulement de la science militaire ; c'est aux ministres, avec le conseil des grands chefs, qu'il appartient de le déterminer..." À partir de 1903, Alain publie dans La Dépêche de Rouen et de Normandie des chroniques hebdomadaires intitulées "Propos". Plus de 3 000 de ces "Propos", articles concis inspirés par l'actualité quotidienne, paraîtront de février 1906 à septembre 1914. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎BEAUVOIR Simone de‎

‎Lettre autographe signée inédite : "Sartre a trouvé les lettres tout à fait intéressantes et il est tout à fait d'accord pour en publier d'abord une dizaine (ou un peu davantage) dans les T. M. [Temps Modernes]" ‎

‎- s.d. (ca 1950), 21x27cm, 1 page 1/2 sur un feuillet. - Unpublished, handwritten, signed letter: "Sartre a trouvé les lettres tout à fait intéressantes et il est tout à fait d'accord pour en publier d'abord une dizaine (ou un peu davantage) dans les T. M. [Temps Modernes]" "Sartre found the letters quite interesting and he fully agrees to publish first a dozen (or a few more) in the T. M. [Temps Modernes]" s.d(ca 1950), 21 x 27 cm, 1 and a 1/2 pages on a leaf Handwritten signed letter from Simone de Beauvoir addressed to an unknown female correspondent. One and a half pages on a leaf. Two perforations in the left margin, folds from having been sent and some tiny tears at the top not affecting the text. Significant unpublished letter testifying to Simon de Beauvoir's involvement in Temps modernes and the concerns of the participants of this journal in the aftermath of the Second World War. This letter attests to the intense preparation work for the articles, in this case the project of a publication concerning Fritz von Unruh, an important figure of pacifism. Fritz von Unruh was an officer during the First World War and published Opfergang (1916), the first German work on the war to have been translated into French, under the title Verdun, by Jacques Benoist-Méchin in 1923. A pacifist, the author joined the "Eisernen Front" in 1931 to fight again the rise of nationalist parties, led by the NSDAP. An Anti-Nazi, he left Germany in 1933, was stripped of his German nationality in 1939 and the same year was sent to a detention camp in France before taking refuge in the United States, he returned to his native country only in 1948. "Sartre a trouvé les lettres tout à fait intéressantes et il est tout à fait d'accord pour en publier d'abord une dizaine (ou un peu davantage) dans les T. M. [Temps Modernes]" "Sartre found the letters quite interesting and he fully agrees to publish first a dozen (or a few more) in the T. M. [Temps Modernes]" The famous "letters" are those received by Fritz von Unruh after his speech entitled "An die Deutschen" [To the Germans] on 18 May 1948, at the Church of Saint Paul in Frankfurt, to celebrate the centenary of the German Assembly in the presence of federal and allied authorities. "Dans ce discours, von Unruh, exilé aux États-Unis pendant la guerre, dénonce la responsabilité allemande mais rejette également le communisme, tout comme la présence et les stratégies géopolitiques des Alliés occidentaux en Allemagne." "In this speech, von Unruh, exiled to the United States during the war, denounces German responsibility but also rejects communism, as well as the presence and geopolitical strategies of the Western Allies in Germany" (Stève Bessac-Vaure. "L'Allemagne dans Les Temps modernes (1951-1956)", 2013) This broadcasted speech had a huge impact and von Unruh immediately received thousands of letters in response to this intervention. The editorial board of Temps modernes, concerned about the political resurgence of Nazism in the aftermath of the Second World War, seems very interested in the publication of the letters and Beauvoir as the leader states: "Il faudrait une petite introduction et le discours d'Unruh. [...] Il n'y a donc, puisque vous vous chargez vous même de la traduction, qu'à m'envoyer 11 rue de la Bûcherie Ve, la traduction du premier lot de lettres avec introduction et discours et je vous écrirai immédiatement pour vous dire si nous en souhaitons un second lot et si l'idée du livre est retenue." "It would take a small introduction and Unruh's speech. [...] So, since you take charge of the translation yourself, just send me, 11 rue de la Bûcherie Ve, the translation of the first batch of letters with the introduction and speech and I will write to you immediately to tell you if we want a second batch and if the idea of the book is retained." Going beyond the scope of the publication in review, the two women already seem to consider transforming the articles to be published into a work‎

