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In-8, demi-chagrin vert bronze, dos à 4 nerfs orné de filets à froid (rel. XIXe), 157 p. faux-titre et titre compris, portrait frontispice de Marat gravé par Blanchard. Première édition distribuée dans le commerce, "enrichie d'un grand nombre d'articles et refondue" (Notice de l'éditeur, p. 6). Marat composa cet ouvrage en réponse à un concours ouvert par la Société économique de Berne en janvier 1777, probablement initié par Voltaire et largement financé par Frédéric II. Véritable profession de foi révolutionnaire, le "Plan" allait soulever l'hostilité du jury et déclencher les foudres de la censure. Abolition de la torture, proportionnalité des peines par rapport aux délits, dénonciation de l’arbitraire et des justices d’exception. Dans ce brûlot, "Marat condamne la tyrannie du ‘plus petit nombre’, des dominants économiques n’ayant 'ni talents, ni mérites, ni vertus’ sur la ‘multitude’. Il énonce une sorte de droit permanent à la révolte : celui qui vole pour vivre lorsqu’il ne peut faire autrement ne fait qu’user de ses droits. Il conclut en ces termes : ‘Périssent ces distinctions odieuses qui rendent certaines classes du peuple ennemies de l’autre’" (S. Bianchi, Marat, p. 29). Le futur Conventionnel avait fait imprimer son manuscrit à Neuchâtel en 1780. Quand l'édition arriva en France, la justice fit arracher les pages subversives et Marat préféra mettre l’ensemble du tirage au pilon. "Il n’en subsiste aucun exemplaire" selon Jean Massin (‘Marat’, p. 49-55). (Fonds Lacassagne, Marat, p. 3. Martin & Walter, 22850). Rousseurs éparses. Coiffe supérieure restaurée. Exemplaire à toutes marges.
In-4, demi-basane de l'époque, dos à 4 nerfs (lég. frotté), (2) f., [iii]-xx, 215, (1) p., 15 tableaux dépliants. Edition originale et unique de cet ouvrage d'inspiration physiocratique. Après avoir servi dans les armées du roi et obtenu la concession de terres agricoles dans l'Isle de France (île Maurice), Heurtault de Lamerville s'intéressa aux problèmes financiers que rencontrait la France. Il formule, dans cet ouvrage, des solutions originales à travers un plan de restructuration du système financier et fiscal et la libération des dettes de l'Etat. Il critique les impôts directs et indirects et propose, en remplacement, un impôt territorial, une taille réelle et une "subvention générale". Le dispositif est fondé sur l'instauration d'Assemblées provinciales qui assureraient la perception et la répartition de l'impôt. Mirabeau, Turgot, Le Trosne, Condorcet auront les mêmes objectifs concernant les Assemblées provinciales. (Einaudi, 3185. Goldsmiths, 13642. INED, 2556. Kress, B.1437. Weulersse, 'La physiocratie à l'aube de la Révolution', p. 432). Très bon exemplaire, imprimé sur vergé fort, grand de marges.
In-8, plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments garnis de fleurons dorés, pièce de titre de maroquin bordeaux, triple filet à froid en encadrement des plats, tranches rouges (petits accrocs aux coiffes, qqs épid.), xxvij, (1), 224, (1) p., frontispice. Première édition de l'édition critique et traduction de Guillaume-Antoine Lemonnier, révisée par Diderot. Frontispice gravé par Rousseau d'après Cochin (face page 1). Texte latin sur les pages de gauche, traduction française en regard sur celles de droite. La BnF conserve les premières épreuves corrigées par Diderot. L'abbé Lemonnier avait fait la connaissance de Diderot chez les dames Volland. (G. Kaucher, 'Les Jombert', n°800. Brunet, IV, 522. Cohen, p. 792). Petits accrocs aux coiffes, qqs épidermures. Bon exemplaire.
