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‎[MANUSCRIT].‎

‎Voyage en Italie. 1768. Deuxième volume‎

‎S.l., s.d. (1769) in-4, 175 ff., couverts d'une écriture cursive, moyennement lisible (environ 20 lignes par page), ratures et biffures, cartonnage d'attente de papier marbré, dos à nerfs (reliure de l'époque). Coiffes rognées, charnière supérieure entièrement fendue, coins et coupes abîmés.‎

‎Notre manuscrit documente la seconde partie d'un tour en Italie, laquelle se déroula du 19 octobre 1768 au 26 mai 1769, selon l'itinéraire suivant :I. Route de Florence à Rome par Lorette (ff. 1-17). - II. Route de Rome à Naples (ff. 18-22). - III. Naples (ff. 22-54). - IV. Route de Naples à Rome (ff. 55-56). - V. Rome (ff. 57-145). - VI. Route de Rome à Livourne (ff. 146-153). - VII. Livourne (ff. 154-156). - VIII. Pise (ff. 157-160). - IX. Lucques (ff. 160-162). - X. Gênes (ff. 163-171). - XI. Route de Gênes à Antibes et à Marseille (ff. 172-175). La graphie n'étant pas toujours régulière, il présente certaines difficultés de lecture pour quelques vocables.Le début du texte permet de fixer exactement l'époque du périple : "Beaucoup de personnes nous querellèrent de ce que nous n'attendions pas à Florence l'arrivée de l'Empereur qui devoit accompagner en novembre l'archiduchesse Reine de Naples. Comptant nous trouver à Rome pour les fêtes que l'on préparoit à l'Empereur, et à Naples pour celles que l'on devoit faire à l'occasion du mariage du monarque, nous avions pris note parti de renoncer à celles de Florence". Il s'agit en effet des festivités célébrées dans les différentes cours de la Péninsule pour le mariage de Marie-Caroline d'Autriche (une des filles de Marie-Thérèse) avec Ferdinand IV de Naples, qui avait eu lieu par procuration le 12 mai 1768, avant l'acheminement de la princesse dans ses nouveaux États. 1. De Florence à Rome. Les étapes de nos voyageurs sont bien fixées et classiques : Imola, Faenza, Ravenne, Forli, Césène, Savignano, Rimini, Fano, Senigaglia, Ancône, Lorette (longue description), Macerata, Tolentino, Foligno, Spolète, Terni, Città Castellana. Chacune de ces localités a droit à une description sommaire, et parfois à une anecdote se déroulant en son sein (procès à Imola, vente de vin à Forli, évidemment le pèlerinage à Lorette, les fêtes des Apennins, cascade des Marmore, etc.). Le rédacteur est bien un "Aufklärer" en tout cas, comme en témoignent ses réflexions sur les dévotions à Lorette : "À la vérité, les pèlerins donnent dans des enfantillages en faisant un certain nombre de fois le tour de la Santa Casa sur leurs genoux à nud ; mais ils sont moins blâmables que les gens instruits à la tête de la maison qui en dépend, lesquelles doivent entretenir la foy et la dévotion par de bonnes exhortations, et non en autorisant des pratiques purement extérieures".Le premier séjour romain des voyageurs ne dura que douze jours, à l'issue desquels ils voulurent profiter de la clémence de l'arrière-saison pour gagner Naples.2. De Rome à Naples. Ils passèrent donc par Frascati, et les villas Tuscolane, par le monastère du Mont-Cassin, par Capoue et Caserte. Suit la première partie principale du manuscrit, consistant en la description de Naples, méthodiquement explorée selon deux axes (d'une part, les églises, palais et autres monuments ; d'autre part, "les antiquités et les curiosités naturelles"). Les églises sont ma foi la chose la plus commune à Naples, et notre rédacteur d'égrener les visites, sans pourvoir prétendre à l'exhaustivité (plus de 500 bâtiments consacrés au culte dès l'époque baroque) : Duomo San Gennaro, Saint-Philippe-de-Néri, Saint-Laurent, Saint-François-Xavier, le Saint-Esprit, Sainte-Marie des Âmes du Purgatoire, San Paolo Maggiore, Saint-Jean-l'Évangéliste, les Saints-Apôtres, San Giovanni a Carbonara, le Gesù Nuovo (à propos duquel est annexée une longue relation de l'expulsion des Jésuites le 19 novembre 1767), Santa Chiara, Il Carmine [Santa Maria del Carmine Maggiore], L'Ascension, etc. Ici, comme cela vaudra plus tard pour les sanctuaires de Rome (cf. infra), et conformément au goût de l'époque, ce sont les tableaux exposés dans les chapelles, absides, ou sacristies, qui retiennent le plus l'attention du narrateur.Suivent les palazzi (du moins une partie) : Palais royal, Palazzo della Torre, Palazzo della Rocca, Palazzo Francavilla, etc. ; puis les monuments des environs : Chartreuse San Martino, le Château Saint-Elme, le "Tombeau de Virgile", Pouzzoles, les localités du Golfe, le Lac d'Agnano (drainé en 1870), le Vésuve (avec une relation de l'éruption des 19-20 octobre 1767, la plus récente alors enregistrée).Mention obligatoire en cette seconde moitié du XVIIIe siècle : les sites d'Herculanum ("l'ancienne Herculée") et de Pompéi occupent les ff. 48-49. Enfin, le récit se termine par la présentation (des plus sommaires) des visiteurs à la Cour de Naples : "Le Roy habitait Portici quand nous eûmes l'honneur de luy être présenté le 3 de décembre par M. de Choisieul [sic] notre ambassadeur [= Renaud-César de Choiseul-Praslin, 1739-1791]. Nous nous [?] avec deux abbés de condition, Lorrains, en face de la table où le Roy dînoit. Sa grande occupation fut de nous examiner les uns après les autres pendant plus d'une demi-heure : en sortant de table, au lieu d'entrer tout de suite dans son appartement, il se détourna à gauche, nous fit une légère inclination de tête sans nous parler et rentra sur le champ. L'on nous avoit prévenus que c'étoit la manière dont il recevoit les étrangers ..."3. De Naples à Rome. "Voulant revenir à Rome avant les grandes pluies, nous quittâmes munis de passeports Naples le 13 de décembre, enchantés de la beauté du climat. Nous prîmes la route de la poste". Elle les mena de Fondi à Velletri à travers la zone de ce qui était alors les fameux Marais Pontins (Agro Pontino). Ce n'est qu'à l'occasion de ce second séjour que le rédacteur donne une description détaillée de la ville de Rome. Il commence évidemment par les églises, qu'il chiffre à 330 ("en tout, y compris les couvents, hôpitaux et les chapelles"), ce qui semble très sous-estimé (il en existe plus de 900 aujourd'hui, et, même en retranchant les constructions du XIXe et du XXe siècle, on est loin du compte). En tout cas, le paradoxe de la situation est bien posé : "Ce nombre prodigieux de lieux saints, continuellement ouverts, beaucoup trop considérable pour le peu d'habitants, est la cause que l'on ne voit jamais que très peu de personnes dans les temples. Saint-Pierre même, où la majesté divine réside dans le sanctuaire le plus attirant, réunit à peine cent personnes à la fois dans le temps des offices." Ceci dit, il commence sa description par Saint-Pierre évidemment (ff. 60-65), continue par les palais du Vatican et le Château Saint-Ange (ff. 65-69), puis détaille un certain nombre de sanctuaires et de monuments remarquables. À savoir, dans l'ordre d'exposition (qui correspond grosso modo à une exploration en escargot depuis Saint-Pierre) : San Pietro in Montorio, et son tempietto [Janicule] ; Sainte-Marie du Transtévère ; Sainte-Cécile ; San Francesco a Ripa [Transtévère] ; San Giovanni Battista dei Fiorentini ; le Palais Farnèse ; le Palais Corsini ; le Palais Spada ; Saint-Philippe-de-Néri ; la Trinité des Monts [Pincio] ; villa Médicis ; villa Ludovisi ; villa Borghese ; villa Albani ; villa Barberini ; San Andrea al Quirinale ; Santa Maria della VIttoria ; Saint-Nicolas-des-Lorrains ; Saint-Louis-des-Français ; le palais Giustiniani ; Santa Maria in Campitelli ; Saint-Pantaléon ; Sainte-Agathe-des-Goths ; San Lorenzo in Damaso ; Saint-Romuald ; Sant'Andrea della Valle ; San Carlo ai Catinari ; Santa Maria sopra Minerva (avec la place et le Panthéon) ; Santi Ambrogio e Carlo al Corso ; Santa Maria del Popolo ; le Gésù ; Saint-Ignace et le Collège romain ; le Palais Ruspoli ; le Palais Borghèse ; le Palais Doria ; le Palais de l'Académie de France ; le Palais de Monte Citorio ; le Palais Albani ; le Palais Colonna ; le Capitole ; l'Aracoeli ; San Pietro in Carcere ; les vestiges romains du Campo Vaccino ; Saint-Jean-de-Latran et la Scala santa ; villa Giustiniani ; Sainte-Marie-Majeure ; Saint-Pierre-aux-Liens ; Sainte-Praxède ; Sainte-Croix de Jérusalem ; Sainte-Bibiane [Esquilin] ; Saint-Eusèbe [idem] ; San Stefano Rotondo [Celio] ; villa Mattei ; Sainte-Agnès-hors-les-Murs ; Saint-Laurent-hors-les-Murs ; Saint-Sébastien-hors-les-Murs ; Sant'Urbano alla Caffarella ; San Gregorio al Celio ; Saint-Paul-Hors-les-Murs et ses environs ; Sainte-Marie-in-Cosmedin et le temple de Vesta.Suit un long passage su les places publiques et les fontaines qui les ornent (ff; 119-129). Les dernières pages sont consacrées aux environs immédiats de la ville (Tivoli, Este, Albano, Castello [= Castel Gandolfo], l'abbaye de Grottaferrata).Enfin, cette partie se termine par des réflexions générales sur le gouvernement de l'État romain, le style de vie des cardinaux, de la noblesse romaine, et de la bonne bourgeoisie,le genre d'occupations des Romains (les théâtres, les opéras, une description du Carnaval, passage obligé, se trouve à la fin).Comme à Naples, les voyageurs furent officiellement présentés au pape le 27 décembre 1769. Le Souverain Pontife était alors le célèbre Clément XIV Ganganelli, qui venait juste d'être élu le 18 mai précédent, et devait se signaler par l'immortel bref Dominus ac Redemptor. Voici le détail de l'audience pontificale : "Nous fûmes présentés avec deux abbés lorrains par monsieur le chevalier de Laparelli, Florentin, maître de chambre de l'ambassade de France. Notre introducteur garda son épée ; nous autres, nous la quittâmes ; nous fîmes les trois génuflexions d'usage, et arrivés aux pieds de Sa Sainteté qui étoit assise à un bureau couvert d'un dais, nous baisâmes successivement une croix d'or brodée sur sa mule de velours rouge. Le pape, sans avoir l'air de faire attention à cet acte d'humilité auquel sont soumis tous ceux qui veulent luy parler, nous entretenoit de diverses choses relatives à notre voyage. Nous restâmes debout pendant un demi quart-d'heure. Il nous combla de bénédictions pour nous et notre famille (...). Nous le quittâmes en baisant sa mule une seconde fois, et nous nous retirâmes en arrière, en faisant encore les trois génuflexions". C'est en somme moins sommaire que le protocole expéditif de Ferdinand IV. 4. Voyage de retour.Il s'effectua à partir du 11 avril, soit après les cérémonies de la Semaine sainte (longuement décrites à la fin de la partie précédente), et passa par Ronciglione, Caprarola, Viterbe, Montefiascone, Aquapendente, San Quirico, Sienne (où les voyageurs s'attardèrent davantage, ff. 149-154), Livourne (ff. 154-156), Pise (ff. 156-160), Lucques (ff. 160-162). De Livourne, on abandonna la voie de terre pour s'embarquer en direction de Gênes (ff. 163-172), puis de Gênes à Antibes (2 mai), port-frontière entre le comté de Nice et la France (en passant, une brève description de Monaco). À partir d'Antibes, le voyage s'effectue de nouveau par voie de terre (Fréjus, Marseille, Aix, Orange, Montélimar, Valence, Vienne, Lyon, et Paris, rejoint le 26 mai au soir).En conclusion, "Notre voyage a été des plus heureux ; nous n'avons désiré de le voir achevé que pour goûter la douce satisfaction de revoir nos parents, nos bons amis et nos connaissances". Ainsi-soit-il. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 226986

‎[MANUSCRIT]. [ARNAUD (Auguste)].‎

‎[Correspondance active pendant la Guerre de 1914].‎

‎S.l., s.d. (1914-1915) 139 pièces in-12 ou in-8, en feuilles.‎

‎Ensemble bien cohérent de lettres adressées au moins une fois par semaine (parfois tous les trois jours, parfois même tous les jours) à ses parents et frère (René Arnaud) par Auguste Arnaud (1890-1946), un canonnier, qui avait été conscrit du village rhodanien de Sarras (Ardèche), et incorporé en octobre 1911 au 38e Régiment d'artillerie. Originaire d'une famille catholique, vraisemblablement paysanne et même viticole, étant données les nombreuses considérations sur les travaux des champs, les vendanges et le soin des vignes, il avait déjà accompli pendant les deux années de son service militaire (1911-1913) la campagne du Maroc. Évidemment, il fut de nouveau mobilisé dans la 9me batterie au début de la Grande guerre. Rédigées généralement sur un bifeuillet, et presque uniquement au crayon de bois, par manque de plumes, ses lettres courent du 14 août 1914 au 18 août 1915. À la différence de sa correspondance marocaine, elles sont généralement très concises (parfois un billet) et contiennent le moins de détails possible sur les opérations et leur localisation, ce qui était prohibé par la censure (mais s'atténue avec le service en tranchées) ; le tempérament fort concret d'Auguste ne le portait de toute façon pas à des épanchements ni à des détails inutiles. Tout au long, il sera demeuré plus intéressé à la nourriture quotidienne qu'à toute autre considération. Ce "au jour le jour " dira mieux que toute déclamation le quotidien monotone et angoissant du poilu. Au demeurant, il est excessivement préoccupé de la santé de ses parents et de la fatigue que leur occasionne un travail des champs qui repose désormais presque uniquement sur eux (moissons, vendanges).Comme dans la correspondance marocaine, on a droit parfois à un petit post-scriptum en dialecte local à la fin des lettres (19, 53, 69), par exemple : "Tacho mouyen de pas laissa aigri la tino" ; "Coummençou d'ové souin minis na me coucha ; bounsoua a tous et bouno neu".PREMIÈRE PARTIE : 1914. 1. Lettre du 14 août 1914 : Auguste et ses amis n'ont pas encore connu d'engagement à cette date. - 2. Du 17 août 1914 : "Nous avons passé la frontière" (il n'est évidemment pas précisé laquelle, mais le 38e d'artillerie participait en ce mois d'août 1914 à la "bataille des frontières" en Lorraine, Alsace et Luxembourg). - 3. Du 18 août 1914 : "Je ne vous en dis pas davantage, les détails sur la campagne, je vous les ferai de vive voix". - 4. Du 21 août 1914 : Auguste est en bonne santé .. - 5. Du 25 août 1914 : "Vous êtes probablement mieux renseignés que nous sur la guerre ; ici, on ne sait rien à part ce qui se passe dans notre zone ; il n'y a qu'à attendre, peut-être que dans quelques jours il y aura quelque chose de décisif". - 6. Du 27 août 1914 : banalités du quotidien. - 7. Du 29 août 1914 : "Voilà plusieurs jours que le canon tonne du matin au soir sans interruption, hier nous avons eu un grand nombre de prisonniers allemands". - 8. Du 1er septembre 1914 : "Le canon et la fusillade font rage pas bien loin d'ici". - 9. Du 3 septembre 1914 : Auguste s'inquiète de ne pas avoir reçu de nouvelles de ses parents depuis le début des hostilités ; de son côté, il ne peut qu'être satisfait ("j'ai bon appétit et la boustifaille ne manque pas", ce qui est évidemment le principal). - 10. Du 4 septembre 1914 : "Nous devons embarquer de nouveau sous peu, nous changeons de région". - 11. Du 7 septembre 1914 : banalités du quotidien. - 12. Du 11 septembre 1914 : l'optimisme déplacé est de mise ("On attend toujours avec confiance la fin des hostilités qui sera le jour de la libération"). - 13. Du 13 septembre 1914 : "Hier on nous a lu une dépêche du général Joffre annonçant la déroute dela 1ère et 2me armées allemandes, ici on a pris des canons et caisses que j'ai vus hier, il faut espérer qu'on les chasse vite et que cela finisse bientôt". - 14. Du 15 septembre 1914 : "En ce moment, nous sommes sur le chemin de la victoire, les Allemands se sauvent". Ceci est écrit en pleine retraite de la Marne .. - 15. Du 17 septembre 1914 : banalités du quotidien. - 16. Du 22 septembre 1914 : Auguste voit souvent ses pays du 38e. - 17. Du 27 septembre 1914 : banalités du quotidien. - 18. Du 30 septembre 1914 : "Mon groupe est séparé des autres, il y a quelques jours que je n'ai pas vu les pays". - 19. Du 2 octobre 1914 : "N'écoutez pas le bavardage de certaines gens qui prennent plaisir à vous alarmer". - 20. Du 7 octobre 1914 : banalités du quotidien. - 21. Du 10 octobre 1914 : "Si vous pouviez me voir, vous me diriez que j'ai engraissé et c'est vrai ; c'est dommage que je n'ai pas eu l'occasion de me peser, sans ça je vous dirais mon poids". - 22. Du 12 octobre 1914 : banalités du quotidien. - 23. Du 15 octobre 1914 : première lettre où sont évoquées les souffrances de la guerre (prisonniers, morts), mais "Voilà déjà longtemps que nous ne sommes plus en première ligne". - 24. Du 17 octobre 1914 : "Voilà quelques jours que nous sommes au repos". - 25. Du 18 octobre 1914 : intéressante description d'une journée-type. - 26. Du 20 octobre 1914 : "Aujourd'hui, on s'occupe à raccommoder et à nettoyer nos effets". - 27. Du 25 octobre 1914 : les deuils se multiplient dans le village d'Auguste ("Vous m'annoncez encore la mort de Badel, que de deuils nous coûtera cette maudite guerre"). - 28. Du 29 octobre 1914 : réunion la veille de tous les pays d'Auguste (douze en tout). - 29. Du 1er novembre 1914 : Auguste a assisté à la messe de la Toussaint et s'est rendu au cimetière voisin ("où sont enterrés cinq soldats tombés sur le champ de bataille"). Un ordre de départ est arrivé pour le lendemain. - 30. Du 3 novembre 1914 : "Nous sommes allé prendre position pas très loin des Alboches". - 31. Du 5 novembre 1914 : banalités du quotidien. - 32. Du 7 novembre 1914 : quotidien d'une tranchée, ou Auguste est maintenant positionné. - 33. Du 11 novembre 1914 : "C'est toujours terrés dans nos trous que je vous envoie de mes nouvelles", Auguste détaille les conditions de vie et le roulement dans les tranchées. - 34. Du 15 novembre 1914 : "Hier il est arrivé ici bon nombre de jeunes soldats de la classe 1914 ; ils viennent d'Avignon et de Nîmes". - 35. Du 16 novembre 1914 : "Comme on se gèle les pieds sans bouger dans la tranchée, j'ai été volontaire pour préparer un emplacement de batterie peut-être à 500 mètres de la nôtre". - 36. Du 17 novembre 1914 : "Hier, pendant une heure, toute l'artillerie s'est mise à cracher à la fois, aujourd'hui on en a fait de même". - 37. Du 19 novembre 1914 : "Nous sommes à trois kilomètres de Saint-Mihiel où les Allemands sont établis". C'est la première indication topographique de la correspondance : devenue un point stratégique important, cette ville de la Meuse fit l'objet de nombreuses tentatives françaises de reconquêtes. La ville fut régulièrement bombardée, mais les contre-attaques françaises aboutirent à un échec. - 38. Du 21 novembre 1914 : intensification du froid (- 15° la nuit précédente). - 39. Du 23 novembre 1914 : "L'attaque dirigée contre Saint-Mihiel n'a donné aucun résultat". - 40. Du 26 novembre 1914 : "Nous avons fait une étape de 30 kilomètres, nous sommes arrivés à Saint-André [Saint-André-en-Barrois] à la tombée de la nuit". - 41. Du 28 novembre 1914 : nouvelles essentiellement alimentaires. - 42. Du 30 novembre 1914 : "Nous avons pu nous rendre compte de la fureur du combat qui s'est livré par là [dans un bois voisin] par le nombre de tombes qui sont sur la lisière de la forêt, certaines contiennent d'après le dire des gens du pays 100 à 120 corps et Français et Allemands sont ensemble. La forêt est complètement fauchée d'obus". - 43. Du 2 décembre 1914 : un réserviste se suicide avec son arme. - 44. Du 4 décembre 1914 (rare lettre écrite à l'encre) : banalités du quotidien. - 45. Du 6 décembre 1914 : vaccination contre la typhoïde. - 46. Du 7 décembre 1914 : "Depuis le commencement de la campagne, c'est le premier village où nous sommes bien considérés par les habitants". - 47.-48. Des 10 et 12 décembre 1914 : banalités du quotidien. - 49. Du 16 décembre 1914 : départ pour Fréméréville [= Fréméréville-sous-les-Côtes depuis 1924], pour aller prendre des positions devant Montfaucon [Montfaucon-d'Argonne]. - 50. Du 18 décembre 1914 : banalités du quotidien. - 51. Du 20 décembre 1914 : cantonnement dans les tranchées. - 52. & 53. Des 22 et 24 décembre 1914 : banalités du quotidien. - 54. Du 26 décembre 1914 : le front est calme. - 55. Du 28 décembre 1914 : banalités du quotidien. - 56. Du 30 décembre 1914 : fin de l'année dans les tranchées.SECONDE PARTIE : 1915. 57. Du 3 janvier 1915 : bivouac à Betlainville [= Béthelainville, Meuse]. - 58. Du 4 janvier 1915 : montée surprise vers la position. - 59. Du 6 janvier 1915 : le front demeure calme. - 60. Du 7 janvier 1915 : banalités du quotidien. - 61. Du 11 janvier 1915 : "La batterie descend au repos ce soir en laissant le matériel sur la position". - 62. Du 15 janvier 1915 : banalités du quotidien. - 63. Du 17 janvier 1915 : "Nous ne sommes pas les plus malheureux, ayant une tranchée bien abritée et solide". - 64. Du 18 janvier 1915 : "Hier au soir, notre infanterie a perdu une tranchée, ce matin la batterie du 55e qui l'avait comme objectif a dû la bombarder pour la détruire". Première mention de la guerre aérienne dans le secteur. - 65. Du 19 janvier 1915 : banalités du quotidien. - 66. Du 20 janvier 1915 : réinstallation à Béthelainville. - 67. Du 21 janvier 1915 : la veille, revue passée par le nouveau commandant ("il a pas l'air d'être bien souple"). - 68. Du 26 janvier 1915 : cérémonie de décorations d'officiers et de sous-officiers artilleurs le 24 à Montzéville (Meuse). - 69. Du 27 janvier 1915 : nettoyage des tranchées rendu possible par le temps sec. - 70. Du 29 janvier 1915 : "Les Boches ont bombardé assez violemment nos tranchées d'infanterie, on croyait à une attaque, mais elle a certainement été arrêtée par le 51e d'artillerie qui a tiré en plein dans les tranchées ennemies". - 71. Du 31 janvier 1915 : banalités du quotidien. - 72. Du 2 février 1915 : "On entend en ce moment une canonnade assez violente sur notre gauche". - 73. Du 4 février 1915 : tirs d'aviation. - 74. Du 5 février 1915 : mission à Esnes [-en-Argonne]. - 75. Du 7 février 1915 : banalités du quotidien. - 76. Du 9 février 1915 : "La discipline est à présent très sévère". - 77. Du 11 février 1915 : "Notre repos tire à sa fin, nous allons reprendre demain soir la position". - 78. Du 14 février 1915 : banalités du quotidien. - 79. Du 16 février 1915 : "Dans notre secteur, tout est calme". - 79. Du 18 février 1915 : troisième revue d'armes en 15 jours. - 80. Du 19 février 1915 : corvée de bois avec un menuisier pour faire des timons, des manches de pioches, etc. - 81. Du 22 février 1915 : "On continue à améliorer nos abris et à creuser des boyaux de manière à ne pas être aperçus pour aller aux postes d'observation". - 82. Du 24 février 1915 : banalités du quotidien (vêtements d'hiver,gamelle). - 83. Du 26 février 1915 : banalités du quotidien. - 84. Du 1er mars 1915 : son frère cadet René est appelé à Marseille pour servir (il était resté avec les parents depuis le début de la guerre). - 85. Du 3 mars 1915 : s'inquiète de la désertification du village où tout le monde a été rappelé, y compris les auxiliaires et les réformés. - 86. Du 5 mars 1915 : banalités du quotidien. - 87. Du 7 mars 1915 : nouvelles de René, qui est au service d'un médecin-chef dans ce qui ressemble bien à une confortable planque. - 88. Du 9 mars 1915 : banalités du quotidien. - 89. Du 12 mars 1915 : "Il passe une rumeur que la correspondance va être supprimée pendant quelque temps, ce n'est pas officiel, personne ne nous a avertis, c'est un bruit qui court". - 90.-91. Des 11 et 15 mars 1915 : banalités du quotidien. - 92. Du 17 mars 1915 : pas de nouvelles de René. - 93. Du 19 mars 1915 : un local a été aménagé pour des douches, grande innovation bienvenue. - 94. Du 21 mars 1915 : banalités du quotidien. - 95. Du 24 mars 1915 : inspection du général la veille ; il s'est montré insatisfait de la propreté, et annonce une seconde inspection dans 3 jours. - 96. Du 28 mars 1915 : "Notre capitaine a été évacué sur l'arrière, je ne sais pas s'il sera remplacé par un autre". - 97. Du 30 mars 1915 : rencontre fortuite de vieux camarades à Montzéville. - 98. Du 2 avril 1915 : "Notre secteur est très calme, nous n'avons pas même tiré un coup". - 99. Du 4 avril 1915 : une alerte interrompt le temps de repos de la batterie. - 100. Du 8 avril 1915 : "Donnez-moi des nouvelles des prisonniers" (du village). - 101. Du 12 avril 1915 : banalités du quotidien. - 102. Du 14 avril 1915 : "Depuis que le capitaine est parti, c'était notre lieutenant qui faisait fonction, mais étant de la réserve, il n'était pas assez capable, il est remplacé par un autre lieutenant qui, je crois, va prendre son troisième galon". - 103. Du 18 avril 1915 : "Pour ne pas rester sans rien faire, nous travaillons tous à nos parcs". - 104. Du 21 avril 1915 : banalités du quotidien. - 105. Du 25 avril 1915 : "On occupe nos moments de loisir à parler aux dames et puis nous avons tous les jours un journal qu'un camarade de la pièce fait monter par le ravitaillement". - 106. Du 30 avril 1915 : "On travaille presque tout le jour à charger du fumier pour les paysans qui labourent et sèment avoine et pommes de terre". - 107. Du 2 mai 1915 : premier jour sans corvées. - 108. Du 7 mai 1915 : banalités du quotidien. - 109. Du 10 mai 1915 : un accident occasionne la rentrée d'un couteau à cran dans la cuisse d'Auguste, d'où infirmerie. - 110. Du 13 mai 1915 : installation à Montzéville. - 111. Du 16 mai 1915 : plaie entièrement guérie. - 112.-113. Des 17 & 19 mai 1915 : banalités du quotidien. - 114. Du 21 mai 1915 : "Nous montons sur la position après-demain". - 115. Du 23 mai 1915 : "Nous voici installés dans notre nouvele position depuis ce matin. Je n'avais jamais rêvé quelque chose de si bien. Figurez-vous que nous sommes dans une forêt comme on n'en voit qu'ici. C'est dans un véritable village qui ne se voit que lorsqu'on y est, tellement les cahutes sont dissimulées sous les taillis, et puis il y a les rues toutes pavées en bois avec une rampe de chaque côté. Comme position, c'est bien mieux que celle que nous avons quittée". - 116. Du 25 mai 1915 : Auguste a été bien soigné après son accident, contrairement à ce que s'imagine son père. - 117. Du 2 juin 1915 : banalités du quotidien. - 118. Du 7 juin 1915 : nouvelles de son frère René. - 119.-120. Des 9 et 12 juin 1915 : rencontre de plusieurs pays, dont Auguste Badel. - 121. Du 14 juin 1915 : le groupe va se cantonner à Brabant [-sur-Meuse]. - 122. Du 16 juin 1915 : banalités du quotidien. - 123. Du 18 juin 1915 : "On continue à travailler pour améliorer les abris". - 124. Du 20 juin 1915 : "Je crois que tout le monde souffre beaucoup de cette guerre, surtout dans la campagne où est toujours le même travail et il n'y a que des femmes ou des vieux pour le faire". - 125. Du 26 juin 1915 : banalités du quotidien. - 126. Du 2 juillet 1915 : sur une permission de René passée dans la maison familiale. - 127. Du 6 juillet 1915 : banalités du quotidien. - 128. Du 9 juillet 1915 : "Maintenant nous construisons une cabine téléphonique". - 129. Du 13 juillet 1915 : "Il paraît que les Boches ont attaqué près de Boureuil la cote 263". - 130. Du 15 juillet 1915 : banalités du quotidien. - 131. Du 19 juillet 1915 : "Me voici de nouveau sur la position depuis ce matin". - 132. Du 22 juillet 1915 : "Dans notre secteur il ne se passe rien d'important". - 133. Du 26 juillet 1915 : "En ce moment, il y a quatre avions boches qui nous survolent, les canons les font partir". - 134. Du 29 juillet 1915 : "Voilà déjà nos quatre jours de position écoulés, nous descendons demain à Brabant pour autant de repos". - 135. Du 31 juillet 1915 : banalités du quotidien. - 136. Du 4 août 1915 : "Vous me dites qu'il est arrivé des prisonniers d'Allemagne". - 137. Du 9 août 1915 : sur une permission éventuelle. - 138. Du 11 août 1915 : banalités du quotidien. -139. Du 18 août 1915 : "On vient d'apprendre à l'instant que nous quittons la position ce soir, c'est tout ce que l'on sait, on ignore où nous allons".C'est là la dernière missive conservée. On ignore la suite de la guerre d'Auguste, mais il devait y survivre, se mariant juste après et ne mourant qu'en 1946 dans son village natal. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 234947

