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In-12, broché, couverture de papier moderne, tranches rouges, 90 p. et 12 p. Première édition complète augmentée d'une seconde partie (une édition privée avait paru en 1753). Plaidoyer, dans l'esprit "des lumières naturelles de la raison", pour une réforme de l’École Militaire adaptée aux changements de la société. L’auteur constate l'appauvrissement de la noblesse en même temps que l'accroissement prodigieux des biens d'Église et défend la nécessité de venir au secours des gentilshommes sans fortune, si l'on ne veut voir tous les grades inférieurs aux mains de la bourgeoisie. Son appel fut entendu et le comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre, entreprit une réforme en profondeur de l’École. Officier, Jean-Baptiste Pâris de Meyzieu (1718-1778) obtint la charge d’intendant de l’École royale militaire qu’occupait son oncle Joseph Pâris Duverney, l'un des instigateurs de la création de cet établissement en 1751. Pâris de Meyzieu a fourni à l’Encyclopédie Diderot-D’Alembert l’article qui concerne cette école. (France Littéraire, VI, p. 600). Bon exemplaire.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, (2), ij, ij, 292 p., 2 tableaux statistiques à pleine page. Première édition française de ‘Dissertation on the Numbers of Mankind in Ancient and Modern Times', traduit par le chevalier de Jaucourt, peut-être sous la supervision de Montesquieu, publiée un an après l'originale anglaise. Le traducteur, Louis de Jaucourt (1704 -1780), était un collaborateur savant, prolifique et assidu de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert. Dans l’article "France" de l’Encyclopédie, il affirma hautement que "les provinces se dépeuplent excessivement". L'une des premières grandes spéculations, au XVIIIe siècle, sur l'évolution de la population mondiale, qui ouvrit une controverse entre l'auteur et Hume. S'appuyant sur calculs et statistiques, Wallace réfute les théories sur l'accroissement indéfini de la population en la mettant en relation avec la quantité des subsistances, la nature, la fertilité et le partage des terres, la santé publique, les moeurs, la politique économique des Etats, etc. Il aborde la question de l'optimum de population et traite des moyens d'y parvenir. Cet ouvrage exerça une influence majeure sur Malthus et sur les études démographiques en France. "A limited earth, a limited degree of fertility, and the continual increase of mankind: these are the determinants. Malthus had only to add the ratios!"(K. Smith, 'The Malthusian controversy', p. 22). (Kress, 5408. Einaudi, n°5956. Higgs, 871). Des bibliothèques de M. Fontaine de la Barberie et du Vicomte de Noailles avec leurs ex-libris armoriés gravés. Bel exemplaire, très frais, très bien relié à l'époque.
18 volumes in-8, plein veau raciné de l'époque, dos lisses ornés d'un décor consulat de compartiments entièrement garnis d'une résille et palettes dorées, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et bleu, roulette d'encadrement sur les plats, filets dorés sur les coupes, portrait gravé de l'auteur en frontispice et une planche dépliante. Première édition collective complète des œuvres de d’Alembert, qui demeurent une source importante pour les toutes les éditions postérieures. "[Ces œuvres de d’Alembert] que le libraire-imprimeur Jean-François Bastien fit paraître à Paris en 18 volumes, tous datés de 1805, se voulaient une édition soignée : une partie du tirage s’est faite sur papier vélin ; un portrait gravé de D’Alembert est placé en frontispice du tome I ; en tête de l’ouvrage figurent les notices autobiographiques de l’auteur et divers textes biographiques, signés de La Harpe, de Marmontel et de Condorcet. Le titre rappelle celui des 'Mélanges' publiés par D’Alembert de son vivant, mais la distribution des matières a été réorganisée et Bastien n’a pas manqué d’incorporer à cette première édition complète (ainsi qu’il la qualifie lui-même dans sa dédicace) les textes publiés en dehors des Mélanges avant et après la mort de l’auteur" (Irène Passeron, 'Les œuvres complètes de d’Alembert', Introduction, p. xxxiv-xxxvii). Bien complet de la planche dépliante "Système figuré des connoissances humaine" avec son explication. (Brunet, II, 471. France littéraire, I, 27. Cioranescu, 7499). Accidents aux reliures et accrocs, sinon exemplaire solide, intérieur frais.
