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In-8 (164 x 105 mm), cartonnage à la Bradel de papier marbré ancien de réemploi, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges (rel. Goy), xxx, 297 p., (1) bl., (5 sur 9) p. de table et errata, (1) p. bl., 2 planches gravées hors texte, bandeaux gravés. Edition originale du premier essai philosophique du jeune Diderot, illustrée de 2 planches gravées hors texte, 1 fleuron et 2 vignettes de Durand gravés par Fessard. "Cet exercice auquel se livra Diderot sur un original anglais fut davantage une paraphrase qu'une traduction. C'est un travail fort important pour saisir l'évolution de sa pensée. Il s'agissait de 'An Inquiry concerning Virtue and Merit de Lord Shaftesbury' (...). Il y avait quelque danger à présenter au public français, un ouvrage qui affirmait aussi franchement l'existence d'une morale naturelle, indépendant des sanctions d'une religion ou d'une Eglise données" (Wilson, ‘Diderot’, p. 44). Sur cet ouvrage capital "pour saisir l'évolution de la pensée de Diderot", cf. A. Wilson, p. 43 sq. et Venturi, 'La jeunesse de Diderot', passim. 2 feuillets de table manquent en fin. Quelques petites rousseurs et auréoles claires. (Adams, PY1. Cohen, 306. Tchemerzine-Scheler, II, 916). Très bon exemplaire, grand de marges (164 x 105 mm), bien relié.
2 ouvrages reliés en un volume petit in-8 (178 x 109 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges. 1- Edition originale et unique de cet ouvrage d'inspiration physiocratique. "Attratto dalle dottrine degli Economisti (fisiocratici) scrive poi su 'Le imposte secondo l'ordine della natura' seguendo l'idea dei fisiocratici , che solamente la terra è tassabile : ancora la giusta formula smithiana della ricchezza non era diffusa" (F. Protonotari, ' Nuova antologia', 1235-1242, p. 12). L'ouvrage reçut un accueil enthousiaste des "Éphémérides du citoyen", le périodique alors dirigé par Dupont de Nemours (6e année, 1772 III, p. 32-101), ainsi qu'une traduction partielle dans cette même livraison sous le titre de "Des impôts selon l'ordre de la nature". Sur cet ouvrage, cf. Franco Venturi, 'Illuministi italiani', III, 508 sq.). Aventurier, homme de lettres et homme politique Giuseppe Gorani (1740-1819) a été au service de Marie-Thérèse d'Autriche, des Pombal au Portugal et de Pascal Paoli en Corse. Membre de la société du "Café", ami de Beccaria, lié à Verri, d'Holbach, Diderot et Voltaire, collaborateur de Mirabeau, il devint l'un des plus ardents défenseurs des idéaux de la Révolution française à travers l'Europe. Sur la demande de Bailly, il reçut en 1792 le titre de citoyen français, alors que ses positions très violemment révolutionnaires lui valurent la confiscation de ses biens par l'archiduc Ferdinand. (Goldsmiths'-Kress library, n°10788. Higgs, n°5288). WorldCat ne recense que 3 exemplaires dans le monde. 2-Donnée comme cinquième édition, ce tirage en 164 pages est rare. WorldCat n'en recense qu'un unique exemplaire: "Sveriges National (Kungliga)". L'adresse d'Harlem est sans doute fictive. Quelques rares petites auréoles claires et piqûres éparses. Petits accrocs aux coiffes et quelques épidermures. Ex-libris manuscrit sur étiquette au premier contre-plat: "Unus ex-libris. Roussillon, 8 thermidor an II".
In-12 (169 x 97 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin rouge, triples filets dorés en encadrement des plats, roulette intérieure, tranches rouges, xxxvj, 255, (1) p. d'errata. Edition originale. Comédienne la plus célébrée de son temps, Mademoiselle Clairon, nom de scène de Claire Josèphe Hippolyte Léris (1723-1803) milita avec acharnement contre la rigueur de l’Église française envers les gens de théâtre, contre l’excommunication qui les frappaient et revendiqua un statut civil et religieux à leur endroit. En soutien à son action, la comédienne sollicita, pour cet ouvrage, l’aide d’un avocat au parlement de Paris, Huerne de La Mothe. Les auteurs dénoncent les abus de droit opérés par l’Église en matière d’excommunication depuis les origines, particulièrement envers les gens de théâtre. Ils prennent soin de faire la différence entre les farces passées et l’excellence de la tragédie de leur temps, édifiant pour "le goût des moeurs"; les actrices et acteurs sont des représentants de la grande culture, défenseurs de la poésie et de la littérature, soutenus par le roi comme par les plus hautes autorités. Par arrêt du 22 avril 1761, ce mémoire a été interdit, brûlé par la main du bourreau et l’auteur rayé du tableau des avocats. Mors fendu. Coiffes usées, reliure un peu épidermée. Intérieur très frais. Exemplaire provenant de la bibliothèque de Jean-Claude Carrière (vente Audap du 24 juin 2022, n°30).