2 volumes in-8, plein veau granité, dos ornés d'un riche décor romantique de compartiments garnis d’un fer spécial répété, grecque et palette dorés, pièces de titre de tomaison de veau noir, plats encadrés d'une roulette dorée, tranches jaspées (rel ca 1830), (1), 424 p. et (1) f., (2) f., 428 p. Seconde édition qui contient, outre l'"Analyse", "La Vie de François Bacon" (tome I, p. 1-199), adaptation par Pouillot de "The Life of Francis Bacon" de David Mallet ; "Essai sur la reine Elisabeth" traduction de "Felix memoria Elizabethae" dû à Francis Bacon et "Eloges du chancelier François Bacon". Collaborateur à l'Encyclopédie, lié à Diderot, Rousseau, Condillac, proche de Montesquieu, Deleyre fut élu député montagnard à la Convention. Cette minutieuse étude sur la philosophie de Bacon contribua, dès la première édition (1755), à propager les doctrines du philosophe anglais et à asseoir sa notoriété auprès des hommes des Lumières. Naigeon inséra cette étude à l'article "Bacon" du "Dictionnaire de la Philosophie" de l'Encyclopédie méthodique Panckoucke. Quelques infimes accrocs à la reliure. Très bon exemplaire, frais, bien relié.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, demi-basane vert bronze, dos lisse orné de filets et palettes dorés (rel. ca 1850). 1- Edition augmentée de l'important "Discours préliminaire", bien complète des 10 planches hors-texte de musique. Sur cet ouvrage et la rupture introduite par le 'Discours préliminaire' cf. F. Escal, 'D'Alembert et la théorie harmonique de Rameau', revue Dix-huitième siècle, n°16 - "D’Alembert", p. 151 sq. (Gregory, p. 11. Cette édition manque à Cortot et à Fétis). 2- Deuxième édition, à la date de l'originale, avec les fautes corrigées. "Le traité de l’abbé Roussier décrit la formation des accords, donc de l’harmonie, qu’il convient de maîtriser parfaitement pour jouer une partie de basse continue" (Expo. virtuelle, Bibliothèque de Toulouse). "As a proponent of Rameau's theorie, his goal was to reduce fundamental bass rules to a rigorous system that avoided speculative propositions. This 'Traité des accords' is a compendium of chords and laws: thoroughbass chords are methodically described, related to three basic fundamental chords, and then labelled by a letter-plus-number notational system that indicates a chord's root and hierarchy in the scale. Roussier diverged from Rameau on the issue of double emploi" (Grove Music Online). (Cortot, p. 173. Gregory, p. 238. Cette édition manque à Fétis).
In-8, broché, couverture de papier moderne, 40 p., planche gravée hors texte et 2 grandes vignettes par Eisen. Edition originale de ce texte qui sera repris par l'auteur dans son "Héroïde". Illustration d'après Eisen comprenant la célèbre planche représentant la découverture du corps du fils aîné des Calas pendu et 2 grandes vignettes en bandeau et cul-de-lampe gravés sur cuivre l'une par J. Massard, l'autre par E. de Ghendt. (Cohen, p.155. Colon, 'Siècle des Lumières', 62:291. Coquerel, 'Jean Calas et sa famille', n°67). Quelques rousseurs et piqûres.
