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4 volumes in-8 (194 x 123 mm), plein veau blond marbré de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin havane, triples filets dorés en encadrement sur les plats, filet doré sur les coupes, tranches jaspées, (4), viii, (2), 464 p. ; (4), 407 p. ; (4), 381 p. et (4), 455 p., 5 planches gravées hors texte. Deuxième édition parisienne, à la date de l'originale, publiée à Paris par Duchesne. Elle est illustrée de 5 figures, dont 4 en frontispice de Eisen gravées par Legrand, Longueil et Pasquier. (Dufour, 190. Sénelier, 763. Gagnebin, 6. McEachern, 4A, p.105). Quelques petites rousseurs éparses. Infimes accrocs à la reliure. Bel exemplaire, imprimé sur papier vergé, très grand de marges, très bien relié à l'époque.
In-8 (213 x 135 mm), broché, couverture de papier marbré, 78 p., (1) f. bl. L'auteur, l'avocat François Chas, répond au pamphlet d'un autre célèbre avocat Joseph Michel Antoine Servan, qui avait accusé Rousseau d'avoir dévoilé, avec ses propres erreurs, celles de Madame de Warens dans ses "Confessions". Chas livre un ardent plaidoyer, véritable hagiographie de Rousseau, sa personnalité et son oeuvre, martyr de son siècle, "proscrit, fugitif, errant, poursuivi par l'autorité et la cohorte philosophique", persécuté par les thuriféraires de l'athéisme, Diderot et Voltaire, luttant contre la décadence des esprits des lettres et des moeurs. (Conlon, 'Ouvrages français relatifs à Jean-Jacques Rousseau', n°702). Piqûres éparses. Bon exemplaire, entièrement non rogné.
3 ouvrages reliés en un volume in-8 (182 x 112 mm), demi-maroquin acajou à coins, dos à nerfs orné de compartiments garnis d'un décor d'encadrement doré, titre doré, tête dorée (rel. fin XIXe). 1- Edition originale, exemplaire bien complet du frontispice gravé par Ch. Baquoy : "Satyre, tu ne le connais pas", qui n'a été joint qu'à un nombre réduit d'exemplaires. L’ouvrage a été imprimé à Paris, sous la fausse adresse de Genève, par les soins de Diderot pour le compte du libraire Pissot. "Le livre qui rendit Rousseau célèbre"; son succès foudroyant propulsa le Citoyen de Genève sur l’avant-scène de la République des Lettres. En répondant par la négative à la question mise au concours par l'Académie de Dijon, Rousseau prend le contre-pied de ses contemporains pour dénoncer un ordre social fondé sur le luxe et les inégalités, corrompu et bafouant les véritables valeurs. Et de démontrer que les progrès indéniables des sciences et des arts ne se sont pas accompagnés d’un progrès moral. La descendance de cet essai sera immense. "Une force insoupçonnée et sincèrement rebelle apparaît dans ce Premier Discours, une pensée novatrice qui sonne juste. Et la lumière que Rousseau jette sur l'homme et sur le lien social va contribuer à remettre en cause une certaine idée du progrès" (Jacques Berchtold). (Dufour, n°13. Gagnebin, III, p. 1854-1855). 2- Edition originale. (Conlon, ‘Ouvrages relatifs à J.J. Rousseau’, n°2). 3- Edition originale de la réponse de Rousseau à la brochure de Stanislas Leszczynski (cf. ci-dessus). (Dufour, n°23, p. 24). Mors légèrement frottés. Très bon exemplaire, frais, grand de marges, bien relié.