4 volumes in-8° (188 x 122 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs ornés de caissons cloisonnés et fleuronnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et havane, filet doré sur les coupes, tranches rouges. Tome I : (1) f., viii, (2), 466 p., (5) p. de privilège et errata - Tome II : (2) f., 407 p. - Tome III : (2) f., 384 p. - Tome IV : (2) f., 455 p., 5 planches par Eisen gravées par Le Grand, de Longueil et Pasquier. Véritable édition originale, la première mise en vente, conforme à la description donnée par J.-A. McEachern (1A) et par Gagnebin (IV, p. 863, n°1), à l'adresse de La Haye et le privilège en hollandais ainsi que le second feuillet d’errata à la fin du tome premier. "L'’Emile' est imprimé et mis en vente fin mai 1762 chez le libraire N.-B. Duchesne à Paris. En homme d’affaires avisé et prudent, celui-ci a pris soin de préparer deux éditions portant chacune une fausse adresse différente: 'Amsterdam, chez Jean Néaulme' pour l'édition in-12° et 'La Haye, chez Jean Néaulme' pour l'in-8° [qui sera la première commercialisée]. En échange de la paternité fictive de ces éditions, Néaulme, libraire à La Haye, reçut le monopole des ventes hors du territoire français" (Sté Internationale des Amis du Musée J.-J. Rousseau). Si l'ouvrage connut un succès commercial immédiat, on trouva dans le livre IV un passage, "la Profession de foi du Vicaire savoyard", qui suscita les foudres du pouvoir civil et religieux. Le 7 juin, la Sorbonne censurait l’ouvrage; le 9 juin le Parlement de Paris emboîtait le pas pour le condamner "à être lacéré et brûlé" en raison de ses "principes impies et détestables". En outre, le Parlement ordonnait "que le nommé J.J. Rousseau sera pris et appréhendé au corps, et amené ès prisons de la Conciergerie du Palais". Rousseau considérait "l' 'Émile" comme son oeuvre la plus importante, celle qui manifestait au mieux les principes de son "système", selon sa propre formule dans 'Rousseau juge de Jean-Jacques'. Quelques traces de restauration à la reliure, auréoles et rousseurs éparses. Petite tache d'encre en marge supérieure des premiers feuillets du t. IV. Bon exemplaire, bien relié à l'époque.
2 ouvrages reliés en un volume in-8 (193 x 122 mm), pleine basane marbrée de l'époque, dos à 5 nerfs orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièce de tire de maroquin bordeaux, tranches rouges. 1- Edition originale. La réponse de Rousseau à l'article "Genève" qui venait de paraître dans l'Encyclopédie, dans lequel D'Alembert suggérait des réformes pour la ville de Genève: projet pour une "cité philosophe" de liberté politique et culturelle, notamment par la levée de l'interdiction d'un théâtre permanent. Rousseau résume, dans sa critique, tout ce qu'il dénonçait déjà comme une illusion: "le théâtre comme école de l'hypocrisie, le bel esprit, la civilité telle qu'on la conçoit à Paris sont inconciliables avec les mœurs de véritables citoyens. Ses thèses sur les spectacles ne sont qu'un aspect de sa réflexion sur la modernité: à quelles conditions la république est-elle possible ? Comment lier adéquatement morale, esthétique et politique" (cf. B. Bachefen, ENS éditions). (Gagnebin, V, 1812. Tchemerzine-Scheler, V, 535). 2- Edition originale de la réponse de d'Alembert comportant l'article intégral "Genève" de l'Encyclopédie, "l'Extrait des registres de la vénérable Compagnie des Pasteurs & Professeurs de l'Eglise & de l'Académie de Genève du 10 février 1758" signé J. Trembley et, à partir de la page 61, la lettre de d'Alembert à Rousseau sous page de faux-titre particulière. Cette pièce est rare. (Colon, 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau', n°91). Mors et coins frottés. Quelques petites épidermures. Petit accroc de papier en marge supérieure du catalogue Rey, sans perte de texte. Bon exemplaire, relié à l'époque.
In-12 (145 x 91 mm), demi-veau aubergine, dos lisse orné d'un jeu de triples filets dorés, pièce de titre dorée (rel. moderne), 193, (3) p. de table, faux-titre et titre inclus. Edition originale publiée d'après un texte attribué à Robert Challe, qui circulait clandestinement sous forme de manuscrit dès la première décennie du XVIIIe siècle. Le texte de cette première version imprimée aurait été largement récrit et adapté par Naigeon et par D’Holbach qui aurait composé le dernier chapitre (p. 153-193) (Cf. O. Bloch, 'Le matérialisme au XVIIIe s.'). Désigné à sa sortie comme "bréviaire du matérialisme", cet ouvrage a toujours été rare si l'on en croit la correspondance de Grimm (cité par Belin, 'Commerce du livre', p. 106). "Pamphlet athée qui va circuler sous le manteau, alimentant la crise de conscience européenne, anticipatrice de la Révolution française" (Ed. Coda). (Vercruysse, éd. 2017, 1768- B2, p. 102). Joli exemplaire, frais, bien relié.
