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In-8, broché, couverture imprimée de l'éditeur, 24 p. Première édition séparée. Ce conte avait d'abord paru dans un recueil des "Idylles" de Gessner (Zurich, 1773). En quatrième de couverture il est précisé que: "Cet opuscule fait partie de la nouvelle édition des 'Oeuvres complètes de D. Diderot', en 20 vol. in-8°, précédées de 'Mémoires historiques et philosophiques', par J. A.Naigeon, et peut servir de spécimen pour le papier, le caractère et la justification." (Adams, DC2. Tchemerzine-Scheler, II, 959). Couverture insolée, quelques rousseurs. Bon exemplaire, entièrement non rogné, tel que paru sous sa couverture jaune imprimée.
2 parties en un volume in-8, broché, couverture de papier marbré de parution, xvi, 140 p. et viii, 116 p. Véritable deuxième édition, publiée quelques mois après la première. Le 'Discours sur la poésie dramatique' dédié à Grimm occupe la seconde partie. Retardé par la censure, le 'Père de famille' parut finalement en novembre 1758. "Les théories théâtrales de Diderot annonçaient la fin de la tragédie classique française. Par ses répercussions sur les oeuvres dramatiques d'un Lessing, d'un Goethe ou d'un Schiller, la pensée de Diderot allait modifier définitivement la conception traditionnelle du théâtre" (M. Couvreur in 'Diderot et son temps', 85). (Adams, PF2). Les deux dernières pages sont occupées par le catalogue M.-M. Rey. Couverture légèrement frottée. Quelques petites rousseurs éparses. Bon exemplaire, non rogné, tel que paru.
3 ouvrages reliés en un volume in-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux. 1- Edition originale. L'un des principaux pamphlets que lancèrent les "antiphilosophes" contre les Lumières et leurs représentants, Rousseau y est particulièrement visé. Docteur en théologie, l'abbé Joseph de Giry de Saint-Cyr devint précepteur du dauphin de France, conseiller d'État et membre de l'Académie française (1741). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 58:751 et 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau', n°86. INED, 2053). 2- Edition originale. Avocat, conseiller à la cour des Aides de Provence et bibliothécaire de Marie-Antoinette, Moreau était engagé dans la lutte contre les Encyclopédistes qu'il plaisantait sous le nom de 'Cacouacs'. "Il les montre comme un corps organisé, possédant tout l'attirail nécessaire au combat, et marchant délibérément à l'assaut de la morale, de la religion et du gouvernement" (J. Proust, 'Diderot et l'Encyclopédie', p. 109). Présenté sous forme de voyage imaginaire, ce pamphlet eut un retentissement considérable et le sobriquet fit fortune. "Les Cacouacs ont porté un coup plus mortel à l'Encyclopédie qu'un arrêt du Conseil" en dit Malesherbes. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 57:1050 et 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau', n°81. INED, 3281). 3- Edition originale ornée d'un frontispice gravé dans un encadrement qui se rapporte à l'article "Capuchon". Directement dirigé contre Diderot et d'Alembert, l’ouvrage attaque le principe même de l'Encyclopédie, et réfute également, point par point, plusieurs articles particuliers. Il sera réédité à La Haye en 1759 sous le titre ironique de' Éloge de l’Encyclopédie et des Encyclopédistes'. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 52:712. INED, 612). Très bon exemplaire, très bien relié à l’époque.
3 volumes in-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre de maroquin bordeaux, tranches jaspées, lxviij, 272 p.; (4), 444 p. et (4), 352 p., carte de la Grèce gravée sur double page au tome I. Edition originale, de la première production éditée de Diderot, traduction de l'anglais qu'il donna sur commande pour Briasson, l'un des futurs éditeurs de l'Encyclopédie. Peu familier avec l'anglais, Diderot eut recours, pour cette tâche, à un dictionnaire anglais/latin. Le nom de Diderot apparaît, pour la première fois, dans l'approbation (III, p. 549): "Traduit de l'anglois par M. Diderot". Cette histoire de Grèce, qui s'étend des origines à la mort de Philippe de Macédoine, demeura un ouvrage de référence sur le sujet pendant une partie du XVIIIe siècle. A l'instar d'historiens plus réputés (Montesquieu ou Rousseau), Stanyan fait l'éloge de Sparte, État fort et stable et condamne la constitution démocratique de l'Athènes classique, soumise selon lui à l'action nocive des factions et des troubles politiques. (Adams HA1: "Cette première production de Diderot est de celles qui furent le moins souvent réimprimées" (p.174). Tchemerzine-Scheler, II, 915). Dos et mors légèrement frottés. Quelques épidermures. Bon exemplaire, bien relié à l'époque.