2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs ornés de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filet sur les coupes, tranches rouges. 1- Deuxième édition publiée quelques semaines après l'originale, de ce brûlot qui envenima la "querelle des Bouffons" pour des décennies. "Le résumé des idées de Rousseau sur la musique (...), le plus impitoyable des réquisitoires contre la musique française qui fit scandale (…). En manière de représailles, les musiciens de l'Opéra brûlèrent Rousseau en effigie dans la cour du théâtre" (Catalogue exposition Rousseau, B.N. 1962, n° 116). Rousseau ne critiquait pas seulement l'infériorité de la langue française, mais aussi l'esthétique de l'opéra français de son temps, "le conventionnel des représentations, les airs à roulades sans rapport avec les sentiments, l'apparat ridicule des scènes à machines, les éclats vocaux et les excessives gesticulations des interprètes (…), l'absence d'action dramatique, l'abus d'une mythologie ressassée et la pompeuse niaiserie des livrets" (Cf. Jacques Gheusi, "E. Universalis"). (Bibliothèque Cortot, p. 171. Fétis, 3943. Dufour, 32. Gregory, p.237. RISM B/VI/2 p.734. Sénelier, 120. Tchemerzine-Scheler, V, 529). 2- Edition originale. La réponse de Rousseau à l'article "Genève" qui venait de paraître dans l'Encyclopédie, dans lequel D'Alembert suggérait des réformes pour la ville de Genève: projet pour une "cité philosophe" de liberté politique et culturelle, notamment par la levée de l'interdiction d'un théâtre permanent. Rousseau résume dans sa critique tout ce qu'il dénonçait déjà comme une illusion: "le théâtre comme école de l'hypocrisie, le bel esprit, la civilité telle qu'on la conçoit à Paris sont inconciliables avec les mœurs de véritables citoyens. Ses thèses sur les spectacles ne sont qu'un aspect de sa réflexion sur la modernité: à quelles conditions la république est-elle possible ? Comment lier adéquatement morale, esthétique et politique" (cf. B. Bachefen, ENS éditions). (Gagnebin, V, 1812. Tchemerzine-Scheler, V, 535). Quelques rousseurs éparses. Petit ex-libris raturé et auréoles dans le fond de plusieurs cahiers du 2e texte. Très bon exemplaire, relié à l'époque.
7 volumes in-8 (200 x 126 mm), plein veau acajou glacé, dos à 4 nerfs filetés or, ornés de compartiments garnis de filets dorés, double filet d'encadrement sur les plats, titre et tomaison dorés, datés en pied, tranches marbrées (rel. moderne dans le goût de l'époque), portrait gravé en frontispice et 25 planches gravées. Première édition collective de Beaumarchais, publiée sous la direction de Paul Philippe Gudin, ami, éditeur et biographe de l'auteur. Elle est illustrée d'un portrait de Beaumarchais en frontispice du t. 1 et de 25 planches gravées au trait par Gautier Ainé, réparties dans les trois premiers volumes . De Beaumarchais, figure emblématique des Lumières, Voltaire dit à d'Alembert: "Quel homme! Il réunit tout, la bouffonnerie, le sérieux, la raison, la gaieté, la force, le touchant, tous les genres d’éloquence; et il n’en recherche aucun; et il confond tous ses adversaires; et il donne des leçons à ses juges. Sa naïveté m’enchante. Je lui pardonne ses imprudences, et ses pétulances". Contient: I- Essai sur le genre dramatique sérieux. Eugénie. Les deux Amis. Lettre modérée sur la chute et la critique du Barbier de Séville. Le Barbier de Séville. II- Préface du Barbier de Séville. La folle Journée ou Le Mariage de Figaro. Un mot sur La Mère coupable. L'autre Tartuffe ou La Mère coupable. Aux abonnés de l'opéra. Apologue à l'auteur de Tarare. Epître à M. Saliéri. Prologue de Tarare. Tarare. III et IV- Mémoires, lettres et réponses [affaires Goëzman, La Blache et Kornmann]. V- Requête à la Commune de Paris. Précis et jugement du procès de Beaumarchais. Pétition à la Convention nationale. Beaumarchais à Lecointre son dénonciateur (1ère-6ème périodes). VI- Compte rendu de l'affaire des auteurs dramatiques. Rapports faits aux auteurs dramatiques, 1791. Lettres de M. de Beaumarchais. VII- Suite des Lettres. Mélanges, vers et chansons. (Cordier, 'Bibliogr. de Beaumarchais', n°467. Morton & Spinelli, 'Beaumarchais: A Bibliography', n°642). Auréoles avec restaurations de papier dans le coin inférieur du t.2, sans perte de texte. Bien complet de la "Liste des souscripteurs aux œuvres de Beaumarchais", en fin du tome VII (LVI pages). Bon exemplaire, bien relié.
