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1924ref. DZN-1166Paris Lapina 1924, in-4, (2)200 pages (1), 12 E.F. de Balande hors-texte et 61 dans le texte. Exemplaire n° 103/300 sur Hollande pur chiffon. Tirage à 400 ex. num +25 hors commerce. Maroquin Art Déco lie de vin mosaïqué de Lavaux à décor géométrique, tête dorée, les autres marges sont ébarbées, couverture conservée. Contreplats de maroquin reprenant le décor des plats encadrants une soie moirée verte, gardes de soie moirée verte doublées de gardes de papier marbré. Étui bordé et habillé du même papier que les secondes gardes; légèrement frotté avec quelques faiblesses, légers transferts de l'encrage des planches sur les feuillets opposés, pâles rousseurs sur le fx-titre.
ref. 20139Rouen, J. Lemonnyer, 1880. 2 vols. in-12, VIII-185 pp. 1 pl. + 197 pp. 1 pl. , demi-maroquin à coins rouge de Lancelin, filets dorés sur les plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, tête dorée sur témoins (quelques petits frottements et taches éparses).
1903ref. AMO-2397Paris, Albin Michel, 1903 1 volume in-18 (19,5 x 13 cm) de LXV-(1)-383 pages. Nombreuses illustrations en noir au trait dans le texte par Wely. Portrait photographique de Claudine (actrice Polaire) en écolière en frontispice. Reliure de l'époque demi-maroquin à coins havane, dos lisse orné doré, filets dorés sur les plats, tête dorée, non rogné (relié sur brochure). Couverture illustrée en couleurs par Wely (les deux plats et le dos conservés). Exccellent état. Très beau papier de Hollande. ÉDITION ORIGINALE. UN DES RARES EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE, CELUI-CI PARAPHÉ PAR WILLY ET NUMÉROTÉ "N° HUIT [signé] WILLY" Les exemplaires sur grands papiers ne sont pas annoncés sur les exemplaires ordinaires. Il doit y avoir une dizaine d'exemplaires seulement sur ce papier. Le volume contient au début la plaidoirie de Maître J. Paul-Boncour pour la maîtresse du Prince Jean. L'ouvrage fut condamné. Cette première édition est la seule complète, les suivantes ayant été expurgées des passages les plus scabreux. "Willy est plus sourd encore que sa vertu n'est muette !... Du moins, cette Maîtresse du Prince Jean, a un mérite : elle ne prendra pas son lecteur en traître. Elle arrive à lui munie d'un casier judiciaire propre à le mettre en garde : dès avant son apparition, elle fut poursuivie, jugée et condamnée ; aussi, ceux qui voudront aller plus loin que la couverture du livre et en sortiront le rouge au front sauront à qui s'en prendre ; ils auront été prévenus. Je sais bien que l'éditeur, malin, a placé en tète du livre la délicieuse plaidoirie où M. Paul-Boncourt entreprit de démontrer à la justice de son pays que la Maîtresse du prince Jean n'était, mon Dieu, pas si immorale qu'on le voulait prétendre ; je sais bien qu'il l'a fait avec un luxe étonnant de verbe, d'esprit et d'aimable sophisme, et qu'il a réussi à être persuasif puisque je m'y suis laissé prendre et que j'ai lu le livre. Cette lecture m'a édifié — si j'ose dire — et je puis affirmer, en connaissance de cause que ce roman, même « épousseté », est terriblement scabreux. Je le sais d'autant mieux que j'ai lu jusqu'à la dernière page — il me faut faire mon mea culpa — car trop souvent le rire et le sourire désarmèrent ma colère ; et ainsi j'ai connu complètement les aventures de ce prince fantôme et de cette trop réelle et plantureuse Gaétane, et j'ai fréquenté le poète carottier Lauban, et Smiley, le littérateur, et aussi l'immuable Maugis, Journaliste notoire, qui ressemble à Willy comme un frère et qui en est très fier, le monstre ! J'ai vu, J'ai lu tout cela, et malgré moi j'y ai pris plaisir. Du moins, pour m'en punir et pour me réhabiliter à mes yeux. Je devais mettre en garde mes contemporains contre la séduction de la Maîtresse du prince Jean, leur affirmer que c'est un livre à ne pas lire et, puisque j'ai été victime de ma curiosité, empêcher les autres de céder à la leur, car s'ils ouvrent le livre, ils sont perdus, ils feront comme moi, ils iront jusqu'au bout." in Le Figaro du 31 juillet 1903, article signé Frédéric Charpin. TRÈS BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE A QUELQUES EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE PARAPHÉ PAR L'AUTEUR RELIÉ A L’ÉPOQUE PAR CHARLES MEUNIER.