3 volumes in-8, plein veau raciné de l'époque, dos lisses ornés de compartiments garnis d'un jeu de filets perlés, filets gras et petit fleuron central répété, pièces de titre et de tomaison de veau noir et havane, roulette dorée sur les coupes, (4), lxxxvi, 308 p.; (4), 440 p. et (4), 328 p. Edition originale et unique. "Bonne source d’informations sur les spectacles parisiens et les querelles littéraires de l’époque. À travers la correspondance de Favart avec Voltaire, et avec l’abbé de Voisenon, il est possible de comprendre leurs positions respectives au sujet de nombreux problèmes liés à l’écriture dramaturgique (…). Egalement important concernant ses relations internationales (Goldoni, Garrick, Monnet), ses spectacles et, en général, l’art théâtral au XVIIIe siècle" (Flora Mele, 'L’Atelier dramatique de Ch.-S. Favart', thèse, Paris Sorbonne, 2008). Auteur dramatique et librettiste à succès Ch.-S. Favart (1710-1792) obtint la direction du théâtre de la Monnaie à Bruxelles (1746-1748) puis de l'Opéra-Comique. Ses oeuvres connurent une énorme popularité à travers toute l'Europe. Quelques brunissures. Bon exemplaire, très bien relié à l'époque.
2 ouvrages reliés en un volume in-4 (254 x 193 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, plats encadrés de filets à froid, filet doré sur les coupes, tranches rouges. 1- Edition originale de ce recueil qui contient la première édition de deux célèbres contes de Denis Diderot: "Les Deux Amis de Bourbonne" et "Entretien d’un Père avec ses Enfants". Ils sont suivis des "Idylles" de l’écrivain suisse Salomon Gessner, dans la traduction française de Jakob Heinrich Meister et de la "Lettre de Mr Gessner à Mr Fuslin, Auteur de l’histoire des peintres suisses sur le paysage". Cette édition de luxe, imprimée sur grand papier, est illustrée d’un titre, de 10 belles planches gravées en taille-douce, de 3 bandeaux et de 6 culs-de-lampe dessinés et gravés par Salomon Gessner lui-même. On y trouve également la liste des souscripteurs, véritable gotha de l'aristocratie européenne du moment, mais aussi du monde du livre, éditeurs et imprimeurs, ainsi que les auteurs en vue, le comte de Caylus ou Voltaire. Exemplaire bien complet du feuillet d'errata qui manque à la plupart des exemplaires. (Adams, 'Bibliogr. des œuvres de Diderot', DD1). Cohen, col. 432. Tchemerzine- Scheler, II, 959). 2- Edition originale illustrée d'une page de titre illustrée d'un portrait de Pierre Corneille en médaillon à sa devise et de trois figures imprimées sur papier fort, gravées par B. L. Prévost, N. Ponce, Aug. De St Aubin, d'après les dessins de C. N. Cochin fils. Très bel exemplaire, très frais, très bien relié à l'époque, de la bibliothèque du baron de Chapuys-Montlaville avec son timbre humide armorié au titre.
2 tomes reliés en un volume in-12, plein cartonnage marbré ancien, pièce de titre titrée à la plume, 158, (2) p. et 176 p. 2 pages de titre incluses. Première édition collective de ces deux essais de philosophie morale attribués par les éditeurs à Diderot, mais composés par Mme Thiroux d'Arconville: 'De l'amitié' (1761) et 'Des passions' (1764). Femme des Lumières, traductrice, scientifique et femme de lettres, Marie-Geneviève-Charlotte Thiroux d'Arconville, née Darlus (1720-1805) entra en relation avec les principales personnalités des sciences et des lettres de son temps. Autrice d'essais, de romans et de textes autobiographiques, elle fut également une chimiste de renom dont les travaux et les découvertes ont été reconnus de son vivant et les résultats corroborés jusqu'à Pasteur. (Tchemerzine-Scheler, I, 951). Bon exemplaire.