In-4 (250 x 187), plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, orné de compartiments richement fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, roulettes dorées sur les coupes, tranches rouges, (4), xxij, 643 p. et (1) p. d'approbation et privilège. Edition originale, exemplaire exceptionnel comportant la rarissime page de titre de premier tirage (Smith, 1.A) et, pour le corps du texte, des éléments des deux premiers tirages (E.1A et E.1B) et du second (E.2). Helvétius élabore un système matérialiste et sensualiste fondé sur un athéisme absolu et une morale utilitariste, qui défend l’égalité naturelle des hommes envisagés comme produits de leur environnement et de leur éducation. Cette oeuvre, centrale dans l’histoire de la philosophie des Lumières, obtint un considérable succès, en partie dû au scandale qu’elle provoqua, l'un des plus retentissant de la librairie au XVIIIe siècle. Le privilège accordé fut révoqué peu après la mise en vente, et l’ouvrage condamné par le Parlement le 6 février 1759 comme « athée, matérialiste, sacrilège, immoral et subversif ». "No book during the eighteenth century, except perhaps Rousseau’s 'Emile', evoked such an outcry from religious and civil authorities or such universal public interest" (David Smith). (Cf. David Smith, 'Bibliography if the writings of Helvétius', p. 105-133) Contient, reliées à l’époque en fin de volume, 4 pages de la "Feuille hebdomadaire" de 20 sept. 1758, qui rendent compte des troubles provoqués par le livre à sa sortie et qui reproduisent le texte de la rétractation d’Helvétius. Quelques discrètes traces de restauration à la reliure. Rares rousseurs éparses. Bel exemplaire, frais, grand de marges, bien relié à l’époque.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches jaspées, (12), 360 p, planche frontispice gravée. Édition originale et unique de ce recueil de pensées et d'aphorismes extraits des oeuvres de Frédéric de Prusse (L.R.D.P.= « Le Roi de Prusse ») et de Stanislas Leczinski, roi de Pologne (Phil. B.= « Le Philosophe Bienfaisant »), compilé et précédé d'une introduction par Constant d'Orville dans laquelle celui-ci fait l'éloge des « Rois Philosophes » : « la philosophie encourage les progrès de la raison & la raison, éloigne des États les disputes, les querelles théologiques & la superstition ». Planche allégorique en frontispice gravée par P. Nicolet d'après Etienne Fessard. (Conlon, 'Siècle des Lumières', 68:725). Quelques petits accrocs à la reliure. Coins émoussés. Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.
In-12, demi-veau vert bronze de l’époque, dos lisse orné entièrement garni d'un résille dorée répétée et de filets dorés, pièce de titre de maroquin bordeaux, 147 p. titre compris. Édition originale. Ancien proche de Rousseau, avocat général au Parlement de Dauphiné, philosophe, homme des Lumières appuyé par Voltaire, Michel Antoine Servan (1737-1807) se livre ici à une violente critique des Confessions. Il critique la sincérité du texte, dénonce une vision des événements toujours partiale et tournée à l’avantage de l’auteur et la mise en cause de trop nombreuses personnalités gravement diffamées, en particulier Madame de Warens. Contient également deux textes polémiques contre Rousseau de Charles Borde, dont la "Profession de foi philosophique" (p. 112 à 136) qui obtint le soutien de Voltaire, et "Prédiction tirée d'un vieux manuscrit" (p.137 à 147). (Conlon, 'Rousseau', n° 672). Petite tache au titre. Mors légèrement frottés. Ex-libris armorié: "A. Le Mareschal Beauvais". Très bon exemplaire, bien relié à l’époque.
In-12 (167 x 95 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de veau bronze, plats encadrés de triples filets dorés, tranches jaspées, xxiv, 444 p., portrait de Rousseau gravé en frontispice. Première édition de premier tirage sous ce titre, avec changement d’intitulé et de l’ordre des matières du recueil Prault (1763) des "Pensées" de Rousseau, compilation donnée par Joseph de Laporte, qui rédige également l'introduction préliminaire. Vignette de titre: "tiges de roses attachées". Portrait gravé de Rousseau, à sa devise "Vitam impendere vero" sur le socle du cadre rectangulaire gravé par L.J. Cathelin d'après de La Tour. (Dufour, I, n°300. Tchemerzine-Scheler, V, 558). Quelques menus accrocs à la reliure. Quelques rousseurs. Bon exemplaire, relié à l’époque.
3 tomes reliés en un volume in-8, demi-vélin vert ancien, dos lisse, tranches rouges, xii, xxiv, 286 p. ; (4), 256 p. et (4), 283 p. Edition originale de première émission conforme à la description de Vercruysse, comportant la vignette allégorique de titre à la devise "Ingeniosa assiduitate" et l'errata p. II. "Le premier volume développe, en trois sections, une théorie de la morale (…). Le deuxième volume s'attache à définir la pratique de la morale (…). Le troisième et dernier volume concerne les devoirs de la vie privée (…). d'Holbach récuse l'enseignement de la morale traditionnelle. Essentiellement naturaliste, prônant un lien laïque universel, l'ouvrage prolonge le 'Système de la nature' " ('D'Holbach et ses amis', 1541). (Vercruysse, 1776, A4). Quelques rousseurs, brunissures et auréoles éparses.