In-8, broché sous couture, couverture de papier d'origine, (1) f. de faux-titre, 130 p. titre compris. "Seconde édition corrigée", publiée quelques semaines après l'originale (janvier 1789) de ce "brûlot politique" fondateur dans l'histoire politique de la France qui obtint un immense retentissement et rendit immédiatement son auteur célèbre. "Reprenant sous une forme amplifiée et théorisée les notions, nouvelles au XVIIIe siècle, d’utilité sociale et d’égalité civile, Sieyès identifie le Tiers à la nation, ensemble d’individus libres, également doués de raison et soucieux de la chose publique. Sieyès appelle le Tiers à se constituer en société politique pour composer enfin cette nation, c’est-à-dire une volonté générale, unitaire, imprescriptible, qui délègue des représentants en son nom" (Luce-Marie Albigès). (Bastid, 'Sieyès', p. 317 n° 6. R. Zapperi, éd. Droz, p. 92. Monglond, I, 197. Martin & Walter, IV, 31634. Cf. 'En français dans le texte', p. 191-193). Faux-titre et dernier feuillet un peu froissés et cornés, comportant quelques fissures marginales de papier sans perte. Exemplaire broché sous couture d'origine, entièrement non rogné, tel que paru. Bien complet du faux-titre qui manque souvent.
In-12, demi-veau blond, dos romantique orné de 4 faux nerfs guillochés or, fleuron à froid estampé entre-nerfs, filets et palettes dorés, tranches marbrées (rel. vers 1830), (4), v, (2), 129 p. Edition originale et unique. La deuxième oeuvre du "berger Sylvain", alors jeune homme âgé de 21 ans, futur "homme sans dieu", et sa véritable entrée dans le monde littéraire. Cet hommage à Montesquieu et au 'Temple du Gnide' auquel il se réfère est également marqué par la sensibilité héritée de J.-J. Rousseau et sa conception de la "vertu". "Par l'agrément, la grâce et la légèreté de cette oeuvre" (M. Dommanget, p. 27), Sylvain Maréchal va gagner sa place dans deux salons littéraires: celui du poète épicurien Guillaume Vassé et celui de Madame Lépine, la diva italienne de la rue Neuve Saint Eustache où l'auteur rencontre la future Madame Roland, Manon Phlipon. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 71:1155. Dommanget, 'S. Maréchal', Bibliographie, p. 445). Le livre est peu commun: WorldCat ne recense que 4 exemplaires dans le monde, dont un unique en France, celui de la BnF. Infime défaut à la coiffe supérieure. Petit accroc de papier en coin du faux titre et en marge supérieure p. 59 sans perte. Quelques petites auréoles claires. Bon exemplaire, bien relié.
In-12 (166 x 91 mm), plein veau moucheté fauve de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de maroquin bronze, filet sur les coupes, (4), 175 p., planche frontispice gravée. Edition originale et unique illustrée d'un saisissant frontispice gravé sur cuivre par Bovinet d'après Binet, inspiré par les illustrations des romans gothiques alors en vogue: dans une caverne, un philosophe fend d'un poignard la soutane d'un abbé et, à sa surprise, découvre les seins d'une femme. "L'héroïne, Agathe, par amour pour son confesseur, se fait admettre sous un habit masculin au séminaire. Le confesseur qui est lui-même devenu prêtre par désespoir amoureux ne peut répondre à cette passion. Agathe part perdre la raison et la vie en Amérique" (cf. Michel Delon, "Combats philosophiques…", 'Raison présente', "Lumières", 1983, p.67-76). "Maréchal venait d'écrire 'Pour et contre La Bible' [brûlot athéiste] et pensa qu'il fallait rendre sa critique plus populaire. Constatant l'énorme succès de 'Thérèse philosophe', il résolut d'écrire un roman par lettres où une jeune fille tombée amoureuse d'un prêtre est chassée du séminaire lorsque la liaison est révélée et est recueilli par un philanthrope adversaire des religions et adepte de la Nature, porte-parole de Maréchal lui-même (...). Un livre à la fois parfaitement libertin et d'esprit révolutionnaire. La redécouverte actuelle de la littérature libertine et des Lumières ne peut ignorer ce chef-d'oeuvre du genre" (Ed. Coda, 2009). (Dommanget, 'S. Maréchal...', bibliographie, p. 464-465: "œuvre de combat"). Dos un peu passé, mors sup. frotté, accroc en marge p.185 sans perte. Tache aux 3 prem. feuillets. Bon exemplaire, grand de marges, relié à l'époque.