2 parties en un volume in-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, tranches marbrées (qqs pet. accrocs et pet. épidermures), (2) f., xxiv, 340 p., (4) p. de privilège et errata et 47 p. pour le "Supplément". Edition originale, accompagnée du "Supplément" donné par Pluche en 1753 pour répondre aux attaques contre son livre, en particulier sur la question de la pédagogie et de l’enseignement des langues. Postulant que le langage est d’ordre providentiel et qu’il contient, dès lors, des traces de sa nature première, l’auteur recherche l’origine et les mécanismes de la formation des langues. Il propose, en contrepoint, une méthode novatrice de leur apprentissage fondée sur la découverte progressive, la mise en situation, la fréquentation des textes et l'explication. Une partie de l'ouvrage est consacrée à une théorie du Beau et à l'enseignement des beaux-arts. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 51:959 et 53:974 pour le supplément). Les exemplaires accompagnés de leur supplément sont rares. Bon exemplaire, relié à l'époque.
2 volumes in-12, pleine basane marbrée de l'époque, dos à nerfs fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin, tranches rouges, xvi, 430 p. et xij, 407 p., (3) p. de privilège. Une des deux éditions à la date de l'originale, celle-ci avec approbation et privilège. La réfutation par Bergier de l'ouvrage de d'Holbach. "Bergier voit bien comment le 'Système' est l'aboutissement du mouvement philosophique auquel 'De l'Esprit' avait donné une direction nouvelle" (Monod, 'Les défenseurs français du Christianisme’, p. 449). Les pages de titre et de préface ont été inversées entre les deux volumes (xvj, 407, [3]) p. et xij, 430 p.). Petits accrocs aux coins et aux coiffes. Quelques rousseurs. Exemplaire bien complet. Bon exemplaire, relié à l'époque.
In-12, plein cartonnage marbré à la Bradel, pièce de titre de veau rouge, daté en pied (rel. moderne Devauchelle), xxiv, 320, (3) p. Edition originale et unique. "Cet ouvrage peut être considéré comme la plus ancienne tentative sérieuse de comprendre le rêve et de l'interpréter. Il contient notamment des remarques de grand intérêt sur l'association d'idées. C'est, au XVIIIe siècle, un livre directement précurseur de la 'Science des rêves' de Freud" ('Précurseurs français de la psychiatrie et de la psychanalyse', n° 5561). "L'abbé Richard ne se prive pas d'appliquer aux rêves représentés dans les romans contemporains sa théorie du songe comme 'activité de l'âme' (...). Oeuvre d'un grand intérêt où la doctrine anthropologique s'adosse à un corps de fictions" (sur l'importance et la nouveauté de cet essai, cf. C. Jacot-Grapa, 'Rêve et identité. Autour de 'la Théorie des songes' de Jérôme Richard', in "Songes et songeurs", P.U. de Laval, 2003, p. 233-259). (Blake p.381. Caillet, 9401. Dorbon, 4124. Guaita, 2052 qui qualifie cet ouvrage de "très rare"). Bon exemplaire, bien relié.
In-12, pleine basane de l'époque, dos orné (un mors fendu, épidermure au dos), tranches jaspées, xij, 392 p., (4) p. d'approbation et privilège, portrait en frontispice, d'après de La Tour, gravé par Duflos. Dans cet essai aujourd'hui largement réévalué, Duclos livre une pénétrante analyse de la société de son temps en faisant, dans la tradition de La Bruyère, oeuvre de moraliste : une morale utilitaire et sociale fondée sur l'interdépendance entre les besoins égoïstes des individus et l'intérêt général de la société. Un important chapitre expose un point de vue original et novateur sur l'éducation et l'instruction. Bien que durablement brouillé avec D'Alembert, Duclos fournit plusieurs articles de critique artistique et d'histoire à l'Encyclopédie. (Meister, 'Duclos', n°48. Le Bourgo, 'Duclos', p. 224. Cohen, 331). Bon état intérieur.
In-12, broché, couverture de papier ivoire d'origine, (2) f., xij, 293, (4) p. Edition originale. Rapport "sur l'état de la médecine à Paris, en particulier sur la petite vérole et l'inoculation", réalisé à la demande d'un célèbre médecin de Valence. Médecin formé à Montpellier, Menuret de Chambaud composa plus de quatre-vingts articles de médecine pour l'Encyclopédie Diderot-D'Alembert, dont le célèbre article "Mort". (Wellcome Library, 'Online Catalogue', n°14826415. Bibliothèque parisienne de Paul Lacombe, n°2405). Envoi autographe signé de l'auteur à "M. Bonnefin, hommage de l'estime et de l'amitié de l'auteur" sur le faux-titre. Très bon exemplaire, frais, tel que paru.