‎[MANUSCRIT]. [BARTET (Albéric-Joseph-Alfred-Louis)].‎

‎[Article sur la participation du Jauréguiberry aux opérations des Dardanelles].‎

‎S.l. [Reims], s.d. in-8, [31] pp. mal chiffrées 30 (il y a deux pages chiffrées 12), couvertes d'une écriture moyenne, régulière, très lisible, avec de nombreuses ratures et biffures, en feuilles sur papier de récupération. Feuillets de hauteur différente.‎

‎La critique externe indique que l'on a affaire au brouillon d'un article ou d'une communication, probablement destinée à Cols bleus d'après ce que l'on sait des contributions de l'auteur à ce périodique de la Marine nationale, donc rédigé après la Seconde guerre mondiale. Il s'agit là d'un des très nombreux textes composés pendant et après son service actif par le médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893. Devenu médecin principal le 11 octobre 1914, il servit d'abord sur le cuirassé Ernest-Renan (lancé en mars 1906), puis, après une période de trois mois à Rochefort, fut appelé sur le vieux cuirassé Jauréguiberry (mis en service depuis déjà 1893) jusqu'à la fin de 1916. C'est sur ce navire qu'il participa et à l'opération des Dardanelles, et ensuite aux missions de l'escadre de Syrie.Le début du manuscrit plante exactement le contexte :"Tandis que, vers la mi-février 1915, commençaient aux Dardanelles les premières opérations navales du blocus de ce détroit (...), il s'organisait à Bizerte une escadre dite de Syrie ou encore troisième escadre placée sous le commandement du vice-amiral Dartige du Fournet. Elle comprenait deux divisions, la première composée du cuirassé Saint-Louis (pavillon du vice-amiral) et du croiseur D'Entrecasteaux (déjà dans le Canal de Suez) ; et la deuxième composée des cuirassés Jauréguiberry et Henri-IV. Le Jauréguiberry sur lequel j'embarquai le 16 février était commandé par le capitaine de vaisseau [Auguste-René] Beaussant (devenu vice-amiral). C'était le plus vieux cuirassé de notre flotte. Il datait de 1893 où son apparition avait fait sensation par les installations permettant le fonctionnement électrique de son artillerie".Suit, comme dans les carnets de l'auteur, mais de façon très résumée, un éphéméride des activités du Jauréguiberry, depuis le 20 février 1915 jusqu'au 15 juin de la même année. Bartet s'est évidemment servi des notations au jour le jour de ses carnets pour rédiger une synthèse lisible, destinée à un public averti, mais pour lequel cette lointaine expédition devait se trouver en partie oblitérée. Ce sont les opérations et leurs (maigres) résultats qui occupent l'essentiel de la relation, mais notre médecin n'a pas renoncé aux coups de griffe qu'il affectionnait particulièrement ; en témoigne ce portrait acidulé du contre-amiral Émile Guépratte : "Le 1er avril, l'amiral vient passer l'inspection du Jauré. Il est dit que l'amiral est très à cheval sur la tenue des bâtiments. Très formaliste et très militaire, il attache une grande importance à l'exécution correcte du salut du même nom .. Grand, élancé, vêtu de noir kaki impeccable, à jolies pattes d'épaules et orné de la seule croix de la Légion d'Honneur, il a, malgré sa moustache et sa barbe grisonnantes, positivement l'allure d'un sous-lieutenant". Le tragique de la situation à terre , la crainte des sous-marins allemands, les incidents parfois fort graves affectant le navire (par exemple, un obus turc de gros calibre atteignant le pont principal le 5 mai) sont bien mis en relief et confirment par ailleurs ce que tous les témoignages français et anglais ont pu établir. Les incohérences du commandement ne sont pas épargnées : "L'amiral aurait télégraphié à Paris pour nous garder un mois encore, afin d'aller voir la 'ville promise' selon son expression favorite, c'est-à-dire Constantinople. Or, il y a quelque temps, il avait adressé une dépêche concernant l'impossibilité de garder ce cuirassé sans le sacrifier inutilement, vu les défauts dus à son ancienneté". Heureusement, avec la mutation de Guépratte nommé à Bizerte, et son remplacement au commandement de l'escadre des Dardanelles par le vice-amiral Ernest-Eugène Nicol (annoncés le 14 mai), le Jauréguiberry sera affecté à la surveillance des côtes de Syrie en application du blocus franco-anglais de l'Empire ottoman, ce qui constitue une mission nettement moins périlleuse. Après un dernier et risqué appareillage pour Gallipoli (le 23 mai), Guépratte vint faire ses adieux au navire (le 15 juin) : "Il traverse ses anciens appartements dévastés [par l'obus du 5 mai], regrette son salon et sa chambre - mais non sa salle à manger. Il me demande la photographie de 'son trou' (sic). Il se rend à l'infirmerie et dans les carrés ... il nous parle de l'éventualité de nous revoir". Le texte se termine sur ce départ, mais il manque probablement un ou deux ff. (la dernière phrase est interrompue). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 239875

‎[MANUSCRIT]. [BARTET (Albéric-Joseph-Alfred-Louis)].‎

‎Société de géographie de Rochefort. Examen du projet d'exploration Lacroix dans l'Afrique centrale par l'Ouellé [Uele-Ubangi]. Projet communiqué aux sociétés de géographie françaises par l'Union géographique du nord de la France. Examen du projet aux points de vue : 1° de son opportunité. - 2° des hypothèses de Mr. Lacroix. - 3° des moyens d'exécution proposés (route à suivre, matériel et personnel, hygiène), et une note sur la communication du Niger avec le Charri [= Chari] par la Bénoué‎

‎S.l. [Rochefort], s.d. (vers 1898) in-folio, [7] ff. n. ch. sur papier de formulaire remployé, et [5] ff. in-4 intercalés, le tout couvert d'une écriture fine, très lisible, comportant de nombreuses ratures et biffures, en feuilles.‎

‎Brouillon assez anarchique d'une communication donnée par le médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893. Son expérience africaine se limite à sa deuxième campagne (la seule à terre) de 1896-1898 dans le Haut-Dahomey ; mais il semble avoir été un membre actif de la Société de géographie de Rochefort fondée en 1879 et toujours en activité), point d'attache de ses années de service dans le corps des médecins de marine.Dans cette esquisse, il se proposait d'examiner un projet d'exploration déjà ancien de Léon Lacroix, pharmacien de première classe des hôpitaux de Paris, qui avait fait l'objet d'une publication imprimée : Projet d'exploration dans l'Afrique centrale par l'Ouellé, présenté à la Société de géographie de Lille (Lille, L. Danel, 1881, in-8 de 28 pp.). On en trouvera des exemplaires à la BnF, à la Mazarine, à Lille et La Rochelle.Le texte débute par une très longue introduction générale, où sont rappelées les principales explorations déjà réalisées de la vaste région de l'Afrique centrale autour des affluents du Congo, de celle de Gustav Nachtigal (1871-1874) à celle de Gaetano Casati ; puis vient une énumération des projets non réalisés. En réalité, l'auteur ne fait qu'esquisser le premier des trois points qu'il s'était proposé d'examiner : soit le reste est perdu, soit il a interrompu son travail. Cette dernière hypothèse a notre préférence, et expliquerait l'état extrêmement embrouillé du texte, composé de différents morceaux pas forcément reliés entre eux. "Les temps ne sont plus où l'Afrique pouvait être appelé avec raison : le continent mystérieux. Chaque jour voit l'infatigable troupe des voyageurs explorateurs et des missionnaires civilisateurs déchirer le voile ténébreux qui nous dérobait l'intérieur de cette partie du monde". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 239876

‎[MANUSCRIT]. [BARTET (Albéric-Joseph-Alfred-Louis)].‎

‎Études sur la Cochinchine. - Notes sur la Cochinchine‎

‎S.l., s.d. 3 cahiers in-8, brochés.‎

‎Ensemble de réflexions et de notes composées par le médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893. S'il fut en service colonial en Mer Rouge (Obock, Djibouti) en 1895, puis au Dahomey en 1897-1898, il semble bien qu'il ne fut jamais affecté dans une unité croisant en Indochine, ce qui ne l'a pas empêché de rédiger à une date non précisable ces carnets, exprimant sous forme d'ébauche assez fragmentaire ses idées sur nos colonies d'Extrême-Orient.La matière traitée se répartit comme suit :I. Premier cahier, composé de [8] ff. n. ch., le dernier volant, avec plusieurs collettes. Il s'agit davantage d'un brouillon comportant de nombreuses ratures et biffures. Malgré le titre général au crayon gras sur la première couverture, l'objet en est limité : "De la Nécessité de la réorganisation des milices indigènes". Le plan esquissé à la première page et comportant six alinéas n'a été que très partiellement réalisé : après une chronologie de la création de corps indigènes de 1861 à 1865, et une brève introduction générale, le texte n'examine en fait que le cas du Cambodge et celui des tribus du nord de la Cochinchine ou du Tonkin : Chiams [= Chams], Stieng [= Xtiêng], Moïs [= Mnong], etc. À noter que, tête-bêche dans le même cahier, a été fixée sur le papier une des nombreuses poésies de l'auteur, qui se piqua toute de composer des vers : "Les Cloches du Saïs" (3 couplets de texte puis musique notée), suivie de la notation en plain-chant de la populaire Messe de Henri Du Mont (1619-1684), compositeur et organiste, Maître de musique de la chapelle royale de Versailles.II. Deuxième cahier, composé de [10] ff. n. ch. Là nous avons affaire à une mise au propre soignée, sans ratures ni biffures (environ 30 lignes par page sur papier réglé). Sont successivement décrits : une description géographique, un "état du ciel" (= météorologie), l'hygrométrie, les températures, les orages, les vents, les saisons, et enfin des "considérations hygiéniques".III. Troisième cahier, composé de [6] ff. n. ch. Après la suite des "considérations hygiéniques", on trouve un texte intitulé "Règlement pour le service des armées en campagne, annoté d'après les meilleurs auteurs qui ont écrit sur l'art militaire" : il s'agit en fait d'une recension de l'ouvrage du colonel belge Charles de Savoye, originellement paru en 1861 à l'adresse de Bruxelles, fort volume de 647 pages (nouvelles éditions en 1866 et 1875). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 239857

‎[MANUSCRIT]. [BLAZE (Sébastien)].‎

‎Journal de mon voyage en Espagne.‎

‎S.l., s.d. (1826-28) in-folio, en feuilles ou broché sous couverture d'attente de cartonnage souple orange moucheté, le tout dans double emboîtage de carton vert moderne.‎

‎Le Manuscrit original des mémoires du plus célèbre pharmacien du Premier Empire.Très important dossier relatif à la préparation et à l'édition de l'ouvrage majeur de Sébastien Blaze : Mémoires d'un apothicaire sur la guerre d'Espagne pendant les années 1808 à 1814, parus chez Ladvocat en 1828. Quoique composé de façon non linéaire (les lettres doivent se lire parallèlement au texte manuscrit et au texte imprimé), il offre l'expérience pas si commune de rentrer dans la "fabrication" d'un mémoire d'Empire, et pas n'importe lequel (le texte de Sébastien Blaze connut immédiatement un grand succès, et nombre d'historiographes se reposent encore sur lui pour documenter les "atrocités" de la guérilla).Il se compose des trois parties suivantes :I. Une rédaction mise au propre dans un cahier broché, qui constitue la base rédactionnelle de tout l'ouvrage : 177 pp., couvertes d'une écriture moyenne, régulière, très lisible (environ 30 lignes par page), sans biffures ni ratures. Le texte, réparti en divisions, donne une version proche dans les grandes lignes de celui de l'imprimé, mais notablement plus court, et présentant de très nombreuses différences rédactionnelles, qui signent l'intervention d'un ou plusieurs teinturiers, comme c'était au demeurant la pratique alors la plus commune pour ce genre de texte.1. Sur l'architecture globale, on peut en juger par la différence des divisions du manuscrit d'avec celles retenues dans l'imprimé. Voici celles qui sont communes aux deux ; pour le tome premier de l'édition de 1828 : Valladolid - L'Escorial - Madrid - Aranjuez - Tolède - Départ de San Fernando - Oropeza - Albuquerque - Séjour à Frejenal - On me fait professeur de langue italienne - Départ de Frejenal - Santa Olalla - San Lucar de Barrameda - Ponton Le Terrible - Segunda Aguada - Je passe sur le ponton de La Vieille Castille - Une journée au ponton La Vieille Castille - Arrivée de l'armée française sur la côte - Enlèvement de la barque à l'eau - Vent de percale - Je passe à bord du ponton L'Argonaute - Xeres - Séville - L'Inquisition - Religion - Caractère de la nation en général : hommes - Femmes - Éducation - Costumes - Agriculture, industrie ; pour le tome second : Cuisine espagnole - Retraite d'Andalousie - Grenade - Bataille de Vitoria. Les autres divisions ont été supprimées ou changées. Comme on peut le constater, notre cahier correspond essentiellement au volume I de l'imprimé.2. Sur le style et l'agencement, il suffira, pour donner une idée des différences, de reproduire à la suite deux versions du même récit, dans le manuscrit (Ms.) et dans l'imprimé (P.). On prendra le début de la division "Départ de Frejenal" (page 141 du tome I de l'imprimé).[Ms.] "J'étois convalescent, mais je n'étois pas encore guéri. Je n'avois pas assez des forces pour marcher. Le généreux Velasco fit ce qu'il put pour me retenir à Frexenal ; mais il ne fut pas toujours écouté, et soit que les Français s'approchent de la ville ; ou que les habitants voulussent se débarrasser de nous, on me fit partir le 4 février, ainsi que six autres prisonniers, qui comme moi avoient été et étoient encore malades. Nous n'étions escortés que par Domingo le geôlier, un alguazil, et quatre paysans armés. Nous voilà donc encore en route, accompagnés par une très foible escorte. Je craignois avec juste raison que nos quatre paysans armés ne fussent ni assez forts ni assez courageux, pour résister à la férocité du peuple qui se présentoit toujours à mon imagination le poignard à la main. Ce qui augmentoit encore mes craintes, c'est que notre escorte se renouveloit à chaque gîte, et que je me voyois par là exposé à être insulté chaque jour par de nouveaux personnages".[P.] "Convalescent mais non encore guéri, je n'avais point assez de force pour marcher. Mon ami Velasco fit tout ce qui était en son pouvoir pour me retenir à Frejenal, ses démarches et ses prières n'eurent aucun résultat satisfaisant. Les Français s'approchaient de la ville, ils n'auraient délivré ainsi que six prisonniers qui, comme moi, étaient encore malades ; on nous fit partir le 4 février. Le geôlier Domingo, un alguazil et quatre paysans armés formaient notre faible escorte, elle ne pouvait résister aux furieux qui se présentaient toujours à mon imagination le poignard à la main. Notre garde se renouvelait à chaque gîte, et ce changement m'exposait à être insulté chaque jour par de nouveaux personnages". Comme on peut le constater par cet exemple pris entre cent, sous prétexte de ramener à la concision et à l'élégance académiques un texte un peu diffus, mais correct et direct, le ou les teinturiers ont passablement altéré l'original, et parfois sur plus que des nuances. L'examen de la troisième partie nous permettra de lever l'anonymat de ce "correcteur".3. Sur la matière développée, il est évident qu'elle est beaucoup moins abondante que celle de l'imprimé. C'est que la base narrative que nous avons sous les yeux fut complétée et truffée de nombreux ajouts, notamment sur les coutumes et les usages des Espagnols, très abondants à la fin du volume I et dans tout le volume II. Ces ajouts sont contenus dans la seconde partie qui suit.II. Un ensemble de compléments rédactionnels qui furent utilisés pour "engraisser" le manuscrit primitif. Ils remplissent 295 pp., et sont répartis en plusieurs sous-ensembles paginés séparément et correspondant généralement aux subdivisions des chapitres de l'imprimé. La quasi-totalité des feuillets est barrée à l'encre de haut en bas, pour signifier que leur matière a été utilisée par le teinturier (cf. infra). L'on a ainsi notamment :1. Un premier ensemble de 18 pp. correspondant à mars - juin 1808 et aux rubriques suivantes du tome I : Escorial - Madrid - Serenos - Églises - Aranjuez (chapitres II & III).2. Un ensemble de 60 pp. (les 32 premières non barrées), divisées en 31 numéros et renfermant des réflexions sur les événements politiques dont l'auteur n'a pas été témoin direct.3. Un gros ensemble de 159 pp., correspondant à des rubriques disséminées dans tout l'ouvrage (janvier 1808- mai 1813) : Entrée en Espagne - Albuquerque - Messe de minuit - Carnaval - Processions - Inquisition - Succès de la franc-maçonnerie - Caractère de la nation en général - Spectacles - Le puits saint - Gitanos - Retraite d'Andalousie - Départ de Séville, revue des équipages d'une armée en retraite - Grenade - Chinchilla - [Retour à ] Aranjuez & Madrid - Tolède - Promenade autour de la ville - Retour à Madrid - Bataille de Vitoria (respectivement, chapitres I, VII, XX, XXI, XXII au vol. I ; XXVII, XXVIII, XXXVI, XXXVII, XXXVIII, XL, XLI, XLII au vol. II).4. Un ensemble de 38 pp. qui fournit la matière des chapitres XXXII & XXXIII (Une journée à Séville vs. Vingt-quatre heures à Séville), ainsi que la partie El garote du chapitre XXIX.5. Notice sur la musique en Espagne : 3 pp. n. ch., et non barrées (fournit pour une part la matière du du chapitre XXVI au vol. II).6. Dix-sept pp. éparses.Les aventures réellement vécues par Blaze cèdent ici le pas à une documentation plus générale sur l'Espagne et les Espagnols, parfois corroborée par l'expérience, mais aussi extraite d'ouvrages en français disponibles à Paris sous la Restauration (certains furent utilisés explicitement, comme on le verra dans la suite).III. Enfin, une correspondance de l'auteur, depuis sa résidence d'Apt, avec son frère François-Henri-Joseph Blaze, dit Castil-Blaze (1784-1857), déjà à ce moment compositeur, librettiste et critique musical de renom. Il habitait alors 9, rue du Faubourg-Montmartre à Paris. Il s'agit d'un ensemble de 21 missives, datées et comportant le cachet de la Poste, généralement rédigées sur bifeuillets (in-4 ou in-8) d'une écriture cursive parfois très malaisée à déchiffrer, s'étageant entre 1825 et 1830, soit précisément : 27 septembre 1825 ; 6 juin 1826 ; 18 août et 19 novembre 1827 ; 24 avril, 23 juillet, 14 septembre, 30 septembre, 6 octobre, 8 octobre, 22 octobre, 2 novembre, 15 décembre et 18 décembre 1828 ; 1er mars, 7 mai, 8 juillet, 28 juillet, 16 septembre et 22 octobre 1829 ; 31 mai 1830. Comme l'on voit, la plupart des lettres conservées sont de l'année de la publication des Mémoires.Et ce n'est pas un hasard : leur contenu n'est en effet pas seulement d'ordre familial, même si des nouvelles intimes sont échangées, mais une grande partie concerne la publication des Mémoires de 1828. Et l'on s'aperçoit que son aîné a été chargé non seulement de corriger les différentes rédactions de son manuscrit, mais aussi de les étoffer, comme on pourra en juger par ces quelques extraits bien révélateurs : "Je t'envoie un nouveau renfort de notes, et tout ce que ma mémoire a pu me fournir. Ce n'est point une histoire de la Guerre d'Espagne que nous offrons au public, mais les aventures d'un conscrit de 1807, ou si tu veux d'un amateur qui a suivi l'armée et qui, sans en partager la gloire, en a largement partagé toutes les vicissitudes, dangers, privations, captivité &c. Il ne faudra donc pas parler des événements militaires, ou du moins fort peu, seulement pour les indiquer, et comme se liant à autre chose" (6 juin 1826). - "Je n'ai pas besoin de te recommander de retrancher les petites sorties qui peuvent m'être échappées contre les Français en général. C'est un Français qui écrit, il ne doit jamais faire l'éloge des étrangers au détriment des siens" ; suit un développement sur la vie entre prisonniers sur les pontons (27 septembre 1825). Castil-Blaze n'a pas seulement joué le rôle du teinturier que l'examen du cahier manuscrit révélait, il a servi d'éditeur du texte au sens de l'anglais. Qu'on en juge : "Tu donneras à cet ouvrage le titre que tu jugeras à propos. Je te laisse le choix de mettre le nom de l'auteur ou de garder l'anonime. Dans ce cas alors, il faudroit mettre : par un prisonnier du ponton La Vieille Castille. Il faut faire en sorte de faire mention des pontons dans le titre" (6 juin 1826). L'anonymat sera en effet retenu, mais pas cette dernière mention à laquelle pourtant Sébastien semblait tenir. Les échanges entre les deux frères abondent en précisions et détails sur le séjour espagnol de Sébastien, pas nécessairement retranscrits dans l'imprimé. C'est à quoi servirent les feuillets de notre partie II.Puis vient le moment de l'impression, et Castil-Blaze communique à son frère les feuilles déjà prêtes : "La veille, j'avois reçu les dix feuilles d'impression que tu m'as envoyées, je les ai lues avec intérêt. Tu raisonnes les opérations militaires comme un lieutenant général, je n'ai pas besoin de te demander si tu as arrangé cela de manière à ce qu'on ne puisse pas nous accuser de plagiat. Cela me fait regretter de n'avoir pas pu te donner des détails plus étendus sur la bataille de Vitoria." / "Je te remercie bien, mon cher ami, de l'attention que tu as de m'envoyer les feuilles imprimées pour ainsi dire au fur et à mesure qu'elles sortent de la presse" (22 octobre 1828). / "J'ai maintenant le premier volume complet, je l'ai lu et relu plusieurs fois" (2 novembre 1828). Enfin, les deux volumes sont publiés, et leur réception donne lieu à de nouveaux échanges entre les deux frères. Dès 1829, on travaille à une seconde édition ("Je joins à ma lettre quelques notes qui te seront peut-être inutiles pour la seconde édition des Mémoires. Je les avois commencées il y a six mois, mais je les avois abandonnées parce que j'ai pensé que tu trouverois mieux que cela dans les manuscrits que Mrs. Demanche et Tillaire t'ont offerts" 7 mai 1829). Cf. Tulard, 170. Palau 30 849 (pour l'édition de 1828). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 231001