1902ref. 19801902 Couverture rigide Paris, Éditions de La Plume (31, rue Bonaparte), 1902 (MCMII). Un volume in-8 (19,5 x 15 cm), demi-chagrin havane à coins d'époque, dos à 4 nerfs orné de filets dorés et de petits fers floraux, titre doré, tête dorée, papier à la cuve aux plats et contreplats, couverture orange conservée, frottements au dos et sur les plats, quelques éraflures. Reliure signée Truc sur la page de garde. 261 pages, papier légèrement jauni, quelques marques marginales à la page de titre. Mention de troisième édition, ornée d'un portrait de l'auteur par Albert C. Sterner en frontispice et d'une reproduction photographique en noir. Ex-libris manuscrit à l'encre « Antoinette Morin-Pons ». La Maison des Grenades est un recueil de contes poétiques et symbolistes, où Oscar Wilde explore les thèmes de la beauté, du sacrifice et de la vanité humaine. Bon exemplaire.
ref. 23407Paris, A. Lacroix, 1871. In-8, 360 pp., maroquin rouge d'Huser, filets dorés en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, doublure de maroquin gris à encadrement de maroquin rouge, gardes de soie moirée, tranches dorées, couverture conservée (couverture empoussiérée).
ref. 22740Paris, Éditions Lapina, 1926. 2 vol. in-folio, X-167 pp. + 173 à 379 pp., maroquin bordeaux de Berthet, filets dorés en encadrement sur les plats, les premiers plats mosaïqués veau blond estampés à froid représentant un vieil homme au premier volume et un homme en costume au second, les seconds mosaïqués d'une pièce triangulaire également estampée à froid, dos à nerfs orné de même, encadrement intérieur orné de filets et fleurons dorés, tête dorée, couverture conservée (petites épidermures, insolation, petites rousseurs, décharges).
1881ref. 3047À Paris, Éditions Quantin, 1881-1882.
ref. 21592Lyon, Association lyonnaise des cinquante "La Belle Cordelière", 1932. Grand in-4, 86 pp., maroquin aubergine d'Huser, encadrement intérieur de même peau orné d'un filet doré, dos à nerfs, doublure de maroquin blanc, garde de soie moirée beige, tranches dorées, couvertures conservées, chemise de demi-maroquin à bandes aubergine doublée de basane ocre, étui bordé de même.
ref. 217603Paris, Madame Masson, an XIII - 1805 in-8, 28 pp., un f. n. ch. d'errata, cartonnage Bradel vieux-rouge, dos orné de hachurés et fleurons dorés, encadrement de grecques dorées sur les plats, gardes de papier marine (R.-O. Meslant). Coiffes un peu rognées.
1924ref. UDG-34Paris, Nouvelle revue française, 1924. In-4 tellière, édition originale. Tirage limité à 888 exemplaires numérotés, celui-ci n°IV, un des 108 exemplaires imposés spécialement au format in-4 tellière sur papier vergé Lafuma-Navarre. L'auteur, originaire d'Aix-en-Provence, reçut le premier Prix Renaudot en 1926, pour Nicolo-Peccavi ou l'Affaire Dreyfus à Carpentras. Son oeuvre est principalement consacré à la vie des juifs en Provence, notamment aux alentours de Carpentras. Il fut le dernier locuteur du shuadit ou chouadit, un dialecte judéo-provençal. Belle reliure d'époque en demi-maroquin rouge à coins, dos à quatre nerfs regroupés encadrant une composition géométrique mosaïquée du plus pur style Art Déco, auteur, titre, date et filets dorés d'encadrement, tranche supérieure dorée, signée Franz. (infimes frottements aux mors et à la coiffe supérieure)
ref. 20053Paris, Mercure de France, 1916. In-12, 224 pp., demi-maroquin vert tilleul de Franz, filet doré sur les plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, tête dorée, couverture conservée (dos insolé, petites taches).