‎RESTIF DE LA BRETONNE Nicolas-Edme‎

‎Lettre autographe signée adressée à la citoyenne Fontaine‎

‎- 30 fructidor 1797 An V [16 septembre 1897], 18,5x21,3cm, 3 pages sur un double feuillet. - Rarissime lettre autographe signée «?Restif Labretone?» adressée à la citoyenne Fontaine. Trois pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet de papier vergé. Reste de cachet de cire, pliures inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été publiée, avec quelques inexactitudes, dans Lettres inédites de Restif de Labretone de V. Forest et É. Grimaud, 1883. Les époux Fontaine sont des négociants de Grenoble et Restif de la Bretonne entama une correspondance avec eux à partir du 15 mars 1797. Importante lettre témoignant de l'achèvement de la publication du grand œuvre autobiographique de Restif?: Monsieur Nicolas ou les Ressorts du Cœur Humain dévoilé. «?J'aurai achevé le Cœur humain Dévoilé sous 15 jours - je ferai aussitôt votre paquet, pour le tenir prêt...?» Les huit premiers volumes de cette grande somme autobiographique, imprimés par Restif lui-même - ouvrier typographe de formation - dans son logement du 11 rue de la Bûcherie, ont été confiés au «?malhonnête?» libraire Nicolas Bonneville qui n'honore pas ses dettes auprès de l'écrivain. Outre des déconvenues de santé («?J'échange mes maladies, et ne les guérit pas?»), Restif fait également part à sa correspondante de ses déboires littéraires?: «?L'Auteur de la Nature me conservera une amie sincère pour me dédommager des scélérats de l'Institut, et du perfide Mercier?». En effet, l'année précédente, l'auteur apprend avec amertume qu'il n'est pas admis à l'Institut national et Louis-Sébastien Mercier, qui avait pourtant fait son éloge dans son Tableau de Paris et avait soutenu sa candidature, se détourne alors de lui. À cette somme de malheurs, s'ajoutent les finances. Désargenté et vivant de maigres rentes accordées par l'Etat, il maintient tout son soutien à la République?: «?Par quelle fatalité ne vois-je donc jamais les vues des gouvernans qui m'accueillent?; ou comment ne voient-ils pas tout d'un coup, que je suis attaché à la Révolution au point que je l'aime encor, lorsqu'elle me bat.?» Restif, profondément antiroyaliste, a écrit plusieurs pamphlets en ce sens et vient justement d'ajouter à la fin de Monsieur Nicolas une apologie du coup d'État du 18 fructidor an V. Cependant, cette date signe la fin du versement de l'indemnité que lui avait allouée Lazare Carnot après son échec de l'Institut?: «?Vous connaissez les événemens du 18 fructidor' je ne vous en parlerai pas. Ils m'ont rendu la vie?; mais en affligeant et mon cœur et ma reconnaissance.?» Mais le grand chagrin de Restif, c'est la perte de sa fille, Filette, née de son aventure avec Louise Allan et dont la paternité ne lui fut révélée que tardivement?: «?Je vous écris au lit, pleurant sur ma Filette morte depuis 11 mois moins dix jours [...] Filette était ma fille, et de Louise, dont elle avait l'âme et la beauté.?» Les lettres autographes signées de Restif de La Bretonne parvenues jusqu'à nous sont rarissimes. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎HAREL-DARC Pierre DOMERGUE Jean-Gabriel‎