Livre Rare Book

Librairie Historique Fabrice Teissèdre
Sauve France Francia França France
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‎[MANUSCRIT]. [BRUNO (Adrien-François de)].‎

‎Souvenirs et anecdotes de M/O de Bruno.‎

‎S.l., s.d. 7 parties in-folio, [29] ff. n. ch., en feuilles.‎

‎Intéressant ensemble de notes transcrivant des souvenirs épars du général Adrien-François de Bruno (1771-1861), qui s'illustra pendant les guerres napoléoniennes, et en particulier au service du roi Louis Bonaparte en Hollande (1806-1810).On n'a pas affaire ici à une narration continue, mais à une suite d'épisodes sans lien, correspondant à diverses périodes de la vie de Bruno, et regroupés sous quelques têtes de chapitres (que nous transcrivons plus bas). En bref, des matériaux pour un projet de rédaction sans doute plus important, mais qui n'a pas vu le jour. L'écriture est régulière, moyennement lisible, comportant de nombreuses ratures et biffures. L'examen de détail ne peut faire exclure des enjolivements rétrospectifs et des confusions de date (e.g. il est malaisé de rattacher exactement la mission de Saint-Just et Lebas du III avec un commandement précis de Kléber ; l'anecdote du IV ne peut se placer en cohérence avec ce qui est raconté de l'engagement de Bruno en II, etc.). Probablement, le général était fort âgé quand il dicta ces notes, car il est certain qu'il ne les rédigea pas lui-même, comme le fait savoir l'introduction du VII : "Peu studieux dans son enfance, aimant désordonnément le plaisir , le mouvement et les émotions d'une vie aussi agitée qu'active, M/O n'avait jamais eu le goût de la plume et sa répugnance pour l'écriture avait fini par devenir telle que souvent il négligeait les affaires les plus importantes, faute de pouvoir se décider à mettre de l'encre sur une feuille de papier". Dans ce contexte, la mention M/O que l'on rencontre aux titres de plusieurs de ces souvenirs ainsi qu'au titre général semble signifier "mon oncle", ce qui signifierait que le secrétaire était un des enfants ou petits-enfants de sa soeur Marie-Blanche de Milanges (cf. infra). C'est lui qui suggéra à Bruno de rédiger des mémoires, selon la vogue qui poussait les acteurs de la période napoléonienne à coucher par écrit leurs exploits.On a donc, par ordre chronologique :I. Famille et naissance de M/O : [2] ff. n. ch. "Ma famille est originaire d'Allemagne. J'ignore par quel concours de circonstances, il se fit que l'un de mes ayeux alla s'établir à Naples. Il y mit au monde trois fils qui se dispersèrent de divers côtés. L'un se fixa en France, l'autre en Savoie, le troisième passa aux Indes orientales et s'établit à Chandernagor dans les possessions françaises". C'est ce dernier fils, Antoine de Bruno (1708-1757), qui est le grand-père du narrateur ; il serait mort décapité au cours d'une guerre interne à la Birmanie. Son fils unique, Louis de Bruno (1739-1814) eut à son tour trois enfants de son mariage avec Marie-Josèphe Law de Clapernon, parente de Law de Lauriston, dont le dernier est notre narrateur, Adrien-François de Bruno (né le 10 juin 1771 à Pondichéry). Quand ce dernier approcha ses cinq ans, ses parents décidèrent en 1776 de revenir se fixer en France.II. Fuite en Auvergne, arrestation, entrée au service : [8] ff. n. ch. "Mes parents me destinant au service militaire, aussitôt que je fus engagé, on me mit à l'École d'artillerie de La Fère. J'étais aspirant d'artillerie quand la révolution de 1789 éclata. Mon frère aîné [Jean-Jacques de Bruno, 1768-1790] était déjà au service avant moi et officier dans le régiment de hussards de Lauzun lorsque ce régiment, travaillé par l'esprit révolutionnaire, se révolta contre ses officiers et les massacra. Mon malheureux frère fut au nombre des victimes". À la suite de ces événements, le père d'Adrien le retira de La Fère et toute la famille quitta Paris pour se réfugier en Auvergne, dans la propriété de la soeur d'Adrien, Marie-Blanche, qui avait épousé Amable de Milanges (1765-1818) et habitait une propriété sise entre Gannat et Aigueperse. Imprudent dans ses paroles, le jeune Adrien fut bientôt recherché dans la région comme contre-révolutionnaire exalté : caché dans les bois de Randan, il fut rapidement convoyé vers la Vendée où il pensait s'engager dans les rangs des insurgés. Mais, dénoncé par une servante suspicieuse au comité local, il fut incarcéré et ne dut son salut qu'à son engagement dans la Légion de la Nièvre, qui alla bientôt servir à Landrecies. Rien n'est dit de l'engagement ultérieur du jeune homme dans la cavalerie du 4e Régiment de Hussards, où il commença réellement sa carrière militaire (en septembre 1793).III. Anecdote du général Kléber : [2] ff. n. ch. "On sait que le général Kléber, au milieu des grandes qualités qui le distinguaient, avait la manie d'affecter les manières et le langage des soldats républicains d'alors et de ne parler que par F... et par B..., suivant la mode d'alors". Suit une conversation salée que Kléber aurait eue à un dîner en compagnie des conventionnels Saint-Just et Philippe Lebas, représentants en mission auprès de l'Armée du Nord (avril 1794), et qui portait sur la difficulté de prendre la parole devant la Convention nationale.IV. Anecdote de Taupin, soldat de Bercheny : [5] ff. n. ch. "C'était en 1793, au milieu de la Terreur ; j'étais dans le Régiment de hussards de Bercheny, caché sous un nom supposé, et simple soldat après avoir été officier d'artillerie. Notre régiment ainsi que tous les régiments de hussards qui dataient d'avant la Révolution, était à peu près entièrement composé d'Allemands et le peu de Français qui s'y trouvaient étaient l'objet de la jalousie, de l'animadversion ou des vexations de leurs camarades d'origine différente". Où le jeune soldat Bruno prend la défense d'un bûcheron de la Nièvre enrôlé dans le corps et qui servait de souffre-douleur aux soldats allemands.V. Les magistrats de Soleure : [6] ff. n. ch. "Pendant la campagne de Suisse de l'année 179.., j'étais déjà major et je commandais par intérim le 12e Régiment de Hussards, ci-devant Bercheny. Le général Ney (plus tard maréchal) m'avoit envoyé pour occuper la ville de Soleure et avoit placé sous mes ordres, outre mon régiment, un bataillon d'infanterie. Je me trouvai donc en quelque sorte chef d'un corps d'armée et telle était alors la terreur inspirée par le nom français dans le pays que, lorsque j'entrai dans la ville, toutes les autorités vinrent au devant de moi, l'avoyer en tête, en protestant de leur dévouement à la France, ainsi que de leur empressement à faire tout ce qui pourrait m'être agréable". Suit un long exposé du traitement alternativement hautain et servile des autorités municipales en fonction respectivement de l'effacement ou de la rigueur des manières employées à leur égard.VI. Les bouts de chandelle : [4] ff. n. ch. Il s'agit d'une anecdote sur Louis Bonaparte, alors Roi de Hollande (Bruno était devenu devient en juillet 1806 aide de camp de Louis Bonaparte, fut nommé colonel en septembre 1806, puis général major en avril 1807, enfin en novembre 1808, lieutenant-général et grand écuyer de la couronne). "Au milieu de ses bizarreries, de ses petites méchancetés et de ses faussetés, le Roi Louis avait cependant quelquefois des accès d'indulgence et même de générosité. En voici une preuve qu'il me donna dans une circonstance assez grave. Je revenais de la mission difficile et même périlleuse qu'il m'avait confiée en 1808 pour le Roi de Danemark". Paraissant à moitié ivre devant le Roi, et rabâchant une opposition à un projet d'économies qualifié d'"économies de bouts de chandelles", il ne fut cependant pas sanctionné.VII. M/O à Waterloo : [2] ff. n. ch. Après une longue introduction sur la répugnance du général à écrire, surtout pour se mettre en avant, suit une brève anecdote sur une charge à la tête de sa brigade de cuirassiers à Waterloo, qui fut par erreur attribuée au général Milhaud.ON JOINT : Arbre généalogique de la famille de Bruno (un dépliant in-folio de 41 x 52 cm). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 234516

‎[MANUSCRIT]. [CORNESSE (Valentin)].‎

‎Département de l'Ourte [sic]. - Arrondissement de Malmedÿ. - Tribunal civil de première instance. Le Procureur impérial à Monsieur le préfet du département de l'Ourte [Charles-Emmanuel Micoud d'Umons].‎

‎Malmédy, 20 avril 1808 in-4, [3] pp. n. ch., couvertes d'une écriture moyenne et peu lisible, avec une belle vignette en-tête allégorique gravée, en feuille.‎

‎Sur l'impression de deux mémoires contenant des jugements impériaux rendus contre des conscrits réfractaires.Le département de l'Ourthe correspondait approximativement au territoire de la province de Liège. Valentin-Joseph Cornesse était alors procureur du tribunal de première instance du deuxième arrondissement du département. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240213

‎[MANUSCRIT]. [DUPERRÉ (Victor-Auguste)].‎

‎[Correspondance active avec le ministre de la marine].‎

‎Saïgon, s.d (1874-76) 7 pièces in-8, en feuilles sur papier de deuil.‎

‎Très intéressante correspondance active de Victor-Auguste Duperré (1825-1900), fils de Victor-Guy, gouverneur de Cochinchine du 30 novembre 1874 au 16 octobre 1877, adressée à Louis-Raymond de Montaignac de Chauvance (1811-1891), qui fut ministre de la marine et des colonies du 22 mai 1874 au 9 mars 1876. Voulue directe et hors des communications officielles (par suite de l'acheminement inégal du courrier, est-il prétexté), elle se compose de sept longues lettres ne comportant que l'éphéméride, et dont l'année doit être reconstituée à partir du contenu (avec une marge d'incertitude pour certaines). Elles fournissent les détails les plus précis et les plus circonstanciés sur l'administration de la seule colonie que nous possédions alors en Indochine, avant la signature des traités de 1883 et 1884.I. Du 7 décembre [1874] : 3 bifeuillets écrits sur les 12 pages. La missive a tout d'un envoi consécutif à une prise de fonction récente ("Mon prédécesseur vous ayant rendu compte lui-même des incidents importants, je me suis contenté de signer quelques dépêches relatives au service courant : d'ailleurs les visites particulières & celles que j'ai faites dans nos établissements ont absorbé tout mon temps depuis cinq jours, & je n'oserais aborder dès à présent dans une correspondance officielle des sujets qui méritent l'examen attentif que je vais commencer de toutes les affaires dont je dois poursuivre la solution"). Sont ensuite abordés pêle-mêle les sujets les plus importants : relations avec la Cour de Hué, règlement du budget et des dépenses locales pour 1875, observations sur Jules-François-Émile Krantz (1821-1914), qui fut gouverneur militaire de Cochinchine du 16 mars au 30 novembre 1874, et avait assuré l'intérim du gouvernorat général de mars à novembre 1874 après le départ de Jules Dupré, etc. Elle se termine par un appel au soutien du ministère : "Le bien que je pourrai faire peut seul me soutenir et m'encourager, je vous supplie de m'accorder les moyens de le tenter et d'accueillir avec bienveillance les propositions que je vous adresserai lorsque j'aurai étudié la situation sous toutes ses faces, visité la colonie, recueilli auprès des personnes compétentes les renseignements nécessaires".II. Du 26 avril [1875] : 4 bifeuillets écrits sur 15 pp. Il s'agit d'un compte-rendu officieux de la mission du commandant Charles-Paul Brossard de Corbigny (1822-1900) auprès de l'Empereur Tu Duc à Hué. Brossard avait en effet été chargé d'une mission en Annam où il se rendit avec son frère, alors lieutenant de vaisseau et hydrographe de l'expédition, Jules-Marcel. L'escadre partit ainsi de Saïgon le 4 avril 1875, atteignit la rade de Tourane, remontant la rivière jusqu'à Hué où Tu-Duc reçut les voyageurs (14 avril) et dut y ratifier le traité de semi-protectorat signé l'année précédente. Les Français revinrent ensuite à Tourane et par un croiseur retournèrent à Saïgon (24 avril). La missive de Duperré suit donc de près le retour des marins. Suivent des considérations sur la ratification du traité par l'assemblée, et sur les allégements de contributions de la Cochinchine consentis par le ministre des finances.III. Du 20 mai : 4 bifeuillets écrits sur les 16 pages. Cette longue lettre commence par une assurance sur la fin des révoltes des provinces de M Tho et Tan Nay ("Je suis heureux de pouvoir vous annoncer que l'ordre est complètement rétabli") ; elle se poursuit par des considérations plus générales, très représentatives des mentalités coloniales de la fin du XIXe et du mythe de la "mission civilisatrice" : "Il faut, monsieur le ministre, que nous profitions de la leçon : en Cochinchine, comme partout ailleurs, nous avons la prétention de charmer, d'être admirés, aimés ; nous comptons sur la séduction qu'inspirent nos personnes, nos institutions, notre civilisation, et nous nous abandonnons à une confiance présomptueuse et irréfléchie. Ici, à peine campés dans des provinces ... nous avons cru que tous ces notables, ces lettrés, ces fonctionnaires annamites besogneux seraient subitement ralliés à la nouvelle administration, que fidélité à leur Roi, patriotisme, attachement aux traditions séculaires disparaîtraient par enchantement". Puis les conclusions tirées sont d'ordre uniquement pratique (doublement des inspections, envoi des administrateurs au contact des populations, meilleure répartition des impôts, etc.), mais le diagnostic initial a le mérite de la clairvoyance. Le reste de la lettre concerne les constructions et travaux entrepris, ainsi que le futur traité de commerce (cf. infra).IV. Du 25 août [1875] : 4 bifeuillets écrits sur les 16 pages. Après une longue note sur le cas personnel d'un secrétaire de la mission française à Hué, la lettre revient sur les ratifications du traité de commerce d'avril précédent, désormais aux mains de Pierre-Paul Rheinart (1840-1902), chargé d'affaires dans la capitale impériale de 1875 à 1876, puis s'étend sur les difficiles relations avec les fonctionnaires de la Cour de Hué, leur susceptibilité, leur inertie, leur mauvaise volonté à exécuter les clauses de la convention. Duperré se plaint également des personnels militaires envoyés par la métropole, ce qui jette une lumière assez crue sur la qualité des sujets : "Permettez-moi, monsieur le ministre, d'appeler votre attention sur les compositions bien regrettables des envois de personnel en Cochinchine. J'ai ici deux colonels qui, en présence des actes trop nombreux d'indiscipline dont je me plains, reconnaissent qu'ils agissaient lorsqu'ils étaient en France exactement comme le font leurs collègues, aujourd'hui : lorsque l'on forme les compagnies destinées à la colonie, les chefs de corps ont tous une seule pensée, celle de se débarrasser de tous les mauvais sujets du régiment, les feuilles de punition sont là pour l'attester". Ce qui "perpétue dans les ports cette opinion trop répandue que la Cochinchine est une colonie placée dans des conditions telles que l'on peut la considérer comme un lieu de déportation pour les mauvais serviteurs & les hommes indisciplinés".V. Du 24 octobre : 4 bifeuillets écrits sur 13 pages. La lettre commence par des mesures personnelles en faveur du capitaine de vaisseau Marie-Charles Lehelloco (1827-1880), commandant du Duchaffaut. Elle se continue par un exposé des difficultés persistantes dans les relations avec la Cour de Hué : "Nous avons à lutter sans cesse contre le parti qui nous sera toujours hostile, à vaincre les hésitations, la timidité des mandarins qui, personnellement enclins à accepter les faits accomplis, ne se sentent pas assez forts pour proclamer bine haut la nécessité d'entrer dans une voie nouvelle ; de là des tiraillements, des intrigues qui lasseraient les plus patients et découragent parfois M. Rheinart". Puis sont abordées les relations diplomatiques avec la Chine, au sujet des provinces du nord du Tonkin : "Je crois qu'il faut abandonner pour le moment toutes démarches à Pékin puisque le gouvernement chinois fait examiner par le même mandarin, Li Hang Chang [Li Hongzhang, 1823-1901] la double question de Bahmo & du Song Coï, que l'on considère, à bon droit, comme ne pouvant pas être scindée. Si les Anglais obtiennent l'ouverture du Yunnan par sa frontière nord-ouest, peut-être aurons-nous gain de cause".VI. Du 17 janvier [1876] : 3 bifeuillets, écrits sur 9 pages, après le congé que le ministre a accordé à Duperré au commencement de 1876 (cf. fin de la lettre du 25 août), et portant essentiellement sur l'évolution des mentalités des populations de la Cochinchine ("Le moment est opportun, car, après avoir parcouru le territoire de la Cochinchine, j'ai reconnu avec une bien vive satisfaction : que les idées claires avaient fait des progrès réels dans l'esprit des populations ; que la confiance dans l'administration française rendrait désormais plus difficile la propagande à laquelle n'ont pas encore renoncé les mécontents, petits fonctionnaires et lettrés, qui, dans l'ancien gouvernement, étaient les maîtres. Deux bonnes récoltes ont singulièrement aidé à ce résultat et, je peux le dire, les exécutions que j'ai cru nécessaires pour arrêter la dernière rébellion ont produits les meilleurs effets en ce sens que les chefs seuls ont été frappés. Les Annamites semblent vouloir secouer leur apathie routinière en ce qui concerne la culture, et je les vois marcher avec résolution dans la voie que quelques notables intelligents leur ont ouverte à notre instigation").VII. Du 31 janvier [1876]: 4 bifeuillets écrits sur 14 pages, au ton notablement différent de l'apaisement exprimé par la précédente missive. C'est que l'approche du Nouvel an annamite fait craindre des mouvements de révolte. Duperré se veut cependant toujours rassurant : "Permettez-moi donc de vous rendre compte, en peu de mots, de la situation qui, j'ai hâte de le dire, ne doit pas vous préoccuper au moment des fêtes annuelles annamites, les gens sans aveu causent toujours quelques désordres, les actes de piraterie deviennent plus nombreux, le pays éprouve un certain malaise, dont ont voulu profiter des agents de rébellion dont nous découvrirons, je l'espère, les projets en même temps que nous retrouverons les traces d'une direction supérieure". Duperré ne croit cependant pas à une action occulte de la Cour impériale de Hué, et donne ensuite un état de la répression des fauteurs de troubles. Suivent des considérations sur les crédits nécessaires "à notre prochain établissement au Tonkin" (armements, troupes, constructions).ON JOINT : une L.A.S. du 4 juillet [1866] du même Duperré, alors chef de cabinet du ministre de la marine [Chasseloup-Laubat], adressée à un amiral non identifié, mais probablement le préfet maritime de Cherbourg [Aimé Reynaud], et annonçant un voyage impromptu du ministre : "Le ministre se propose de partir demain, jeudi, pour Cherbourg par le train de 8 h du soir. Il voyagera tout à fait incognito : son aide de camp Dumas, Dupuy de Tome et Trébault l'accompagneront. Par conséquent personne à la gare, vous seul". Une curieuse consigne y figure concernant l'amiral Camille de La Roncière-Le Noury (1813-1881). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 234907

‎[MANUSCRIT]. [GARMY (Édouard)].‎

‎[Histoire du canton de Marcillat].‎

‎S.l., s.d. (1914-1929) 6 cahiers in-8, toile noire souple modeste (reliure de l'époque). Les quatre derniers cahiers se présentent collés par leurs couvertures.‎