In-8, demi-chagrin vert bronze, dos à 4 nerfs orné de filets à froid (rel. XIXe), 157 p. faux-titre et titre compris, portrait frontispice de Marat gravé par Blanchard. Première édition distribuée dans le commerce, "enrichie d'un grand nombre d'articles et refondue" (Notice de l'éditeur, p. 6). Marat composa cet ouvrage en réponse à un concours ouvert par la Société économique de Berne en janvier 1777, probablement initié par Voltaire et largement financé par Frédéric II. Véritable profession de foi révolutionnaire, le "Plan" allait soulever l'hostilité du jury et déclencher les foudres de la censure. Abolition de la torture, proportionnalité des peines par rapport aux délits, dénonciation de l’arbitraire et des justices d’exception. Dans ce brûlot, "Marat condamne la tyrannie du ‘plus petit nombre’, des dominants économiques n’ayant 'ni talents, ni mérites, ni vertus’ sur la ‘multitude’. Il énonce une sorte de droit permanent à la révolte : celui qui vole pour vivre lorsqu’il ne peut faire autrement ne fait qu’user de ses droits. Il conclut en ces termes : ‘Périssent ces distinctions odieuses qui rendent certaines classes du peuple ennemies de l’autre’" (S. Bianchi, Marat, p. 29). Le futur Conventionnel avait fait imprimer son manuscrit à Neuchâtel en 1780. Quand l'édition arriva en France, la justice fit arracher les pages subversives et Marat préféra mettre l’ensemble du tirage au pilon. "Il n’en subsiste aucun exemplaire" selon Jean Massin (‘Marat’, p. 49-55). (Fonds Lacassagne, Marat, p. 3. Martin & Walter, 22850). Rousseurs éparses. Coiffe supérieure restaurée. Exemplaire à toutes marges.
In-4, demi-basane de l'époque, dos à 4 nerfs (lég. frotté), (2) f., [iii]-xx, 215, (1) p., 15 tableaux dépliants. Edition originale et unique de cet ouvrage d'inspiration physiocratique. Après avoir servi dans les armées du roi et obtenu la concession de terres agricoles dans l'Isle de France (île Maurice), Heurtault de Lamerville s'intéressa aux problèmes financiers que rencontrait la France. Il formule, dans cet ouvrage, des solutions originales à travers un plan de restructuration du système financier et fiscal et la libération des dettes de l'Etat. Il critique les impôts directs et indirects et propose, en remplacement, un impôt territorial, une taille réelle et une "subvention générale". Le dispositif est fondé sur l'instauration d'Assemblées provinciales qui assureraient la perception et la répartition de l'impôt. Mirabeau, Turgot, Le Trosne, Condorcet auront les mêmes objectifs concernant les Assemblées provinciales. (Einaudi, 3185. Goldsmiths, 13642. INED, 2556. Kress, B.1437. Weulersse, 'La physiocratie à l'aube de la Révolution', p. 432). Très bon exemplaire, imprimé sur vergé fort, grand de marges.
In-8, plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments garnis de fleurons dorés, pièce de titre de maroquin bordeaux, triple filet à froid en encadrement des plats, tranches rouges (petits accrocs aux coiffes, qqs épid.), xxvij, (1), 224, (1) p., frontispice. Première édition de l'édition critique et traduction de Guillaume-Antoine Lemonnier, révisée par Diderot. Frontispice gravé par Rousseau d'après Cochin (face page 1). Texte latin sur les pages de gauche, traduction française en regard sur celles de droite. La BnF conserve les premières épreuves corrigées par Diderot. L'abbé Lemonnier avait fait la connaissance de Diderot chez les dames Volland. (G. Kaucher, 'Les Jombert', n°800. Brunet, IV, 522. Cohen, p. 792). Petits accrocs aux coiffes, qqs épidermures. Bon exemplaire.