In-12, demi-vélin à la bradel à petits coins, titre doré, (2) f., (1) f. comportant la petite étiquette imprimée de titre d’origine à découper, xij, 271 p., vignette de titre gravée. Edition originale. Vignette de titre signée "N. v.d. Meer" copiée sur celle de l’édition officielle du 'Contrat social' représentant la Justice debout. La première des réfutations du Contrat social de Rousseau. "L’auteur suit son adversaire chapitre par chapitre ; il offre toujours les réponses orthodoxes aux 'hérésies' de Rousseau. Il semble considérer le 'Contrat social' comme un plaidoyer en faveur d'un individuali sme débridé, et ses critiques sont en grande partie consacrées à l'affirmation des droits du Gouvernement - en particulier monarchique, pour lequel il rejoint Voltaire et les Physiocrates - contre les revendications de l'individu. Lorsqu'il arrive aux chapitres cruciaux - ceux sur le contrat et sur l'État civil - il fait preuve d'une perspicacité inattendue. Il se rend compte qu'il se trouve face à une forme extrême de collectivisme..." (C.E. Vaughan, 'The political writings of J.-J. Rousseau', Cambridge U.P., 1911. II, p. 11-12). Pédagogue et philosophe Paul-Louis de Bauclair (1735-1804) fut conseiller du landgrave de Hesse-Darmstadt. (Conlon, 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau', n°277). Les feuillets du premier cahier sont reliés dans le désordre. Marges parfois courtes et inégales, sans perte de texte. Intérieur très frais.
In-12 (131 x 81 mm), plein veau marbré de l’époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de veau bordeaux, (2) f. de faux-titre et titre, viij, (2), [-11], 263 p., (1) p. de table des matières. Troisième édition, publiée l’année de l’originale, complète du faux-titre: "Mémoire de J.J. Rousseau". En réponse à l’indifférence qui avait accompagné les lectures privées des ’Confessions’, Rousseau composa cet ouvrage entre 1772 et 1776, sous forme de trois dialogues, pour se justifier et dénoncer le complot dont il croyait faire l’objet. Il résolut de confier à directement Dieu ce texte extraordinaire en le déposant sur le maître-autel de Notre Dame de Paris mais ne put y pénétrer. Il crut alors que la providence lui désignait un jeune anglais de passage à Paris, son ancien voisin à Wootton, et lui remit le manuscrit. Brooke Boothby le publia en Angleterre après la mort de Rousseau, conformément à ses engagements. Longtemps abordé comme un document clinique sur le "cas" Rousseau, il fallut attendre les dernières décennies du XXe siècle pour assister à une ample réévaluation de cette oeuvre, "d’une richesse longtemps insoupçonnée". Les aléas des conditions de sa publication en font l’un des livres moins communs de Rousseau. (Dufour, n° 347. Sénelier, n°1156. Gagnebin, I, p. 1905, n°30). Un mors fendu, coiffes et coins usés, dos frotté. Intérieur très frais.
2 volumes petit in-8 (164 x 96 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et vert bronze, filets sur les coupes, (4), 252 p. et (4), viij, 269, (1) d'errata p. Edition originale du second ouvrage de Madeleine de Puisieux (1720-1798). 'Les Caractères' aurait été écrit en collaboration avec Diderot, bien que l'autrice s'en défende dans le "Discours préliminaire" de la seconde partie. Blessée par leur rupture en 1750, après une liaison de près de cinq années, Madeleine de Puisieux décida l'année suivante de faire suivre l'ouvrage d'une seconde partie, dans laquelle elle évoque Diderot à plusieurs reprise. L’oeuvre de Madame de Puisieux a fait l'objet de récents travaux qui réévaluent sa contribution à la cause des femmes au siècle des Lumières. Selon le catalogue de la BnF, état "B" de la page de titre de la première partie. L’ouvrage aurait été publié à Paris par Michel-Étienne II David d'après la permission tacite et imprimé par François Montalant. Ex-libris armorié gravé: "Mr de Varenne": Philibert-Charles-Marie Varenne de Fenille (1730-1794) receveur des finances de la généralité de Bresse, Bugey, Pays de Gex. Agronome réputé, il fut arrêté le 12 octobre 1793 et exécuté à Lyon. Petit manque de cuir à un plat. Très bon exemplaire, très frais, grand de marges.