In-16 (105 x 72 mm), plein veau porphyre de l'époque, dos lisse richement orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, coiffes filetées, triples filets d'encadrement sur les plats, pièce de titre de maroquin bordeaux, coupes filetées, filet ondulé intérieur, tranches dorées, (4), viij, 85, (11) p., planche frontispice gravée. Première et unique édition sous ce titre, possédant faux-titre et titre: "Etrennes des esprits forts", un second titre: "Pensées philosophiques" à la même adresse, ainsi que la planche frontispice gravée en taille-douce de l'édition originale de 1746: "La vérité arrache le masque à la superstition" dans une version inversée en miroir. L'auteur des textes placés en introduction et en postface ("A Messieurs les esprits forts. Épître philosophique" et "Épître philosophique à un philosophe") n'a jamais été identifié. Ces textes n'ont été reproduits que dans l'édition des "Oeuvres philosophiques" de 1772. Cette édition serait imprimée en France selon David Adams et Jeroom Vercruysse qui se réfèrent à un arrêt de la cour du Parlement du 23 janvier 1759 condamnant l'ouvrage, et non en Hollande comme il avait été supposé jusqu'alors. "Ce livre mérite d'être considéré, vu les polémiques et les échos qu'il suscita, comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle" (Wilson, 'Diderot', p. 47). (Adams, 'Diderot', II, PD10. Niklaus, 'Pensées philosophiques', Droz, 1965, Et, p. 53. Tchemerzine-Scheler, II, p. 920. Vercruysse, 'Recherches bibliographiques sur les "Pensées Philosophiques" de Diderot', "18e siècle", 1972/4, p. 374-378). Le Catalogue Collectif en France ne recense que trois exemplaires de cette édition: BM Rouen, Versailles et Biblio. Mazarine. Elle manque à la BnF. Bel exemplaire, grand de marges, très frais, très bien relié à l'époque.
22 volumes in-8, demi-chagrin acajou, dos à nerfs ornés de compartiments encadrés d'un jeu de filets dorés et à froid, titres et tomaisons dorés, portrait frontispice gravé, illustrations et tableaux in et hors texte. Première grande édition collective des oeuvres de Diderot, qui renferme de nombreux inédits. Le dernier volume, non tomé et titré "Oeuvres inédites" contient la véritable édition originale du "Neveu de Rameau" et le "Voyage de Hollande". Le tome XXI s'achève par une "Table chronologique des ouvrages de Diderot et de la Table générale et analytique de cette édition". Le vingt-deuxième volume contient, entre autres, les "Mémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de D. Diderot" par J.-A. Naigeon, source fondamentale pour la biographie de Diderot, ici en édition originale. (Adams, A9. Exposition Diderot, Bibliothèque Nationale, 1963, n° 577). Très fortes rousseurs et brunissures, quelques planches débrochées. Exemplaire de travail, complet, bien relié.
In-8, demi-chagrin acajou, dos à 5 nerfs orné de fleuron répété entre-nerfs, titre doré, daté en pied (rel. postérieure), viii, [-9], 112 p. Edition originale de ce courageux éloge de Diderot, l'homme privé, l'homme public et l'oeuvre, que Salverte examine à travers ses principaux ouvrages, en soulignant le combat de Diderot contre l'intolérance et le dogmatisme religieux. "Eloge philosophique de Denis Diderot, qui est aussi un éloge de 'l'Encyclopédie'" (cf. J. Proust, 'Diderot et l'Encyclopédie', p. 41). Ancien royaliste devenu thermidorien, proche des Idéologues, Anne Joseph Eusèbe Baconnière de Salverte (1771-1839) avait conservé à travers les vicissitudes de la Révolution un attachement fervent à la "philosophie". Il devint membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1830 et participa aux activités de la Société du Caveau. Il fit partie des fondateurs de la Société française pour l'abolition de l'esclavage. Grand ex-libris de D. Deville gravé à l'eau forte à la devise: "Bien ou pas, Paris 1834-19...34?" et aux initiales "DD". Quelques feuillets brunis. Bon exemplaire, bien relié, non rogné.