1927ref. 118380blaizot 1927 in-4 plein maroquin signé bernasconi goix Paris, Auguste Blaizot, 1927, 1 volume in-4 de 220x270 mm, 176 pages, (2)ff. (table des illustrations, justification du tirage gravée). Un des 300 exemplaires numérotés sur Velin de Rives, complet des illustrations à leau-forte par Bernard Naudin (en-têtes, culs-de-lampe, filigranes, planches). Belle reliure signée Bernasconi et Goix, plein maroquin bleu nuit, dos à cinq nerfs portant titres dorés et caissons richement ornés, deux filets dorés et beaux écoinçons inscrits dans un double encadrement sur les plats, toutes tranches dorées et double filet doré sur les coupes, bel encadrement des contreplats, gardes marbrées, couvertures conservées. Quelques frottements sur les coins et les coiffes, discrètes marques sur le plat inférieur et les mors, sinon intérieur frais, bon état, très bel exemplaire.
ref. 222246Cologne, Pierre Marteau, 1689 2 vol. in-12, [6] ff. n. ch. (titre, dédicace au marquis de Warnes, préface), 402 pp. ; 407 pp., f. 235-36 du vol. II relié à l'envers, maroquin cerise, dos à nerfs, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure, large encadrement de guirlandes, filets et pointillé dorés sur les contreplats (Belz-Niédrée).
ref. 46239Paris : Jules Gay, 1862. Nouvelle édition avec un avant-propos par Philomnèste Junior. Petit in-12 demi-maroquin vert à coins signé en pied par Gruel, dos à nerfs avec titre, lieu et date dorés, tranche supérieure dorée, XVII, 56 pages. Le texte du privilège et la page de titre de l'édition originale de 1662 sont reproduits.Tirage limité à 102 exemplaires numérotés à la main (n°24). "Facétie spirituelle en vers et en prose" (Brunet III, 991)."Curieux et attachant ouvrage que ce roman et qui a du moderne une extraordinaire liberté de façon et de style" (Pia 212). Bon état.
ref. 163910Collection Collection des cent-quinze de la Société des bibliophiles languedociensMontpellier, C. Coulet, 1873 in-8, XXXI-76-[12] pp., demi-chagrin cerise, dos à nerfs cloisonné et fleuronné, tête dorée, couverture conservée (Petit & Trioullier). Bel exemplaire.
1881ref. DEZ-3366Paris, Calmann-Lévy, 1881. Plaquette in-8, demi maroquin à coins signé Mertens, dos à nerfs, titre doré, tranche supérieure dorée, faux-titre, titre, 435 pp. Edition originale, un des quelques exemplaires sur papier de chine hors commerce. Couvertures conservées. Intérieur frais. Mors supérieur et certains nerfs frottés.
ref. 14948In 8 maroquin rouge à 4 nerfs et à coins,titre,date en pied dorés.155X205mm,1 pages justification du tirage,frontispice gravé sur bois,sous serpente,Titre,439 pages, à la suite mon gosse,8 pages y compris le portait hors texte par Aubert. Pages communiquées par Mme Séverine,note de l'éditeur. Couverture et dos conservés,bois gravés de Henry BARTHELEMY un frontispice,bandeaux,lettrines et culs de lampe Mornay éditeur collection les beaux livres,exemplaire n°132 sur papier de Rives.Paris chez MORNAY,libraire1929.Non rogné,tête dorée.Reliure signée SEMET et PLUMELLE,très bon état
1888ref. DEZ-7230Petit-Bourg, Paul de Cauville, 1888. Plaquette in-12, demi chagrin à coins époque signé Pouillet, dos à nerfs orné de fleurons dorés, titre doré, date dorée en pied, tranche supérieure dorée, 103 pp. Ouvrage imprimé sur papier vergé, couvertures conservées, envoi de l'éditeur à Henri Janin. Coins émoussés, coiffes et nerfs frottés, papier légèrement piqué.
ref. 217709Paris, Société des Éditions Militaires, 1929-1931 4 vol. in-4, maroquin rouge, plats mosaïqués de listels de maroquin bleu, blanc et rouge, filets dorés, dos orné de même, listel de maroquin bleu et filet doré d’encadrement intérieur, garde de tabis rouge, tranches dorées (Charles Benoit).