2 volumes in-12 (167 x 97 mm), plein veau blond marbré de l'époque, dos à nerfs ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux, armes frappées au centre des plats, filet doré sur les coupes, tranches rouges, xxiv, 265 p. et (4), 292 p. Une des deux éditions à la date de l'originale. "L'exposé systématique de la doctrine sensualiste de Condillac. Il prépare pour les écrivains de l'époque des Lumières, un cadre philosophique dans lequel pourront être incluses les solutions les plus radicalement opposées au spiritualisme traditionnel ; il fournit aux scientifiques une méthode, aux idéologues une doctrine qui restera à la base de la philosophie française, jusqu'à la contre-révolution et au triomphe de Kant" (J.-P. Faye). Selon Rousseau, dans les 'Confessions', c'est Diderot qui engagea le libraire Durand à prendre le manuscrit. (J. Sgard, 'Corpus Condillac', 02, p. 175). Bel exemplaire aux armes d'Alexandre de La Rochefoucauld (1690-1762), homme de culture, officier puis Grand-Maître de la Garde-Robe du Roi, il fut disgracié en 1744 et s'exila sur ses terres de La Roche-Guyon. Il avait réuni une belle et très importante bibliothèque (Olivier, 710).
In-12 (132 x 74 mm), plein maroquin rouge cerise de l'époque, dos lisse orné de compartiments garnis de petits fers en médaillon, roulette, palettes et filet pointillé dorés, roulette d'encadrement sur les plats, roulette sur les coupes, dentelle intérieure, doré sur tranches, (6), 208 p. Édition originale posthume, jolie impression, sur beau papier, donnée par François-Ambroise Didot. "D'après l'avertissement du libraire, cet écrit composé en 1765 a été imprimé sur le manuscrit transmis par la famille à l'imprimeur. Il est à remarquer que celui-ci, G. de Bure, est également celui qui a dressé et publié en 1789 le catalogue de la bibliothèque d'Holbach (…). Au reste la paternité d'Holbach annoncée par le titre et l'avertissement a été confirmée par la 'Correspondance littéraire' de novembre 1790. Barbier a ajouté dans son Dictionnaire que Naigeon avait revu le texte. Après analyse, R. Besthorn estime que [cette] révision fut exclusivement stylistique" (Vercruysse). A. Kors ('D'Holbach's coterie') insiste sur la rareté de ce volume. (Tchemerzine-Scheler, III, 732. Vercruysse, 1790 A2). Bel exemplaire, très frais, grand de marges, très bien relié en maroquin de l'époque, rare dans cette condition.
In-16 (132 x 78 mm), plein maroquin vert émeraude de l'époque, dos lisse orné de compartiments garnis d'un fin décor de fers spéciaux, palettes et roulettes dorés, plats encadrés d’un triple jeu de filet, roulette pointillée et chaînette dorés, titre doré, filets sur les coupes, roulette sur les chasses, doré sur tranches, xij, 220 p. Edition publiée quelques mois un an après l'originale (1787). Ordonné pasteur à Zürich puis installé à Paris, proche de Madame Necker et de Madame de Staël, Meister se lia avec Diderot et les Encyclopédistes et devint secrétaire de Grimm avec lequel il rédigea la "Correspondance littéraire". L’auteur s'efforce, dans cet ouvrage, d'explorer les fondements d'une morale originelle antérieure aux institutions sociales, politiques ou religieuses et recherche les bases cognitives de cette morale. (France Littéraire, VI, p. 22 Martin & Walter, 23741. Menger, 619). Quelques taches éparses. Bel exemplaire, bien relié en maroquin à l'époque, imprimé sur papier de Hollande fin.
4 tomes reliés en un 2 volumes in-8 (195 x 121 mm), plein veau raciné de l'époque, dos lisses ornés de compartiments ornés de fers spéciaux, palettes et guirlandes dorées, pièces de titre de veau vert bronze, dorés, tranches citron, (1) f., 216 p. ; (1) f., viij, 139, (1) p. de table et (1) f., 123, (1) p. de table ; (1) f., x, 162 p. Recueil de textes matérialistes publiés par la "secte holbachique": "Examen critique des Apologistes de la Religion chrétienne" (FRERET ou LEVESQUE de BURIGNY, revu et publié par NAIGEON) - Lettre à Eugénie (D'HOLBACH), précédée d'un "Avertissement" (NAIGEON) - Lettre de Thrasibule à Leucippe (FRERET) - La Moysade (Nouveau titre des "Réflexions impartiales sur l'Évangile", par FRERET ou MIRABAUD, revu par NAIGEON). Cette édition manque à Vercruysse et à Naville. Accrocs aux coiffes, mors légèrement fendillés. Brunissures et taches éparses.