2 tomes reliés en un volume in-8, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, xlviij, 243 p. et (1) f., [-243], 528 p, 5 planches gravées dépliantes hors texte. Edition originale. Professeur au collège Duplessis à Paris et physicien, Pierre Nicolas Sigorgne (1719-1809) s'opposa courageusement aux derniers défenseurs du cartésianisme et défendit avec énergie le système de Newton. Il prit part aussi à de nombreux débats philosophiques, notamment contre Rousseau. Il était le correspondant de Condorcet à l'Académie royale des sciences. "Cette introduction aux mathématiques et à la physique de Newton a largement contribué à la diffusion de la théorie de l'unité universelle au sein de la communauté scientifique française. Un résumé latin de cet ouvrage devint la référence newtonienne en Europe" (Dict. of Scientific Bibliography). Sa carrière parisienne prometteuse prit cependant fin lorsqu'il fut arrêté en 1749 en tant qu'auteur présumé de vers satiriques contre Louis XV et Madame de Pompadour. Emprisonné quelque temps, il passa le reste de sa vie en exil à Mâcon, où il poursuivit ses travaux scientifiques et fonda l'Académie de cette ville. (Poggendorff, II, 927.). Mors fendu, coiffes usées. Très bon état intérieur, très frais.
4 volumes in-8, demi-veau vert sapin, dos lisses ornés de triples filets dorés, titres et tomaisons dorés, tranches citron (rel. vers 1850). Recueil des principaux articles publiés dans la "Gazette Littéraire de l'Europe" ainsi que dans le "Journal des étrangers", par François Arnaud et Jean Baptiste Antoine Suard, fondateurs et rédacteurs historiques de ces périodiques, entre 1764 et 1766, augmenté de plusieurs articles qui ne figuraient pas dans l'édition originale. Ambitionnant d'élaborer un périodique culturel encyclopédique de "référence", les auteurs obtinrent le soutien actif du gouvernement et du ministère des Affaires étrangères et un large rayonnement international. Outre les articles d'Arnaud et de Suard, La "Gazette littéraire" comptait parmi ses rédacteurs Diderot, Voltaire, le baron d'Holbach, Morellet, Saint-Lambert, etc. De nombreux articles concernent la musique et l'opéra, sujet privilégié de François Arnaud, mais aussi beaux-arts, sciences de la vie, littérature et poésie, théâtre, médecine, philosophie, voyages, etc., etc. Chaque volume s'achève par une table. (Hatin, 'Bibliographie de la presse périodique française', p. 48). Quelques auréoles et quelques rousseurs. Bon exemplaire, bien relié.
In-8, plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin fauve, tranches rouges, jx, [-10], 299 p. titre compris. Edition originale de premier tirage, imprimée à Paris par Prault fils à la mi-février 1757 avec permission tacite, selon J. et A.-M. Chouillet ("Oeuvres complètes" de Diderot, t. X, Paris, 1980, p. 10-12). Le texte de la pièce est précédé de sa préface ("Le sixième volume de l'Encyclopédie venait de paraître...") et suivi des "trois Entretiens" (p. 137 à 299). Diderot y soutient sa théorie novatrice, morale et esthétique, du drame bourgeois. (Adams, FN1. Tchemerzine-Scheler, II, p. 941). Exemplaire bien complet, cette édition ne comporte pas de faux titre (cf. Adams). Petit ex-dono ancien manuscrit: "A Leonide". Mors fendillés, accrocs de cuir, coins usés, coiffe supérieure réparée, légèrement bruni. Exemplaire relié à l'époque.
2 parties en un volume in-8, plein veau marbré de l'époque, dos lisse fleuronné et cloisonné, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, xxjx (ie xxiv), 220 p. et xij, 195 p. titre compris. Edition originale. Le "Discours sur la poésie dramatique" dédié à Grimm occupe la seconde partie. Retardé par la censure, le 'Père de famille' parut finalement en novembre 1758, sous les presses de Michel Lambert à Paris (selon Wilson, note p. 651), avec permission tacite. "Les théories théâtrales de Diderot annonçaient la fin de la tragédie classique française. Par ses répercussions sur les œuvres dramatiques d'un Lessing, d'un Goethe ou d'un Schiller, la pensée de Diderot allait modifier définitivement la conception traditionnelle du théâtre" (M. Couvreur in 'Diderot et son temps', 85). Ex-libris imprimé "Dutaillis" au contreplat. (Adams, P1. Tchemerzine-Scheler, II, 942). Mors fendus. Rousseurs et piqûres éparses.