2 volumes in-8, plein veau granité, dos ornés d'un riche décor romantique de compartiments garnis d’un fer spécial répété, grecque et palette dorés, pièces de titre de tomaison de veau noir, plats encadrés d'une roulette dorée, tranches jaspées (rel ca 1830), (1), 424 p. et (1) f., (2) f., 428 p. Seconde édition qui contient, outre l'"Analyse", "La Vie de François Bacon" (tome I, p. 1-199), adaptation par Pouillot de "The Life of Francis Bacon" de David Mallet ; "Essai sur la reine Elisabeth" traduction de "Felix memoria Elizabethae" dû à Francis Bacon et "Eloges du chancelier François Bacon". Collaborateur à l'Encyclopédie, lié à Diderot, Rousseau, Condillac, proche de Montesquieu, Deleyre fut élu député montagnard à la Convention. Cette minutieuse étude sur la philosophie de Bacon contribua, dès la première édition (1755), à propager les doctrines du philosophe anglais et à asseoir sa notoriété auprès des hommes des Lumières. Naigeon inséra cette étude à l'article "Bacon" du "Dictionnaire de la Philosophie" de l'Encyclopédie méthodique Panckoucke. Quelques infimes accrocs à la reliure. Très bon exemplaire, frais, bien relié.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, demi-basane vert bronze, dos lisse orné de filets et palettes dorés (rel. ca 1850). 1- Edition augmentée de l'important "Discours préliminaire", bien complète des 10 planches hors-texte de musique. Sur cet ouvrage et la rupture introduite par le 'Discours préliminaire' cf. F. Escal, 'D'Alembert et la théorie harmonique de Rameau', revue Dix-huitième siècle, n°16 - "D’Alembert", p. 151 sq. (Gregory, p. 11. Cette édition manque à Cortot et à Fétis). 2- Deuxième édition, à la date de l'originale, avec les fautes corrigées. "Le traité de l’abbé Roussier décrit la formation des accords, donc de l’harmonie, qu’il convient de maîtriser parfaitement pour jouer une partie de basse continue" (Expo. virtuelle, Bibliothèque de Toulouse). "As a proponent of Rameau's theorie, his goal was to reduce fundamental bass rules to a rigorous system that avoided speculative propositions. This 'Traité des accords' is a compendium of chords and laws: thoroughbass chords are methodically described, related to three basic fundamental chords, and then labelled by a letter-plus-number notational system that indicates a chord's root and hierarchy in the scale. Roussier diverged from Rameau on the issue of double emploi" (Grove Music Online). (Cortot, p. 173. Gregory, p. 238. Cette édition manque à Fétis).
In-8, broché, couverture de papier moderne, 40 p., planche gravée hors texte et 2 grandes vignettes par Eisen. Edition originale de ce texte qui sera repris par l'auteur dans son "Héroïde". Illustration d'après Eisen comprenant la célèbre planche représentant la découverture du corps du fils aîné des Calas pendu et 2 grandes vignettes en bandeau et cul-de-lampe gravés sur cuivre l'une par J. Massard, l'autre par E. de Ghendt. (Cohen, p.155. Colon, 'Siècle des Lumières', 62:291. Coquerel, 'Jean Calas et sa famille', n°67). Quelques rousseurs et piqûres.
In-12, plein veau de l'époque, dos à nerfs orné de caissons fleuronnés, pièce de titre de maroquin rouge, vii, (1), 232 p. Edition originale. Dans cette systématisation de son 'Traité des systèmes', Condillac réfute les doctrines de Descartes et de Buffon sur la psychologie animale et soumet à la même méthode empirique la question de l’origine des facultés chez les animaux. Il livre, en contrepoint, ses théories sur la place de l'homme, la supériorité de la raison, la connaissance de Dieu et la possession de la loi morale. (Corpus Condillac, 01, p. 182. G. Kaucher, ‘Les Jombert’, n°206. Tchemerzine-Scheler, II, 480). Petit accroc de papier en marge p. 77-78. Coiffes et coins usés, mors fendillés.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, demi-veau de l'époque, dos lisse orné d'un décor de palette, filet ondulé et petit fer spécial répété, pièce de titre de veau vert, tranches mouchetées. Edition originale de ce recueil des deux essais que l’auteur consacre à l’analyse et à la critique des oeuvres et des doctrines de Rousseau et de Court de Gebelin. De Rousseau, il examine les deux ‘Discours’ ; de Court de Gebelin, ‘Les Devoirs' et 'Le Monde primitif’. Dans le second ouvrage (‘Examen des systèmes’), J.-Ch.F. Le Gros se défend de vouloir mener une réfutation systématique des deux auteurs, mais revendique le droit à un examen contradictoire et approfondi de leur "système" en particulier sur la question de la "perfectibilité de l’espèce humaine" (II, p. 9), de l’origine de l’Homme et de l’influence de la société sur son développement. Homme d’Église, spécialiste des questions économiques et politiques, J.-Ch.F. Le Gros (1712 – 1790) fut élu député du clergé aux États généraux pour la ville de Paris. (Conlon, ‘Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau’, n° 695 et 724. Conlon, ‘Siècle des Lumières’, 86:1487. ‘France littéraire’, V, 114. Leblanc, n° 158 et 159). De la bibliothèque d’H. Châtelain, avec sa petite signature ex-libris daté de 1799. Petit accroc à la coiffe supérieure. Très bon exemplaire, très bien relié.