3 ouvrages reliés en un volume in-8 (200 x 121 mm), plein veau brun de l'époque, dos à nerfs orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges. 1- Edition originale de premier tirage comportant les 3 cartons (p. LXVII, 111 et 139) et la correction de l'éditeur à la plume p. 11 (accent aigu sur "conformé"). Frontispice: "Il retourne chez ses Égaux" dessiné par Eisen, gravé par Sornique, fleuron-vignette de titre par Simon Fokke et fleuron en tête de la dédicace aux armes de la République de Genève, également signé par Fokke. "Oeuvre source, à partir de laquelle on peut faire commencer toute la réflexion moderne sur la nature de la société" (J. Starobinski). (Dufour, n°55. Gagnebin, III, p. 1862. Tchemerzine-Scheler, V, 532a). 2- Première édition de cette édition contenant l’intégralité du premier discours de Rousseau accompagné de sa réfutation juxtalinéaire, point par point, par Claude Nicolas Le Cat. Médecin et chirurgien auteur d'importantes découvertes, fondateur et Secrétaire perpétuel de l’académie de Rouen, Le Cat réfute, le premier, les thèses de Rousseau. En homme des Lumières, il défend, contre Rousseau, les effets des sciences et des arts comme facteurs de progrès et affirme sa foi en la perfectibilité du genre humain. Le texte est suivi d'une réponse de Le Cat à la réplique que Rousseau avait fait paraître dans le "Mercure" de septembre 1751 (p. 95-124). Vignette-bandeau dessinée par Le Lorrain et gravée par Fessard. Bien complet de planche frontispice gravée par Jacques, qui manque souvent: "Satire, tu ne le connais pas". L'adresse est fictive, l'ouvrage est imprimé à Rouen, d'après Weller. (Gagnebin III, 1856. Dufour, 17. Conlon, 'Ouvrages relatifs à J.-J. Rousseau’, n°1). 3- Edition originale de premier tirage, avec l’approbation signée de Remond de Sainte-Albine datée du 23 octobre 1751, état d’origine avant la réimpression des pages 23 à 26 voulue par Rousseau. Titre de départ. Titre courant: "Lettre à M. Grimm". L’adresse est restituée d'après le "Mercure de France" de décembre 1751 et la permission tacite accordée à Pissot. La réponse de Rousseau à la réfutation de son "Discours" sur les Sciences & des Arts que Joseph Gautier, professeur à Nancy, avait publié dans le "Mercure de France" d'octobre 1751. (Dufour, I, p. 27-28, n°26). Reliure restaurée. Papillon portant une signature ex-libris ancienne apposé dans la marge inférieure du deuxième texte. Timbre à froid en coin supérieur du premier. Bon exemplaire, relié à l’époque.
2 ouvrages reliés en un volume in-4 (259 x 200 mm), plein maroquin rouge de l’époque, dos à 5 nerfs garni de compartiments richement fleuronnés et cloisonnés, palettes en tête et pied, 2 pièces de titre de maroquin émeraude, plats encadrés de triples filets dorés, roulette sur les coupes, dentelle intérieure, doré sur tranches. Rarissime réunion de ces deux textes majeurs du matérialisme français au XVIIIe siècle, publiés par d'Holbach à la suite l’un après l’autre en cette année 1776, dans leur édition in-4° "de luxe". 1- Edition in-4° publiée immédiatement à la suite du premier tirage; un carton présent dans celui-ci est ici intégré dans le texte. "Le premier volume développe, en trois sections, une théorie de la morale (…). Le deuxième volume s’attache à définir la pratique de la morale (…). Le troisième et dernier volume concerne les devoirs de la vie privée (…). D’Holbach récuse l'enseignement de la morale traditionnelle. Essentiellement naturaliste, prônant un lien laïque universel, l'ouvrage prolonge le 'Système de la nature' " ('D'Holbach et ses amis', 1541). (Vercruysse, éd. 2017, 1776, p. 160, A6). 2- Edition in-4° publiée immédiatement à la suite du premier tirage. L'ouvrage fondamental dans la pensée politique de d'Holbach, véritable programme politique et social qu'il destina au nouveau roi, Louis XVI, auquel le livre est dédié. D'Holbach recherche les principes et les modalités d'action d'un gouvernement soucieux de la morale et de l'utilité publique, promue par une "éthocratie", classe sociale dominante, qu'il oppose à la théocratie, l'aristocratie et l'autocratie. "D'Holbach s'est essayé à tracer un programme de réformes immédiates (…). Dans quelle mesure se flattait-il réellement d'influencer Turgot ? Il est difficile de le dire. Mais il est sûr que c'est avec un sens avisé de l'opportunité qu'il choisit cette heure, pour exposer le programme hors duquel il n'y avait plus de salut pour la monarchie" (Naville, 'D'Holbach', p. 399 sq.). (Vercruysse, éd. 2017, 1776, p. 155, A3). WorldCat recense 5 exemplaires de la ‘Morale universelle’ in-4° dans le monde et un unique de ‘l’Ethocratie’ in-4°: celui de la BnF. Quelques piqûres et petites taches éparses. Magnifique exemplaire, édition in-4° "de luxe", tirée à très petit nombre, parfaitement relié en maroquin rouge de l’époque, condition des plus rares.