4 volumes in-12 (165 x 96 mm), plein maroquin rouge, dos lisses ornés d'un riche décor de compartiments fleuronnés et cloisonnés, palettes et triples filets dorés, triple filet doré en encadrement des plats avec fleurons d'angle, pièces de titre et de tomaison de maroquin bronze, filet doré sur les coupes, tranches dorées, gardes de papier doré étoilé d'Augsbourg (reliure de l'époque). (4), x, (2), 442 p., 2 planches; (4), 383 p., 1 planche; (4), 328 p., 1 planche et (4), 463 p., (1) p., (2) f.de privilège en hollandais, 1 planche (soit 5 planches au total). Edition à la date de l'originale, la troisième, imprimée avec permission tacite à Lyon par Jean-Marie Bruyset. Celui-ci avait en effet passé un accord avec Duchesne et obtenu une permission probablement fin 1761 (cf. D. Varry, 'Un Lyonnais pris en flagrant délit d'impression du Contrat social', in "Histoire et civilisation du livre", III, 2017, p. 123-141). Elle est illustrée de 5 planches gravées d'après celles de Eisen pour l'édition parisienne. Cet exemplaire est l'un des rares à posséder les 2 feuillets du privilège en hollandais en fin du tome IV ("Privilegie. De Staaten van Holland en West-Vriesland..."). (Dufour, I, n°188. Gagnebin, IV, p. 1866-1867. McEachern, 'Emile...', n°3A, p. 97-100). Quelques rousseurs et petites auréoles claires éparses. Très belle reliure de maroquin du temps, parfaitement établie par Pierre-Claude Crucifix (? - 1768), avec sa petite étiquette gravée: "Relié par Crucifix, Rue du Foin, vis-à-vis la petite Porte de Mathurins" (Gruel, 'Manuel de l'amateur de reliures', 1905, II, p.50).
In-12 (169 x 97 mm), maroquin rouge vermillon, dos à 5 nerfs guillochés or, orné de compartiments garnis aux petits fers et cloisonnés de doubles filets dorés, triple filet d'encadrement sur les plats, daté en pied, tranches dorées sur témoins, charnières intérieures du même maroquin, large dentelle intérieure dorée (rel. moderne dans le goût de l'époque), (2), 136 p., (12) p. de table, planche frontispice gravée. Edition originale de premier tirage selon Tchemerzine-Scheler et Niklaus, de troisième tirage selon Adams. Planche gravée en frontispice: "La vérité arrache le masque à la superstition". "Le premier pas philosophique de Diderot, qui lui ouvrit brillamment la carrière de celui qui allait devenir un des plus grands philosophes du siècle des Lumières". Dans ce volume qui fit scandale, Diderot s’attache, par aphorismes, à explorer les voies d’une morale fondée sur la raison, la réhabilitation des passions et la libre pensée, affranchie du joug de la religion. "Ce livre mérite d'être considéré, vu les polémiques et les échos qu'il suscita, comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle" (Wilson, ‘Diderot’, p. 47). L'ouvrage fut immédiatement condamné par un arrêt du Parlement de Paris. L’arrêt reprochait notamment de présenter "aux esprits inquiets & téméraires le venin des opinions les plus criminelles & les plus absurdes dont la dépravation de la raison humaine soit capable ; & par une incertitude affectée, place toutes les Religions presque au même rang, pour finir par n’en reconnaître aucune". (Adams, PD3. Selon R. Niklaus, 'Pensées philosophiques', Droz, 1950, P1, p. 50: "premier tirage rare". Tchemerzine-Scheler, II, 919). Petite signature ex-libris ancienne sur le titre "Perard". Très bel exemplaire, de marges exceptionnellement grandes, non rogné, dans une éclatante et fine reliure de maroquin rouge de maître.
In-8, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, tranches rouges, (2), 457, (1) bl. p. Edition originale, rare, recensée à deux exemplaires dans le monde. Ce recueil composé d'articles donnés par d'Alembert pour l'Encyclopédie, a été édité par avocat nîmois homme de lettres, biographe et spécialiste de ce type de compilation, Jean Chas (1750-1830). Le recueil débute par l'article "Académie française" et s'achève par "Vertu". Cette édition originale éditée à Paris en 1788 manque à la BnF et aux bibliothèques françaises (CCFr). WorldCat ne recense que deux exemplaires dans le monde: Burndy Library et Huntington Library. Elle est inconnue aux principales bibliographies qui citent celle de 1789 comme originale. Accrocs à la coiffe supérieure. Quelques épidermures. Coins émoussés. Bon exemplaire.