In-12, plein veau de l'époque, dos à nerfs orné de caissons fleuronnés, pièce de titre de maroquin rouge, vii, (1), 232 p. Edition originale. Dans cette systématisation de son 'Traité des systèmes', Condillac réfute les doctrines de Descartes et de Buffon sur la psychologie animale et soumet à la même méthode empirique la question de l’origine des facultés chez les animaux. Il livre, en contrepoint, ses théories sur la place de l'homme, la supériorité de la raison, la connaissance de Dieu et la possession de la loi morale. (Corpus Condillac, 01, p. 182. G. Kaucher, ‘Les Jombert’, n°206. Tchemerzine-Scheler, II, 480). Petit accroc de papier en marge p. 77-78. Coiffes et coins usés, mors fendillés.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, demi-veau de l'époque, dos lisse orné d'un décor de palette, filet ondulé et petit fer spécial répété, pièce de titre de veau vert, tranches mouchetées. Edition originale de ce recueil des deux essais que l’auteur consacre à l’analyse et à la critique des oeuvres et des doctrines de Rousseau et de Court de Gebelin. De Rousseau, il examine les deux ‘Discours’ ; de Court de Gebelin, ‘Les Devoirs' et 'Le Monde primitif’. Dans le second ouvrage (‘Examen des systèmes’), J.-Ch.F. Le Gros se défend de vouloir mener une réfutation systématique des deux auteurs, mais revendique le droit à un examen contradictoire et approfondi de leur "système" en particulier sur la question de la "perfectibilité de l’espèce humaine" (II, p. 9), de l’origine de l’Homme et de l’influence de la société sur son développement. Homme d’Église, spécialiste des questions économiques et politiques, J.-Ch.F. Le Gros (1712 – 1790) fut élu député du clergé aux États généraux pour la ville de Paris. (Conlon, ‘Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau’, n° 695 et 724. Conlon, ‘Siècle des Lumières’, 86:1487. ‘France littéraire’, V, 114. Leblanc, n° 158 et 159). De la bibliothèque d’H. Châtelain, avec sa petite signature ex-libris daté de 1799. Petit accroc à la coiffe supérieure. Très bon exemplaire, très bien relié.
In-12, demi-veau de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (4), 128, (1) p. errata. Edition originale et unique, rare, de ce discours prononcé par Le Trosne, avocat du Roi converti à la cause physiocratique, plaidoyer en faveur d'une réforme en profondeur de la législation aux fortes implications sociales et économiques. "A l'ouverture des audiences du bailliage d'Orléans, le 15 novembre 1763, Le Trosne s’élève contre l’arbitraire des lois, trace un tableau des devoirs du ministère public et critique la législation pénale de son temps ainsi que l’horrible iniquité de la torture. Ses convictions physiocratiques et son intérêt pour les questions économiques l’engagent à rechercher la corrélation entre le juste et l’utile et à examiner les répercussions favorables d’une saine morale publique sur l’économie nationale, en accompagnant sa démonstration de nombreuses et amples "notes économiques" gage de son ralliement aux Physiocrates" (Cf. Daire, 'Physiocrates', II, p. 88). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 64:987. Goldsmiths, 10051.1. Weulersse, 'Mouvement physiocratique', I, p.xxvii). Relié avec: SERVAN (Joseph-Michel-Antoine). Discours sur l'administration de la justice criminelle. Genève, 1767. (4), 152 p. et SERVAN. Discours (...) dans la cause d'une femme protestante. Genève & Grenoble, J.S. Grabit, 1767. (4), 112 p. "Toutes les théories sociales, qui vingt cinq ans plus tard devaient renouveler la face de l'Europe et tracer une nouvelle voie à la civilisation, étaient exposées et développées dans ces discours" (Larousse). Qqs auréoles claires à qqs feuillets. L'ouvrage de Le Trosne est relié en fin. Bel exemplaire, très frais très bien relié à l’époque.