4 parties reliées en 2 volumes in-12 (161 x 96 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisses ornés de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux, filet à froid en encadrement des plats, coupes filetées, tranches rouges, 248 p.; 242 p.; 231 p. et 257 p. (chaque partie est précédée d'un titre et faux-titre inclus dans la pagination). "Véritable seconde édition", donnée comme "très rare" par Max Brun ('Biblio. des éditions des Liaisons dangereuses', "B", p. 10), parue immédiatement à la suite du tirage "A". Elle est une impression nouvelle, entièrement recomposée, la seule corrigée par l'auteur. Elle contient le même nombre de cahiers et de pages que la première et est imprimée sur le même papier, avec les mêmes caractères. Cette édition a été identifiée par Gérard Willemetz conservateur à la Bibliothèque Nationale, sur l’unique exemplaire alors connu, acheté à Camille Bloch en 1928 (cf. ‘La véritable deuxième édition originale des 'Liaisons dangereuses'’, Bulletin du bibliophile, 1957, n°2, p. 45-52 et Max Brun, ‘Etudes des éditions...’, id., 1958, p. 125-134). "Le 19 juillet 1802, répondant à une question de son fils Etienne sur les exemplaires des ‘Liaisons dangereuses’, Laclos nous apprend qu'il n'a participé qu'à deux éditions de son roman, celles pour lesquelles il a passé contrat avec le libraire Durand: l'édition originale prévue par l'acte du 16 mars 1782 et [cette] deuxième édition, en application de l'avenant du 21 avril 1782, comportant les mêmes nombres de pages, parue en mai. Celle-ci constitue une révision de l'originale, en ce sens que les fautes ont été corrigées. C'est cette seconde édition, plus correcte que la première, que nous reproduisons (…). Aucune des éditions ultérieures n'a d'autorité" (cf. René Pomeau, préface à sa réédition des ‘Liaisons dangereuses’, GF, 2006). Ainsi, cette édition est la seule que Laclos ait personnellement revue et celle qui a servi aux rééditions modernes de son chef-d'oeuvre. Quelques rousseurs et brunissures éparses. Quelques petits défauts de papier marginaux sans perte de texte. Mors légèrement frottés. Bon exemplaire, bien relié à l'époque.
In-16 (131 x 82 mm), plein veau porphyre de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bronze, triple filet doré sur les plats, tranches jaspées, viii, 205 p., (3) p. de catalogue éditeur, texte dans un encadrement, frontispice gravé. Edition originale ornée d'un frontispice gravé "dessiné par le frère de l'auteur, gravé par l'ami de l'auteur" (Godin). Sylvain Maréchal "recycle" le modèle des quatrains moraux laissé par le poète-diplomate Guy du Faur de Pibrac (1529-1584) pour livrer des préceptes destinés "à tous les âges", en les accompagnant d'abondantes gloses. Alors encore connu comme un aimable poète pastoral, Sylvain Maréchal se place sur le champ politique et social et entreprend, pour la première fois, de traiter de thèmes qui fonderont sa notoriété: l’inégalité sociale, la critique de la religion, la défense de la "vertu" comme héritage de la "voix de la nature". "Le livre de tous les âges met donc en évidence deux idées sur lesquelles les moralistes de tous les temps s'étaient longuement arrêtés: d'une part que l'inégalité du mérite moral compense l'inégalité des rangs à savoir que l'on peut être roturier et égal ou supérieur aux grands seigneurs; de l'autre, que l'inégalité est inévitable" (Aubert, 'S. Maréchal', p. 32). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 79:1315. Dommanget, 'S. Maréchal...', bibliographie, p. 464-465). Reliure épidermée. Bon exemplaire.
2 tomes reliés en un volume in-12 (167 x 102 mm), demi-veau de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (2), xii, (4), 204 p. et (8), 216 p. Première édition française de 'A Philosophical Enquiry into the Origin of Our Ideas of the Sublime and Beautiful' traduite sur la deuxième édition anglaise par l’abbé Louis-Antoine Des François (1728-1800), avec l'assistance de Sir James MacDonald et peut-être de David Hume lui-même, alors secrétaire de Lord Hertford ambassadeur de Grande Bretagne à Paris, selon Todd. Publié en anglais en 1757, l’essai obtint un très large succès dès sa sortie. Il est le premier à opérer le déplacement de la réflexion sur la nature et l’art, de la sphère rhétorique au terrain psycho-physiologique et à opposer systématiquement le sublime au beau. L’ouvrage exerça une influence décisive sur Diderot comme sur Kant et sur l’ensemble de "l’esthétique des Lumières". (Todd, 'Bibliography of E. Burke', 5kkLL, p. 40). Petite fente en tête d'un mors (3 cm). Papier des plats légèrement épidermé. Très bon exemplaire, très frais, relié à l'époque.