In-8, plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (8), 472 p., vignette gravée en bandeau. Nouvelle édition, dans la traduction d’Élie de Joncourt, proche collaborateur et éditeur de Newton. Continuateur de Locke, Gravesande réinterprète le sensualisme de son maître. Ses positions, en particulier sur la question du libre arbitre, le firent accuser de spinozisme, accusation alors dangereuse, qui lui valut la défense et les éloges et de Voltaire, Voltaire qui s’était rendu Leyde pour assister à ses cours en 1737. L’ouvrage est cité, par ailleurs, pour la théorie du chiffrement et de la cryptographie : Gravesande expose sa méthode révolutionnaire de codage et de décodage basée sur sa philosophie du langage ("De l’art de déchiffrer des Lettres", p. 391-408). Physicien, philosophe, juriste et diplomate néerlandais, illustre professeur à Leyde, Willem Jacob ‘s Gravesande (1688-1742) joua un rôle majeur dans la diffusion des théories de Newton et de la méthode expérimentale. (DSB, V, 509-511. France littéraire, III, 456). Quelques petites épidermures. Mors légèrement frottés. Très bon exemplaire, relié à l’époque.
2 tomes in-12 (162 x 95 mm), demi-maroquin rouge à grands coins, dos janséniste à 5 nerfs, têtes dorées (rel. ca 1880), (8), 288 p., (1) f. d'avis au relieur et (4), 332 p., double suite de 2 vignettes de titre, d'un frontispice et de 6 planches gravées. Seconde édition donnée immédiatement à la suite de la première, illustrée d'une double suite de 2 fleurons de titre différents, d'un frontispice et de 6 gravures "fantastiques". Il s’agit des mêmes planches que celles de l’originale mais gravées à nouveau. Le frontispice porte en légende: "Frontispice des Bijoux", les autres la mention: "Les Bijoux". Les vignettes de titre sont différentes, la première représente un sultan et un autre homme regardant une femme couchée, à moitié nue; la seconde figure un amour tirant le rideau d’un lit à baldaquin. Le présent exemplaire contient, en sus, une deuxième suite des épreuves des gravures tirées de la troisième édition, identiques mais inversées en miroir. Adams, décrit un exemplaire possédant cette même particularité dans son commentaire "3" de cette édition BI2 (II, p. 29). Première oeuvre romanesque de Diderot, ce roman libertin à clef met en scène Louis XV sous les traits du sultan Mangogul du Congo, qui reçoit du génie Cucufa un anneau magique possédant le pouvoir de faire parler les parties génitales ("bijoux") des femmes. En tournant la bague vers elles, leurs "bijoux" relatent sans détour leurs prouesses sexuelles. "Décrivant les moeurs de la cour du point de vue du désir féminin, le roman dresse le tableau d'une société libérée, où l'on multiplie les partenaires sexuels, où les apparences sont trompeuses et où la véritable tendresse est rare" (Bebelio). Le futur Encyclopédiste regarda plus tard cette oeuvre comme une sottise de jeunesse qu'il aurait souhaité réparer par "la perte d'un doigt", selon le témoignage de Naigeon. (Adams, BI2. Tchemerzine-Scheler, II, 922). Réparation au verso du titre du second tome, sans perte. Des clichés photographiques des vignettes de titre de la première édition ont été interfoliés. Très bon exemplaire, grand de marges, bien complet du feuillet de "l’Avis au relieur" qui manque le plus souvent.
2 volumes in-16, plein veau blond moucheté de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de veau bronze, triple filet d'encadrement sur les plats, filets sur les coupes, tranches dorées, (8), 220 p. et (4), 248 p., 7 planches gravées hors texte dont une en frontispice. Jolie édition donnée par Cazin illustrée de 7 figures très originales. Première oeuvre romanesque de Diderot, ce roman libertin à clef met en scène Louis XV sous les traits du sultan Mangogul du Congo, qui reçoit du génie Cucufa un anneau magique possédant le pouvoir de faire parler les parties génitales ("bijoux") des femmes. En tournant la bague vers elles, leurs "bijoux" relatent sans détour leurs prouesses sexuelles. "Décrivant les moeurs de la cour du point de vue du désir féminin, le roman dresse le tableau d'une société libérée, où l'on multiplie les partenaires sexuels, où les apparences sont trompeuses et où la véritable tendresse est rare" (Bebelio).. Le futur Encyclopédiste regarda plus tard cette oeuvre comme une sottise de jeunesse qu'il aurait souhaité réparer par "la perte d'un doigt", selon le témoignage de Naigeon. (Adams, BI.14.Cohen, p. 303. Corroënne, 'Manuel du Cazinophile', XXII, p.106). Petit accroc aux coiffes. Mors légèrement frottés. Quelques cahiers brunis. Bon exemplaire, relié à l'époque.