4 volumes in-12, plein veau marbré de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bronze (reliure abîmée), (2), viii, (2) d' 'explications' et 'fautes', 466 p.; (4), 407 p.; (4), 381 p. et (4), 455 p., 112 p. pour 'Emile et Sophie', titres noir et rouge, 5 figures par Eisen gravées par Le Grand, Longueil et Pasquier. Edition à la date de l'originale, troisième édition parisienne in-12° publiée à Paris chez Duchesne, selon McEachern, illustrée de 5 planches par Eisen, gravées par Le Grand, Longueil et Pasquier. Un des rares exemplaires à comporter le "Supplément à l'Emile" en pagination séparée à la suite du tome IV, dans une composition typographique différente. 'Emile et Sophie', suite peu connue de "l'Emile", désenchantée et déprimée, est demeurée inachevée par Rousseau. "C’est le roman expérimental de l’ 'Emile'. Rousseau veut mettre ses deux élèves à l’épreuve de la nécessité pour vérifier leur liberté intérieure devant les aléas de l’existence. Comment vont-ils assumer l’une un adultère malgré elle, l’autre une rupture dont il se sent victime? " (cf. Frédéric S. Eigeldinger, Ed. Champion). Selon McEachern, qui se base sur le filigrane, cette édition serait antidatée et n'aurait pas été publiée avant 1774 et pour 'Emile et Sophie' après 1780, date de la première édition. Collation des faux-titres et titre conforme à la description donnée par McEachern. (Cohen, 436. McEachern, n°7, p. 123. Gagnebin, IV, p. 1868, 7-8). Reliure abîmée: mors fendillés, coiffes arrachées, épidermures, trous de vers. Bon était intérieur.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments fleuronnés, 2 pièces de titre de maroquin, guirlande sur les coupes, tranches rouges. 1- Edition originale. "C'est la méthode de Pascal qu'adopte André. Il voit d'emblée le point faible de Rousseau: l'état misérable de l'homme est injustifiable dans le théisme. Rousseau l'attribue bien au libre arbitre et pense avec tous les chrétiens, contre Bayle, que Dieu ayant 'voulu communiquer à ses créatures la dignité de la causalité' (Pascal), la misère avec la liberté est préférable à une servitude dorée" (Monod, p. 415). (Conlon, n° 194. Monod, p. 563). 2- Édition à la date de l'originale, conforme à la description donnée par L. Scheler dans ses annotations à Tchemerzine, de l'un des textes fondamentaux de la pensée politique de Fénelon, qu'il composa pour l'instruction du Dauphin. Cet essai avait été préalablement publié en 1734 à 150 exemplaires sous le titre de 'Examen de conscience pour un Roi', joint aux 'Aventures de Télémaque'. Il suscita la fureur de Louis XIV, fut interdit par ordre et supprimé des exemplaires de 'Télémaque'. Il fallut attendre cette année 1747 pour qu'il soit réimprimé. (France Littéraire, III, 99. Peignot, 'Livres interdits', 140. Tchemerzine-Scheler, III, 234). Exemplaire enrichi d'un portrait frontispice de Fénelon d'après Joseph Vivien, gravé par P. Dupin. Provenance: "Madame Roland de Challerange, conseillère au Parlement", avec son grand ex-libris gravé armorié (XVIIIe). Très bon exemplaire, très bien relié à l'époque.
In-8, broché, couverture de papier bleu moderne, (4), 43 p. Seconde édition augmentée, parue un an après l’originale. Compositeur, vielliste virtuose, fils d'un facteur de vielle considéré comme ayant révolutionné la lutherie de l'instrument, Charles Bâton prend la défense de la musique française contre les attaques de J.-J. Rousseau. "Une des meilleures pièces qu’on ait publiées dans la Querelle des Bouffons", selon Fétis ('Dictionnaire des musiciens', II, 79). (Conlon, 'Rousseau', 1076. Gregory, p. 26. Fétis, 3952. RISM, B.VI.1, p. 123. Soleinne, 566). Bon exemplaire, frais, grand de marges.