2 ouvrages reliés en un volume in-12 (153 x 96 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisse entièrement orné d'un décor doré à la grotesque, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges. 1- Première édition de la traduction française fournie par le baron d'Holbach, de cette oeuvre qui exerça une influence décisive sur sa propre doctrine comme sur la philosophie politique des Lumières. "Diderot nous a laissé un témoignage de l'enthousiasme que suscita chez lui ce traité [in 'Lettre à Sophie Volland']. Bien des éléments de cette doctrine passeront dans le 'Système de la Nature', avant tout le sensualisme conséquent, le mécanisme et le relativisme des critères moraux et sociaux" (cf. Naville, 'Holbach', p. 218-224). Par ailleurs, dans le domaine moral comme politique, tout sépare Hobbes de d’Holbach, lequel se prononce en faveur de la perfectibilité humaine, contre l’état de nature hobbesien et contre le principe du pouvoir absolu. L’adresse de Londres est fictive. L’ouvrage a été imprimé à Amsterdam chez Marc-Michel Rey. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 72:860. Garcia, 'Hobbes: Bibliographie Intle', p. 8. Vercruysse, 'Holbach', éd. 2017, 1772/D2. Tchemerzine-Scheler, III, 729). 2- Edition originale et unique de cet essai, développement de l'article "Usure" que l'auteur avait rédigé pour l'Encyclopédie. Faiguet de Villeneuve livre ici une vigoureuse défense du prêt à intérêt et réfute les critiques traditionnelles de l'Église et de la loi en la matière, tant par des arguments religieux, qu'économique et sociaux. Il démontre que le prêt favoriserait le commerce et l'industrie et permettrait aux hommes entreprenants de développer leurs compétences en créant une dynamique favorable entre détenteurs des capitaux et entrepreneurs. Au cours de sa démonstration, l'auteur propose une réforme de la poste afin que la forme et le poids réglementent le prix du port. Joachim Faiguet de Villeneuve (1703-1780), économiste et philanthrope a été un collaborateur régulier de L'Encyclopédie. Il obtint la charge de trésorier de France au Bureau des Finances de Châlons-sur-Marne; il est considéré comme l'un des créateurs en France de la science de l’Économie politique. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 70:874. Goldsmiths'-Kress, n°10683.3. Higgs, n°5043. INED, n°1773).Goldsmiths'-Kress, n°10683.3. Higgs, n°5043. INED, n°1773). Mors légèrement frottés. Très bon exemplaire, très frais, bien relié à l'époque.
2 volumes in-8, demi-veau olive de l'époque, dos lisses ornés d'un décor de compartiments cloisonnés d'un jeu de roulettes et filets dorées et fers spéciaux répétés, titre et tomaison dorés, tranches jaspées, xlviij, 452, (18) p. ("Avertissement du traducteur" et table) et (4), iv, 292 [i.e. 308] p., portrait frontispice gravé sur cuivre. Première édition collective française des oeuvres de Hobbes, ornée d'un portrait de l'auteur gravé sur cuivre par Le Beau d'après Le Clère. Tome I: 'Eléments du Citoyen', traduits par Samuel Sorbière. Suivi de "Avertissement du traducteur, ajouté après la publication de cet ouvrage". Tome II: 'Le Corps politique' traduit par Sorbière et 'La Nature humaine' traduit par le baron d'Holbach. (Tchemerzine-Scheler, III, 734. Vercruysse, 'Holbach', 1787 D1. Manque à Macdonald & Hargreaves). Dos passés. Petit accroc aux coiffes supérieures. Bon exemplaire, imprimé sur beau papier vergé, intérieur très frais, relié à l'époque.
4 tomes reliés en 2 volumes in-12, plein veau glacé fauve, dos lisses richement ornés de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bronze, datés en pied, double filet doré en encadrement des plats, guirlande dorée sur les coupes et les coiffes, dentelle intérieure, têtes dorées (rel. moderne dans le goût de l'époque), 8 planches gravées hors texte. Première édition illustrée. Elle est ornée de 8 figures dessinées par Jean-Jacques-François Le Barbier et gravées par L. M. Halbou, N. Thomas, J.-L Delignon, J. Dambrun. "Cette édition présente le grand intérêt d'être la première qui fut illustrée. Les gravures de Le Barbier sont gracieuses et illustrent correctement le texte qui suit fidèlement celui des originales. L'ouvrage est très bien imprimé dans le style des Cazins" (Brun, ‘Le Livre et l'estampe’, vol. 31, 1962, p.59-61). L'ouvrage connut une contrefaçon, à la même adresse, ornée de 4 figures la même année puis fut réédité, avec les mêmes figures, à Paris en 1794. (Cohen, 234-235. Michel Delon, Michèle Sajous, ‘Laclos en images’, p. 107. Sander, 355). Très bel exemplaire, très frais, très bien relié, grand de marges, non rogné.
2 ouvrages reliés en un volume in-8 (195 x 122 mm), plein veau blond porphyre de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre de veau rouge et vert bronze, triple filet d'encadrement sur les plats, filet sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées. Ensemble de deux importants témoignages de proches de Rousseau. 1- Edition originale et unique. Homme de lettres et homme politique, Jean-Joseph Dusaulx (1728-1799) fut présenté à Rousseau par Deleyre en 1770. D'abord admirateur du philosophe, l'auteur rend compte à travers anecdotes, entretiens et lettres échangées, de ses relations devenues vite difficiles avec Rousseau, son caractère ombrageux et soupçonneux et relate les conditions de leur rupture. "Loin des hagiographies fréquentes à l'époque (Révolution), il brosse le portrait d'un malade, d'un 'fou' rusé et pervers, qui lui vaudra de sévères critiques dans la presse contemporaine. C'est que ce portrait d'un maniaco-dépressif atrabilaire et sournois remettait en question le mythe intangible de 'l'immortel auteur du Contrat social' " (R. Trousson, éd. Champion). (Sénelier, 2040. Conlon, 'Rousseau', n°1052). 2- Edition originale et unique. Par Olivier de Corancez (1734-1810), journaliste, fondateur du "Journal de Paris". A propos de la publication de la correspondance entre J.-J. Rousseau et Dusaulx, Corancez livre ses souvenirs personnels sur le philosophe et relate l'épisode qui avait provoqué leur rupture. Parmi les derniers à avoir visité Rousseau, il rend compte de sa dégradation physique et psychique dans les derniers moments de sa vie et défend la thèse du suicide par arme à feu, thèse alors largement débattue. C'est Corancez et son beau-père, l'horloger genevois Jean Romilly, qui réglèrent l'enterrement du philosophe à Ermenonville. Il reste que Corancez défendit en toute occasion la mémoire de Rousseau. (Conlon, 'Rousseau', n°1049). Petite fente à un mors. Coiffes frottées. Petite tache à la reliure. Très bon exemplaire, très bien conservé, bien relié à l'époque.