‎Quand on parle d'amour‎

‎- Collection du lierre, Paris 1948, 25,5x32,5cm, relié. - Edition illustrée de 10 lithographies originales hors-texte en couleurs de Jean-Gabriel Domergue, un des 40 exemplaires numérotés sur vélin de Rives. Reliure en demi maroquin rouge à bandes, dos lisse, date dorée en queue, plats, gardes et contreplats de papier à effet moiré et doré, couvertures et dos conservés, tête dorée, reliure de l'époque signée Gauché. L' ouvrage est également orné de 26 illustrations dans le texte, en un ou deux tons, en têtes de chapitres, culs-de-lampe en rouge par Jean-Gabriel Domergue. Bel exemplaire comportant bien une suite des 18 illustrations in-texte. Mention manuscrite au stylo bille bleu sur la page de titre : exemplaire unique. En effet, sur deux lithographies hors-texte (dont le frontispice) et deux illustrations in-texte représentant des femmes habillées ou nues ont été ajoutés des morceaux de tulle en guise de robes. En outre, en fin de volume, de nombreuses coupures de presse relatives à la vie et au style de Jean-Gabriel Domergue ont été encollées sur les gardes. Envoi autographe signé de Pierre Harel-Darc, le nom du dédicataire ayant été proprement effacé enrichi d'un envoi autographe signé Jean-Gabriel Domergue agrémenté d'un dessin original représentant le visage d'une parisienne. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎CELINE Louis-Ferdinand‎

‎Lettre autographe signée adressée à Maître Thorvald Mikkelsen : "on passe des bachots à tout âge !"‎

‎- s.l. [Klarskovgaard] 28 octobre 1950, 21x34cm, 1 pages sur un feuillet. - Lettre autographe signée en partie inédite de "votre susceptible LF" Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat, Maître Thorvald Mikkelsen. Une page rédigée à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc ; numéro "563" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Céline, après des jours à souffrir du froid est ravi d'annoncer à son ami qu'il a reçu le chauffage : "Le fourneau se pose en ce moment. Je ne sais pas si la maison y résistera l'on verra !" Cette lettre évoque également son ami suédois Ernst Bendz, comme lui médecin et écrivain : "Benz (sic) vous cherche un La Bruyère en suédois - on passe des bachots à tout âge !" En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎CELINE Louis-Ferdinand‎

‎Lettre autographe signée adressée à Maître Thorvald Mikkelsen : "Il paraît qu'il est question de me poursuivre à nouveau d'après Les Beaux Draps... "‎

‎- s.l. [Klarskovgaard] 7 octobre 1950, 21x34cm, 2 pages sur 2 feuillets. - Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline adressée à son "cher Maître et défenseur" Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur deux grands feuillets de papier blanc ; numéros "580" et "581" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005. Lettre autographe signée de Louis-Ferdinand Céline adressée à son "cher Maître et défenseur" Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur deux grands feuillets de papier blanc ; numéros "580" et "581" de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Céline adresse à Mikkelsen un article : "Pour intéressé que vous soyez aux choses de l'esprit je crois avoir remarqué que les turlupinades des banques, changes, fricoteries diverses vous amusaient aussi. Ci-donc, joint, article assez farceur relatant certaines galipettes de l'or et ses escrocs changeurs (à Paris, évidemment !)" L'écrivain a adjoint à sa lettre un autre feuillet dont les nombreux soulignements témoignent de la persécution dont il se sentait victime : "Maintenant qu'on remonte la Ligne Maginot, qu'on recrée une Légion Anti Bolchéviques, une armée franco-allemande, il paraît qu'il est question de me poursuivre à nouveau d'après les Beaux Draps mais cette fois pour antigermanisme et sabotage de l'Europe Nouvelle et irrespect pour Hitler ! Oh je n'en mène pas large !" En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer Baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de "grand invalide de la grande guerre" en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. Céline quittera le Danemark l'été suivant, après trois ans passés chez son avocat. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎HARRY Myriam‎

‎[Liban] Manuscrit autographe complet signé de l'article "En terre d'Adonis - Byblos"‎