‎Le juge de paix Édouard Garmy (1886-1946) qui s'ennuyait fermement dans ses fonctions, explique clairement au début de son manuscrit comment cette inactivité administrative dont la France a le secret l'a conduit à écrire : "Lorsque, pendant six lustres, on est resté toujours inscrit au tableau d'avancement magistrat cantonal - ce beau titre qu'enviait Gambetta -, sans voir venir, faute de postes, cet "avancement territorial" auquel on a pourtant droit, et qu'il faille se contenter de la classe personnelle, on a eu le large loisir de secouer la poussière des vieux parchemins, de consulter des auteurs sérieusement documentés pour essayer d'écrire un abrégé de l'histoire d'un canton bien effacé dans le cycle des temps".C'est donc pourquoi le digne homme fut l'auteur de deux monographies régionales sur des régions du département de l'Allier : Le Canton de Commentry (Moulins, 1912) ; et Histoire du canton de Marcillat d'Allier (Montluçon, 1930). L'ensemble que nous présentons forme le manuscrit du second titre. Rédigé d'une écriture fine et soignée sur six cahiers d'écolier, tous réglés, il se compose de divers éléments agencés de façon complexe et se distribue comme suit :I. [59] ff. n. ch., généralement anopisthographes, avec de nombreuses collettes ; 41 feuillets volants ou contrecollés, comportant des correspondances, des listes (e.g. de maires), des notes plus ou moins développées. À noter, la copie de la Charte de Marcillat, d'après un manuscrit du XIVe siècle conservé à la Bibliothèque de Moulins, et un ensemble de ff. sur papier bleu de récupération consacrés au folklore local.II. La Légende des rues. Commentry pendant la guerre de 1914 : [67] ff. anopisthographes contenant un éphéméride des événements de Commentry du 1er août 1914 au 26 mars 1915. Le cahier est abondamment truffé de pièces annexes (prospectus de spectacle, cartes postales militaires, dessins de propagande, chansons, correspondances, etc.).III. La Légende des rues, vol. II : [78] ff. anopisthographes, couvrant les événements du 27 mars 1915 au 13 janvier 1916.IV. Ma Légende des rues, vol. III : [71] ff. anopisthogaphes, couvrant les événements du 13 janvier 1916 au 15 février 1917, avec de nombreuses coupures de presse contrecollées (articles des journaux locaux), et quelques tirages photographiques volants.V. Ma Légende des rues, vol. IV : [93] ff. anopisthographes, couvrant les événements du 15 février 1917 au 28 février 1918, avec des placards, de nombreuses coupures de presse contrecollées (articles des journaux locaux), et quelques tirages photographiques volants.VI. Ma Légende des rues, vol. V : [87] ff. anopisthographes, couvrant les événements du 15 mars 1918 au 28 juin 1919, avec de nombreuses coupures de presse contrecollées (articles des journaux locaux).La partie concernant la Guerre de 1914 n'a pas été insérée dans l'édition de 1930 ; elle apparaît entièrement inédite, et présente évidemment le plus grand intérêt pour l'histoire locale.Commentry et Marcillat sont deux gros bourgs de la Combraille, dans le département de l'Allier. Commentry servit pendant la Grande Guerre de dépôt de prisonniers allemands, qui furent employés aux mines de charbon de Saint-Eloy (nord-ouest du Puy-de-Dôme) ; aussi les cahiers II-VI sont-ils particulièrement intéressants sur les relations de la population avec les captifs. C'est à Commentry que se tint, en septembre 1902, le congrès qui donna naissance au Parti socialiste de France par fusion du Parti ouvrier français (POF), "marxiste", de Jules Guesde, du Parti socialiste révolutionnaire (PSR), "blanquiste", d'Édouard Vaillant, et de l'Alliance communiste révolutionnaire. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 229031

‎[MANUSCRIT]. [GROSDIDIER (Gilbert)].‎

‎[Correspondance active avec ses parents].‎

‎Aulnat [Puy-de-Dôme], 25 janvier 1947 - 26 février 1947 10 pièces in-8, en feuilles, généralement sur papier d'écolier réglé.‎

‎Dossier qui réunit un choix de lettres de Gilbert Grosdidier (né en 1927) à ses parents après son incorporation pour ses classes à la base aérienne d'Aulnat (la localité accueille aujourd'hui l'aéroport civil de Clermont, mais servait aussi de base militaire après la guerre). Troisième enfant de Henri Grosdidier et de Madame, il avait également une soeur (Monique), et un frère aîné (André), mort au combat pendant la Bataille de France (27 mai 1940, retraite sur Dunkerque), alors qu'il servait comme sergent au 8e Régiment de Zouaves.Le jeune homme est arrivé le 3 janvier, pour une période de deux ou trois mois de classes dans le "peloton des caporaux".I. Du 25 janvier 1947 : sur son séjour à l'infirmerie pour une angine. Il se plaint du froid extrême et de la mauvaise qualité de la nourriture ; en somme, il se rend compte qu'il est à l'armée.II. Du 26 janvier 1947 : poursuite du séjour salvateur à l'infirmerie ("Pour l'instant, je ne m'en fais pas : je suis planqué et bien au chaud").III. Du 29 janvier 1947 : il est exempté d'exercice et continue de fréquenter l'infirmerie ("Nous sommes dans de petites chambres de trois lits, confortables à souhait, un poêle qui ronfle formidablement ; hier soir, il faisait au moins 30° au-dessus, dans la chambre, on était à moitié à poil, tu parles si ça change, nous n'avons pas beaucoup de soins mais par contre un traitement qui n'est pas mal pour moi : nous avons le matin du chocolat en plus du pain sec, un quart de lait dans la matinée et un autre pareil dans l'après-midi, les repas sont les mêmes qu'au réfectoire, mais plus abondants"). IV. Du 31 janvier 1947 : spéculation sur les permissions à venir et sur la fin de la période de classes ("On ne sait toujours pas la date de la fin de nos classes. Ceux qui sont arrivés au camp le 18 novembre ont fini leurs classes aujourd'hui. Ils vont avoir une perme de détente de 10 jours, ils ont donc fait 3 mois de classes. En ce qui nous concerne, je ne pense pas que nous en ferons autant"). V. Du 5 février 1947 : longue lettre sur un grand jour, car apparemment jour de vol à voile pour le jeune homme. "J'ai fait un premier vol hier matin en double, j'en ai refait un autre l'après-midi (...). J'étais un peu émotionné, vous pensez, c'était mon premier vol seul, ça fait quand même une drôle d'impression, surtout sur cette vieille cage à poules qu'est le 15 A". Suit le détail technique de l'exercice.VI. Du 7 février 1947 : vaccination et perspectives de permissions. Gilbert reçoit confirmation que les classes dureront bien trois mois ("En ce moment, nous en bavons comme des Russes avec notre fusil ; ça c'est vraiment crevant : sans arrêt le monter, le descendre, présentez armes, mettez les baïonnettes, retirez, etc., surtout que l'on a un adjudant qui est un saligaud de premier ordre qui éprouve un malin plaisir à nous faire trimer, celui-là pourvu qu'il s'en aille la semaine prochaine").VII. Du 11 février 1947 : nouveau jour de vol ("Nous appartenons à un club civil, seulement nous volons dans une section militaire, car il y a deux moniteurs, un civil et un militaire. Nous volons donc comme les civils, seulement nous payons moins cher qu'eux, car pour nous le commandant fournit l'essence qui nous est nécessaire").VIII. Du 14 février 1947 : il se prépare à passer son brevet B pour le vol à voile.IX. Du 24 février 1947 : retour de permission, avec une "absence illégale de 36 heures", qui lui vaut un sévère remontage de bretelle chez son lieutenant, et quelques punitions (12 jours de "trou" quand même).X. Du 26 février 1947 : suite et fin des punitions. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 225696

‎[MANUSCRIT]. [LACOUDRAYE (Antoine-Jean-Bazire)].‎

‎Tribunal correctionnel de Gand, département de l'Escaut. Le Commissaire du Directoire près le tribunal correctionnel de Gand. au citoyen François juge de paix du 1er arrondissement de la commune de Lille‎

‎Gand, 20 Brumaire an VI (10 novembre 1797) in-folio, [3] pp. n. ch. couverte d'une écriture moyenne et très lisible, avec une belle vignette en-tête gravée, en feuille.‎

‎Longue missive explicitant les déboires de Lacoudraye dans l'inculpation de deux gantois pour une affaire de complicité d'espionnage, qu'il désire faire transférer à Lille après leur arrestation (mais le tribunal correctionnel local persiste à se déclarer compétent) : "Une lettre écrite par le commissaire du directoire près l'administration municipale de Lille (...) m'a appris le 15 vendémiaire que les citoyens Oht et Sébille habitants de Gand étoient prévenus d'être les complices d'un nommé Fémy agent des Anglois et des émigrés". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240225

‎[MANUSCRIT]. [LAUTOUR DE LA MÉSANGERIE (Michel-Antoine-Alexandre)].‎

‎Armées du Nord et de Sambre-et-Meuse. Échange des prisonniers de guerre. Les membres de la Commission militaire chargée, pour la République française, de l'échange des prisonniers de guerre. en conformité de la loi du 25 mai 1793 (vieux stile), au citoyen Probst, officier de police militaire (..)‎

‎Bruxelles, 5 Prairial an III (24 mai 1795) in-8, [2] pp. n. ch., en feuille.‎

‎Intéressante L.A.S. répondant à une demande personnelle en faveur d'un soldat prisonnier : "Nous allons, citoyen, faire passer la lettre que tu nous envoyes pour ton fils. Le seul moyen d'obtenir son échange est de le demander au Comité de salut public, ou d'intéresser en sa faveur un représentant en mission auprès des armées". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240206

‎[MANUSCRIT]. [MAZÉAS (E.)].‎

‎[Caricatures].‎

‎S.l., s.d. (vers 1900) in-16 oblong (12 x 20 cm), [20] ff. n. ch., 27 ff. vierges, toile grège moderne, dos lisse muet (reliure de l'époque).‎

‎Petit carnet renfermant 20 dessins à l'encre de Chine, signés E. Mazéas, et représentant diverses scènes caricaturales, légendées ou non. Elles tournent généralement autour du mariage, des prostituées, des femmes.La date peut se déduire de celle figurant sur un calendrier à la caricature du f. [11]. Il n'a rien été trouvé sur ce Mazéas. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 228984

‎[MANUSCRIT]. [MORIN (Arthur)].‎

‎Conservatoire impérial des arts et métiers. État de la question de l'enseignement technique en Angleterre.‎

‎S.l., avril 1868 in-folio, [10] ff. anopisthographes n. ch., couverts d'une écriture épaisse, régulière et très lisible, biffures au crayon de bois, 10 ff. vierges, en feuilles, cousu.‎

‎Daté du 15 avril 1868, le document est signé du général de division directeur du Conservatoire impérial des arts et métiers, à savoir Arthur-Jules Morin (1795-1880), ingénieur militaire nommé à ce poste en 1854 (il le conserva jusqu'à sa mort).Le texte semble constituer le brouillon, au demeurant contourné, d'un article ou d'un mémoire sur une question parlementaire agitée à l'époque : "Tandis que, depuis sa dernière session, la Chambre des députés, saisie d'un projet de loi sur l'enseignement technique, hésite et ne paraît pas sentir l'importance politique et industrielle du développement de l'instruction scientifique répandue parmi les travailleurs de tous les rangs, les Anglais, adoptant les principes sur lesquels ce projet de loi est basé, en ont soumis un analogue à la délibération du Parlement" (version avant les corrections manuscrites au crayon de bois).Suivent la traduction d'un article du Journal de la société des arts de Londres (Journal of the Royal society of arts, 10 avril 1868), sur les donations de Joseph Withworth (1803-1887, industriel qui donna une impulsion décisive au développement de l'enseignement technologique en Grande-Bretagne), ainsi que des extraits des débats à la Chambre des Lords.À cette époque, la question de l'enseignement technique (ou "professionnel" comme on dit aujourd'hui) accusait un retard considérable en France : L’exposition universelle de Londres ayant montré le retard du pays en cette matière, le ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux publics avait chargé une commission d’étudier le développement de l’enseignement professionnel. A l’issue de ses travaux, qui durèrent quand même de 1863 à 1865, elle élabora la première définition officielle de l’enseignement technique mais se prononça contre une organisation générale de cet enseignement par l’État ... - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 234716

‎[MANUSCRIT]. [OZOUVILLE (Guillaume-François d')].‎

‎Ancien évêché de Jublains. Étude sur la notice dite d'Honorius‎

‎S.l., s.d. (vers 1910) in-8, [25] ff. n. ch., avec des collettes pour les notes aux ff. 6, 8, 10, 14, 15, 17, 19, et 24, écriture épaisse, régulière et lisible, broché.‎

‎Copie d'articles parus dans le "Mémorial de la Mayenne", des 27 décembre 1843 et 3 janvier 1844 et réunis dans un tiré-à-part (Laval, Godbert, 1844, 22 pages). Le copiste a indiqué sur la couverture la raison d'un tel travail : "N'espérant pas pouvoir retrouver cette brochure, je l'ai copiée sur un exemplaire qu'on m'a prêté". De fait, l'imprimé lui-même n'est signalé au CCF qu'à la BnF, à Lyon et au Mans. Il n'est attribué dans les catalogues de ces trois dépôts, mais il n'est pas extravagant de penser que son auteur est Guillaume-François d'Ozouville (1794-1859), qui milita inlassablement pour l'érection d'un évêché dont le territoire, détaché de celui du Mans, couvrirait le département de la Mayenne : l'existence d'un évêché antique (IVe ou Ve siècle) dans la cité gallo-romaine des Aulerques Diablintes (Noviodunum, devenue actuellement la commune de Jublains, qui conserve de fait les plus importants vestiges romains de l'Ouest) alimentait les raisons pragmatiques par ailleurs alléguées. Si l'existence de cet évêché semble un mythe, l'érection de celui de Laval en 1855 fut le fruit de ses efforts persévérants. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 234623

‎[MANUSCRIT]. [POESIE].‎

‎"Pour Alice".‎

‎1890 1 Bruxelles, 1884 à 1890. Textes en français et en anglais. In-12, reliure noire, ornée de ferrures plat supérieur, plat arrière clouté, tranches dorées.‎

‎Carnet de poésie enrichi de 19 illustrations techniques variées, gravure en couleur à la poupée, mine de plomb, encre noire et couleurs, représentant des scènes animalières, maritimes, de paysages et florales. Minimes traces d'un fermoir manquant.‎

Referenz des Buchhändlers : 12911

Livre Rare Book

Librairie Chrétien
Paris France Francia França France
[Bücher von Librairie Chrétien]

€ 190,00 Kaufen

‎[MANUSCRIT]. AMPERE (André-Marie).‎

‎Cours de Mr. Ampère. Calcul différentiel. - Applications à la géométrie. - [Analyse. - Calcul intégral]. Premier [- second / - troisième / - quatrième / - cinquième / - sixième / - septième] cahier‎

‎S.l., s.d. (janvier-avril 1828) 7 parties en un vol. in-4, titre, [111] ff. n. ch., dont certains vierges entre les cahiers, écriture fine, cursive, mais lisible, environ 30 lignes par page, biffures et ratures occasionnelles, avec des figures géométriques dans le texte, demi-basane fauve modeste, dos lisse orné de filets dorés, titre poussé sur le dos "Analyse & mécanique I", coins en vélin rigide (reliure de l'époque). Dos très frotté.‎

‎Très intéressante prise de cours par un certain Allix, qui a signé l'initium de tous les cahiers, et qui, en 1828, était l'élève d'André-Marie Ampère (1775-1836), alors professeur d'analyse et de mécanique à l'École polytechnique (depuis 1809). Il s'agit probablement de Georges-Baptiste-François Allix (1808-1881), entré à l'École polytechnique précisément en novembre 1827, et qui fera une carrière d'ingénieur militaire du Génie maritime.À partir du troisième cahier, les différentes parties sont datées (février 1828, mars 1828, avril 1828).À LA SUITE, de la même main : Cours de Mr. Ampère. Mécanique. Statique. [Dynamique]. Avril [- mai / - juin] 1828. Premier [- second / - troisième / - quatrième / - cinquième / - sixième / - septième / - huitème] cahier : [116] ff. n. ch., 5 ff. vierges.Le CCF présente une pièce manuscrite se rapprochant de la nôtre, mais légèrement antérieure et correspondant aux débuts de la carrière d'Ampère : "Analyse", d'après les leçons d'André Ampère à l'École Polytechnique, rédigé en 1811 par le futur astronome Philippe-Gustave Le Doulcet de Pontécoulant, 1795-1874 (Institut, ms. 4068-1). Entré à Polytechnique à l'âge de 16 ans, il s'était épris des sciences mathématiques. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240053

‎[MANUSCRIT]. ANDREOSSY (Antoine-François).‎

‎Camp de Saint-Omer. - État-major général. Le Général de division chef de l'état-major. au chef de l'état-major général du camp de Montreüil‎

‎Boulogne [-sur-Mer], 11 Ventôse an XII (2 mars 1804) in-4, en feuille.‎

‎Bref billet de service : "Je vous invite, citoyen général, à donner les ordres nécessaires au colonel du 69e régiment de ligne pour qu'il fasse relever le 13 de ce mois par 3 autres grenadiers de la même compagnie les nommés Joseph Rotte, Jacques Séquisse et Jacques Jilliback soldats au régiment qu'il commande, détenus sur le bâtiment amiral pour cause d'insubordination grave".ON JOINT : un portrait d'Andréossy lithographié par Grégoire et Deneux [d'après Grèvedon] (Paris, Rosselin, s.d. [vers 1820]). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240190

‎[MANUSCRIT]. BARTET (Albéric-Joseph-Alfred-Louis).‎

‎Années 1897-1898. Dahomey & Haut-Dahomey. 4ème cahier de journal. Colonne Ganier. - Borgou. Du 15 octobre 1897 au 28 janvier 1898‎

‎S.l., s.d. (1898) in-12 (17 x 11 cm), [43] ff. n. ch., couverts d'une écriture serrée, très lisible, mais assez fine, avec un dessin dans le texte (un plan du poste de Nikki), ratures et biffures, un petit feuillet contrecollé en regard du début du texte, broché, tranches rouges. Dos renforcé.‎

‎Réchappé d'un ensemble plus vaste, ce petit carnet documente jour après jour une partie de la deuxième campagne du médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893 ; il était alors médecin de 2ème classe depuis le 27 avril 1894. Il faut noter que cette mission fut l'occasion pour l'auteur de donner une communication aux Archives de médecine navale, dans les livraisons de juillet, août et septembre 1898 ; le texte fit l'objet d'un tiré-à-part publié sous le titre de Colonne expéditionnaire dans le Haut-Dahomey (Paris, Imprimerie nationale, 1898, in-8 de 112 pp.), dont on trouvera des exemplaires à la BnF, au Musée de l'armée et à Sainte-Geneviève exclusivement.Le contexte en est fourni par le début du texte de la première pièce complémentaire (cf. infra) : "À la fin du mois de juin 1896, je quittai Marseille pour aller servir à terre au Dahomey en qualité de médecin de seconde classe de la marine, prêté au corps de santé militaire des colonies, alors en formation et insuffisant en nombre". Il s'agit donc d'une affectation à terre, qui dura approximativement deux ans et se déroula dans une colonie très récemment établie (le décret de constitution en avait été donné le 22 juin 1894), à la suite d'une conquête au demeurant difficile qui avait eu lieu de 1890 à 1894. Le lieu décrit est plus spécialement le Borgou (partie nord-est du pays, correspondant à peu près à l'actuel département du même nom), qu'il s'agissait d'occuper et de pacifier avant une éventuelle intervention anglaise (la Grande-Bretagne convoitant aussi ce territoire, depuis sa colonie de Lagos). Comme dans tous les autres carnets conservés de notre toubib, les relations, centres d'intérêts et détails rapportés sont extrêmement foisonnants et constituent un faisceau inappréciable de renseignements sur les débuts difficiles d'une colonie encore à pacifier en-dehors du domaine des rois d'Abomey, acquis à la suite du traité du 29 janvier 1894 ; on en appréciera la valeur : ces premières années de l'occupation française sur l'ensemble du territoire dahoméen, encore marquées par des campagnes dans la partie nord du pays, sont à bien des égards très mal documentées.L'activité de Bartet fut à la fois sédentaire et mobile, puisqu'il accompagnait les colonnes conduites par capitaine Léon Vermeersch (1866-1902) dans le nord et l'ouest du pays, et destinées à compléter la mainmise de la France sur les ethnies non Fon, spécialement les Baribas. Ces expéditions furent difficiles, dans des zones évidemment dépourvues de routes, voire de pistes, et on sent le marin Bartet mal à l'aise dans ces opérations terrestres. Outre le compte-rendu des progressions, des batailles occasionnelles (qui sont plus des accrochages mais causant quand même pas mal de morts et de blessés), il prit également le temps de noter ses activités de soins (surtout pour des blessures reçues au combat), ainsi que les particularités des régions traversées et des populations rencontrées.Les procédés de la conquête sont expéditifs, ce qui était d'usage dans cette période initiale : "Le pavillon français planté dans le village veut peut-être dire que les gens veulent se soumettre. C'est ce qu'on suppose, mais comme il n'y a personne qui se soit présenté et que le village a joint ses contingents à ceux de Péréré [un des territoires du pays Baatonu où les résistances furent les plus vives], on le brûle". À partir du 13 novembre 1897, la colonne se fixe dans la localité de Nikki (à l'extrême est du Borgou), siège d'un souverain local (Séro Torou II), et provisoirement désertée par sa population, que les Français s'emploient à fortifier et à doter de cases pour le personnel européen à demeure. Le 18 novembre, le roi rentre dans sa capitale et c'est l'occasion d'une description un peu précise : "Précédé de ses ministres, de quelques guerriers et d'une femme portant un chapeau recouvert de cuir, probablement une griotte. Un de ses ministres porte son sceptre, morceau de bois rouge surmonté d'une pomme de cuivre ; un serviteur a une grande trompette en cuivre renfermée dans un sac de cuir qu'il porte sous son bras. Au-dessus de la tête du roi, on porte un grand parasol rouge. Le roi est un vieillard aveugle et impotent ; deux hommes le prennent avec précaution dans leurs bras pour le mettre à terre. Il est vêtu d'un manteau vert de musulman avec un capuchon. Son cheval, un animal bien tranquille, est recouvert d'une housse rouge. Le capitaine Vermeersch engage le roi à rentrer avec ses gens rapidement. On considérera comme ennemis ceux qui ne reviendront pas". À la suite de cette première entrevue, le royaume de Nikki fait l'objet le 24 novembre d'un traité de protectorat en bonne et due forme, signé par le rois, ses officiers et Vermeersch au nom du gouverneur, "le roi s'étant déclaré impuissant à empêcher le meurtre d'Européens. L'acte contient 5 articles et est signé par nous tous". À partir de ce poste s'enchaînent les reconnaissances et petites expéditions dans le pays alentour pour y recueillir la soumission des différentes populations. Le texte se termine brutalement par le détail des opérations du 28 janvier 1898, avec cette mention : "Pour la fin de la mission, voir le grand cahier à couverture cartonnée grise (que nous n'avons pas)". Enfin, est donnée une liste des tirages photographiques effectués pendant les reconnaissances par Bartet, de toujours photographe amateur (avec la notation désabusée : "Beaucoup de ces cliches n'ont rien donné").ON JOINT trois documents complémentaires se rapportant à la même mission :1. Un texte manuscrit intitulé "Dans l'alisé du nord-est. La pêche aux pétrels" (4 pp. in-8). Il s'agit du brouillon d'un article destiné à la revue "Cols bleus" (donc rédigé après la Seconde guerre mondiale"), et dans lequel Bartet évoque ses souvenirs de traversée de Marseille au Dahomey ; le principal événement est sa rencontre avec Jean-Baptiste Marchand (1863-1934), qui devait s'illustrer en 1898 dans le célèbre épisode de Fachoda au Soudan, face aux troupes de Kitchener. "Sur le même paquebot avait pris place un jeune capitaine d'infanterie de marine qui m'était jusqu'ici inconnu. Il ne l'était cependant pas pour tout le monde car dans son arme il s'était déjà taillé une appréciable réputation, à la Côte d'Ivoire, en s'emparant au mois de mai 1893 de la ville de Thiassale sur la rivière Bandama (...). C'était un homme de taille moyenne, d'apparence vigoureuse, aux traits agréables, à la barbe noire, au regard de feu. Il s'appelait Jean-Baptiste Marchand et sa réputation devait devenir mondiale ..."2. Un texte dactylographié intitulé "Au Dahomey. Les Bouzous" (3 ff. anopisthographes in-4), daté de septembre 1943. Il s'agit d'anecdotes concernant les relations difficiles de l'auteur à Porto Novo avec les singes, notamment apprivoisés.3. Enfin, dans une petite enveloppe oblongue, deux tirages photographiques (10 x 5 cm) représentant l'auteur, avec ces légendes : a) Dans le Haut-Dahomey, à Yagbassou, en 1897 ; b) Rochefort-sur-Mer, 14 juillet 1914. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 239859