In-8, plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin fauve, tranches rouges, (2), 212 p. Première édition française de 'An appeal from the new to the old Whigs' dans la traduction de Louise de Rivarol, épouse d'Antoine de Rivarol, le célèbre journaliste, essayiste et pamphlétaire En réponse à son exclusion du parti Whig à la suite de la publication de ses 'Réflexions sur la Révolution ', Burke publia anonymement cet 'Appel'. Il y justifie et complète les thèses développées dans son essai et tente de démontrer que sa critique de la Révolution française est conforme à la pensée des Whigs et à l'héritage intellectuel de la Glorieuse Révolution de 1688. (France littéraire, I, 569. Martin & Walter, 5575. Todd, 56j). Mors légèrement frotté. Petit accroc à la pièce de titre. Bon exemplaire, bien conservé.
13 textes reliés en un fort volume in-8 (190 x 122 mm), plein veau brun de l'époque, dos à 5 nerfs richement orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes et les chasses, tranches rouges. Recueil constitué à l'époque de 13 textes autour de "l'Oedipe" de Voltaire et de sa réception critique, dont un exemplaire de l'édition originale et un de la seconde édition. Première tragédie de Voltaire qui signe pour la première fois de ce pseudonyme, la pièce fut montée le 18 novembre 1718 à la Comédie Française et rencontra un immense succès. Elle demeura au répertoire jusqu'en 1852. "Voltaire s'éloigne radicalement du mythe par souci de vraisemblance dramatique. Chez lui, Oedipe est innocent. 'Inceste et parricide, et pourtant vertueux': tel est le cri final de celui qui n'aura cessé de lutter contre son destin, refusant de se plier au décret inique des dieux. En cela, Voltaire, en plus de remettre en cause l'univers même de la tragédie, fourbit ses armes contre la superstition, l'intolérance religieuse et le fanatisme (…). En pleine querelle des Anciens et des Modernes, son auteur est consacré du jour au du jour au lendemain comme le grand dramaturge de son temps" (F.-X. Hervoüet). 1- Édition originale. Les feuillets 83 à 131 contiennent six lettres que Voltaire composa pour justifier son traitement en regard des 'Oedipe' de Sophocle et de Corneille. Quelques petites annotations et corrections manuscrites de l'époque. (Bengesco, I, 2). 5- Seconde édition, revue, corrigée et augmentée d'une septième lettre. Les pages 93-130 ont été retirées lors de la reliure, une note manuscrite de l'époque précise que "les 3, 4, 5 et 6e lettres de cette édition sont de même que dans la première édition". Les pages 131 à 134 conservées correspondent à la septième lettre rajoutée dans cette édition. (Bengesco, I, 4). 13- La planche frontispice gravée qui accompagne cette imitation de la tragédie de Voltaire a été placée en tête du volume. Deux pages recto-verso sur une garde détaillent la table de "ce recueil curieux et rare". Petite fente aux mors supérieurs (3 cm), coiffe supérieure frottée. Quelques rousseurs éparses. Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.
In-8 (188 x 113 mm), plein veau fauve de l'époque, dos à 5 nerfs richement ornés de caissons fleuronnés et cloisonnés, jeux de filets et palettes dorés en pied, pièce de titre de maroquin bordeaux, filet à froid en encadrement des plats, roulette dorée sur les coiffes et les coupes, tranches rouges, (1) f. de titre, (3) p. de préface, 66 p., planche frontispice gravée. Rare édition originale de premier tirage, imprimée à petit nombre d’exemplaires, identifiable par son fleuron de titre, tirage probablement réservé à l’usage des membres du jury et des proches de l'auteur. Elle est en tous points conforme aux caractéristiques mentionnées par B. Gagnebin (édition de La Pléiade) et par Th. Dufour (coquilles typographiques aux pages 12 et 16). Planche frontispice gravée par Ch. Baquoy: "Satyre, tu ne le connais pas". Si cette édition a bien été imprimée à Paris, chez Pissot, l'imprimeur accepta de la faire paraître sous la fausse adresse de Barillot à Genève, à la demande de Rousseau qui souhaitait l'accorder avec le titre de "Citoyen de Genève" figurant pour la première fois (cf. Sénelier, p. 57-58). "Le livre qui rendit Rousseau célèbre"; son succès foudroyant le propulsa à l’avant-scène de la République des Lettres. En répondant par la négative à la question mise au concours par l'Académie de Dijon, Rousseau prend le contre-pied de ses contemporains pour dénoncer un ordre social fondé sur le luxe et les inégalités, corrompu et bafouant les véritables valeurs. Et de démontrer que les progrès indéniables des sciences et des arts ne se sont pas accompagnés d’un progrès moral. La descendance de cet essai sera immense. "Une force insoupçonnée et sincèrement rebelle apparaît dans ce Premier Discours, une pensée novatrice qui sonne juste. Et la lumière que Rousseau jette sur l'homme et sur le lien social va contribuer à remettre en cause une certaine idée du progrès" (Jacques Berchtold). (Dufour, n°13. Gagnebin, III, p. 1854-1855). L'ouvrage est relié avec trois autres pièces de l'époque (Lefranc de Pompignan, Fagan et anonyme). Quelques petites traces de restauration à la reliure. Petites piqûres éparses. Provenance: "Domou" et A. Grandjean (marque au premier titre) et ex-libris armorié gravé ancien. Bel exemplaire, très bien relié à l'époque.