‎- s.l. s.d.(avant le 13 juin 1929), 24,5x36,5cm, relié. - Manuscrit autographe complet signé de l'article "En terre d'Adonis - Byblos" de Myriam Harry. Huit pages rédigées à l'encre bleue sur feuillets lignés, ratures, ajouts et corrections. In fine a été contrecollé l'article paru dans Le Temps du 13 juin 1929. Reliure de l'époque en demi maroquin bleu nuit, dos lisse, filet doré sur les plats de papier bleu, reliure signée H. Lapersonne. Quelques frottements sans gravité. Très beau texte décrivant la ville antique de Byblos et la nature l'environnant : "Mais, grimpé sur le dernier créneau, on découvre tout l'antique pays de sainteté : le Liban et ses escarpements successifs déboisés, où Myrrha, transformée en arbre odorant, donna naissance au plus bel adolescent, près d'une source sacrée..." Myriam Harry rend ici un vibrant hommage à l'histoire de cette ville empreinte de mythologie et de religion, dépeignant au passage l'accueil de ses habitants : "Je me lève pour errer derrière le café-saules dans le quartier musulman, accompagnée d'une troupe d'enfants - tout ce que la petite ville morte contient de vie - qui écarte les pierres de mes pas, détache mon voile des épines, m'avertit des monceaux d'immondices, me hisse par-dessus les murs éboulés..." Née à Jérusalem d'une diaconesse et d'un père juif converti au protestantisme, Myriam Harry, rêvait depuis son plus jeune âge de devenir écrivaine. Grâce à l'entremise d'un oncle, elle devient répétitrice chez un pasteur parisien et apprend le français. Sacher-Masoch, à qui elle envoie ses premiers romans en allemand, la recommande à Catulle Mendès. Elle devient également l'amie de Huysmans qui, en 1904 à la sortie de son roman La Conquête de Jérusalem, lui laisse espérer le prix Goncourt. Mal à l'aise avec le fait qu'une femme puisse gagner la récompense, le jury exclusivement masculin lui préférera La Maternelle de Léon Frapié. En réaction à la mysoginie du Goncourt est créé la même année le Prix Femina alors nommé Prix de La Vie heureuse ; Myriam Harry sera la première récipiendaire de cette toute nouvelle distinction. L'écrivaine devient alors une célébrité et les photographies de cette orientale parisienne illustrent les magazines de l'époque. En 1920, elle obtient mandat par la Société des Nations pour la France en Syrie-Liban de sillonner tous les pays du Moyen-Orient ; durant plus de dix ans, elle enverra ses reportages aux plus grands journaux. C'est dans cette circonstance que l'article que nous proposons a été rédigé. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎RACHILDE‎

‎Lettre autographe signée à propos de Claude Farrère : "Je ne veux pas du tout vous laisser croire que l'oeuvre de Claude Farrère, les Petites Alliées, est un ouvrage de basse littérature"‎

‎- Bas-Vignons (Essonne) 24 août 1910, 13,7x21cm, 2 pages sur un double feuillet. - Lettre autographe signée inédite de Rachilde, deux pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet à en-tête du Mercure de France. Intéressante lettre adressée à un destinataire inconnu, peut-être un "officier de marine". Rachilde y défend Les Petites Alliées de Claude Farrère et son style en général : "Je ne veux pas du tout vous laisser croire que l'oeuvre de Claude Farrère, les Petites Alliées, est un ouvrage de basse littérature [...] Claude Farrère est un très joli écrivain qui joint aux becs de sa plume une pointe de dandysme, laquelle pointe peut le faire mal juger aussi bien par vous que par moi, mais n'en demeure pas moins littéraire." Cette "pointe de dandysme" a d'ailleurs donné lieu à un amusant quiproquo, comme le souligne Henri Troyat, successeur de Farrère à l'Académie Française, dans son discours de réception : "Quant à la féministe Rachilde, dupée par le prénom de Claude, elle avait mené une farouche campagne pour Farrère, en le prenant pour une consœur." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎VIAN Boris‎

‎Manuscrit autographe inédit d'un projet de sketch de Boris Vian intitulé "Deux heures de colles"‎