2 volumes in-8, plein veau porphyre de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et havane, (4), 252 p., (3) p. de table et errata et (4), 231 p., (8) de table, errata et privilège, 17 p. de catalogue éditeur, vignettes de titre gravées. Edition originale de cet important ouvrage sur l'esthétique consacré, pour la moitié, à la musique, mais aussi : "parole", danse, peinture, sculpture, architecture, achevant de donner une perspective encyclopédique du sujet. Estève adopte un point de vue strictement sensualiste: les mouvements matériels des sensations sont les principes primitifs des sentiments qui se communiquent à l'âme. Dès lors, le seul guide en matière d'appréciation artistique ne peut être fondé que sur les "principes les plus vrais de la sensibilité". Contre Rameau, il remet en cause l'application du principe de l'imitation en musique et développe une explication physique originale du phénomène des consonances. L'ouvrage est cité comme une source notable de la doctrine de Rousseau en matière de théorie musicale. "Cet essai occupe une place charnière dans l'évolution de la notion d'imitation des passions et marque le passage à de nouvelles conceptions et à de nouveaux discours sur les arts" (cf. B. Cannone, 'Philosophies de la Musique', Klincksieck, 1990, passim). François Estève (1720-1790) était médecin et membre de l'Académie des sciences de Montpellier. (Corot, p. 72. Fétis, III, 160. B.A. Elkner, 'Pensée esthétique en France au XVIIIe', Slatkine, 1971, p. 65-67). Accrocs aux coiffes avec manques. Bon exemplaire. Intérieur très frais.
In-8, plein veau porphyre de l'époque, dos à 5 nerfs fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, triple encadrement de filets dorés fleuronnés aux coins sur les plats, coupes filetées, tranches marbrées, roulette intérieure, (6), 224 p. Edition originale (une contrefaçon parut simultanément). "Auteur et comédien, Dancourt excellait dans les rôles d'Arlequin. Le meilleur de ses ouvrages (…), apologie de la comédie et des comédiens, en réponse au discours de Rousseau contre les spectacles. Le titre 'd'Arlequin de Berlin' est pris pour parodier celui de 'citoyen de Genève'. Ce livre est le plus estimé sans contredit de ceux qui parurent en réplique à la lettre de Rousseau" (Michaud, 'Biographie universelle', X, 89). "Réplique mordante à Rousseau ('Lettre à D'Alembert') depuis le point de vue d'un comédien, d'un homme qui a une connaissance approfondie du répertoire, l'expérience de la scène et celle des réactions du public. Il prend le temps de citer point par point Rousseau mais aussi de nombreux textes de théâtre à l'appui de sa démonstration" (Nathalie Ferrand, "Le dernier état de la 'Lettre à D'Alembert sur les spectacles'", Genesis, 34, 2012, p. 135 sq.). (Conlon, 'Ouvrages français relatifs à Rousseau', n°120). Bel exemplaire, très bien relié à l'époque.
2 tomes en un volume in-12, demi-chagrin moderne auburn à la Bradel, dos lisse, titre dorée, date dorée en pied (rel. Louis Pouillet), (2) f., 118 p. et (2) f., 120 p. Deuxième édition, à la date de l'originale, la première parisienne et la première sous ce titre. Elle est également la première où le texte soit divisé en deux parties à pagination particulière, chaque partie précédée d'un faux titre, portant respectivement: "L'Ingénu. Première partie" et "L'Ingénu. Seconde partie". Le texte présente des différences avec celui de l'édition de Genève. L'un des contes philosophiques les plus célèbres de Voltaire, véritable petit roman sentimental qui relate les "années d'apprentissage" d'un jeune homme élevé en Amérique chez les Hurons, débarqué en Bretagne. Il répond aux thèses de Rousseau, traite du thème du bonheur rendu impossible par les conventions, la corruption et l'obscurantisme religieux et mène une charge vigoureuse contre l'absolutisme, les atteintes à la liberté individuelle, les jansénistes, les jésuites. L'ouvrage fut saisi quelques semaines après sa parution. (Bengesco, I, 1471. Voltaire à la B.N., n°2824. Jones, 'L'ingénu', édition critique, Droz, 1957, n°5 p. 69). Le papier est uniformément bruni. Petite découpe de papier en tête du faux-titre du tome II. Exemplaire entièrement non rogné.