In-8 (205 x 127 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisse richement orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, palettes en tête et pied, pièce de titre et de date de maroquin bordeaux, filets sur les coupes, tranches rouges, (12), 302, (6) p., portrait frontispice gravé. Edition en partie originale. "Une des meilleures éditions [anciennes] de cet ouvrage", modèle des éditions suivantes (selon Gay, 'Bibliographie du jeu d'échecs', p. 105-106), illustré d'un portrait frontispice de l'auteur dessiné et gravé par Bartolozzi. L'exemplaire est bien complet de la liste des souscripteurs (6 pages) et des "Règles du jeu" en fin (6 pages). L'ouvrage est divisé en deux parties; la première contient le texte de la première édition (1749) augmentée de notes nouvelles. La seconde, entièrement inédite, figure à partir de la page 149 sous un faux-titre particulier: "Analyse du jeu d'échecs, supplément à l'édition de 1749". Un des premiers traités d'échecs en langue française. Rapidement devenu un classique, il sera constamment réédité et traduit à travers le monde. Issu d'une dynastie de musiciens, Philidor mena une carrière musicale de premier plan. Dès son plus jeune âge, il se prit également de passion pour les échecs jusqu'à devenir joueur à plein temps et parcourir l'Europe pour s'affronter aux meilleurs. Après sa victoire contre Stamma à Londres en 1742, il fut consacré meilleur joueur d'Europe, titre qu'il conserva jusqu’à sa mort. Dans ce véritable "Discours de la méthode" des échecs, Philidor rompt avec les conceptions antérieures du jeu, pour formaliser un système rationnel révolutionnaire et fournir, le premier, les principes et les lois qui ont cours jusqu'à nos jours. (Linde-Niemeijeriana, n°550. Schachlitteratur, 1989). Rousseurs et brunissures éparses. Un ancien lecteur attentif a rédigé sur papier libre, joints au volume, une table des matières détaillée et des modèles de parties. Très bon exemplaire, très bien relié à l'époque.
2 tomes reliés en un volume in-16 (135 x 84 mm), pleine basane brune de l'époque, dos à 4 nerfs, pièce de titre de veau bronze, petit fer doré entre-nerfs, (2), 124 et (2), 122 p Une des éditions publiées l'année de l'originale. Sous forme de roman à clef, récit de l'initiation amoureuse d'une jeune duchesse et sa rencontre avec le vicomte de Barjac, archétype du libertin. "C'est un mélange de peintures fort lestes et de critiques encore plus hardies" en dit la "Correspondance littéraire" de Grimm et Diderot. Le sujet permet à l'auteur de livrer ragots et anecdotes scandaleuses sur les principales personnalités du monde des lettres, actrices, aristocrates, etc. de la période. Attribué à Laclos à sa sortie, l'ouvrage a pour véritable auteur le marquis de Luchet. (Drujon, 'Livres à clef', 965. Gay, 401). Coiffes et mors frottés, quelques petites taches grises éparses. Bon exemplaire relié à l'époque, imprimé sur papier vergé.
4 volumes in-12 (164 x 98 mm), demi-maroquin rouge à petits coins, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, tranches mouchetées rouges (rel. moderne dans le goût de l'époque), 248 p.; 242 p.; 231 p. et 257 p., (1) n.ch. d'errata. Véritable édition originale, premier tirage, dit tirage "A", conforme en tous points à l'inventaire minutieux des critères établissant son antériorité par Max Brun. Tiré à 2000 exemplaires, ce premier tirage parut au début d'avril 1782 pour être épuisé dès le 7 mai 1782. Le roman remporta immédiatement un succès prodigieux et seize différentes éditions parurent en cette même année 1782. (Max Brun, 'Bibliographie des éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime de 1782', in "Le Livre et l'Estampe", n° 33, 1963, p. 8-10 et 40-41. 'En français dans le texte', n°174). Bel exemplaire, parfaitement relié en demi-maroquin rouge dans le goût de l'époque, sans rousseurs, grand de marges.