‎[MANUSCRIT]. BARTET (Albéric-Joseph-Alfred-Louis).‎

‎Deuxième [- Troisième / - Quatrième / - Cinquième / - Sixième / - Septième / - Huitième] cahier de Notes et souvenirs de mes embarquements pendant la guerre.‎

‎S.l., 1914 - 1917 7 carnets in-16, in-12 ou in-8, [759] ff. n. ch. [Cahiers II-VII] ; 287 pp., avec 2 ff. différents chiffrés 167-68 [Cahier VIII], percaline ou toile noire, le tout dans une grande boîte (33 x 23 cm) de demi-toile verte (reliures de l'époque).‎

‎Très remarquable ensemble présentant la quasi-totalité du passionnant journal de guerre du médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893, marié et père d'une fille Simone lors du début de la guerre. L'ouverture des hostilités le trouva affecté à Rochefort comme médecin résident à l'hôpital maritime de cette ville (depuis le 9 octobre 1913) ; devenu médecin principal le 11 octobre 1914, il servit d'abord sur le cuirassé Ernest-Renan (lancé en mars 1906), puis, après une période de trois mois à Rochefort, fut appelé sur le vieux cuirassé Jauréguiberry (mis en service depuis déjà 1893) jusqu'à la fin de 1916. Après la clôture du dernier cahier, mais à une date indéterminée, il fut de nouveau affecté à terre (Rochefort) et y demeura, au service des blessés, jusqu'à sa nouvelle affectation le 6 novembre 1918 à l'Hôpital maritime de Port-Louis (Morbihan), où il fut chargé de la clinique de dermatologie et de vénéréologie. La notice qui lui est consacrée sur le site "Parcours de vie dans la Royale" est très sommaire et contient au moins une erreur pour son affectation de 1917.De tailles différentes, ces petits volumes présentent cependant tous un texte serré, très lisible, mais écrit assez finement, et occupant tout l'espace des feuillets ; les ratures et biffures sont peu fréquentes, mais pas absentes, attestant d'une rédaction à mesure ou d'une relecture ; dans certains cas rares, les biffures servent à masquer des informations délicates (e.g. au Cahier V, le 30 octobre 1915, des appréciations sur l'autoritarisme du commandant de Rouad). À partir du Cahier III, des soulignements au crayon bleu ou rouge, et quelques dessins ou cartes peuvent relever ou agrémenter le texte ; et, à partir du Cahier VI, notre médecin prit l'habitude de contrecoller différents documents à l'appui de ses descriptions (ce sont des photographies, décrites en leur place, mais aussi des coupures de presse, et même des billets d'entrée ou des tickets de tramway du Caire, trois timbres de guerre - dont un émis sur l'île de Rouad occupée). À mesure de leur rédaction, ces petits carnets avaient été déposés chez l'auteur dans sa demeure de Rochefort, comme précisé à plusieurs reprises par des notes sur les plats supérieurs.L'intérêt spécifique de notre manuscrit réside dans la très large gamme des renseignements contenus, ainsi que dans le style élégant et facile dans lequel ils sont rédigés : loin de constituer , comme on en a trop souvent l'habitude, un simple et sec diaire où sont notés de façon laconique les événements et tâches du jour, nous avons ici affaire à une rédaction véritablement minutieuse, embrassant non seulement les activités militaires et médicales quotidiennes de l'auteur (dont des bulletins de renseignements issus de l'espionnage allié dans les États ottomans), mais également le compte rendu de sa correspondance active et passive (nombreux extraits reproduits, ou résumés, dont les informations transmises par un de ses deux beaux-frères sur l'enfer de Verdun), de ses réflexions et sentiments, l'état détaillé de sa propre santé (médiocre semble t-il, mais le monsieur manifeste une nette tendance hypocondre), sa pratique religieuse des plus régulières (il est apparemment un catholique convaincu, assiste à la messe dominicale, communie régulièrement et se confesse avant les Pâques), ses nombreuses lectures (Eugénie Grandet, Le Curé de village, de notre Balzac ; Barbey d'Aurevilly ; Anatole France ; d'Annunzio ; Fromentin ; Selma Lagerlöf ; de nombreux auteurs contemporains assez oubliés) et aussi les poèmes qu'il rédige et sont immanquablement dédiés à une femme (mais jamais la même, et rarement à la sienne ..), le tout très correctement tracé et convenablement rédigé, ce qui nous change agréablement de nombre de correspondances de guerre et autres relations, que l'on a vu surgir de terre (ou de grenier) depuis les célébrations du centenaire de a Guerre de 1914. Même si ce n'est pas très explicite dans le texte lui-même, il faut noter que Bartet pratiquait de façon fort honorable la photographie et qu'il ramena un grand nombre de clichés de toutes ses navigations coloniales (certains resurgissent régulièrement dans les ventes publiques) ; et c'est le cas également de la Grande Guerre. Passim, il fait régulièrement allusion à ses prises de vues et à ses développements, tout en indiquant alimenter le journal L'Illustration de certains portraits et clichés sélectionnés. Il sera inutile d'y revenir. Enfin, il est malheureusement impossible de rendre compte rapidement de la richesse foisonnante des renseignements contenus dans ces carnets ; il suffira, pour chacun d'entre eux, de signaler les lignes et événements principaux. Pour évoquer des témoignages un peu comparables, on ne trouve guère que les Carnets d'Arnaud Pomiro (1880-1955), proches de notre manuscrit à la fois par l'expérience des Dardanelles (sur laquelle les relations directes sont rares), et par le goût de l'observation tous azimuts ; mais le manuscrit de Pomiro a fait l'objet d'une édition en 2006 chez Privat à Toulouse, ce qui n'est évidemment pas le cas pour Bartet, mais qui devrait être tenté.Le premier cahier (correspondant à l'affectation sur le Ernest-Renan) manque : il est cependant signalé par une note sur le plat supérieur du Cahier III ("Le premier est à Rochefort, c'est un fragment d'un carnet médical de visites"), mais n'a pas été joint à notre ensemble ; d'après le contenu affiché, il était certainement plus technique que les diaires conservés.I. Deuxième cahier : in-16 (14 x 7 cm) de [102] ff. n. ch., relié en percaline bordeaux souple à soufflet sur le plat supérieur, dos lisse muet, tranches rouges.Il couvre la période du mardi 29 décembre 1914 au samedi 20 mars 1915. C'est le 28 janvier que Bartet accepte de remplir les fonctions de médecin principal à bord du Jauréguiberry, en remplacement du Dr Darrany, promu ; l'enthousiasme ne caractérise pas vraiment la réaction confiée au journal : "Ce Jauréguiberry est un cuirassé qui eut son heure de gloire, mais qui est actuellement sans grande valeur militaire. Il date de 1893 et a filé à cette époque 17 noeuds, actuellement il ne sait plus en filer autant (...). Je crois qu'il ne pourrait, sans grand danger pour lui, affronter le feu d'un combat naval de nos jours. Il est peu probable que les Autrichiens se risquent à attaquer notre flotte, et que le Jauréguiberry assiste à pareille affaire (...). Il est possible qu'on l'envoie contre les Turcs dans le Canal de Suez. Contre une sortie peu probable des cuirassés turcs, il pourrait encore jouer son rôle. Il semble, a priori, car on ne sait jamais dans une guerre ce qui peut arriver, que je ne risque pas grand chose sur ce navire (...). Il y a encore la possibilité d'un essai de forcement des Dardanelles". Ce qui n'était pas si mal vu, on le constatera. Bartet devait revenir ultérieurement dans le même cahier sur l'archaïsme et l'inconfort du navire (cf. f. [42]).Arrivé à Toulon le 7 février, il apprend que son navire d'affectation se trouve encore à Bizerte jusqu'au 20. Ralliant l'arsenal de Ferryville [= Menzel Bourguiba] le 16 février, il peut enfin embarquer sur le Jauréguiberry, prend possession de son infirmerie, et, après quelques tâches préliminaires, le navire appareille le 20 pour Port Saïd (longue description de la ville, et des rencontres d'officiers à terre). L'Égypte gérée par les Anglais n'est qu'une étape, et le Jauréguiberry se dirige ensuite vers les côtes du Liban et de la Syrie, au large de Tripoli [= Tarabulus] et Sidon, dans le cadre du blocus maritime de l'Empire ottoman par les Alliés. Ce premier cahier se clôt presque par le premier poème de guerre de notre médecin inspiré par Calliope : Nuit de guerre, devant Alexandrette (alexandrins, pas inoubliable, mais pas médiocre non plus) ; il y en aura beaucoup d'autres.II. Troisième cahier depuis le début des hostilités : in-12 (17 x 11 cm) de [119] ff. n. ch., relié en toile grège souple, tranches bleues, recouverte d'une couverture de papier orangé. On lui joint "in fine" 4 pièces volantes : un f. in-8 dactylographié ("Copie de télégrammes interceptés" du 21 mars 1915) ; un f. manuscrit renfermant un "Portrait du vice-amiral Guépratte d'après ce que j'ai entendu et vu aux Dardanelles" ; une carte et une vue manuscrite du Détroit des Dardanelles.Il reprend la narration au 20 mars 1915 et la porte jusqu'au samedi 5 juin 1915, période qui couvre à peu près la part prise par le navire à l'opération alliée de débarquement aux Dardanelles du 28 mars au 20 juin 1915. La rédaction s'ouvre précisément sur le détachement du Jauréguiberry à la disposition de l'amiral du Suffren, ce qui signifiait une mission de soutien aux Dardanelles. Dès lors, tout s'active pour l'opération, qui est pressentie comme très périlleuse (nombreuses digressions sur les appréhensions et états d'âme de notre médecin) : "Telle est la situation. Que nous réserve l'avenir ? Ceux qui se tireront de cette action auront vu une belle opération de guerre et ce ne sera pas sans quelque fierté que nous pourrons, je l'espère, écrire à nos familles de Constantinople". Et encore : "Mais il apparaît clairement aux gens intelligents que le Jauré n'a pas été conçu pour le combat moderne, et que la prudence consisterait à ne l'utiliser que dans certaines conditions accessoires". Le navire appareilla le 25 mars pour aller mouiller en rade de Moudros, où il demeura assez longtemps. Le 22 avril, Bartet fut nommé médecin de toute la division pour un mois, et c'est le 25 avril à 3 h 30 du matin que le branle-bas de combat marqua le début des véritables opérations, qui, comme l'on sait, furent un enfer pour les personnels directement engagés dans les débarquements. À partir de cette date, notre médecin est entièrement occupé en baie de Morto par les soins des blessés, alliés ou turcs, qu'il détaille de façon généralement très précise. Cependant, le temps lui manque pour tout consigner à sa manière détaillée qui lui est ordinaire ; ce qui explique l'insertion, après la notice du 1er mai, de 3 pp. d'une "Suite du 26 avril 1915. Pages écrites quand j'ai eu le temps de mettre à jour les notes prises rapidement ce jour-là, et le 25 avril". À titre d'exemple de narration pour cette période dramatique, on peut sélectionner ce passage du mardi 4 mai : "La compagnie de débarquement part vers 7 h du soir (...). les hommes ont l'air décidé et heureux. Ils sont 120. Mon infirmier Adam et 5 brancardiers descendent aussi. Le commandant Beaussant [Auguste-Louis-René, 1864-1932, pacha du Jauréguiberry] leur adresse quelques paroles avant l'embarquement. Il leur dit que les fusiliers-marins se sont couverts de gloire à Dixmude et qu'il ne doute pas qu'ils ne fassent tout leur possible sur ce petit coin de Turquie où on les appelle à combattre, eux aussi, pour la gloire de la France. Les hommes répondent par les cris de Vive la France ! Vive le commandant ! Vive l'amiral ! Ils font plaisir à voir. Il y en a bien un qui est un peu ému et qui a quelques larmes au bord des paupières, mais cette émotion passagère se comprend. C'est un jeune matelot canonnier appelé Poli, le fils d'un de nos deux officiers canonniers des équipages. le père ne montre pas d'émotion et encourage son fils à faire tout son devoir, et il n'a que ce fils, survivant de 5 ou 6 enfants. C'est une situation tragique". Le 7 mai, le Jauréguiberry retourne mouiller à Moudros, accueille le 10 mai à son bord un correspondant cinématographique de la Gaumont, reçu au carré (remarque douce-amère : "Je crois que cet opérateur fera bien d'aller chercher à terre, le plus tôt possible, les scènes pittoresques que nous ne pouvons guère lui offrir"), avant de repartir dans le détroit le 16 mai. Dans un contexte d'échec de toute la campagne, et de comportements erratiques des amiraux anglais et français, notamment d'Émile Guépratte, commandant la division de complément de l'armée navale, mais muté à Bizerte dès ce mois de mai, et remplacé par Ernest-Eugène Nicol, notre fin observateur multiplie les notations douces-amères ("Et quant aux amiraux, en-dehors du contre-amiral Guépratte qui, malheureusement, est un peu fou, aucun d'eux n'a donné la preuve d'une valeur quelconque"). Et c'est le retour à Moudros dès le 20 mai. Le dernier jour du carnet est occupé par une liste des noms de soldats tués, relevés sur les tombes françaises de Moudros.Il faut souligner que son activité, remarquée dès le 7 mai, lui valut une citation à l'ordre du jour 36 de la division en juin 1915 ("A soigné à la baie de Morto les soldats blessés affluant des tranchées, sous les balles perdues et les éclats d'obus. Y est demeuré 24 heures, donnant ainsi un bel exemple de courage et de dévouement") et une à l'ordre de l'Armée navale le 2 août 1915, presque dans les mêmes termes : "A soigné en pays ennemi les soldats blessés affluant des tranchées, sous les balles et les éclats d'obus; y est demeuré 24 heures donnant un bel exemple de courage et dévouement". III. Quatrième cahier : in-16 (16 x 8 cm) de [115] ff. n. ch., relié en toile grège souple, tranches bleues, recouverte d'une couverture de papier orangé.Il va du 5 juin 1915 au 20 septembre de la même année. Il commence par un long poème de 21 quatrains (Le Cimetière des Alliés à Moudros, composé du 28 mai au 5 juin), mais est surtout marqué par le départ des Dardanelles le 16 juin 1915 à 18 h pour rejoindre Port-Saïd le 19, afin d'y effectuer des réparations au demeurant minimales (ne comprenant ni l'amélioration de la ventilation des chaufferies, ni la réparation de la cloison axiale endommagée). Pour notre médecin, ce temps intermédiaire est surtout occupé par les commissions de santé sur la Jeanne d'Arc, corvée qui reviendra jusqu'à la fin, et par une campagne de vaccination anti-typhoïdique de tous genres de personnels, et semble propice aux pensées désabusées : "Il faudrait un Joffre à la tête de la marine, un Joffre qui pourrait rajeunir le haut commandement, comme cela a pu se faire dans l'armée. Mais, à la fin de la guerre, la marine se retrouvera avec les mêmes amiraux, les mêmes limites d'âge, et son esprit souvent étroit et routinier. Ceci est une idée intime, et qui n'a rien à voir avec ce que j'ai dit à mes interlocuteurs".Le 26 juillet, le navire appareille de nouveau, mais ne retourne pas aux Dardanelles : il doit effectuer une croisière de surveillance aux côtes syriennes sous blocus, monotone et peu appréciée ("Nous trouvons que cette croisière sur cette côte est inutile et serait aussi bien assurée par deux ou trois contre-torpilleurs et par quelques chalutiers ou petits vapeurs qui ne dépenseraient que 8 à 10 tonnes de charbon par jour, soit actuellement environ 800 francs au plus, alors que le déplacement de navires comme le Jauréguiberry coûte 8000 francs par jour à l'État. L'escadre de Syrie est inutile"). Toujours est-il que le Jauréguiberry croise devant Gaza, Jaffa, Lataquieh, Beyrouth, Tartous, et multiplie les exploits en arraisonnant de pauvres embarcations véhiculant des oignons ou de l'orge ("Et voilà les grands exploits de l'escadre de Syrie ! Ce n'est pas qu'on ait tort. Du moment qu'on veut supprimer la navigation sur les côtes, il faut agir ainsi ..., mais avoir de si gros bateaux pour de pareilles vétilles, c'est excessif, d'autant plus que toutes les barques qui longent les côtes partout où elles le peuvent, nous échappent et n'échapperaient pas à un torpilleur ou à un chalutier"). Ce long mois d'ennui se clôt par l'occupation de l'île Rouad (= Arouad, sise en face de Tartous), à la demande expresse du ministère, pour fournir un point d'appui dans le contexte des opérations navales dans la région, et également pour y constituer un centre de renseignements français, sans doute aussi pour affirmer les prétentions à venir de la France en Syrie : l'opération se déroule le 1er septembre (branle-bas à 4 H 30) sans coup férir. Après une proclamation aux notables de l'île traduite par un drogman, et la réponse (obligeante) du cadi, sont installés le nouveau gouverneur (le lieutenant de vaisseau Albert Trabaud, 1872-1935, qui devait se tirer malaisément de cette responsabilité) et les services français. Après une longue description de l'île, de dimensions fort réduites, notre narrateur retourne à bord, et reprend ses occupations de blocus. Enfin, mouillage à Larnaca , sur l'île de Chypre.Par ailleurs, ce carnet commence à abonder de petits poèmes galants (À une inconnue ; deux pièces intitulées À Mme d'Orso).IV. Cinquième cahier (du 20 septembre 1915 au 2 janvier 1916) : in-12 (15 x 10 cm) de [131] ff. n. ch., avec un B.A.S. inséré au f. [105] (remerciements du médecin Dabin, en date du 30 novembre 1915), relié en toile noire gaufrée souple, dos à nerfs muet, avec onglets de répertoire. Sur le premier contreplat, a été contrecollée une feuille de cotonnier récupérée à Larnaca ; et sur le second, une plante de l'île Rouad. À noter que les ff. [128]-[130] sont écrits tête-bêche et renferment la copie d'un extrait de L'Île inconnue, par Pierre de Coulevain (nom de plume de la romancière Jeanne-Philomène Laperche, 1853-1927). Paru en 1906, ce texte forme le journal extravagant d'un séjour de plusieurs mois en Angleterre, effectué par l'auteur (et lu par Bartet à partir du 17 octobre).Le texte s'ouvre par le compte rendu d'une conférence du célèbre dominicain français Antonin Jaussen (1871-1962), vivant en Palestine avant la guerre et qui servait d'agent très actif de renseignements pour la France (il apparaîtra de nouveau plusieurs fois dans nos cahiers, et toujours porteur de dossiers et de pièces). Puis la surveillance des côtes reprend, avec des mouillages plus fréquents à Larnaca comme à l'île Rouad, sur laquelle Bartet multiplie les descriptions, mais généralement les séjours à terre continuent de s'effectuer à Port-Saïd. L'annonce de la présence de sous-marins allemands le long des côtes de Syrie perturbe cependant un moment ces missions routinières, et fournit un nouveau prétexte aux râleries du médecin : "Il faudra se décider à envoyer des contre-torpilleurs et des dragueurs sur la côte de Syrie. Jolie complication que celle de ces sous-marins, surtout avec ce boulet de Rouad, une belle trouvaille du vice-amiral Dartige [Louis Dartige du Fournet, 1856-1940, à la tête de la troisième escadre] pour justifier l'existence de cette escadre de Syrie coûteuse et inutile dont tous les bateaux trop puissants se traînent sur la côte pendant des dix jours entiers à la recherche d'un endroit où tirer un coup de canon qu'on ne peut jamais placer".À signaler spécialement, pour le 14 octobre, et grâce à la famille de l'ancien médecin de marine Achille-François Arbaud (1856-1931, alors chargé de la Compagnie du canal de Suez depuis 1901) une visite à un camp à Port-Saïd regroupant des réfugiés arméniens du Musa Dagh ayant échappé le 12 septembre dernier au génocide en cours ("camp composé d'un millier de tentes disposées en plusieurs sections désignées, chacune, par des lettres et des pavillons"), et comprenant une inspection de l'antenne médicale qui y est installée. Par la suite, Bartet retournera souvent voir les Arméniens du camp. Le dimanche 24 octobre suivant, un évêque arménien venu du Caire célèbre d'ailleurs pontificalement pour les réfugiés, et Bartet y assista.Le comportement très autoritaire de Trabaud à Rouad et ses demandes de remplacement du médecin Babin fournissent bien des soucis à notre toubib, qui est consulté sur cette affaire par la hiérarchie (30 octobre et jours suivants jusqu'au début décembre). Par ailleurs, ce carnet comprend beaucoup plus de portraits de personnalités que les précédents, oisiveté relative et nombreux séjours à terre obligent ; ils sont généralement acides et manifestent l'esprit critique de notre bon docteur : le consul de France Cottes, le vice-amiral Moreau, l'amiral Nicol, etc. Les poésies ne sont pas en reste, dont plusieurs adressées à Odette Arbaud (1896-1989), une des filles du docteur Arbaud ..., d'autres à deux demoiselles Watson, Yvonne et Mary, des Anglaises dont la rencontre le 24 novembre semble avoir bien marqué le bon docteur. V. Sixième cahier (du 3 janvier au 8 juin 1916) : in-12 (17 x 11 cm) de [142] ff. n. ch., relié en toile noire rigide, dos lisse muet. Ce carnet inclut plusieurs clichés photographiques de l'auteur, contrecollés : 1. Au f. [26], une vue de l'île de Kastellorizo (actuellement grecque), sous serpente verte ; 2. Au f. [35], une vue du croiseur-cuirassé Jeanne d'Arc dans le port de Kastellorizo, sous serpente rose ; 3. Au f. [36], le même navire, mais pris depuis une éminence de l'île et donnant à voir l'intégralité de la rade, sous serpente rose ; 4. Au f. [37], une femme de l'île, sous serpente rose ; 5. Au f. [123], un petit tirage (6 x 9 cm) représentant un hydravion, sous serpente blanche ; 6. Au f. [140v], une autre vue du port de Kastellorizo, sous serpente blanche.Le début de l'année est marqué par l'annonce de l'évacuation complète de la presqu'île de Gallipoli par les Alliés (connue le 13 janvier à Port-Saïd). À partir du 19 janvier, le Jauréguiberry effectue une reconnaissance assez tranquille en remontant le Canal de Suez, puis retourne mouiller à Port-Saïd. À partir du 30 janvier, l'essentiel du texte est consacré à la prise de possession de l'île de Kastellorizo par les navires de la 3e escadre (le 11 janvier), et à son occupation, accompagnée de l'installation d'une base navale. La perte de l'Amiral-Charner occupe ensuite plusieurs ff. jusqu'au 17 février (lors de son trajet de retour de l'île de Castellorizo, après un arrêt à l'île de Rouad, ce navire devait atteindre Port-Saïd, mais il fut torpillé le matin du 9 février 1916 par un sous-marin allemand de type U-21, et seul un maître canonnier en réchappa). Ce drame permet à Bartet de renouveler ses critiques acerbes contre la politique des croisières le long des côtes, qui furent d'ailleurs momentanément suspendues. Dans les semaines suivantes, le risque sous-marin prit donc une importance soudaine, et les inquiétudes de notre auteur se concentrèrent sur ce sujet, avant de s'étendre également aux risques aériens à partir de mai.Les pages des 24-26 mars (ff. [72] à [90]) correspondent à 48 h de permission utilisées pour visiter Le Caire et ses musées ; le compte-rendu en est savant et très détaillé, mais ne concerne plus le conflit. Encore et toujours des sacrifices aux Muses, soit galants (toujours cette Mme d'Orso, toujours les demoiselles Watson ..., mais aussi une jeune Marie-Cécile Van den Bosch, 1896-1997, fille procureur général aux juridictions internationales d'Égypte, ainsi que sa soeur Christiane, 1895-1988) ; soit guerriers, parfois longs voire laborieux : Torpillages (en souvenir du torpillage du Ville-de-La-Ciotat et du Persia ; L'Alouette gauloise ; Le Phare de Port-Saïd (dédié à une Mme Prouteau). Jusqu'à la fin des carnets, les poèmes émailleront les comptes rendus des activités journalières. VI. Septième cahier : in-12 (18 x 11,5 cm) de [150] ff. n. ch., avec une collette dactylographiée reliée au f. [86] et reproduisant une dépêche de l'agence Havas (sur la résistance de Verdun), relié en toile noire rigide, dos lisse muet.Commencé pour la suite du 8 juin 1916, ce volume court jusqu'au 24 novembre de la même année. Exceptionnellement, le dernier feuillet est suivi de [19] ff. laissés vierges, avec seulement deux coupures de presse. Les ff. [145]-[150] interrompent la suite des notations au jour le jour et contiennent un récit continu intitulé "Histoire d'une décoration", qui court du 2 mai 1915 au 27 mai 1916 : il s'agit du récit de l'attribution compliquée de la croix d'officier de la Légion d'honneur à notre brave médecin principal, dont la remise semble avoir souffert d'une altercation très vive qu'il avait eue le 12 septembre 1915 au bord de la Jeanne d'Arc avec le commandant Marcel-Alfred-Joseph Chamonard (1865-1925), et qui est par ailleurs contée par le menu au Cahier IV ("D'ailleurs, cette Jeanne d'Arc me déplaît souverainement depuis longtemps. C'est un bateau assommant ; toutes ses décisions sont compliquées, il n'y en a que pour lui. Il a toutes les exigences, il nous colle des tas de corvées, ses officiers ont tenu sur nous des propos dénués d'aménité, à notre retour des Dardanelles. C'est un bateau de poseurs. Il nous assomme tous à bord, et ma sortie est le résultat de mon appréciation sur lui")..Dans ce carnet, l'événement principal concernant notre médecin est son passage comme médecin de division, du Jauréguiberry au Pothuau, effectué le 1er août 1916, mais après bien des hésitations, ordres et contre-ordres qui ne surprendront que ceux qui n'ont aucune expérience du militaire. Cette affectation conforme à la réglementation alors en vigueur ne dura cependant pas, puisque le 5 octobre, Bartet repassa sur le Jauréguiberry, en raison d'un nouveau transbordement de l'amiral et de son état-major. Bartet apprécie son nouveau carré des O.S., aéré et décoré, mais moins sa cabine trop chaude ; le travail à bord (avec 480 personnels) diffère peu de celui du Jauréguiberry, et la même routine s'installe entre le bord, les soins et les sorties à terre dans la bonne société de Port-Saïd, interrompue cependant par une mission de bombardement de Mersina [= Mersin, sur la côte de Cilicie], du 8 au 10 août, et une bordée à Alexandrie, du 12 au 13 août, assez longuement décrite. Le 1er septembre, à partir de 6 H 30, eut lieu un raid aérien allemand meurtrier sur Port-Saïd, interprété comme des représailles en réponse aux bombardements anglais sur les côtes de Syrie : "Il est tombé plus de 10 bombes, une quinzaine peut-être. On parle de 3 avions. L'une est tombée près de la digue, une autre à la mer, près de la plage, non loin d'un lieutenant de vaisseau, M. Girardon, qui se baignait ; une 3e dans la Rue du Nil, d'une cour intérieure de la maison Dallour, sur un petit toit très léger sur lequel elle a éclaté. Elle a effondré le toit, mais ses éclats ont surtout volé en hauteur (...). Une 4e est tombée sur le lycée français, d'une cuisine. Peu de dégâts, mais ses éclats ont volé à 4 ou 500 mètres de là, et l'un d'eux est allé tomber au 4e étage, sur la véranda de la maison des Brest (..)". On décompte une vingtaine de morts.À noter, ff. [80], sqq. (10 septembre et suivants), plusieurs passages concernant la reprise du hadj après l'insurrection des Hachémites en Arabie, et notamment sur le transport de la Kiswa à La Mecque avec son mahmal vert (jusqu'en 1926-27, c'est le sultan, puis Roi d'Égypte qui les faisait confectionner), ainsi que sur le retour des pèlerins (cf. au 30 octobre), ou celui de la caravane du mahmal.De façon générale, ce carnet est d'une richesse foisonnante dans tous les domaines, et plus spécialement sous les aspects médicaux, davantage développés que dans les précédents, avec la relation d'expériences en rapport avec l'épidémiologie et le compte rendu de nombreux cas particuliers (dont un de démence affectant un ancien condisciple de Bartet à Bordeaux, le médecin-major de première classe Aynès) ; on ne peut en rendre compte rapidement, mais il faut au moins souligner l'intérêt de très nombreux passages.VII. Huitième cahier, du 25 novembre 1916 au 5 juillet 1917 : in-8 carré (20 x 16 cm) de 287 pp. (le plus lisible des 7), relié en toile chagrinée bordeaux, dos lisse muet, encadrement de double filet à froid sur le plat supérieur, chiffre MS au centre du même plat. Il faut citer le début du texte, qui offre un bon récapitulatif de la composition de l'ensemble : "Ces notes font suite aux 7 cahiers de plus petit format qui renferment les précédentes depuis mon embarquement sur le croiseur-cuirassé Ernest-Renan le 8 août 1914. Ces cahiers sont actuellement à Rochefort avec tous mes autres journaux de campagne et travaux médicaux, rassemblés dans une cantine métallique. Les dernier de ces cahiers, le VIIe, n'est pas achevé. Il contient encore quelques pages blanches. Étant allé en permission le 2 décembre 1916, je n'ai pas eu le temps de l'achever et je n'ai pas voulu le rapporter. Le cahier actuel reprend donc mon journal au point où je l'avais interrompu ; c'est-à-dire à la date du 25 novembre à laquelle le Jauréguiberry a appareillé pour Malte, pour y passer au bassin".Effectivement, c'est le 25 novembre 1916 à 5 h 45 que le navire appareilla pour Malte ; il y mouilla le 29 novembre suivant. Bartet réussit le lendemain à y obtenir une permission après 22 mois ininterrompus de campagne, "mais à condition de m'engager à être à Port-Saïd le 25 [décembre]. Ainsi je retrouverai mon bâtiment comme si je ne l'avais pas quitté, et je ne mettrai pas l'amiral dans l'embarras de n'avoir pas de médecin de division, si le Jules-Ferry doit repartir aussitôt le retour du Jauréguiberry. La condition du commandant est exigeante, mais je ne peux pas ne pas m'y soumettre si je veux aller revoir les miens". Parti le 1er décembre, il arriva chez lui à Rochefort le 6 et y demeura jusqu'au 19. Cette période voit l'interruption du journal : "Je n'ai pas tenu, évidemment, ce journal dans ces quelques journées passées chez moi. Douze jours seulement en famille, c'est un rêve achevé à peine commencé. J'ai évidemment consacré le plus de temps possible aux miens, je suis resté avec eux le plus possible et chez moi autant que j'ai pu".De retour à Port-Saïd, Bartet est témoin le 4 janvier du torpillage du bâtiment russe Peresviet [= Peresvet] à la sortie du port (il fut en fait coulé par des mines laissées à 10 miles par le sous-marin allemand SM U-73). Ce drame sera suivi de peu, le 17 février, par le naufrage du cargo l'Athos, des Messageries maritimes, torpillé par le sous-marin allemand SM U-65 commandé par Hermann von Fischel, alors qu’il se trouvait à 180 milles marins au sud-est de Malte ; l'événement ne fut connu certainement à Port-Saïd que le 24 par un communiqué officiel des Messageries. À partir du 2 mars, a lieu le démontage de toute l'artillerie du Jauréguiberry, d'où un bref requiem : "Bref, le pauvre vieux Jauréguiberry, le plus vieux des cuirassés encore en service de la marine française termine sa carrière militaire en exil, à Port-Saïd. Qui eût jamais songé à pareille chose, lorsque, fendant les flots pour la première fois, il descendait de la cale sur laquelle il avait été construit. Au moins, le sort favorable lui aura t-il encore réservé une page de gloire, et si le pavillon des navires de guerre portait, comme les drapeaux des régiments, les noms des combats livrés et des victoires remportées, le nom des Dardanelles viendrait encore rappeler à tous ceux qui vont voir maintenant ce ponton désarmé, qu'il a été un organisme vivant, actif, glorieux".Une interruption du journal entre le 6 et le 15 avril s'explique par la rédaction d'une longue statistique médicale commencée en mars, et achevée seulement en mai. La routine des consultations et des commissions de santé se poursuit, ce qui se traduit par des notes plus abondantes encore et portant sur quantité de domaines : notons, le 22 avril, la rencontre avec l'essayiste catholique Henri Massis (1886-1970), "Agathon", alors sous-lieutenant de chasseurs à pied, et venant d'être affecté à l'état-major de Syrie ; chargé d'une mission de renseignements, il était basé à Alexandrie, et fut souvent invité au carré où il pouvait développer ses conceptions thomistes (appliquées à la situation de l'Allemagne, contaminée par Luther et Kant, cela va sans dire ...).Il est probable que d'autres carnets firent suite à ce dernier que nous possédions, Bartet ne manifestant pas à la date du 5 juillet son intention d'en arrêter la rédaction, mais nous ne les avons pas. Tel quel, cet ensemble est en tout cas remarquable, et mériterait une édition critique.Cf. Toda (Michel) : Henri Massis, un témoin de la droite intellectuelle (Paris, 1987). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