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau de l'époque, dos à 5 nerfs fleuronné et cloisonné, tranches rouges. 1- Edition originale. La réponse de Rousseau à l'article "Genève" qui venait de paraître dans l'Encyclopédie, dans lequel D'Alembert suggérait des réformes pour la ville de Genève: projet pour une "cité philosophe" de liberté politique et culturelle, notamment par la levée de l'interdiction d'un théâtre permanent. Rousseau résume dans sa critique tout ce qu'il dénonçait déjà comme une illusion: "le théâtre comme école de l'hypocrisie, le bel esprit, la civilité telle qu'on la conçoit à Paris sont inconciliables avec les mœurs de véritables citoyens. Ses thèses sur les spectacles ne sont qu'un aspect de sa réflexion sur la modernité: à quelles conditions la république est-elle possible ? Comment lier adéquatement morale, esthétique et politique" (B. Bachefen, ENS éditions). (Gagnebin, V, 1812. Tchemerzine-Scheler, V, 535). 2- Edition originale et unique de cet ouvrage composé par Paul-Antoine Nolivos de Saint-Cyr, qui rencontra Rousseau à Venise. Membre de la "coterie holbachique", l'auteur était un proche de madame d'Holbach. Devenu "Laval", comédien aux portes de Genève, il mène ici une polémique ardente pour "venger" d'Alembert et Voltaire de la 'Lettre sur les spectacles' de Rousseau. "Apologie de la comédie et des comédiens en réponse à Rousseau. C'est sans contredit le meilleur de tous les ouvrages qui parurent en réplique à cette lettre" (Quérard, 'Supercheries littéraires', 1847, II, n°3889). (Conlon, 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau', n°87. Soleinne, 'Bibliothèque dramatique', V, I, n°674). Quelques épidermures. Coiffes restaurées. Mors frottés et fendillés. Intérieur frais.
In-12, broché, couverture papier bleu ancien (rel. postérieure), 47 p., (1) f. bl., titre inclus. Edition publiée un an après l'originale de cette imitation facétieuse de la 'Relation de la mort du P. Berthier' par Voltaire, composée par Nicolas Joseph Sélis. (Cf. Bengesco, IV, p. 343. Quérard, IX, 9, p. 39). Quelques rousseurs. Bon exemplaire.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs cloisonnés et fleuronnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filet doré sur les coupes, tranches rouges, (2), xij, 298 p., (1) f. d'errata. Edition originale et unique de cette importante source pour l'histoire de la démographie au XVIIIe, ouvrage auquel Joseph Spengler a consacré un chapitre de son "Economie et population, doctrines françaises…" (éd. INED, PUF, 1954, p.94 sq.). Résolument populationniste, l'auteur analyse les causes économiques et morales de la dépopulation de la France et livre son plan de réformes. Economiste, collaborateur à l'Encyclopédie Diderot-D'Alembert, prêtre du diocèse de Bordeaux, Pierre Jaubert (1715-1780) quitta sa charge pour s'installer à Paris et se consacrer à des travaux historiques et économiques. Michel Foucault a cité cet ouvrage dans son cours au Collège de France: "Sécurité, territoire, population" (1977-1978). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 67:953. Goldsmiths'-Kress, n°10298. Higgs, 4197. INED, 2349). Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.
Ensemble de 2 ouvrages réunis en un volume in-8, broché sous couverture d'attente de papier fort bleu de l'époque. Edition originale et unique. Rousseaulâtre mystique, l'auteur se propose de réunir en un seul volume le contenu des cinq tomes des 'Confessions' de Rousseau afin de contribuer à sa gloire universelle et de mettre l'œuvre à la portée de tous, "en employant ses idées, son style, son langage, trop précieux pour le changer". L'ouvrage est suivi d'une ambitieuse adaptation de la nouvelle Héloïse pour le théâtre, qui se voudrait la plus fidèle possible, sur fond musical emprunté au "Devin du Village". L'auteur se présente comme "ancien militaire, élève de Marmontel, et membre de plusieurs sociétés savantes". (Barbier, 'Principaux écrits relatifs à J.-J. Rousseau', 13-14. 'France littéraire', III, 161-162. Soleinne, 2610). Bon exemplaire, non rogné, imprimé sur papier fort, tel que paru.