Petit in-8 (148 x 96 mm), plein-veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches jaspées, (2) f. (faux titre et titre), 92 p., (2) f. blancs, 2 vignettes gravées, bandeaux, titre noir et rouge. Première édition et première traduction française, par l'abbé Louis-Valentin de Vougny, du dialogue publié à Londres en 1584, dont une seconde page de titre donne l'intitulé complet: 'Spaccio della bestia trionfante: la déroute ou l'expulsion de la Beste triomphante'. "Véritable subversion des fondements de la théologie chrétienne, sous la forme d'une fable mythologique, Giordano Bruno y développe les conséquences morales de sa conception d'un univers infini, dépourvu de centre et composé d'une infinité de mondes, et s'en prend aux dogmes de l'Éden ou du péché originel, réhabilitant ainsi la nature un siècle avant Spinoza" (Bertrand Levergeois). "Le 17 février 1600, l'Inquisition catholique menait Giordano Bruno au supplice. Lorsqu'une main lui tendit la croix, au milieu des flammes, il détourna la tête vers le firmament infini. Avant Galilée et Descartes, il tire le plus radicalement les conséquences cosmologiques et philosophiques des découvertes coperniciennes. Il dynamite ainsi tout le dispositif physique, métaphysique et politique de l'ordre scolastique et conçoit un univers inédit, illimité, plein d'une puissance dynamique, opératrice et protéenne" (cf. Ph. Forget [dir.], 'Giordano Bruno et la puissance de l'Infini', éd. Vrin, 2003). "One of Bruno's main works and that of his works which proved to be most influential throughout the 18th and 19th c., profoundly affecting both science, philosophy and religion" (B. Copenhaver & Ch. Schmitt, 'Renaissance Philosophy', p.301-302). (Brunet I, 1298. Caillet, 11295. Peignot, 'Livres condamnés au feu', I, 48, II, 213. Salvestrini, 'Bibliografia di G. Bruno', 112). Bel exemplaire, imprimé sur papier fort, très frais, grand de marges, très bien relié à l'époque.
In-8 (195 x 124 mm), demi-basane fauve de l'époque, dos lisse orné de fleurons, filets et roulettes dorés, titre doré, tranches mouchetées, viij, 389 p. (faux-titre et titre inclus). Edition originale posthume de premier tirage, sans mention d’édition, publiée par Pierre Daunou et Sophie de Condorcet. "Jamais ce qu’il est convenu d’appeler les illusions du progrès n’a été exposé avec autant d’éloquence. Condorcet, à la veille de mourir par la faute de cette Révolution qu’il a préparée et servie, persiste et signe. Son testament est aussi celui des Lumières. Cette tentative d’embrasser d’un seul regard l’histoire de l’humanité pour y reconnaître les manifestations de la perfectibilité de l’esprit humain s’achève sur une extraordinaire évocation de l’avenir de l’humanité, où l’enthousiasme du philosophe s’unit à la sobriété du savant" (Alain Pons, GF, 1988). "La forme sous laquelle la pensée occidentale a assimilé l'idée que le XVIIIe siècle se faisait du progrès. Ceux qui vinrent après n'eurent d'autres alternatives que de reconnaître leur allégeance ou d'affirmer leur hostilité" (Frank Manuel, "Prophets of Paris", cité par Baker, 'Condorcet', p. 449). ('En Français dans le texte', 196. Martin & Walter, 8083. PMM, 246). Précédé de: LEQUINIO (Joseph-Marie). Les Préjugés détruits. Paris, Cercle social, 1793. (8), 367 p. Déchirure sans manque au faux-titre et travail de ver pp. 350-367. Exemplaire signé. Quelques rousseurs. Dos légèrement frotté. Un petit défaut de papier sans perte (p. 11). Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.
In-8, maroquin olive, dos à 5 nerfs souligné de filets dorés, fleuron doré répété entre nerfs, auteur et titre dorés, daté en pied, filets d'encadrement sur les plats garnis de fleurons d'angle, filet doré sur les coupes, dentelle intérieure (rel. moderne dans le goût de l'époque), (2), 132 p. Rare édition à la date de l'originale qui manque au catalogue de la BnF à Bengesco et à Jones. L'ouvrage parut également sous le titre de "Le Huron et l'Ingénu." L'un des contes philosophiques les plus célèbres de Voltaire, véritable petit roman qui relate les "années d'apprentissage" d'un jeune Huron d'Amérique qui débarque en Bretagne dans la France de Louis XIV. Dénué de préjugés et ignorant des usages du pays, il rencontre l’amour, affronte les Anglais et après ce combat héroïque, gagne Versailles pour recevoir la juste récompense de sa bravoure et obtenir la main de sa bien-aimée, mais il est arrêté et jeté en prison... Le conte répond aux thèses de Rousseau sur l'état de nature, traite du thème du bonheur rendu impossible par les conventions, la corruption et l'obscurantisme religieux et mène une charge vigoureuse contre l'absolutisme, les atteintes à la liberté individuelle, les jansénistes, les jésuites. L'ouvrage fut saisi quelques semaines après sa parution. (Manque à la BnF, à Bengesco et à Jones, 'L'ingénu', édition critique, Droz, 1957). Quelques rousseurs éparses. Bel exemplaire, frais, très bien relié en maroquin olive.