In-12 (172 x 102 mm), couverture papier bleu de parution, 35 p. Edition originale de librairie, publiée à tirage limité, de cette première biographie de Diderot, par son proche collaborateur et ami Jacques Henri Meister. Le texte avait d'abord paru, sans les importantes notes, dans des livraisons de la "Correspondance Littéraire" en 1786. Contient une première bibliographie des oeuvres alors encore non publiée de Diderot (p. 11, 28, 29, 30). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 88:3627. Expo. 'Diderot', B.N., 1963, n° 558. France littéraire, VI, 22). Quelques auréoles et piqûres éparses. Exemplaire sur grand papier, tel que paru, entièrement non rogné, témoins conservés.
2 volumes in-8 (182 x 118 mm), plein maroquin rouge, dos lisses ornés de compartiments richement fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin vert olive, plats encadrés de triples filets dorés et fleurons d'angles, filets sur le coupes, dentelle intérieure, doré sur tranches (reliure de l'époque), (1) f., xl, 272 p. et 316, (4) p., frontispice, titre gravé, 10 figures et 10 vignettes. Premier tirage de cette remarquable illustration de Charles Eisen comprenant un frontispice, un titre gravé avec un portrait de Voltaire en médaillon, 10 figures hors texte et 10 vignettes, le tout gravé en taille-douce par Joseph de Longueil d'après Charles Eisen. Belle impression de Barbou dont la marque figure en colophon. Le premier tome est sans date. Le second contient un important appareil critique dont: "Fondement de la fable de la Henriade", "L’Essai sur la Poésie épique", notes et variantes ainsi que les "Discours en vers sur l'homme", "Le Temple du goût", le "Poème sur le désastre de Lisbonne" et la "Loi naturelle", également en édition critique. "Voltaire offre un récit poétique et captivant des guerres de religion, depuis la Saint-Barthélemy jusqu’à la conquête de Paris par Henri IV. Alternant les récits de batailles et l’analyse politique, la réflexion philosophique et la vision de l’Histoire, il aborde les grands débats qui animeront la pensée des Lumières, comme la place de la religion dans la société, la tolérance, la figure du souverain ou le progrès des arts. Une décennie après la mort de Louis XIV, il y pose la première pierre du mythe du 'Grand Siècle', esquissant les emblèmes de la Nation, tels qu’ils se constitueront dans la France moderne" (D. Maira et J.-M.Roulin, 2019, Ed. champion). (Bengesco, I, 384. ‘L'œuvre Voltaire à la BN’, 1721. Cohen, 1026). Quelques petites piqûres éparses. Très bel exemplaire, relié en maroquin rouge de l'époque.
In-12, pleine basane de l'époque, dos lisse entièrement orné d'une roulette dorée de fleurons répétés, 168 p. (sign. A-O8/4). Edition à la date de l’originale de cet ouvrage donné pour une traduction de l'allemand Pfeil, que Léon Béclard le biographe de Mercier, tout comme ses contemporains, identifie comme une "oeuvre personnelle authentique". L'auteur se prononce avec originalité sur l'état de nature, en marquant ses différences par rapport à Rousseau et en parvenant à une conclusion analogue à celle du "Supplément au voyage de Bougainville" de Diderot. "Beaucoup de précautions pour faire passer cette histoire qui touche à des tabous. Elle n'en fut pas moins interdite dès sa parution. L'ancien sauvage a eu plusieurs contacts pénibles avec les peuples "civilisés", il a alors pour un temps vécu dans l'heureux état de nature - dans l'inceste - avec son père, sa sœur et un domestique. Mais un Européen qu'ils ont sauvé des mains des Espagnols a détruit l'idylle..." (Hartig & Soboul, 'Utopies', p. 59). H. Coulet ("Le roman jusqu'à la Révolution") voit dans cet ouvrage une source du "René" de Chateaubriand. Cette édition qui pourrait être une contrefaçon est rare. WorldCat n’en localise que 4 exemplaires dans le monde dont celui de la BnF. (A. Martin 67.42). Quelques rousseurs et piqûres. Petit accroc au dos. Bon exemplaire, relié à l’époque.