2 volumes in-12, plein veau marbré, dos à 5 nerfs cloisonnés et fleuronnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, filet d'encadrement à froid sur les plats, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges, (2) f., ix, (9), 471 p. et ix, (3), 426 p. Edition originale posthume, accompagnée d'une courte biographie de l'auteur par Joly de Fleury. "Docteur de la maison et de la Société de la Sorbonne", François Ilharat de la Chambre (1698-1753) a produit une oeuvre apologétique intransigeante dirigée à la fois contre les jansénistes et contre les doctrines matérialistes de son temps. Diderot lut ses ouvrages et les cite à plusieurs reprises, en particulier dans 'Essai sur le mérite et la vertu'. Reliure un peu frottée. Quelques accrocs.
In-8, veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, xvi, 495 p., 12 planches dépliantes gravées, 17 bandeaux historiés gravés sur cuivre. Edition originale de la traduction française, donnée par Elie de Joncourt. Médecin et physicien, proche collaborateur et éditeur de Newton, Henry Pemberton (1694-1771) procure une synthèse claire et fidèle de la révolution newtonienne en matière de philosophie, de physique (loi de l'attraction universelle), d'astronomie, sur la lumière, les couleurs et les sciences de la nature. Elaboré sous la supervision de Newton lui-même dans les derniers moments de sa vie, l'ouvrage contribua dans sa version anglaise, puis dans cette version française, à la diffusion et à la vulgarisation internationales de l'oeuvre du savant. (Gray, 134. Wallis, 133. Manque à Babson). Petits accrocs aux coiffes et coins. Mors légèrement fendillés. Provenance: le duc d'Albret (Gascogne), XVIIIe siècle, avec son ex-libris gravé et armorié. Petit cachet sur le titre. Bon exemplaire, bien relié à l'époque.
3 forts volumes in-8, pleine basane de l'époque, (4), lix, (5), 672 p.; (4), 656 p., (1) f. d’errata et (4), 658 p. Seconde édition augmentée de deux volumes supplémentaires qui en font un livre nouveau. Père jésuite originaire de Besançon où il enseigna la philosophie, les mathématiques et la physique, Para Du Phanjas composa cette oeuvre encyclopédique de métaphysique à la suite d'un traité de physique ("Etres sensibles"). Dans cet ouvrage qui embrasse les grands domaines de la métaphysique (domaine des "êtres insensibles"), l'auteur réfute les doctrines philosophiques des Lumières, en utilisant les mêmes méthodes, arguments et jusqu'au vocabulaire de ses adversaires. Se refusant à la défense d'une foi obscurantiste, Para du Phanjas tente de "définir les principes et preuves irréfragables qui fondent cette religion en un cours méthodique". Par sa démarche et la qualité de sa démonstration, Para du Phanjas obtint le respect au sein même du "parti philosophique". (Conlon, 'Siècle des Lumières', 79: 1434. Rochas, 'Biographie du Dauphiné', II, 213. Sommervogel, VI, 193). Reliure abîmée, dos du tome I cassé. Petits manques de papier aux gardes blanches. Bon état intérieur. Petit cachet ex-libris sur les titres, qqs soulign. éparses.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, filet doré sur les coupes, tranches rouges. 1- Edition originale. La 'Censure', rédigée par l'abbé Le Grand docteur de Sorbonne qui devint censeur royal, où sont réfutées point par point les dix-neuf "hérésies" relevées dans "L'Emile" par la Faculté de théologie de Paris. Elle est précédée de la "relation des circonstances qui décidèrent l'examen de cet ouvrage", et du discours de Jean-Clément Gervaise, syndic de la faculté de théologie. La Censure fut achevée le 20 Août 1762; l'archevêque de Paris condamna "L'Emile" par un mandement du 28 août. De son côté, dès le 9 juin, le parlement avait ordonné que le livre, jugé impie et dangereux, soit lacéré et brûlé de la main du bourreau et que son auteur soit décrété de prise de corps. Rousseau dut fuir seul, avec l'aide du maréchal de Luxembourg. Proscrit de France, mais aussi des Pays-Bas, de Genève et de Berne, il se réfugia à Yverdon chez son ami Daniel Roguin. (Peignot, 'Livres condamnés au feu', II, p. 94. Monod, p. 563. Conlon, 'Rousseau', n° 236). 2- Edition originale. "C'est la méthode de Pascal qu'adopte André. Il voit d'emblée le point faible de Rousseau: l'état misérable de l'homme est injustifiable dans le théisme. Rousseau l'attribue bien au libre arbitre et pense avec tous les chrétiens, contre Bayle, que Dieu ayant 'voulu communiquer à ses créatures la dignité de la causalité' (Pascal), la misère avec la liberté est préférable à une servitude dorée" (Monod, p. 415). (Conlon, 'Rousseau', n° 194. Monod, p. 563). Coiffes usées, mors fendillés. Commentaires anciens manuscrits au verso du faux-titre. Bon exemplaire, relié à l'époque.