In-12, demi-veau de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (4), 128, (1) p. errata. Edition originale et unique, rare, de ce discours prononcé par Le Trosne, avocat du Roi converti à la cause physiocratique, plaidoyer en faveur d'une réforme en profondeur de la législation aux fortes implications sociales et économiques. "A l'ouverture des audiences du bailliage d'Orléans, le 15 novembre 1763, Le Trosne s’élève contre l’arbitraire des lois, trace un tableau des devoirs du ministère public et critique la législation pénale de son temps ainsi que l’horrible iniquité de la torture. Ses convictions physiocratiques et son intérêt pour les questions économiques l’engagent à rechercher la corrélation entre le juste et l’utile et à examiner les répercussions favorables d’une saine morale publique sur l’économie nationale, en accompagnant sa démonstration de nombreuses et amples "notes économiques" gage de son ralliement aux Physiocrates" (Cf. Daire, 'Physiocrates', II, p. 88). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 64:987. Goldsmiths, 10051.1. Weulersse, 'Mouvement physiocratique', I, p.xxvii). Relié avec: SERVAN (Joseph-Michel-Antoine). Discours sur l'administration de la justice criminelle. Genève, 1767. (4), 152 p. et SERVAN. Discours (...) dans la cause d'une femme protestante. Genève & Grenoble, J.S. Grabit, 1767. (4), 112 p. "Toutes les théories sociales, qui vingt cinq ans plus tard devaient renouveler la face de l'Europe et tracer une nouvelle voie à la civilisation, étaient exposées et développées dans ces discours" (Larousse). Qqs auréoles claires à qqs feuillets. L'ouvrage de Le Trosne est relié en fin. Bel exemplaire, très frais très bien relié à l’époque.
4 volumes in-12, plein veau marbré de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bronze (reliure abîmée), (2), viii, (2) d' 'explications' et 'fautes', 466 p.; (4), 407 p.; (4), 381 p. et (4), 455 p., 112 p. pour 'Emile et Sophie', titres noir et rouge, 5 figures par Eisen gravées par Le Grand, Longueil et Pasquier. Edition à la date de l'originale, troisième édition parisienne in-12° publiée à Paris chez Duchesne, selon McEachern, illustrée de 5 planches par Eisen, gravées par Le Grand, Longueil et Pasquier. Un des rares exemplaires à comporter le "Supplément à l'Emile" en pagination séparée à la suite du tome IV, dans une composition typographique différente. 'Emile et Sophie', suite peu connue de "l'Emile", désenchantée et déprimée, est demeurée inachevée par Rousseau. "C’est le roman expérimental de l’ 'Emile'. Rousseau veut mettre ses deux élèves à l’épreuve de la nécessité pour vérifier leur liberté intérieure devant les aléas de l’existence. Comment vont-ils assumer l’une un adultère malgré elle, l’autre une rupture dont il se sent victime? " (cf. Frédéric S. Eigeldinger, Ed. Champion). Selon McEachern, qui se base sur le filigrane, cette édition serait antidatée et n'aurait pas été publiée avant 1774 et pour 'Emile et Sophie' après 1780, date de la première édition. Collation des faux-titres et titre conforme à la description donnée par McEachern. (Cohen, 436. McEachern, n°7, p. 123. Gagnebin, IV, p. 1868, 7-8). Reliure abîmée: mors fendillés, coiffes arrachées, épidermures, trous de vers. Bon était intérieur.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments fleuronnés, 2 pièces de titre de maroquin, guirlande sur les coupes, tranches rouges. 