1926ref. DEZ-7020Paris, Laurens, 1926. In-8, demi maroquin à coins signé Mercier, dos à nerfs, titre doré, date dorée en pied, tranche supérieure dorée. Faux-titre, titre, 364 pp. Ouvrage illustré de 162 gravures hors texte, réparties sur 104 planches et de 30 figures in-texte. Couvertures et dos conservés. Coins, nerfs et coiffes frottés, papier jauni.
ref. 380L'Artiste (revue) Petit in folio demi-chagrin vert à grain long,titre,fers,filets,roulettes,palmettes dorés,reliure signée en pied de BOUTIGNY. Année 1831:tome II,276 pages,non rogné,texte sur deux colonnes,en livraisons,48 lithographies sous serpentes par les meilleurs artistes de l'époque,LAMI,CHARLET,GAVARNI,BICHEBOIS etc,rousseurs habituelles.
ref. 381L'artiste (revue) Petit in folio demi-chagrin vert à grain long,titre,fers,filets,roulettes,palmettes dorés,reliure signée en pied de BOUTIGNY. Année 1832:tome 3,beau frontispice par Charavard,livraisons 1 à 26.Pages 1 à 316.texte sur deux colonnes.non rogné,44 lithographies sous serpentes par les meilleurs artistes de l'époque,CHARLET,GAVARNI,BICHEBOIS,etc..
1887ref. DEZ-1197Rouen, Deshays, 1887. In-4, reliure demi chagrin signée Petitbled, dos à nerfs orné de fleurons et de filets dorés, titre doré, IV, 1 pp non chiffrées, XXXI, 251 pp. Ouvrage orné de nombreuses illustrations in et hors texte en couleurs. Couvertures illustrées conservées. Coins émoussés, coupes usées, coiffes frottées, mors fendillés en tête, quelques frottements sur le cuir, petit trou de ver sur le mors inférieur en queue.
1890ref. AMO-854Paris, Publié pour les Sociétaires de l'Académie des Beaux Livres (Bibliophiles contemporains), 1890 (achevé d'imprimer le 20 décembre 1890). 1 volume grand in-8 (26,5 x 18 cm), 170-(2) pages. Toutes les pages sont décorées d'encadrements en camaïeu par Eugène Courboin, eaux-fortes dans le texte gravées par Manesse d'après les dessins d'Eugène Courboin. Reliure de l'époque demi-maroquin havane avec coins, signée LEMARDELEY. Dos lisse orné de filets d'encadrement d'une très grande pièce de titre de maroquin vert, millésime en queue du dos sur pièce de maroquin de même couleur verte. Filets dorés sur les plats. Exemplaire relié sur brochure, non rogné. Couverture imprimée or sur papier lie de vin conservée (manque en marge sans atteinte à l'illustration). Quelques frottements à la reliure, sans gravité (coins, coupes). Quelques rousseurs claires. TIRAGE A 160 EXEMPLAIRES PLUS QUELQUES EXEMPLAIRES. CELUI-CI PORTE LE N°66 ET A ÉTÉ IMPRIMÉ POUR M. Abel Giraudeau. Provenance : ex libris Paul Denis. Il s'agit du deuxième ouvrage publié par les soins d'Octave Uzanne pour les membres de la jeune société des Bibliophiles contemporains, née à peine un an auparavant (novembre 1889). Les encadrements par Eugène Courboin sont d'une inventivité et d'une imagination qui annoncent le Symbolisme et l'Art nouveau. Les eaux-fortes insérées dans les pages (différentes tailles) apportent un aspect esthétique supplémentaire à l'ensemble. Ce livre peu connu des bibliophiles, d'un tirage rare, mérite cependant toute leur considération
1895ref. AMO-4459Paris, Alphonse Lemerre, 1895 1 volume in-18 (19 x 13 cm) de (2)-II-324-(3) pages. Reliure plein maroquin vert d'eau, dos à nerfs janséniste, auteur et titré doré au dos, fer spécial (bibliothèque Arthur Meyer) doré en queue au dessus du millésime doré également, tranches dorées sur brochure, non rogné, les deux plats de couverture jaune imprimée conservés, large jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats (reliure signée E. CARAYON). Excellent état si ce n'est un dos uniformément insolé viré au marron, quelques légères décolorations sur les plats. Intérieur parfait. Edition originale tirée sur papier vélin satiné teinté. Il n'est pas fait mention de grands papiers. Exemplaire de dédicace offert par