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‎[MANUSCRIT]. BARTET (Albéric-Joseph-Alfred-Louis).‎

‎Sottisier médical. - Coquilles & perles médicales et autres. - Prénoms peu communs ou ridicules. Cahier de mémoires appartenant au docteur A. Bartet‎

‎S.l. [Reims], s.d. (1946) in-8, 46 pp., couvertes d'une écriture moyenne, régulière, très lisible (environ 35 lignes par page), broché.‎

‎Comme chacun sait ou devine, la retraite, pour des êtres bien occupés tout au long de leur vie professionnelle, forme un temps mort plein de périls (l'oisiveté étant mère de tous les vices ...), et qu'il faut à tout prix meubler. À plus forte raison lorsque les décennies s'allongent ; ce fut le cas du médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893. Ayant demandé sa mise en retraite effective de la marine en 1925, ce furent donc plus de 40 ans qu'il eut à occuper, soit largement plus que son temps de service actif. La graphomanie qui avait présidé à la rédaction de ses carnets de campagne aidant, notre digne praticien sut remplir les années ; nous avons ici un exemple des exercices auxquels il se livra dans son domicile de Reims dans sa soixante-quinzième année.1. Et d'abord, un exposé minutieux d'un séjour à Paris effectué auprès de sa soeur (survivante de deux), du 18 au 27 mai 1946 (pp. 1-33), adressé à un ami, et ne présentant qu'un intérêt strictement privé, mais alors, décrit avec quelle minutie et quel luxe de détails (jusqu'aux gouttes de digitaline Nativelle et de solution à un pour cent d'Ouabaïne Arnaud pris le 23 mai ...). On y retrouve d'ailleurs la profusion de la rédaction des carnets de campagne. Comme il est agréablement dit en conclusion, "Tu ne te plaindras pas des détails que je te donne. Je crois que tu ne les déteste pas. Certains les trouvent excessifs. Chacun son goût. Moi, je les affectionne". On aurait deviné. Nous n'oserons pas, à notre tour, nous plaindre fût-ce faiblement.2. La partie intitulée "Sottisier médical" (pp. 36-38) réunit, comme indiqué, des bourdes ou phrases absurdes de patients exclusivement (les médecins, c'est bien connu, ne profèrent jamais de sottises).3. Même principe pour la partie "Coquilles médicales et autres" (pp. 39-41), mais cette fois-ci les perles sont extraites de journaux médicaux. Comme quoi.4. Enfin, le cahier s'achève par "Prénoms peu communs ou ridicules relevés par moi dans les journaux de Reims, à [la rubrique de] l'état-civil" (pp. 43-46). Il s'agit d'une liste alphabétique, commençant à Alexandrine-Palmyre et Avite-Ovide pour s'achever par Zénaï et Zulmée, en passant par Eustadie-Floridine, Gaudelisse-Damarice, Pâquerette, Sindulphe ou Thoréziane, (d'après le célèbre Maurice Thorez). Comme on le voit, la fantaisie dans l'attribution des prénoms n'est pas tendance totalement nouvelle. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

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‎[MANUSCRIT]. BARTET (Joseph-Désiré).‎

‎[Lettres à ses parents].‎

‎Port-Saïd et Saint-Denis de la Réunion, 21 février 1883 - 26 novembre 1884 29 pièces in-8, en feuilles.‎

‎Ensemble de correspondances adressées à ses parents (Joseph Bartet, gendarme maritime et Marie-Catherine Bernard) ou ses beaux-parents (les Audouin) - il est difficile à la simple lecture de faire le départ - par l'officier d'infanterie de marine le capitaine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893) à l'occasion d'une affectation à la Réunion, où il était accompagné de sa seconde épouse Blanche-Aline Audouin, auteur de nombreuses lettres également, ainsi que des enfants de son premier mariage, et d'une fille née du second : en effet, il était depuis le 11 juillet 1882 inspecteur adjoint des services administratifs et financiers de la Marine et des colonies, et c'est à ce titre qu'il servit dans l'île de 1883 à 1885.Ce petit dossier semble avoir été préparé pour un projet d'impression par le fils de l'auteur, médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), si l'on se réfère à un passage d'un cahier, rédigé en juin 1946 et trouvé dans les archives de ce dernier: "Je suis allé au 11 de la rue de Sèvres, voir une maison d'édition : La Revue ou Les Oeuvres françaises (elle porte les deux titres) pour lui proposer la publication d'un ouvrage en prose et en vers, 'Souvenirs de Bourbon'. La première partie est composée d'après les extraits de correspondances de mes parents pendant les vingt-quatre mois que nous avons passés à La Réunion de mars 1883 à mars 1885". En dépit de sa collaboration régulière au périodique de la marine Cols bleus, le brave homme se vit répondre qu'on le recontacterait, ce qui, en langage d'éditeur de tous les temps, signifie : Cause toujours .. Le jeune Albéric (que ses parents appellent couramment Alfred, d'un de ses prénoms), alors âge de douze-treize ans, était du voyage et complète souvent les lettres de son père par une souscription du genre "Je vous embrasse, cher grand-père et chère grand-mère, ainsi que mon oncle, ma tante, Lucie et Emma". On trouve aussi des passages signés maladroitement de Marie, la jeune soeur d'Albéric. Le rythme de cette correspondance est assez régulier, et comprend généralement une longue lettre par mois. La matière en est entièrement d'ordre privé, avec une part considérable consacrée aux trois enfants (deux du premier lit, une fille du second), mais intéresse néanmoins pour la découverte de la Réunion par un couple de métropolitains de moyenne bourgeoisie.1. Du 21 février 1883 : lettre d'étape à Port-Saïd, faisant le point sur la traversée de la Méditerranée depuis le détroit de Messine.2. Du 26 février 1883 : expédiée depuis la rade d'Aden, compte-rendu d'une brève descente à terre à Suez.3. Du 24 mars 1883 : très longue missive de 20 pages, relatant l'arrivée dans l'île le 7 mars et tous les détails d'une installation compliquée par le prix demandé des maisons disponibles à la location ; trois domestiques indiens sont quand même employés par les époux Bartet.4. Du 20 avril 1883 (de Blanche) : nouvelles des enfants et des premières habitudes prises par la famille dans sa nouvelle résidence.5. Du 23 avril 1883 : missive de 8 pages, exprimant les premières impressions sur la colonie ("Vous n'avez pas idée de la richesse du pays et de l'apathie des habitants. Hors de Saint-Denis, les habitants meurent de faim à peu près").6. Du 13 mai 1883 : longue missive de 16 pages, rédigée par les deux époux, donnant des informations sur les connaissances que se fait le couple, sur les bals, etc.7. Du 19 juin 1883 : de nouveau, longue missive de 16 pages, encore rédigée à quatre mains, dans laquelle a été inséré un dialogue en créole.8. Du 14 juillet 1883 : lettre de 12 pages, dans laquelle Joseph explique avoir donné congé à tous les domestiques pour qu'ils puissent profiter des festivités du 14 juillet, qui durent ici deux jours. 9. Du 10 août 1883 : lettre de 8 pages seulement, de Blanche, tournant essentiellement autour de ses récents ennuis de santé.10. Du 14 août 1883 : lettre de 8 pages de Joseph, avec d'intéressants détails sur la pénurie de viande dans l'île, consécutive aux opérations de la première campagne de Madagascar, commencée en mai 1883 par le blocus des côtes de la Grande Île.11. Du 5 septembre 1883 : lettre de 8 pages, écrite par Blanche, presque toujours seule à Saint-Denis, puisque Joseph est en tournée d'inspection comptable pour un mois ("Il lui faut visiter toutes les localités de l'île, et ce n'est pas peu dire. Dans les endroits proches de Saint-Denis, il part le matin et revient le soir, mais faire cela pendant 31 jours en travaillant encore une partie de la nuit, c'est bien pénible").12. Du 11 septembre 1883 : brève missive de 4 pages de Joseph, comportant une intéressante liste de prix des principales denrées (beaucoup plus chères qu'en métropole, comme encore de nos jours).13. Du 8 octobre 1883 : 4 pages écrites par Joseph, et tournant autour d'un accident survenu à son père. Après l'arrondissement de Saint-Denis, il va aborder le contrôle de l'arrondissement sous-le-vent (ouest de l'île), ce qui ne lui permettra pas de rentrer tous les soirs.14. Du 8 octobre 1883 : 8 pages de Blanche, portant également sur l'accident de son beau-père. 15. Du 4 novembre 1883 : 4 pp. de Blanche, portant sur des nouvelles du quotidien.16. Du 4 décembre 1883 : 8 pp. de Blanche, signalant une excellente notation annuelle de Joseph par l'inspecteur général Châtelain.17. Du 31 décembre 1883 : 4 pp. de Blanche, informant que Joseph assure l'intérim de Châtelain, nommé à Pondichéry.18. Du 28 janvier 1884 : 4 pp. de Blanche, sur les cadeaux envoyés de France.19. Du 19 février 1884 : 4 pp. des deux époux, sur les changements dans les dates de départ des paquebots.20. Du 12 avril 1884 : 8 pp. de Blanche, portant surtout sur le retour en métropole, très attendu.21. Du 14 avril 1884 : 4 pp. de Joseph, sur un envoi de timbres de collection de la Réunion.22. Du 8 mai 1884 : 8 pp. de Blanche, portant essentiellement sur des questions de budget domestique.23. Du 8 juin 1884 : 4 pp. de Blanche, adressées sa soeur Ernestine, envisage le mariage de ses nièces.24. Du 8 juin 1884 : 8 pp. de Blanche, adressées à ses beaux-parents, donnant des anecdotes sur les enfants.25. Du 7 juillet 1884 : 4 pp. de Blanche, idem.26. Du 3 août 1884 : 4 pp. de Blanche, avec des allusions à l'épidémie de choléra sévissant à Marseille.27. Du 3 septembre 1884 : 4 pp. des deux époux.28. Du 30 septembre 1884 : 6 pp. de Blanche.29. Du 26 novembre 1884 : 4 pp. de Joseph, souhaitant déjà la nouvelle année (en anticipation d'une arrivée du courrier le 20 décembre). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 239862

‎[MANUSCRIT]. BERTHIER (Louis-César-Gabriel).‎

‎Armée du Nord et de Sambre-et-Meuse. Berluy-Berthier, chargé par le gouvernement de faire le relevé historique et militaire des événemens de la guerre. au citoyen La Perrière [chef du bureau des fonds de la Guerre]‎

‎Bruxelles, 10 Germinal an IV (30 mars 1796) in-folio, [2] pp. n. ch. couvertes d'une écriture moyenne, régulière et très lisible, avec petite vignette en-tête gravée, et cachets de cire rouge à l'adresse du verso du dernier feuillet, en feuille.‎

‎Adressée à la trésorerie du ministère, cette lettre forme une longue plainte sur les difficultés financières de Louis-César-Gabriel Berluy de Berthier (1765-1819), frère cadet du futur maréchal, et alors employé comme ingénieur-géographe, adjudant général chef de brigade et chef du bureau topographique près de l'armée de Sambre-et-Meuse en 1796 : "Mes appointemens ne suffisent pas pour vivre ; il faut que je mange du mien. J'ai des ingénieurs qui ne font pour ainsi dire rien faite de fonds, il fait un tems superbe pour les envoyer sur le terrein ; on me tourmente horriblement ..."Belle vignette gravée montrant un ange sonnant du tocsin. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240229

‎[MANUSCRIT]. BOURCIER (Sabin).‎

‎Armée du Nord et de Sambre et Meuse. Le commissaire ordonnateur général Sabin Bourcier. au commissaire ordonnateur Féret, à Liège‎

‎Bruxelles, 2 Nivôse an III (22 décembre 1794) in-folio, écrit sur 2 pp., avec belle vignette en-tête, en feuille.‎

‎"L'agent en chef des vivres de l'Armée de Sambre & Meuse informe, mon camarade, le bureau central des obstacles qu'il a rencontrés de la part du commissaire des guerres Gels à Juliers, lequel a refusé de requérir les voitures nécessaires pour un versement de grains de Juliers sur Aix la Chapelle". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240943

‎[MANUSCRIT]. BOURCIER (Sabin).‎

‎Armée du Nord. Le Commissaire ordonnateur en chef Sabin Bourcier. aux citoyens composant la Commission de l'organisation & du mouvement des armées de terre.‎

‎Lille, 12 Prairial an II (31 mai 1794), in-folio, écrit au recto, avec une belle vignette emblématique en-tête, en feuille.‎

‎"Je vous adresse, cïjoint, citoyens, copie conforme de l'arrêté du représentant du peuple Laurent qui nomme adjoint aux commissaires de la guerre le citoyen Hourblin, maréchal des logis au 6e régiment d'hussards". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240233

‎[MANUSCRIT]. BOURCIER (Sabin).‎

‎Armée du Nord. Le commissaire ordonnateur général Sabin Bourcier (..).‎

‎Westresel, 28 Ventôse an III (18 mars 1795), in-4, écrit au recto du premier feuillet, avec belle vignette en-tête, en feuille.‎

‎Bref billet de réquisition pour 13 chevaux. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240913

‎[MANUSCRIT]. BOUTEVILLE DU METZ (Louis-Ghislain).‎

‎Départemens réunis. - Envoi des loix. Le citoyen Bouteville, commissaire du gouvernement près les départemens réunis par la loi du 9 Vendémiaire an V. au ministre de la justice‎

‎Bruxelles, 4 Brumaire an V (25 octobre 1796) in-4, écrit sur deux pages, avec belle vignette en-tête gravée par A. Cardon, en feuille.‎

‎Concerne la traduction et l'affichage des lois des 19 Pluviôse et 4 Ventôse an IV [8 février & 23 février 1796], relatives aux domaines nationaux.Louis-Ghislain de Bouteville du Metz (1746-1821), député de la Somme, fut nommé commissaire du gouvernement français en Belgique du 22 novembre 1795 au 20 janvier 1797 en remplacement de Portiez de l'Oise et Pérès de la Haute-Garonne, avec, pour mission, de composer les administrations, de surveiller leur fonctionnement, de les guider dans l'exécution des lois. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240916

‎[MANUSCRIT]. BOUTEVILLE DU METZ (Louis-Ghislain).‎

‎Liberté. - Égalité. Le citoyen Bouteville, commissaire du gouvernement près les départemens réunis par la loi du 9 Vendémiaire. au ministre des finances‎

‎Bruxelles, 14 Pluviôse an IV (3 février 1796) in-folio, écrit au recto, avec une belle vignette emblématique en-tête gravée par A. Cardon, en feuille.‎

‎"Vous avez déjà connoissance et de l'arrêté pris le 22 Pluviôse par l'administration des Deux-Nettes [Deux-Nèthes], et des motifs qui l'ont déterminée. Vous êtes parfaitement à portée de juger si et jusqu'à quel point cette administration peut être répréhensible. Je vous fais cependant et à son invitation passer les pièces qu'elle m'a adressées pour sa justification". Ce n'est pas précisé, mais il s'agit apparemment d'une affaire liée aux tarifs douaniers du département comprenant la partie septentrionale du Brabant, avec Anvers comme chef-lieu.Louis-Ghislain de Bouteville du Metz (1746-1821), député de la Somme, fut nommé commissaire du gouvernement français en Belgique du 22 novembre 1795 au 20 janvier 1797 en remplacement de Portiez de l'Oise et Pérès de la Haute-Garonne, avec, pour mission, de composer les administrations, de surveiller leur fonctionnement, de les guider dans l'exécution des lois. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240230