‎- s.d. [circa 1950], 21x27cm , 8 pages sur 8 feuillets & 10 pages sur 10 feuillets. - Manuscrit autographe inédit et complet d'un projet de sketch de Boris Vian intitulé « Deux heures de colles ». Chaque liasse, contenant respectivement huit et dix feuillets, est retenue par une agrafe. La première, rédigée dans des encres de différentes couleurs et comportant de nombreuses ratures, ajouts et petits dessins marginaux, comprend deux feuillets d'idées pour l'ébauche du sketch, un feuillet relatant sa structure et cinq feuillets de texte et didascalies. La seconde, moins raturée et intégralement rédigée à l'encre verte, est une version définitive du texte reprenant la structure et les idées du premier jet sans pour autant les conserver dans leur intégralité. Dans ces notes jamais publiées ni jouées, le sketch se déroule dans une salle de classe où différents professeurs se succèdent pour délivrer des leçons dans chacune de leurs matières. Les spectateurs sont supposés former une assemblée d'élèves turbulents et participer activement aux différentes activités imaginées par Vian. Les professeurs sans vergogne malmènent les élèves : « vous êtes des khons, de lamentables ratés [...] quelques interrogations auxquelles je vais procéder maintenant vont vous démontrer mieux qu'un long discours à quel point vous être abrutis. » Le texte, très humoristique et d'une grande modernité, n'est pas sans rappeler le genre des « talkshows » actuels et leurs cascades de gags et de jeux. On trouve ainsi un grand nombre de matières fantaisistes vouées à structurer les différentes interventions : « cours du supporter de match », « cours de digest », « cours d'optimisme bourgeois », « cours de liberté », « cours de diffamation », « cours d'exploitation de psychanalyse », etc. On perçoit la nostalgie de Vian pour le passé et sa fascination pour le futur : « Vous voyez 1900 avec 50 ans de recul, avec vos yeux de 1950, mais pour les gens de l'an 2000, 1950 sera aussi charmant que 1900 pour nous. Apprenez à voir votre époque avec les yeux de l'an 2000. » Transparaît également son amour des voitures à travers la mise en scène d'un « type qui rentre par le fond de la scène dans un bruit effrayant, avec sa traction (une calandre ou un moteur sous le bras) ... » Visionnaire, Vian ? Ce texte est en tout cas empreint d'une conscience écologique : « Le professeur insiste sur le gâchis qui caractérise la société actuelle et l'intérêt, par conséquent, d'un cours de récupération des produits inutilisés. » Le génial inventeur envisage en tout cas de présenter une « machine » de recyclage à ses spectateurs. Il dénonce également, sous couvert d'humour, la pénurie des logement parisiens et leur mauvais agencement : « on ne trouvait pas d'appartement à cause des collectionneurs d'appartements [...] Ce qui est difficile c'est de vivre dans les appartements qu'on vous propose ; mais quelques-uns de nos anciens élèves qui ont eu la chance de faire un stage dans un immeuble d'essai construit par Le Cornemusier vont vous faire une démonstration. [...] façon de vivre en rampant en rampant dans les appartements extrêmement bas de plafond. » Il faut dire que Boris était un expert de l'ergonomie des espaces, en témoigne l'agencement de son petit appartement de la Cité Véron. Point d'orgue du manuscrit, Vian livre un superbe passage sur la vieillesse : « Enfin, le secret de la réussite : la vieillesse. Sketch : quelques jeunes, se disant « place aux jeunes » échouent car trop de vieux barrent la route. Ils kidnappent, pour se venger, quelques vieux. On met les vieux au régime le plus mauvais pour eux : beaucoup manger, beaucoup boire, beaucoup baiser, beaucoup danser. Finalement, ils séduisent les petites amies des jeunes et s'en vont avec elles. A la suite de quoi les jeunes décident de se vieillir artificiellement : s'opèrent mutuellement en s'arrachant les cheveux, en se teignant, se ridant, etc... Devenus vieux, ils trouvent tout, leurs amies reviennent et chœur d'apothéose.‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Lettre autographe signée adressée à Alidor Delzant : "Je reviens, hélas ! d'un moment passé hors de Paris..."‎

‎- Paris 30 avril 1894, 11x13,2cm, 3 pages sur un double feuillet et une enveloppe. - Lettre autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant ; trois pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet. Enveloppe jointe. ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Amicale et lettre dans laquelle le poète présente ses condoléances à son ami après le décès de son père : "Vous m'avez, au hasard de nos rencontres amicales, plusieurs fois parlé de votre père, de façon à ce que je devinasse bon, haut et délicat et que cette tardive mais prompte séparation, à un âge qui donne une illusion chère de continuelle durée, soit, pour moi comme pour ceux qui vous aiment, un deuil." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Carte autographe signée adressée à Alidor Delzant : "Tous mes voeux, mon cher Delzant..."‎