4 volumes in-8, plein veau porphyre de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et vert bronze, double filet en encadrement sur les plats, filet sur les coupes, tranches rouges. Edition originale des deux parties de l'autobiographie de Rousseau, formant son ensemble complet en douze livres, réunies à l'époque en reliure uniforme. La publication en fût entièrement posthume: 1782 pour la première partie et 1789 pour la seconde. 1- Edition originale de premier tirage (dite "à gros caractères") comprenant les six premiers livres des 'Confessions' ainsi que les 'Rêveries du promeneur solitaire'. (Dufour, I, n°340. Gagnebin, n°1, p. 1889). 2- Edition originale de la seconde partie des 'Confessions' constituée par les livres VII à XII. Parue comme "second supplément" à la "collection des oeuvres", cette seconde partie a été imprimée par Barde et Manget à Genève et publiée par Pierre Moultou, fils aîné de Paul-Claude, ami et exécuteur littéraire de Rousseau. (Dufour, I, n°341. Gagnebin, n°3, p. 1893). Sur les conditions de publication, cf. R.-A. Leigh, 'Unsolved Problems in the Bibliography of Rousseau', p.133-137 et Calemard, 'L'édition originale des 'Confessions', p. 85 à 89. 2 feuillets inversés (in 'Rêveries', p. 289-292). Petites taches, auréoles claires et légères rousseurs éparses. Traces de restaurations anciennes à la reliure. Très bon exemplaire, bien relié à l’époque.
Petit in-8, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments cloisonnés et fleuronnés, pièce de titre de maroquin citron, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges, viij, 238 p. Edition originale de ce livre hétérodoxe, peu étudié, recueil de six "songes" dans lesquels l’auteur radicalise la doctrine cartésienne de l’animal-machine et recherche "quelle méchanique supplée [aux sentiments] pour faire produire [aux animaux] tant d’actes si merveilleux". Moreau de St Elier est conduit à mettre en évidence un principe premier, moteur commun à tout le règne vivant et à formuler une conception matérialiste radicale de l’Homme. L’ouvrage est cité comme l’une des sources de La Mettrie (cf. 'Maupertuis’s Brother and the Man-Machine' in "Transactions of the 5th International Congress on the Enlightenment", Pisa, August-Sept. 1979, vol. 190, p. 490 et Aram Vartanian, 'Le frère de Maupertuis et l'homme machine', in: Dix-huitième Siècle, n°14, 1982, p. 305-323). Frère de Maupertuis, Moreau de Saint Élier (1701-1754) était regardé comme l’un des personnages les plus excentriques de son temps. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 53:919. France Littéraire, VI, 299). Quelques petits accrocs de cuir à la reliure. Très bon exemplaire, très frais, grand de marges, bien relié à l'époque.