l'auteur au bibliophile et magnat de la presse Arthur Meyer : "A Monsieur Arthur Meyer. Hommage cordial de l'auteur. Paul Hervieu." Exemplaire dans lequel Arthur Meyer, comme à son habitude, a fait relié en tête une belle et intéressante lettre autographe datée du 16 septembre 1908 à lui adressée et relative à la genèse du livre. Nous la reproduisons intégralement ci-dessous : "Cher monsieur, mes "doux loisirs de vacances" consistent en pourparlers continuels avec le Président de l'Association des Directeurs, et à présider, cette semaine, trois séances confraternelles pour règlement d'affaires. Je m'arrache à leur perspective pour répondre à la question que veut bien me faire votre bibliophilie ; et je vous exprime combien je suis flatté de la part qu'elle m'a fait l'honneur de m'accorder. La conception de l'Armature remonte à une quinzaine d'années. Nombre de détails la concernant sont maintenant dans les brouillards de l'éloignement. Je me souviens toutefois que j'avais été frappé de la magnanimité avec laquelle des épouses supportaient l'inconstance du mari, et de la rigueur jalouse qui s'emparait d'elles, aussitôt que celui-ci mettait la dot en péril. Cette observation, répétée, m'inspira le personnage de la baronne Saffre. L'équité me fit chercher si le sexe fort ne présentait pas de ces équivalents. Et j'eus l'égale tristesse de constater que, lui aussi, était intéressé. Je me mis à l'œuvre pour exposer l'idée que, dans la vie mondaine, l'argent exerce la même obsession que dans les affaires du commerce et de l'industrie, avec ceci de différent et de curieux qu'elle est inavouée. Ma pensée fit alors, au vil métal, l'application du célèbre adage "s'en souvenir toujours ; n'en parler jamais." Je vous prie d'agréer, cher monsieur, l'assurance de tous mes souvenirs et de mes meilleurs sentiments. Paul Hervieu. 16 septembre 1908." Dans l'Armature Paul Hervieu évoque avec force le règne de l’argent et la destinée d’un nabab. Il y peint surtout les milieux aristocratiques avec un regard très critique, qui n’exclut cependant pas une fascination croissante. Hervieu a été pendant longtemps l’ami le plus cher et le plus dévoué d'Octave Mirbeau, qui l’a introduit chez Goncourt et Mallarmé et l’a mis en relations avec Rodin et Monet. Octave Mirbeau donna un éloge appuyé à l'Armature dans les colonnes du Journal du 24 février 1895. Cependant leur amitié s'acheva dans l'incompréhension mutuelle. "[...] « — Savez-vous exactement ce que l’on définit par le mot d’armature ? On désigne ainsi un assemblage de pièces de métal destiné à soutenir ou à contenir les parties moins solides, ou lâches, d’un objet déterminé. Eh bien ! pour soutenir la famille, pour contenir la société, pour fournir à tout ce beau monde la rigoureuse tenue que vous lui voyez, il y a une armature en métal qui est faite de son argent. Là-dessus, on dispose la garniture, l’ouvrage d’art, la maçonnerie, c’est-à-dire les devoirs, les principes, les sentiments, qui ne sont point la partie résistante, mais celle qui s’use, se change à l’occasion et se rechange. L’armature est plus ou moins dissimulée ; ordinairement, tout à fait invisible ; mais c’est elle qui empêche la dislocation, quand surviennent les accrocs, les secousses, les tempêtes imprévues, quand l’étoffe des sentiments se déchire et que se fend la devanture des devoirs ou des grands principes. C’est seulement en ces circonstances-là, et pour quelques instants, que l’on peut, parfois, apercevoir dans le cœur de la société, au centre des familles ou entre deux parties d’un ménage, leur armature à nu, le lien d’argent. Mais vite, on recouvre ça de sentiments neufs ou de principes d’occasion. On remplace les préjugés détériorés et les devoirs crevés… Et l’armature a supporté le tremblement ! Elle est restée en permanence pour maintenir