‎- Paris 1er janvier 1892, 8,8x11,4cm, une carte recto-verso et une enveloppe. - Carte autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant, rédigée des deux côtés à l'encre noire. Enveloppe jointe. ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Charmante carte dans laquelle le poète adresse ses voeux à son ami pour la nouvelle année : "Tous mes voeux, mon cher Delzant ; et veuillez les rendre charmants, pour les déposer aux pieds de Madame." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Carte autographe signée adressée à Alidor Delzant : "...vous songez si j'ai été touché de la lettre de Monsieur Louis Dyer..."‎

‎- Paris 12 février 1894, 11,4x8,8cm, une carte recto-verso et une enveloppe. - Carte autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant, rédigée des deux côtés à l'encre noire. Enveloppe jointe. ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Mallarmé évoque un futur séjour à Oxford et remercie Delzant de l'avoir recommandé à un ami : "...vous songez si j'ai été touché de la lettre de Monsieur Louis Dyer, de qui me voici connu tout de suite et comme anciennement, à travers vous. Je lui réponds, avant que je ne fasse, si heureux, sa connaissance. Hôte, je ne pourrai l'être, M. Powell, qui a eu l'initiative de ma conférence, m'ayant de longue date offert son toit, pendant mon bref séjour à Oxford..." Mallarmé donnera en effet une conférence sur l'esthétique le 1er mars 1894 à Oxford dont le texte sera publié en 1895 sous le titre Oxford, Cambridge. La musique et les lettres. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Carte autographe signée adressée à Alidor Delzant : "...j'ai, du reste, à vous parler de M. Dyer."‎

‎- Paris 11 mars 1894, 11,4x8,8cm, une carte recto et une enveloppe. - Carte autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant, rédigée au recto à l'encre noire. Enveloppe jointe. ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. Carte écrite au retour d'un voyage à Oxford durant lequel Mallarmé donna une conférence sur l'esthétique : "...j'ai, du reste, à vous parler de M. Dyer." Louis Dyer, ami de Delzant, est un ancien d'Oxford et est alors professeur de grec à Havard. Par l'intermédiaire de Delzant, il avait proposé l'hospitalité à Mallarmé qui ne le connaissait pas avant sa conférence, mais cette carte atteste que les deux hommes se sont finalement rencontrés. [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Carte autographe signée adressée à Alidor Delzant : "A lundi..."‎

‎- Paris 22 novembre 1895, 11,4x8,8cm, une carte recto et une enveloppe. - Carte autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant, rédigée au recto à l'encre noire. Enveloppe jointe. ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. "A lundi et merci de vous souvenir ; je vous presse impatiemment la main et vous prie de présenter mon hommage à Madame." [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎MALLARME Stéphane‎

‎Carte autographe signée adressée à Alidor Delzant : "...mon ami Muhlfeld [...] me prie d'être témoin à son mariage"‎

‎- Paris 15 avril 1896, 11,4x8,8cm, une carte recto et une enveloppe. - Carte autographe signée de Stéphane Mallarmé adressée à Alidor Delzant, rédigée au recto à l'encre noire. Enveloppe jointe. Une petite tache d'eau atteignant le début de la carte, sans gêne pour la lecture. ?Alidor Delzant fut avocat, collectionneur et bibliophile. Ami des Goncourt, il leur consacra un ouvrage et fut le secrétaire et légataire testamentaire d'Edmond. "Voici que j'écris un jour trop tôt, je suis confus : mon ami Muhlfeld qui me prie d'être témoin à son mariage, ce lundi prochain..." "Le 20 de ce mois, printanier lui aussi, il signe le registre municipal en tant que témoin au mariage de Lucien Muhlfeld, l'une des têtes de La Revue blanche, et tout ce beau monde dîne en tenue de soirée à La Tour d'Argent égayée par les rires de Misia et des frères Natanson." (Jean-Luc Steinmetz) [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND]‎

‎CELINE Louis-Ferdinand‎

‎Lettre autographe signée adressée à Maître Thorvald Mikkelsen : "Je viens de perdre à l'hospice d'Angers encore une dernière parente"‎