1- Edition originale. "C'est la méthode de Pascal qu'adopte André. Il voit d'emblée le point faible de Rousseau: l'état misérable de l'homme est injustifiable dans le théisme. Rousseau l'attribue bien au libre arbitre et pense avec tous les chrétiens, contre Bayle, que Dieu ayant 'voulu communiquer à ses créatures la dignité de la causalité' (Pascal), la misère avec la liberté est préférable à une servitude dorée" (Monod, p. 415). (Conlon, n° 194. Monod, p. 563). 2- Édition à la date de l'originale, conforme à la description donnée par L. Scheler dans ses annotations à Tchemerzine, de l'un des textes fondamentaux de la pensée politique de Fénelon, qu'il composa pour l'instruction du Dauphin. Cet essai avait été préalablement publié en 1734 à 150 exemplaires sous le titre de 'Examen de conscience pour un Roi', joint aux 'Aventures de Télémaque'. Il suscita la fureur de Louis XIV, fut interdit par ordre et supprimé des exemplaires de 'Télémaque'. Il fallut attendre cette année 1747 pour qu'il soit réimprimé. (France Littéraire, III, 99. Peignot, 'Livres interdits', 140. Tchemerzine-Scheler, III, 234). Exemplaire enrichi d'un portrait frontispice de Fénelon d'après Joseph Vivien, gravé par P. Dupin. Provenance: "Madame Roland de Challerange, conseillère au Parlement", avec son grand ex-libris gravé armorié (XVIIIe). Très bon exemplaire, très bien relié à l'époque.
In-8, broché, couverture de papier bleu moderne, (4), 43 p. Seconde édition augmentée, parue un an après l’originale. Compositeur, vielliste virtuose, fils d'un facteur de vielle considéré comme ayant révolutionné la lutherie de l'instrument, Charles Bâton prend la défense de la musique française contre les attaques de J.-J. Rousseau. "Une des meilleures pièces qu’on ait publiées dans la Querelle des Bouffons", selon Fétis ('Dictionnaire des musiciens', II, 79). (Conlon, 'Rousseau', 1076. Gregory, p. 26. Fétis, 3952. RISM, B.VI.1, p. 123. Soleinne, 566). Bon exemplaire, frais, grand de marges.
2 volumes in-8, plein veau porphyre de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et havane, (4), 252 p., (3) p. de table et errata et (4), 231 p., (8) de table, errata et privilège, 17 p. de catalogue éditeur, vignettes de titre gravées. Edition originale de cet important ouvrage sur l'esthétique consacré, pour la moitié, à la musique, mais aussi : "parole", danse, peinture, sculpture, architecture, achevant de donner une perspective encyclopédique du sujet. Estève adopte un point de vue strictement sensualiste: les mouvements matériels des sensations sont les principes primitifs des sentiments qui se communiquent à l'âme. Dès lors, le seul guide en matière d'appréciation artistique ne peut être fondé que sur les "principes les plus vrais de la sensibilité". Contre Rameau, il remet en cause l'application du principe de l'imitation en musique et développe une explication physique originale du phénomène des consonances. L'ouvrage est cité comme une source notable de la doctrine de Rousseau en matière de théorie musicale. "Cet essai occupe une place charnière dans l'évolution de la notion d'imitation des passions et marque le passage à de nouvelles conceptions et à de nouveaux discours sur les arts" (cf. B. Cannone, 'Philosophies de la Musique', Klincksieck, 1990, passim). François Estève (1720-1790) était médecin et membre de l'Académie des sciences de Montpellier. (Corot, p. 72. Fétis, III, 160. B.A. Elkner, 'Pensée esthétique en France au XVIIIe', Slatkine, 1971, p. 65-67). Accrocs aux coiffes avec manques. Bon exemplaire. Intérieur très frais.