‎[MANUSCRIT]. BREMEN (Walther von).‎

‎Les Journées de Ratisbonne, du 10 au 23 avril 1809. Conférence faite par Gauthier de Bremen, capitaine au Grand État-major général, le 4 novembre 1891, à la Société militaire de Berlin.‎

‎S.l., s.d. (1891), in-8, [22] ff. n. ch., couverts d'une écriture fine, régulière et très lisible (environ 30 lignes par page), sans ratures ni biffures, en feuilles.‎

‎Ce petit manuscrit présente la traduction française (inédite) de l'opuscule Die Tage von Regensburg, 10. bis 23. April 1809. Vortrag, gehalten in der militärischen Gesellschaft zu Berlin am 4. November 1891 (Berlin, E. S. Mittler, 1891), qui connut en 1907 une seconde édition.Né en 1852, Walter von Bremen était un écrivain militaire prussien qui a donné quantité de communications (sur Napoléon, Frédéric II, Yorck von Wartenburg, les armées coloniales) dans le cadre de la Kriegsgeschichtliche Abteilung I, d'abord jusqu'à sa prise de retraite avec le grade de lieutenant-colonel en 1897, puis de façon informelle, de 1899 à 1910. on ignore la date de sa mort.Au CCF, seule la BnF présente un exemplaire de la seconde édition allemande.ON JOINT, de la même main : [6] ff. n. ch. de critique sur un détail de l'ouvrage Les Méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècle (Paris, Dumaine, 1878-1881, 4 volumes), du général Édouard Pierron (1835-1905). Il s'agit de savoir si Bonaparte avait ou non emprunté son plan de campagne de 1796 en Italie au maréchal de Maillebois. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 244681

‎[MANUSCRIT]. DESAUBLIAUX (Robert).‎

‎Carnet de route de [mon fils] Robert Desaubliaux. - [Correspondance de guerre]‎

‎S.l., s.d. 2 vol. in-8, titre, 75 pp. [1914], 2 ff. vierges, 15 pp. [1915], 25 pp. [journées des 25 et 26 septembre 1915], [18] ff. n. ch. [combats de Frise, janvier 1916], 13 pp. [Notes sur Verdun], le tout sur sur papier réglé, avec un plan manuscrit "in fine" ; pp. 2-415, avec des dessins au crayon de bois et 22 tirages photographiques de l'époque, contrecollés, dont un portrait en pied de l'auteur p. 315, en feuilles sous chemise de toile recouverte de tissu fantaisie, larges rabats de tissu rose à lacets au second volume (reliure amateur ).‎

‎Importante copie de deux séries de pièces ayant servi à l'édition de l'un des premiers témoignages publiés de poilu sur l'enfer du front, et notamment de Verdun. Elle a été réalisée par le père de l'auteur de façon très soignée : écriture fine et très lisible, comportant très peu de ratures ou biffures. Les billets joints au volume II montrent que le texte avait fait l'objet d'une lecture par les proches avant même la publication.Robert Desaubliaux, né en 1890 à Paris, dans le VIIe arrondissement, et élève de l’Institut agronomique au moment de son passage devant le Conseil de révision, était le fils d’un commissaire-priseur. Pendant la Grande guerre il servit d'abord au 11e Cuirassiers (de Saint-Germain), et tint en effet un journal très savoureux, qui connut une première édition imprimée, parue dès 1919 chez Bloud et Gay ("La Ruée, étapes d'un combattant, la Meuse, l'Yser, l'Artois, la Somme, Verdun", un volume in-8 de 307 pages), et une seconde en 2005 aux Presses de la Renaissance sous le titre un peu modifié de "La Ruée, journal d'un poilu" (in-8 de 319 pages). En 1915, mécontent de l’inaction de la cavalerie, il répondit à l’appel de Joffre et demanda à passer dans l’infanterie. Il fut nommé sous-lieutenant au 129e d’infanterie, du Havre. Après dix mois passés dans l’Artois, sur la Somme et à Verdun, il fut blessé le 19 mai 1916 à Fleury-devant-Douaumont, ce village dont il ne reste que trois pierres (" Ici fut Fleury "), le 19 mai 1916. Fait qui mérite une notation (car il est peu fréquent), Jean Norton Cru admire son récit et le qualifie de " document sincère et complet ", un peu à l'égal de la publication du Journal de Genevoix. 1. Le premier volume reproduit, sans doute à partir d'un original composé au jour le jour et malmené par les intempéries, les réflexions de l'auteur sur les différentes étapes de ses campagnes, du 31 juillet 1914 à avril 1916. L'initium marque bien les illusions de ce début des hostilités : "Depuis huit jours, il n'est question que de la guerre. C'est un coup de tonnerre dans un ciel serein. Vainement les journaux essayent de rassurer l'opinion publique, mais on sent que toutes les raisons tombent à faux; D'ailleurs, la France et la Russie marchent de pair. L'Angleterre donnera sans doute son concours à la France. Nous ne pouvons engager la lutte dans de meilleures conditions. Les parents étaient en Bretagne et sont revenus en toute hâte à Paris. Je les ai revus une dernière fois, et j'ai eu l'intuition que c'était bien la dernière fois avant de partir. J'ai eu sans doute des larmes dans la voix en leur disant adieu, mais je me suis efforcé de me montrer le plus gai possible et de les persuader que la guerre était improbable." Par la suite, toujours un certain mouvement réflexif vient commenter l'événement brut. 2. Le second volume fait l'objet d'une présentation encore plus soignée : non seulement la couvrure est enrichie de rabats, mais a été contrecollé sur le plat supérieur un feuillet à encadrement de roses aquarellées et portant le chiffre de Robert accompagné des trois dates 1914-1915-1916 ; de surcroît le contreplat supérieur accueille un autre feuillet aquarellé (une composition de motifs guerriers avec épées, casques et couronne de lauriers) reprenant ces trois dates en chiffres romains. Cependant, il commence à la page 2 par la suite d'une lettre dont nous ne possédons pas le début. Pour le reste, les autres missives ont été soigneusement recopiées, et elles couvrent la période du 3 août 1914 au 1er octobre 1916 (de Nevers, pour sa sortie de l'hôpital). Signées "Bob", adressées aux parents de l'auteur (correspondance séparée pour le père et la mère), à sa soeur Germaine et à son frère André, ces lettres sont souvent fort longues et tranchent par leur ton et leur élévation sur le genre désormais très défriché des correspondances de guerre. Les petits tirages qui agrémentent le texte présentent le plus grand intérêt car ils donnent une idée concrète de la vie au front (Robert se faisant raser, Robert devant sa tente, etc.). Les quatre dernières sont cependant postérieures à la guerre : datées de 1919, elles montrent la famille Desaubliaux sur les lieux mêmes où Robert a été blessé. Quelques coupures de presse ont également été insérées pour documenter un événement militaire. Cf. Le Gall (Erwan) : Une ruée qui conserve encore bien des mystères. In : Ar Brezel (2020). Cette recension assez critique ne s'intéresse surtout qu'aux liens de Desaubliaux avec la Bretagne.ON JOINT : 1. Un feuillet dactylographié reproduisant les trois citations de Robert Desaubliaux entre 1915 et le 11 mai 1916. - 2. Trois billets (dont deux sur papier de deuil) communiquant à Marthe (la mère de l'auteur ?) les réflexions et sentiments nés de la lecture des lettres de Robert. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 234916

‎[MANUSCRIT]. EBLE (Jean-Baptiste).‎

‎Armée du Nord. Éblé, général de division, commandant l'artillerie à l'Armée du Nord (..).‎

‎Utrecht, 9 Messidor an III (27 juin 1795), in-folio, écrit au recto du premier feuillet, avec belle vignette en-tête, en feuille.‎

‎Bref billet ordonnant à Aubert, commandant le parc d'artillerie, de fournir au général Dejean tous les chevaux dont il aura besoin. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240914

‎[MANUSCRIT]. FERRAND (Jacques).‎

‎République française. - Armées du Nord et de Sambre et meuse. Le général de division Ferrand, commandant en chef les pays conquis (..).‎

‎Bruxelles, 8 Nivôse an III (28 décembre 1794) in-folio, écrit au recto, avec belle vignette en-tête, en feuille.‎

‎Ordre de mission pour le citoyen Lecouturier, adjoint aux adjudants généraux.Le général Jacques Ferrand (1746-1804) avait été envoyé à l'Armée du Nord le 24 Nivôse an II [13 janvier 1794]. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240923

‎[MANUSCRIT]. FLORENT-GUIOT (Guiot de Saint-Florent, dit).‎

‎Égalité. - Liberté. - Fraternité. Le Représentant du peuple envoyé dans les départements du Nord, Pas-de-Calais et de la Somme.‎

‎Abbeville, 18 Pluviôse an III (6 février 1795) in-8, une page, en feuille, avec cachet de cire rouge.‎

‎Bref billet autorisant le commissaire des guerres Brestin à délivrer une feuille de route à Firmin d'Auvergne pour se rendre à Paris.Guiot de Saint-Florent, dit Florent-Guiot ou Florent-Guyot (1755-1834) avait été envoyé en mission dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais le 25 Frimaire an III [15 décembre 1794] "pour y assurer l'ordre public et le maintien des lois", après la calamiteuse mission de Joseph Lebon. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240192

‎[MANUSCRIT]. FRITSCHE‎

‎L.S.‎

‎Saint-Thomas [Antilles], 18 janvier 1743 in-folio, 12 pp. couvertes d'une écriture lisible (environ 20/25 lignes par page), en feuilles, cousu.‎

‎La situation de Saint-ThomasSignée Fritsche, cette pièce forme un long rapport officiel au ton résolument pessimiste, pour ne pas dire acrimonieux. Le signataire est selon toute vraisemblance un envoyé de la Compagnie danoise des Indes avec la mission de transmettre aux directeurs un état de la situation de la colonie de Saint-Thomas (avec les îles de Sainte-Croix et de Saint-Jean, sur lesquelles cependant l'auteur confie son peu de renseignements "si non que le bruit publique court que tout le monde y est extrêmement mécontent des injustices qui s'y commettent journellement").Le texte commence par une entreprise de dénigrement en règle du sieur Güldener, parti ou décédé, et qui était probablement l'agent adjoint pour sa mission : "Je ne crois pas être inutille, ni superflu de toucher quelque chose de Mr. Güldener, pour diminuer le regret que vous pourriez avoir de sa perte : je dirois dabord sans m'éloigner de la vérité qu'il étoit incapable de vous rendre des grands services, car en considérant son esprit, que j'ai assés appris à connoître dans notre voïage, je peux dire qu'il étoit sans fermété ..." Et ce n'est pas tout : le pauvre homme était lâche, pusillanime, intéressé, âpre au gain, maladroit dans ses propos ("Il eut l'imprudence de dire en pleine compagnie : que si quelqu'un vouloit se recommander auprès de S. E. le Grand Chambellan, il ne pouvoit jamais mieux s'adresser qu'à lui Güldener, et autres discours semblables qu'il tint, sans réfléchir sur les conséquences que cela devoit absolument traîner après soi, et en effet le lendemain le bruit couroit publiquement qu'il étoit envoïé pour espionner et rapporter ce qui se passoit icy"). Bref un incapable.Puis vient l'examen des personnes en charge du gouvernement de l'île : en fait une longue notice sur le gouverneur, dont il est également tracé un portrait au vitriol ("il sçait très bien éluder les ordres de la haute direction sous différents prétextes" ; "il n'y a rien si petit d'où il ne cherche pas à tirer son profit aux dépens de la Compagnie"). Il autorise le commerce du sucre avec les Hollandais et avec Puerto Rico contre le privilège de la Compagnie, et de surcroît utilise à son propre profit les esclaves de la Compagnie, qu'il n'hésite pas à revendre une fois ses travaux de construction achevés. De nombreuses anecdotes suivent, illustrant sa concussion, sa corruption et son autoritarisme. D'après les dates, il s'agit de Jacob Schönemann, qui fut en poste de 1740 à 1744. Enfin, Fritsche examine les possibilités de peupler davantage la colonie, et se montre aussi négatif que dans les considérations précédentes : "Touchant les habitants, dont vous souhaiteriez augmenter le nombre, en attirant quelques-uns des colonies étrangères, je trouve que du côté de la France, il est fort difficile de remplir à cause qu'il y a des colonies où ils peuvent avoir les terres gratis, ainsi avec l'argent qu'ils sont obligé de païer icy pour les terres, ils peuvent aller commencer une habitation". Il estime cependant que l'on pourrait débaucher des Français de la Martinique, surtout si le Danemark entre en guerre (la Guerre de Succession d'Autriche en l'occurrence). La fin est impayable, tant l'agent de la Compagnie se sent menacé et redoute la fuite de ses informations fort dénigrantes : "J'espère, mon très honoré Monsieur, que vous recevrez cette [lettre ?] comme une marque parfaite de ma fidélité et que vous ne voudrés pas me commettre avec toute une colonie sans me donner des armes pour pouvoir soutenir leurs assauts, quoique j'ai assés de résolution de vuider cette querelle en cas que mes lettres vinssent par malheur ou par hazard à tomber entre des mains étrangères, étant persuadé que la haute Direction ne voudroit pas m'abandonner dans un cas pareil, et je le crains d'autant plus que je crois être suspect au gouverneur ..."Le texte a été visé par la Compagnie le 30 novembre 1743. L'année suivante, un nouveau gouverneur (Christian von Schweder) fut nommé, sans que l'on puisse savoir si ce rapport a contribué au remplacement. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 234106

‎[MANUSCRIT]. GROSDIDIER (André).‎

‎[Correspondance active].‎

‎12 janvier 1938 - 13 mai 1940 54 pièces in-4 ou in-8, en feuilles.‎

‎Important et émouvant dossier qui réunit les lettres, généralement longues, envoyées avant et pendant la "drôle de guerre" par André-Henri Grosdidier, dans le civil boucher chez un dénommé Mussard à Viroflay, mais à l'armée caporal-chef, puis sergent dans la 3e Compagnie du 8e Régiment de Zouaves. Cette unité devait, avec la 12e division d'infanterie motorisée, être détruite lors de la bataille de Dunkerque. Né à Boynes le 28 juillet 1918, André mourut d'ailleurs au combat lors du repli de son régiment sur Dunkerque le 27 mai 1940 à Péronne-en-Mélantois (Nord). Il est inhumé au cimetière de Péronne (à gauche, allée centrale).Les destinataires sont ses deux parents, qui vivent à Versailles, à l'exception d'une missive adressée à sa cousine Marie (cf. n° 33). La séquence temporelle couverte par cette correspondance correspond aux débuts de son service militaire (peloton effectué à Mourmelon, déjà à l'époque grand camp d'exercices), bientôt transformé en service d'active par suite des mobilisations (partielle le 23 septembre 1938, générale le 1er septembre 1939), puis de la déclaration de guerre. L'essentiel tourne, on ne s'en étonnera pas, autour des soucis du quotidien, et les colis envoyés par la famille tiennent une place d'autant plus importante qu'ils sont bien garnis et très copieux. C'est dans ce genre de petits détails que l'on peut reconstituer au plus près l'étonnante période d'inactivité et d'incroyable ennui, d'indiscipline et de combines aussi, qui a précédé l'offensive de mai 1940.[Avant la guerre :] 1. De Mourmelon [Marne], le 12 janvier 1938 : André, intégré au "peloton" (équivalent des "classes" ultérieures) pour devenir caporal, change de chambrée. - 2. De Mourmelon, le 15 mars 1939 : sur la proximité d'un examen, sur les exercices de tir. - 3. De Mourmelon, le 8 avril 1939 : André s'habitue à sa nouvelle compagnie. Reçu dix-huitième du régiment à l'examen, il effectue sa première garde. - 4. De Mourmelon, le 12 avril 1939 : André touche un nouveau paquetage, et se prépare à un déplacement imminent. - 5. De Mourmelon, le 6 mai 1939 : sur le retour du capitaine de la compagnie ("Notre capitaine est revenu, il aurait mieux fait de rester où il était. Pourtant, il ne faut pas que je me plaigne, car depuis qu'il est revenu, je l'ai pas apperçu une fois"). - 6. De Mourmelon, le 16 mai 1939 : sur les manoeuvres à venir. - 7. De Mourmelon, le 22 mai 1939 : sur un gros rhume et sa prochaine permission. - 8. De Mourmelon, le 7 juillet 1939 : sur le défilé du 14 juillet auquel le régiment participera (mais pas la compagnie d'André). - 9. De Mourmelon, le 11 juillet 1939 : sur une escapade à Reims du dimanche précédent, pour aller voir une course automobile, et sur les prochaines manoeuvres à Sissonne. - 10. De Mourmelon, le 15 juillet 1939 : ennui majeur au camp à cause de l'absence de la plupart des compagnies du régiment (qui se trouve à Paris pour le 14 juillet). - 11. De Sissonne [Aisne], le 25 juillet 1939 : sur le trajet à pieds de Mourmelon au camp de Sissonne ("Nous sommes partis de Mourmelon mardi matin à pieds. Nous avons fait 85 ks en 3 étapes, nous avons cantonné deux nuits. La marche n'était pas des plus faciles ; j'en ai bavé comme un Russe"). - 12. [De Mourmelon], le 23 août 1939 : lettre de retour de permission.[Une fois la guerre déclarée :] 13. Du 14 septembre 1939 [vers Siercq-les-Bains, Moselle] : les opérations de guerre ont commencé ("Depuis quatre jours, nous sommes en première ligne, nous sommes comme les lapins dans des trous. Le secteur est assez calme. Ce matin, nous avons progressé de 1 km sans aucun coup de fusil. Les Boches ont déménagé hier soir sous l'avance du 3e bataillon. Jusqu'ici il n'y a pas eu de casse chez nous"). - 14. Du 15 octobre 1939 : billet sur l'ordinaire en campagne. - 15. De Soupir [Aisne], le 19 octobre 1939 : sur l'amélioration du service du courrier, et l'interdiction faite désormais aux familles de venir visiter les zouaves dans la zone des armées. - 16. De Soupir, le 21 octobre 1939 : l'ennui s'installe ("Avec leur coup de ne pas donner de perm, il commence à y avoir pas mal de cafareux et pas mal de types qui se cuitent"). - 17. De Soupir, le 27 octobre 1939 : réception d'un généreux colis. - 18. De Braye-en-Laonnois [Aisne], le 1er novembre 1939 : sur le déménagement depuis Soupir (Braye se situe à seulement six kilomètres). André a quartier libre en ce jour de la Toussaint, et il fait connaissance avec d'autres camarades. - 19. De Braye-en-Laonnois, le 6 novembre 1939 : "On se croirait presque en temps de paix". - 20. De Braye, le 19 novembre 1939 : porte essentiellement sur les travaux de la maison de campagne de ses parents (à Reverseaux, dans l'Yonne). "Par moments, je voudrais avoir dix ans de plus pour savoir si un jour j'arriverai à quelque chose. Tu me dis qu'il y aura une pièce pour ma femme et mes gosses, je suis bien content en ce moment de ne pas être marié comme certains, et même de n'avoir aucune attache". - 21. D'Obréchies [Nord], le 20 novembre 1939 : le nouveau séjour d'André,à dix kms de la frontière belge, ne le réjouit guère, comme on peut le lire : "Nous sommes maintenant dans la région du Nord, et dans un vrai trou. Nous sommes dans un pays de deux cents habitants (...) et je crois même que les habitants sont ravitaillés par les corbeaux en hiver". - 22. D'Obréchies, le 26 novembre 1939 : installation dans une grange glaciale, colis (dont un très généreux de Mme Mussard, patronne d'André) et projets de permission. - 23. D'Obréchies, le 28 novembre 1939 : envisage l'invasion de la Belgique (mais "nous n'en sommes pas encore là"). - 24. D'Obréchies, le 1er décembre 1939 : "Nous faisons des travaux à 4 kms de la frontière belge, tout baigne dans l'eau, c'est très intéressant, nous suivons les traces du Zouave de l'Alma. De la façon dont nous sommes placés, si la Belgique se trouvait envahie, nous nous trouverions en première ligne pour changer ..." - 25. D'Obréchies, le 4 décembre 1939 : sur un dimanche passé au cinéma de Ferrières-la-Grande. - 26. D'Obréchies, le 8 décembre 1939 : sur une prime de 105 francs versée pour le séjour sur la ligne. - 27. Du 12 décembre 1939 : sur l'installation d'une cantine de compagnie, dont André assure la tenue. - 28. Du 17 décembre 1939 : sur la poursuite de ses activités de cantinier ("Je ne suis pas guerrier pour deux sous"). - 29. De Sars-Poteries [Nord], le 23 décembre 1939 : sur le nouveau déménagement et le cantonnement dans une ancienne verrerie en démolition, endroit lugubre et en partie effondré. - 30. De Sars-Poteries, le 27 décembre 1939 : voeux de bonne année et repas de Noël ("Le 24 soir et 25 qu'est-ce qu'il y a eu comme viande saoûle .."). - 31. De Sars-Poteries, le 1er janvier 1940 : sur un prochain changement de cantonnement. - 32. De Sars-Poterie, le 3 janvier 1940 : réception de colis ; tristesse du jour de l'an. - 33. De Sars-Poterie, le 4 janvier 1940 [à sa cousine Marie] : voeux et nouvelles du cantonnement (lettre transmise par la destinataire à la mère d'André, désormais "Madame veuve Grosdidier" en juillet 1962). - 34. De Sars-Poteries, le 8 janvier 1940 : André repasse chef de groupe et s'ennuie de plus en plus ("Malgré que le pays soit mieux que les autres, il me dégoûte de plus en plus. L'on ne peut pas sortir sans se retrouver dans un bistro, c'est tout ce qu'il y a dans le pays comme distraction. Il y a cinq ou six épiceries, l'on n'y trouve que ce que nous n'avons pas besoin, ils manquent de tout"). Multiplication des punitions et consignes. - 35. De Sars-Poteries, le 9 janvier 1939 : sur la prochaine remontée en ligne. - 36. De Sars-Poteries, le 11 janvier 1940 : sur une prise d'armes au QG anglais d'Arras où le 8e Zouaves est intervenu. - 37. [De Sars-Poteries], le 15 janvier 1940 : "Je ne sais pas trop quoi vous raconter aujourd'hui tellement c'est toujours pareil". - 38. De Levergies [Aisne], le 22 janvier 1940 : nouveaux déplacements et cantonnements, le groupe s'occupe à faire des crêpes. - 39. [De Levergies], le 24 janvier 1940 : froid, neige et colis ("C'est tout de même révoltant de voir des embusqués se plaindre. Je serais Daladier, je les mettrais à la gamelle et quinze sous par jour comme les copains, et j'estime qu'ils n'auraient même pas le droit de se plaindre, car ils auraient encore l'avantage de coucher et d'être chez eux pendant leurs heures de loisir"). - 40. Du 25 janvier 1940 : réception de colis. - 41. Du 29 janvier 1940 : réception de nouveaux uniformes. - 42. Du 1er février 1940 : "Je ne vois rien d'extraordinaire à vous dire, notre vie est toujours calme et uniforme". - 43. Du 4 février 1940 : détail du repas du dimanche (sardines, asperges, civet de lapin, purée et deux tartes). - 44. Du 29 février 1940 : reprise de la correspondance après une permission de dix jours. - 45. Du 15 mars 1940 : chute de neige et rhume. - 46. Du 18 mars 1940 : André réagit avec étonnement à la nouvelle que son père, ancien de 1914 (et né en 1894) pourrait de nouveau être mobilisable. - 47. Du 21 mars 1940 : sur une manoeuvre de nuit. - 48. Du 26 mars 1940 : colis et marches. - 49. Du 4 avril 1940 : sur une permission très proche. - 50. Du 20 avril 1940 : sur un supplément de solde de 2.50 francs par jour. - 51. Du 1er mai 1940 : sur sa nomination comme sergent, et son premier repas au mess.[Une fois commencée l'offensive des Ardennes :] 52. Du 10 mai 1940 : sur la suppression de toutes les permissions (la percée allemande est de ce jour). - 53. Du 11 mai 1940 : "Nous sommes tranquilles en ce moment. Le temps passe assez vite, nous jouons à la belote, au jaquet, un peu à tout quoi". - 54. Du 13 mai 1940 : "Nous sommes toujours dans le même pays pour le moment. Je ne sais pas si nous y moisirons encore longtemps. Nous sommes pénards : plus d'exercices, rien, c'est du vrai repos, boire, manger, dormir, nous allons engraisser".Cette missive au contenu incroyablement insouciant semble bien être la dernière de l'infortuné sergent auquel ne restaient que 15 jours de vie. Une phrase surlignée d'encre violette a beau préciser : "Sommes en état d'alerte depuis jeudi". Ses parents ne devaient plus avoir de nouvelles. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 225695