‎- s.l. [Klarskovgaard] 8 décembre 1950, 21x34cm, 2 pages sur un feuillet. - Lettre autographe signée en partie inédite de Louis-Ferdinand Céline adressée à son avocat, Maître Thorvald Mikkelsen. Deux pages rédigées à l'encre bleue sur un grand feuillet de papier blanc?; numéro «?575?» de la main de Céline en haut à gauche au crayon rouge. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été très partiellement retranscrite dans l'Année Céline 2005, p. 64. Belle lettre empreinte d'amertume de Céline qui vient de perdre sa tante Amélie (la tante Hélène de Mort à crédit), et observe le monde qu'il a connu lentement disparaître. L'écrivain se réfugie dans les mémoires d'Élisabeth de Gramont, témoins d'une époque grandiose également révolue. Depuis son exil danois, Céline apprend avec tristesse la mort de sa tante Amélie, dernier membre de la famille Destouches?: «?Je viens de perdre à l'hospice d'Angers encore une dernière parente?». L'écrivain n'a pourtant pas été tendre avec son alter ego dans Mort à crédit, le personnage de la sulfureuse tante Hélène mourant dans la déchéance et la honte, laissant derrière elle un sillage de galants, d'amants ou de clients?: «?À Saint-Pétersbourg, elle est devenue grue. [...] Elle est venue nous voir au Passage, deux fois de suite, frusquée, superbe, comme une princesse et heureuse et tout. Elle a terminé très tragiquement sous les balles d'un officier?» (Mort à crédit). La véritable tante Amélie s'établit en Roumanie, mariée à un diplomate, Zenon Zawirski. Malheureusement, la réalité rattrapa la fiction et Amélie rentra à Paris dans le plus complet dénuement à l'âge de 80 ans. Céline se chargea de la transférer de l'hospice des Petites sœurs des Pauvres de Breteuil jusqu'à l'hôpital d'Angers où elle s'éteint en décembre 1950 («?Que la pauvre femme meure gentiment. Assez de fins tragiques dans la famille?!?» avait-il écrit au docteur Camus le 11 juillet 1949). La secrétaire de l'écrivain, Marie Canavaggia, la rencontra avant son arrivée à Angers?: «?elle avait par moments des gestes et des expressions qui en éclairs me rappelaient son neveu?» (13 juillet 1949). Le dernier membre de sa famille disparu, Céline contemple sa propre fin?: «?si ça continue si je rentre jamais en France je foncerai directement au cimetière?». Dévorant les livres que son avocat fait parvenir afin d'adoucir l'exil de son client, Céline détaille ses lectures du moment?: «?Le Temps des équipages [d'Élisabeth de Gramont] est un des livres fameux parus vers 1920?! L'un des «?Guides des Snobs?» les mieux réussis de l'Époque?». Il est assez cocasse d'imaginer Céline se réjouir à la lecture du carnet mondain de cette aristocrate fin-de-siècle, chronique d'un monde si étranger au sien?: «?J'avais un ami, Carré, de Rennes, étudiant en droit, qui l'avait appris par cœur?! [...] il s'en est établi marchand de tableaux?». Dans ses jeunes années d'étudiant en médecine, Céline croisa en effet le chemin de Louis Carré, devenu marchand d'art parisien, exposant tour à tour Paul Klee, Juan Gris, Le Corbusier ou Picasso?: «?il y a fait 10 fois fortune?! Preuve que tous les livres ne sont pas déprimants?!?» En 1947, Céline, poursuivi par la justice française pour son engagement collaborationniste, est reclus au Danemark. C'est en mai 1948, accompagné de Lucette et Bébert qu'il arrive chez son avocat Maître Thorvald Mikkelsen à Klarskovgaard. Ce dernier possède une grande propriété au bord de la mer baltique et invite l'exilé à y séjourner. Le 21 février 1950, dans le cadre de l'épuration, l'écrivain est condamné définitivement par contumace par la chambre civique de la Cour de justice de Paris pour collaboration à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark). Le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, intervient en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre des Affaires étrangères danois, et parvient à retarder son extradition. Le 20 avril 1951, Jean-Louis Tixier-Vignancour, son avocat de‎

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