In-8 (192 x 121 mm), plein veau havane marbré, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filet sur les coupes, tranches rouges (reliure de l'époque), xxxii, 326 p. Une des deux éditions publiées l'année de l'originale, celle-ci de format in-8° comporte l' "Epitre à Uranie" de Voltaire aux pages iii à viii. "Examen critique et érudit en dix-huit chapitres de quatre évangiles canoniques. Les récits évangéliques ne sont qu’un tissu de fables, erreurs et contradictions. Soulignant le caractère néfaste de la religion chrétienne, Holbach invite ses lecteurs à mener une vie conforme à la nature" ('D’Holbach et ses amis', 1505). L’ouvrage fut mis à l’index le 16 février 1778 et les exemplaires saisis furent détruits. (Peignot, 'Livres condamnés', II, 220. Tchemerzine-Scheler, III, 737. Vercruysse, éd. 2017, 1770-A4). Très bel exemplaire, très frais, très bien relié à l'époque.
In-8 (190 x 116 mm), cartonnage marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne), (2), x, 251 p. Edition publiée l’année de l’originale, selon Dufour contrefaçon faite à Lausanne, hypothèse confirmée par le matériel typographique. Pages 248 à 251, on trouve la prière de Rousseau : "Dépôt remis à la providence". En réponse à l’indifférence qui avait accompagné les lectures privées des ’Confessions’, Rousseau composa cet ouvrage entre 1772 et 1776, sous forme de trois dialogues, pour se justifier et dénoncer le complot dont il croyait faire l’objet. Il résolut de confier à directement Dieu ce texte extraordinaire en le déposant sur le maître-autel de Notre Dame de Paris mais ne put y pénétrer. Il crut alors que la providence lui désignait un jeune anglais de passage à Paris, son ancien voisin à Wootton, et lui remit le manuscrit. Brooke Boothby le publia en Angleterre après la mort de Rousseau, conformément à ses engagements. Longtemps abordé comme un document clinique sur le "cas" Rousseau, il fallut attendre les dernières décennies du XXe siècle pour assister à une ample réévaluation de cette oeuvre, "d’une richesse longtemps insoupçonnée". (Dufour, n° 348. Gagnebin, I, p. 1905, n°31. Sénelier, n°1155). Très bon exemplaire, très frais, entièrement non rogné, témoins conservés.
Petit in-8 (178 x 109 mm), demi-maroquin rouge cerise à coins, dos lisse orné d'une guirlande torsadée dorée en place de nerfs, pièce de titre de maroquin olive, tranches bleutées (reliure de l'époque), (6), 326 p. et (2) p. d'errata et achevé d'imprimer, imprimé sur vergé bleuté. Véritable édition originale, de premier tirage. Elle est parue sans nom d'auteur, en 326 pages et un feuillet final d'errata non chiffré. L’achevé d'imprimer porte la mention: "Imprimé chez Jean Piere Treder" [sic]. Le testament politique de Sénac de Meilhan. Refusant le genre polémique des ouvrages consacrés par ses contemporains à la défense de l'Ancien Régime, Sénac se livre à une analyse lucide et sans concession de la France pré-révolutionnaire: les institutions monarchiques, les hommes, les moeurs, etc. Loin de considérer l'esprit philosophique comme un danger pour l'État, il regrette que le pouvoir n'ait pas eu les moyens d'en appliquer les principes aux objets de l'administration. Il voit dans la chute de la royauté plus une « dissolution qu'une révolution », précipitée par l'incurie des hommes en place et la mise à l'écart de ceux qui auraient pu sauver le régime dont Turgot. Apprécié par Senancour comme Stendhal, cet ouvrage était considéré par Sainte-Beuve comme "un des meilleurs de cette littérature de l'émigration" ('Causeries du Lundi', X, 120). (Barbier, II, 550. Conlon, 'Ouvrages relatifs à Rousseau', n°1002. A. Vielwahr, 'Senac de Meilhan', Bibliographie, p. 246. Manque à Martin & Walter). Bel exemplaire, très bien relié à l'époque de demi-maroquin rouge à coins, très frais, imprimé sur beau papier vergé bleuté.