2 tomes reliés en un volume in-8, demi-basane, dos lisse orné de filets, palettes et fers spéciaux répétés, titre doré (rel. vers 1820), (2) f., xxij, [-23], 286 p. et (4), 320 p. Edition originale posthume, "établie à partir d'un manuscrit vraisemblablement sorti de la bibliothèque de Grimm, et annoncée dans les "Annales patriotiques et littéraires" de L.-S. Mercier du 27 septembre 1796", selon le catalogue de la BnF. L'introduction "A la mémoire de Diderot" est due à Jakob-Heinrich Meister ancien proche collaborateur de Diderot et secrétaire de Grimm. "Le dernier roman de Diderot se veut à la fois une fiction philosophique, une dérision du roman classique et l'expression de la prodigieuse diversité d'un esprit ouvert à tous les aspects de la réalité humaine. Loin d'être improvisé ou rédigé à la diable, le récit est agencé avec un soin minutieux qui place le créateur au coeur même de l'histoire (...). Il ne fut publié qu'en 1796 sur un manuscrit saisi dans les papiers de Grimm. L'accueil de la presse et du public fut désastreux; la singularité de l'oeuvre la rendait inacceptable... Ce n'est qu'au XXe siècle que ce roman a trouvé l'audience qu'il méritait" (M. Mortier, in 'Diderot et son temps', n° 146). (Adams, JF1. Tchemerzine-Scheler, II, 965. 'Expo. B.N', n° 436). Papier bruni. Quelques auréoles claires. Petit accroc de papier à un coin du prem. feuillet. Le cahier "O" (p. 209-224) a été relié après le cahier "P" (p. 240).
In-12 (157 x 93 mm), broché, couverture de papier gris d'attente, 65 p., (7) p. de table, titre compris. Edition clandestine attribuée par Robert Niklaus à l'éditeur parisien Laurent Durand ou à l'un de ses associés. "Le premier pas philosophique de Diderot, qui lui ouvrit brillamment la carrière de celui qui allait devenir un des plus grands philosophes du siècle des Lumières". "Ce livre mérite d'être considéré, vu les polémiques et les échos qu'il suscita, comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle" (Wilson, 'Diderot', p. 47). L'ouvrage fut immédiatement condamné par un arrêt du Parlement de Paris. (Adams, PD6. Niklaus, 'Pensées philosophiques', Droz,1965, P4, p. 51). Papier un peu bruni. Bon exemplaire.
In-8, broché, couverture papier gris d'attente, 88 p. titre compris. La pièce obtint un important et durable succès. Elle demeura au répertoire jusqu’à la Révolution et à l’Empire pour s'achever lors de sa reprise solennelle à la Comédie-Française en 1811 où elle fut sifflée. (Adams, PF28). Bon exemplaire.
In-12 (156 x 106 mm), broché, couverture de papier marbré, (4) p. (titre et "Aux jeunes gens"), 97 p. et (7) p. de table. Edition française, probablement provinciale, la troisième selon Adams. (Adams, PE3. Tchemerzine-Scheler, II, 937 consacre un article à cette édition). Auréole claire au fond du titre sans gravité. Petite restauration de papier au dernier feuillet sans perte. Bon exemplaire, à toutes marges, entièrement non rogné.
In-4 (275 x 212 mm), broché, couverture de papier d'attente, 14 p. Edition originale. Publié une première fois en 1770, l’ouvrage connut deux éditions à la suite. La plus étendue, celle de 1780, fut condamnée par ce très sévère arrêt du Parlement de Paris du 23 mai 1781 comme "blasphématoire, séditieux, tendant à soulever les peuples contre l'autorité souveraine & à renverser les principes fondamentaux de l'ordre civil". Son auteur, Raynal, qui y est décrété d’arrestation, "appréhendé au corps, & amené ès prisons de la Conciergerie", choisit l’exil. L'interdiction valut une immédiate célébrité à l'auteur comme à l'oeuvre. La part de Diderot dans la rédaction de cet ouvrage a été largement réévaluée par la critique moderne. Cet arrêt amplement motivé constitue une véritable synthèse de la réaction politique, philosophique et morale, d'une partie des autorités et des "anti-lumières" aux nouvelles doctrines. Bon exemplaire, non rogné.