‎[MANUSCRIT]. ISAMBERT (G.).‎

‎République française. - 24e division militaire. Le commissaire des guerres Isambert. à l'administration centrale du département de l'Escaut‎

‎Gand, 10 Thermidor an VI (28 juillet 1798) in-folio, écrit sur deux pages, avec petite vignette en-tête, en feuille.‎

‎S'oppose à la mise en vente de l'ancien séminaire de Gand, actuellement affecté comme magasin au service de l'habillement, en vertu de l'arrêté du Directoire en date du 22 Germinal an IV [11 avril 1796]. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240926

‎[MANUSCRIT]. JENNEPIN (Alfred).‎

‎[Dossier sur Jean Lemaire de Belges].‎

‎S.l., s.d. (vers 1900) 4 pièces in-4 ou in-folio, en feuilles, dans chemise de carton souple rouge postérieure.‎

‎Petit dossier préparé par l'érudit local Jennepin sur le chroniqueur et poète hennuyer d'expression française Jean Lemaire de Belges (1473-1524), qui intéressa toujours de chaque côté du Quiévrain. Il s'agit de notes préparatoires à la publication d'une petite monographie qui ne semble pas avoir vu le jour.L'ensemble est très lacunaire et se compose des pièces suivantes :1. Un essai de biographie de Lemaire : 9 ff. in-folio écrits à l'encre violette, chiffrés au crayon de bois 1-4, 4bis (un demi-feuillet), 5-7 et 11.2. Une analyse de l'Amant verd [Les Épîtres de l'Amant vert (1510)] : 10 ff. in-folio, chiffrés 1-3, 5-6, 12-14 et 16-17. Avec 4 ff. de brouillon au crayon de bois.3. Un ensemble rédigé au crayon de bois et intitulé Premières notes prises à la simple lecture de la Notice sur la vie et les oeuvres de Jean Le Maire de Belges (4 ff. in-4).4. Le brouillon d'une L.A.S. adressée au malheureux conservateur de la Bibliothèque nationale, et requis, après ses infortunés confrères de Bruxelles, Mons et Valenciennes, de fournir au savant bibliographe la liste des ouvrages de Lemaire conservés par son dépôt ...L'instituteur et directeur de pensionnat Alfred Jennepin (1836-1914) fut aussi historien, membre de diverses sociétés archéologiques de sa région. Il consacra son œuvre d’érudition et d’histoire à Cousorle, Bousignies-sur-Roc, mais aussi Maubeuge (Histoire de la ville de Maubeuge, depuis sa fondation jusqu'en 1790, publié en 1889), et à la valorisation des industries locales (Petits cours pratique de calcul appliqué à la marbrerie, Monographie de la marbrerie dans l'arrondissement d'Avesnes, et Histoire de l'industrie lainière dans l'arrondissement d'Avesnes). Il contribua enfin à un ouvrage collectif consacré à l’histoire militaire du département : La Défense nationale dans le Nord, de 1792 à 1802, publié à Lille entre 1890-1893. Un monument inauguré en 1923 lui rend hommage dans sa commune, route Nationale, et le collège de la ville, inauguré en 1971, porte son nom. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 228927

‎[MANUSCRIT]. JENNEPIN (Alfred).‎

‎Archives de A. Jennepin à Cousolre (Nord). Faits historiques importants, accomplis dans le Nord et surtout dans l'arrondissement d'Avesnes‎

‎Cousolre, s.d. (vers 1900) 82 pièces en un dossier in-folio, en feuilles, dans 13 registres cartonnés aux titres imprimés, le tout dans chemise demi-toile noire modeste à rubans, étiquette de titre au dos.‎

‎Ce petit dossier, soigneusement constitué par l'érudit lui-même et réparti dans des chemises imprimées, réunit de petites pièces, la plupart manuscrites, généralement des notes de lecture de l'auteur, sur les événements de sa région. Quelques-unes sont cependant des documents contemporains des faits. L'ensemble apparaît comme un réservoir de faits et de détails devant s'insérer dans un exposé plus vaste. Une précision sur le registre IV ("nombreuses notes manuscrites", alors qu'il n'en contient que 3) laisse penser que nombre de pièces ont été distraites du recueil, ce que confirme l'examen du registre VI.Dans l'état actuel, il se distribue comme suit, selon les titres donnés par Jennepin :I. Notes historiques et chronologiques sur les personnes et les faits du Hainaut : 4 pièces in-12 (sur le XVIe siècle).II. XIIIe siècle, années 1201 à 1301 inclus : 4 pièces in-12.III. XIVe siècle, années 1301 à 1400 inclus : 10 pièces, dont une sur deux ff.IV. XVIe siècle, années 1501 à 1550 : 3 pièces.V. XVIe siècle, 1578 à 1579. Guerres en Hainaut : deux pièces imprimées à Mons (Lettres d'agréation du Traité d'Arras du 17 mai 1579 ; Traité conclu à Arras le 17 mai 1579).VI. XVIIIe siècle, 1701 à 1714. Guerre de la Succession d'Espagne dans le Hainaut : une pièce (sur les 4 signalées à la table : ne subsiste qu'un extrait manuscrit de l'Histoire de France de Simonde de Sismondi).VII. XVIIIe siècle, 1701 à 1715 . Guerre de la Succession d'Espagne dans le Hainaut : une seule pièce, petit manuscrit de 7 ff.VIII. XVIIIe siècle, 1709 : 4 pièces, dont un bifeuillet peu lisible (encre en partie effacée) daté de 1709.VIII. XVIIIe siècle, 1709 à 1712. Coupes de la forêt de Mormal enlevées par les ennemis : un feuillet in-folio de l'époque (Mémoire à Monseigneur de Séchelle). Jean Moreau de Séchelle (1690-1761) ayant été intendant du Hainaut à Valenciennes de 1727 à 1743, puis intendant de Lille de 1743 à 1754, ce manuscrit est postérieur à la Guerre de Succession.IX. XVIIIe siècle, 1710 : 2 pièces imprimées (Articles de la capitulation proposez par les Estats du pays et comté d'Haynau, et par les magistrats de la ville de Mons, imprimés en 1787 ; placard in-folio d'une ordonnance royale du 30 novembre 1710).X. XVIIIe siècle, 1712. Bataille de Denain : 21 petites pièces.XI. XVIIIe siècle. 1715 : une seule pièce sur les deux signalées sur la table (un placard imprimé de l'intendant du Hainaut, Jean-Charles Doujat, du 15 décembre 1715).XII. XVIIIe siècle. 1775 à 1780. Hiver de 1776. Convention entre l'Impératrice et le Roi Très-Chrétien : 2 pièces.XIII. XVIIIe siècle. 1787. Projet de rétablissement des anciens États de Hainaut : une pièce imprimée à Douai (Discours du Roi, prononcé à l'Assemblée des notables, du lundi 23 avril 1787).Hors registres, on a enfin un ensemble de 35 petites notes manuscrites sur les années 1405-1500, regroupées à la fin du dossier.L'instituteur et directeur de pensionnat Alfred Jennepin (1836-1914) fut aussi historien, membre de diverses sociétés archéologiques de sa région. Il consacra son œuvre d’érudition et d’histoire à Cousorle, Bousignies-sur-Roc, mais aussi Maubeuge (Histoire de la ville de Maubeuge, depuis sa fondation jusqu'en 1790, publié en 1889), et à la valorisation des industries locales (Petits cours pratique de calcul appliqué à la marbrerie, Monographie de la marbrerie dans l'arrondissement d'Avesnes, et Histoire de l'industrie lainière dans l'arrondissement d'Avesnes). Il contribua enfin à un ouvrage collectif consacré à l’histoire militaire du département : La Défense nationale dans le Nord, de 1792 à 1802, publié à Lille entre 1890-1893. Un monument inauguré en 1923 lui rend hommage dans sa commune, route Nationale, et le collège de la ville, inauguré en 1971, porte son nom. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 228956

‎[MANUSCRIT]. JENNEPIN (Alfred).‎

‎Une erreur historique à rectifier. Fausse identification du général Charbonnier, commandant en chef de l'Armée des Ardennes en 1794, avec le général Deverchin dit Gayette ou Gaillette‎

‎S.l., s.d. (vers 1900) in-8, [12] ff. n. ch. sur papier réglé, écriture moyenne et très lisible, nombreuses ratures et biffures, en feuilles sous chemise de carton souple de remploi (une couverture imprimée du tome II de l'Histoire de la ville de Maubeuge, du même Jennepin).‎

‎Petit dossier regroupant des notes mal coordonnées et des débuts de rédaction."Parmi les erreurs historiques locales qui ont pris créance sur les personnages des guerres de la Révolution, l'une des mieux assises et des plus répandues dans le peuple d'abord, et par suite chez les historiens belges et même de la frontière française, c'est bien l'identification du général Louis Charbonnier avec l'adjudant-général François-Joseph Deverchin ..."La confusion dont le respectable érudit se fait le noble pourfendeur prendrait origine dans le surnom de Deverchin (1746-1807) : il était en effet appelé familièrement le '"général Charbonnier"' ou encore le "général Gaillette", parce qu'il avait été charbonnier dans sa jeunesse et, à la suite de ses études à l'Université de Louvain, géomètre et directeur de houillères à Wasmes. Pour le reste, sa carrière militaire n'a rien à voir avec celle de Louis Charbonnier, né et mort à Clamecy (1754-1833).L'instituteur et directeur de pensionnat Alfred Jennepin (1836-1914) fut aussi historien, membre de diverses sociétés archéologiques de sa région. Il consacra son œuvre d’érudition et d’histoire à Cousorle, Bousignies-sur-Roc, mais aussi Maubeuge (Histoire de la ville de Maubeuge, depuis sa fondation jusqu'en 1790, publié en 1889), et à la valorisation des industries locales (Petits cours pratique de calcul appliqué à la marbrerie, Monographie de la marbrerie dans l'arrondissement d'Avesnes, et Histoire de l'industrie lainière dans l'arrondissement d'Avesnes). Il contribua enfin à un ouvrage collectif consacré à l’histoire militaire du département : La Défense nationale dans le Nord, de 1792 à 1802, publié à Lille entre 1890-1893. Un monument inauguré en 1923 lui rend hommage dans sa commune, route Nationale, et le collège de la ville, inauguré en 1971, porte son nom. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 228936

‎[MANUSCRIT]. JUNCA.‎

‎Agence générale des armes, poudres et exploitation des mines. Le préposé de l'agence-générale des armes et poudres,. au citoyen [Nicolas-Marie] Songis, général d'artillerie à Lille.‎

‎Bruxelles, 3 Germinal an III (23 mars 1795), in-4, écrit sur deux pages, avec belle vignette en-tête, en feuille.‎

‎"Je te préviens que j'ai fait charger le 17 du mois passé sur le navire de Louis Dubois battelier de Lille, une barique de goudron pour le service de l'arsenal de Lille". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240924

‎[MANUSCRIT]. LIEBERT (Jean-Jacques).‎

‎État-major général. Liberté. - Égalité. [Ordre de mission].‎

‎Réunion-sur-Oise [= Guise], 21 Germinal an II (10 avril 1794) in-4, écrit au recto, avec vignette en-tête, en feuille, avec cachet de cire rouge.‎

‎Ordre de mission adressé à Rozat "de partir sur le champ de Paris pour prendre le quartier général de Réunion-sur-Oise à l'effet de remplir les fonctions d'adjoint aux adjudans généraux près de l'adjudant général Ferroz".Engagé comme simple soldat du régiment d'artillerie de Metz en 1771, Jean-Jacques Liébert (1758-1814) avait été nommé officier et chevalier de Saint-Louis en 1792. Il fit les campagnes de la Révolution à l'Armée du Rhin puis du Nord jusqu'en 1796, nommé général en 1793, chef d'état-major l'année suivante. Il fut commandant la 22e division militaire à Tours à la place de Sahuguet en mars 1800, sera arrêté comme complice de Moreau puis admis à la retraite en 1804. Il reprendra du service lors de la Campagne de Prusse, nommé successivement gouverneur de Posen, de Stettin et de la Poméranie Suédoise, définitivement admis à la retraite en 1813. Il est fait baron de Nitray en 1808. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240925

‎[MANUSCRIT]. LINGUET (Simon-Nicolas-Henri).‎

‎Lettre de M. Linguet, avocat au Parlement. à M. le comte de Vergennes, ministre des affaires étrangères, du 11 février 1777‎

‎S.l., s.d. petit in-4, [44] ff. n. ch., couverts d'une écriture moyenne, régulière et très lisible (environ 30 lignes par page), avec une importante marge gauche sur chaque page, en feuilles, cousu. Des mouillures claires "in fine".‎

‎Un des exemplaires manuscrits ayant circulé de la Lettre de M. Linguet à M. le Comte de Vergennes, publiée à l'adresse de Londres cette même année 1777 (in-8 de 72 pp.), et par laquelle l'avocat devenu publiciste, exilé à Londres, sollicitait l'autorisation de retourner en France. Le texte est identique à la version imprimée, en-dehors de points d'orthographe. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240599

‎[MANUSCRIT]. MOCQUARD (Jean-François)‎

‎2 L.A.S. à Mademoiselle Colombier.‎

‎(Paris), 1864 in-16, sur double feuillet.‎

‎- L.A.S à l'actrice à propos de sa première représentation. (Paris), 31 mars 1864. 2 pp."Votre petit billet m’a été remis dimanche matin seulement. Prenez vous en donc à Mr de Rouville, si je n’ai pas connu plutôt le jour de votre début et ne m’accusez pas d’indifférence. Personne n'a pu encore me rendre compte de vôtre premier essai (...).""Sortie à vingt ans du Conservatoire de Paris, l'actrice Marie Colombier (1844-1910) avait débuté au Châtelet le 26 mars 1864. Très jolie fille, pleine de jeunesse et de gaieté mais dépourvue de tout sens moral, elle se lança aussitôt dans la vie joyeuse de la fin de l'Empire, eut d'innombrables amants, négligea totalement son art pour ne rechercher que des succès purement féminin." Mademoiselle Colombier était une grande amie de Sarah Bernhardt, amitié qui ne tarda pas à se brouiller après une tournée en Amérique. L'actrice s'était essayée dans la littérature dont on mentionnera le Carnet d'une Parisienne (1882), La plus jolie femme de Paris (1887), ses Mémoires (1898-1900).- L.A.S. à Mademoiselle. (Paris), jeudi."J’ai besoin d’avoir une conférence avec M. Camille-Doucet au sujet de la position théâtrale d’une personne à laquelle je m’intéresse (…) je suis donc privé d’être votre convive (…)"Ancien secrétaire du baron Fain, au cabinet du Roi Louis-Philippe, Camille Doucet (1812-1895) dirigea à partir de 1853 le bureau des théâtres, et devint en 1863 directeur de l'administration des théâtres au ministère de la Maison de l'Empereur. Auteur de plusieurs pièces et œuvres lyriques, il entre à l'Académie en 1865.Notons que Mocquart avait publié quelques écrits ; aimant le théâtre, il avait collaboré à plusieurs drames dont Les Fastes du Crime (1844) représenté avec grand succès sur l'adaptation d'Ennery. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 157101

‎[MANUSCRIT]. OSTEN (Pierre-Jacques).‎

‎Armée [du Nord]. Le général Osten au citoyen Manville,. commandant la 164me 1/2 brigade.‎

‎Bréda, 20 Messidor an III (8 juillet 1795), in-folio, avec belle vignette en-tête, en feuille, cachet de cire rouge.‎

‎"Je t'ai ordonné, mon camarade, de partir demain vingt un du courant, avec le 1er bataillon de la 1/2 brigade que tu commandes, pour te rendre à Berg op Zoom où tu resteras jusqu'à nouvel ordre".Le général belge Pierre-Jacques Osten (1759-1814) avait été affecté à l’armée du Nord, en Hollande, en Fructidor an II (septembre 1794). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240912

‎[MANUSCRIT]. PILLE (Louis-Antoine).‎

‎16me division militaire. - Départements de la Lys, du Nord, du Pas-de-Calais. L. A. Pille, général divisionnaire commandant en chef la 16e division militaire. au ministre de la guerre‎

‎Lille, 5 Messidor an IX (24 juin 1801) in-folio, écrit au recto, en feuille.‎

‎Transmet la notification d'un congé de convalescence accordé par le 8e Régiment d'artillerie pour un canonnier en garnison à Lorient.Ancien secrétaire de l'intendance, commandant les Volontaires de Dijon au début de la Révolution, Louis-Antoine Pille (1749-1828) servit à Jemmapes, Tirlemont, au bombardement de Maestricht et Nerwinden avant d'être livré par Dumouriez aux Autrichiens ; échangé en mai 1793, et promu général, il fut employé au ministère de la Guerre chargé de l'organisation et du mouvement des armées. Il occupera ensuite les fonctions d'inspecteur des troupes, et fut envoyé en Italie en 1807. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240205

‎[MANUSCRIT]. PÉRIÈS (Jacques).‎

‎Liberté. - La probité et la justice sont à l'ordre du jour. - Égalité. Le citoyen Périès, représentant du peuple. à ses collègues composant le comité des travaux publics‎

‎Lille, 13 Floréal an III (2 mai 1795) in-4, [4] pp. n. ch., couvertes d'une écriture moyennement lisible, avec une belle vignette en-tête gravée, en feuille.‎

‎Rapport reçu le 17 Floréal an III [5 mai 1795] par Pierre Roux-Fazillac (1746-1833), qui le transmit "au citoyen Romme qui est invité de se charger de toute la correspondance de nos collègues, et d'en faire rapport au Comité".Le conventionnel Jacques Périès (1736-1797) avait été en Germinal an III, aux côtés de Blanqui, de Fayolle et de Lacombe, envoyé en mission dans huit départements afin d'y contrôler la réparation des routes. Il rend compte très en détail des débuts de ses travaux : "En traversant les départemens qui conduisent ici, j'ai trouvé quelques mauvais pas seulement dans les départemens de la Somme et de l'Oise. J'en ai conféré avec notre collègue Blaux et l'ingénieur en chef du dépôt de la Somme qui m'a paru actif et zélé et travaillant sérieusement à les réparer (...). Je n'ai pas été satisfait de la route comprise dans le district de Lille. Elle est dans un état tel que la communication seroit bientôt interrompue si on ne se hâte de la réparer (...)."Il est notamment attentif aux conditions de travail des ouvriers affectés aux réparations : "Les ouvriers qui sont sur les chantiers demandent pour continuer de travailler une livre et demie de pain par jour, qu'ils offrent de payer au prix convenu, ou du montant duquel on leur fera la retenue. Cette mesure ne sera que pour les ouvriers des environs de Lille, car pour ceux de la ville il n'en faudroit qu'une demi-livre (..)." - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240193

‎[MANUSCRIT]. RICHARD (Joseph-Etienne).‎

‎Armée du Nord. - Liberté. - Égalité. Le Représentant du peuple Richard envoyé près l'Armée du Nord à son collègue Talot.‎

‎La Haye, 20 vendémiaire an III [= IV] (12 octobre 1795), in-folio, [2] pp. n. ch., en feuille.‎

‎Sur la répression du mouvement du 13 vendémiaire an IV [5 octobre 1795] : "Nous avons appris, cher collègüe, le triomphe de la Convention nationale sur les roÿalistes par le télégraphe. Cette nouvelle a répandu la joïe dans l'armée, qui ÿ a pris d'auatnt plus de part qu'une partie de nos frères d'armes a eu l'avantage de combattre pour la Convention et de terrasser les contre-révolutionnaires qui depuis longtemps couvroient d'outrages les deffenseurs de la liberté".Joseph-Étienne Richard (1765-1839) avait été élu député de la Sarthe à l'Assemblée législative puis à la Convention ; il fut envoyé en mission avec Choudieu dans le Maine puis à l'Armée du Nord, s'occupa de l'administration des pays conquis et se montra très clément auprès des prisonniers émigrés et anglais, ce dont la Restauration se souviendra. Réélu dans le département du Nord, il siégea au Conseil des Cinq-Cents jusqu'en 1797, devint adjoint au chef de la 8e division au ministère de la Guerre. Après le coup d'état du 18 Brumaire, il se fit nommer préfet de la Haute-Garonne et deviendra préfet de la Charente-Inférieure en 1806.Cette lettre est d'autant plus intéressante que son correspondant, Michel-Louis Talot (1755-1828), alors envoyé dans le Pas-de-Calais pour y réorganiser les administrations, devait prendre la défense devant le conseil de guerre, à son retour à Paris, du général Menou, son ancien compagnon d'armes, mis en jugement pour son comportement lors de cette insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV ; il réussit à obtenir son acquittement. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240188

‎[MANUSCRIT]. ROGIER.‎

‎Le Commissaire du Directoire exécutif près l'administration du département de la Meuse inférieure. au citoyen [Jean-Nicolas] Bassenge, commissaire du directoire exécutif près le département de l'Ourthe‎

‎Maastricht, 2 Messidor an IV (20 juin 1796) in-4, écrit sur deux pages, avec belle vignette en-tête, en feuille.‎

‎Lettre de recommandation : "Une personne de ma connaissance vient de s'adresser à moi pour invoquer votre bienveillance en faveur d'un habitant de votre commune : c'est le citoyen Renette, ancien architecte, brave et honnête homme que je ne crois pas d'une fortune bien considérable. Il vient d'être passé dans l'emprunt forcé à une somme qu'il aurait peut-être pu supporter dans un autre temps ; mais dans celui-ci, elle est au-dessus de ses facultés". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240915

‎[MANUSCRIT]. ROOT (John William).‎

‎Les Indes occidentales britanniques (Antilles) et l'industrie sucrière.‎

‎S.l., s.d. (vers 1900) in-folio, titre, 8 ff. anopisthographes, puis pp. 9-20, puis ff. anopisthographes 21-58, puis pp. 59-71, puis ff. anopisthographes 72-77, puis pp. 78-84, puis ff. anopisthographes 85-111, un f. n. ch. entre le f. 106 et le 107, le tout couvert d'une écriture fine et lisible, avec ratures, biffures et corrections (environ 25 lignes par page), sur papier réglé, en feuilles.‎

‎Traduction française inédite (et assez littérale) de l'ouvrage au demeurant rare de l'économiste John William Root (1859-?) : The British West Indies and the sugar industries, paru à Liverpool en 1899, formant un in-8 de xvii et 159 pp., et qui n'a jamais connu de version en français.Peu connu, Root est cependant l'auteur d'au moins cinq autres monographies économiques, dont les deux premières sont signalées au feuillet de titre du manuscrit : Tariff and trade (Liverpool, 1897) ; Spain and its colonies (Londres, 1898) ; Studies in British national finance (Londres, 1901) ; Trade relations of the British Empire (Liverpool, 1903) ; Colonial tariffs (Liverpool, 1906), aussi peu communes que notre titre.I. Décadence des Indes occidentales. - II. La condition sociale et morale du peuple. - III. La capacité du sol. - IV. L'augmentation de la production du sucre. - V. L'avenir des Antilles. - VI. Droits compensateurs."L'idée que presque tout le monde civilisé a fait de rapides progrès au point de vue de la prospérité et du bien-être en général ne fait qu'augmenter le regret qu'une de ses parties, si isolée et si insignifiante qu'elle soit, ait suivi une marche rétrograde. Pour des Anglais, ce regret doit se changer en mortification, non seulement parce que cette partie du monde fait partie de l'Empire britannique, mais encore parce que la nature l'a dotée de tout ce qui [peut] rendre l'homme heureux, sinon riche".Aucun exemplaire de l'originale anglaise au CCF. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

Referenz des Buchhändlers : 240032

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