In-8, plein veau porphyre de l'époque, dos à 5 nerfs fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, triple encadrement de filets dorés fleuronnés aux coins sur les plats, coupes filetées, tranches marbrées, roulette intérieure, (6), 224 p. Edition originale (une contrefaçon parut simultanément). "Auteur et comédien, Dancourt excellait dans les rôles d'Arlequin. Le meilleur de ses ouvrages (…), apologie de la comédie et des comédiens, en réponse au discours de Rousseau contre les spectacles. Le titre 'd'Arlequin de Berlin' est pris pour parodier celui de 'citoyen de Genève'. Ce livre est le plus estimé sans contredit de ceux qui parurent en réplique à la lettre de Rousseau" (Michaud, 'Biographie universelle', X, 89). "Réplique mordante à Rousseau ('Lettre à D'Alembert') depuis le point de vue d'un comédien, d'un homme qui a une connaissance approfondie du répertoire, l'expérience de la scène et celle des réactions du public. Il prend le temps de citer point par point Rousseau mais aussi de nombreux textes de théâtre à l'appui de sa démonstration" (Nathalie Ferrand, "Le dernier état de la 'Lettre à D'Alembert sur les spectacles'", Genesis, 34, 2012, p. 135 sq.). (Conlon, 'Ouvrages français relatifs à Rousseau', n°120). Bel exemplaire, très bien relié à l'époque.
2 tomes en un volume in-12, demi-chagrin moderne auburn à la Bradel, dos lisse, titre dorée, date dorée en pied (rel. Louis Pouillet), (2) f., 118 p. et (2) f., 120 p. Deuxième édition, à la date de l'originale, la première parisienne et la première sous ce titre. Elle est également la première où le texte soit divisé en deux parties à pagination particulière, chaque partie précédée d'un faux titre, portant respectivement: "L'Ingénu. Première partie" et "L'Ingénu. Seconde partie". Le texte présente des différences avec celui de l'édition de Genève. L'un des contes philosophiques les plus célèbres de Voltaire, véritable petit roman sentimental qui relate les "années d'apprentissage" d'un jeune homme élevé en Amérique chez les Hurons, débarqué en Bretagne. Il répond aux thèses de Rousseau, traite du thème du bonheur rendu impossible par les conventions, la corruption et l'obscurantisme religieux et mène une charge vigoureuse contre l'absolutisme, les atteintes à la liberté individuelle, les jansénistes, les jésuites. L'ouvrage fut saisi quelques semaines après sa parution. (Bengesco, I, 1471. Voltaire à la B.N., n°2824. Jones, 'L'ingénu', édition critique, Droz, 1957, n°5 p. 69). Le papier est uniformément bruni. Petite découpe de papier en tête du faux-titre du tome II. Exemplaire entièrement non rogné.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau de l'époque, dos à 5 nerfs fleuronné et cloisonné, tranches rouges. 1- Edition originale. La réponse de Rousseau à l'article "Genève" qui venait de paraître dans l'Encyclopédie, dans lequel D'Alembert suggérait des réformes pour la ville de Genève: projet pour une "cité philosophe" de liberté politique et culturelle, notamment par la levée de l'interdiction d'un théâtre permanent. Rousseau résume dans sa critique tout ce qu'il dénonçait déjà comme une illusion: "le théâtre comme école de l'hypocrisie, le bel esprit, la civilité telle qu'on la conçoit à Paris sont inconciliables avec les mœurs de véritables citoyens. Ses thèses sur les spectacles ne sont qu'un aspect de sa réflexion sur la modernité: à quelles conditions la république est-elle possible ? Comment lier adéquatement morale, esthétique et politique" (B. Bachefen, ENS éditions). (Gagnebin, V, 1812. Tchemerzine-Scheler, V, 535). 2- Edition originale et unique de cet ouvrage composé par Paul-Antoine Nolivos de Saint-Cyr, qui rencontra Rousseau à Venise. Membre de la "coterie holbachique", l'auteur était un proche de madame d'Holbach. Devenu "Laval", comédien aux portes de Genève, il mène ici une polémique ardente pour "venger" d'Alembert et Voltaire de la 'Lettre sur les spectacles' de Rousseau. "Apologie de la comédie et des comédiens en réponse à Rousseau. C'est sans contredit le meilleur de tous les ouvrages qui parurent en réplique à cette lettre" (Quérard, 'Supercheries littéraires', 1847, II, n°3889). (Conlon, 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau', n°87. Soleinne, 'Bibliothèque dramatique', V, I, n°674). Quelques épidermures. Coiffes restaurées. Mors frottés et fendillés. Intérieur frais.
In-12, broché, couverture papier bleu ancien (rel. postérieure), 47 p., (1) f. bl., titre inclus. Edition publiée un an après l'originale de cette imitation facétieuse de la 'Relation de la mort du P. Berthier' par Voltaire, composée par Nicolas Joseph Sélis. (Cf. Bengesco, IV, p. 343. Quérard, IX, 9, p. 39). Quelques rousseurs. Bon exemplaire.