scrupuleusement la forme et l’apparence des foyers domestiques, et pour recevoir la réparation dont a besoin la façade mondaine… » [...] Parue, tout d’abord, dans la Revue des Deux-Mondes, l’Armature a été fort discutée. Il n’en pouvait être autrement, en raison de l’exceptionnelle audace du livre, et aussi, parce que la Revue des Deux-Mondes compte, dans sa clientèle, les plus grands « armaturés » de cette époque. Il faut avouer que leur émotion se comprend et qu’elle s’aggrave encore de ce qu’il ne s’attendaient guère à être si durement « constatés », en ce qu’ils considèrent, à tort sans doute, comme le dernier rempart de leurs privilèges sociaux, comme leur propre maison. Les uns ont éprouvé de la colère ; les autres, de la stupeur, bien entendu, dans la mesure où la correction mondaine permet l’expression de ces deux sentiments, en général trop expressifs. Tous ont pensé sincèrement que M. Paul Hervieu avait exagéré, et qu’il y avait, dans son cas, sinon de la haine, du moins du parti pris. Les gens du monde ont des façons vraiment particulières de comprendre et de juger les choses qui touchent à la littérature. Ils acceptent avec une facilité merveilleuse, et couvrent d’une indulgence souriante et complice tout ce que la vie, autour d’eux, dans leur propre milieu, peut leur offrir de situations irrégulières, de vices qualifiés, d’infamies avérées ou seulement soupçonnées. Si tout cela s’accompagne de la tenue mensongère et de la discrétion hypocrite qui, dans leur morale, tiennent lieu de conscience et remplacent l’honneur, ils s’y complaisent et, au besoin, ils s’en honorent. Mais quand ces situations, ces vices, ces infamies, se transposent de la vie à l’art, et quittent la réalité quotidienne pour s’incorporer, même atténuées, dans une œuvre de pure imagination, alors ils s’indignent vertueusement et protestent, au nom des grands principes, contre la possibilité que de telles mœurs soient vraies, ou même plausibles. [...] J’aime et j’admire profondément ce livre, parce que, outre son art merveilleux, il a une probité rare : celle de ne flatter aucun snobisme, de ne caresser aucune passion, de n’encourager aucune mode, et de ne pas faire passer, comme dans les livres de nos plus accrédités psychologues, un grand souffle chrétien sur les eaux de toilette qui viennent de laver le secret parfumé des adultères." (extrait de Les écrivains, deuxième série, par Octave Mirbeau, E. Flammarion, 1926). Provenance : de la bibliothèque Arthur Meyer avec son ex libris gravé au coq avec sa devise "Je chante clair" et avec son fer spécial doré en queue du dos (coq et la même devise dans une banderole). Arthur Meyer (1844-1924) fut le directeur du Gaulois, prestigieux quotidien conservateur et mondain, qui fut, en 1929, absorbé par Le Figaro, alors dirigé par François Coty. Personnage hors normes, incontournable, au carrefour de la vie mondaine, de la presse et de la politique sous la IIIe République, ce petit-fils de rabbin, fils d'un colporteur alsacien, devint royaliste, antidreyfusard et catholique. Cherchant à singulariser ses livres pour les différencier de ceux des autres bibliophiles, il commanda aux artistes de son temps des dessins et peintures à la dimension de ses ouvrages. Arthur Meyer est mort le 2 février 1924 à Paris et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Sa bibliothèque riche de très belles pièces fut vendue la même année. Savoir ce volume richement relié et en belle place dans la riche bibliothèque d'Arthur Meyer, l'un des hommes parmi les plus riches et les plus mondains de son époque, n'est pas sans piquant. Et quand on sait qu'Arthur Meyer se marie en 1906 (2 ans avant la lettre adressée à lui par Paul Hervieu) à Marguerite de Turenne d'Aynac (descendante du général Henri-Amédée-Mercure de Turenne et petite-fille du 8e duc de Fitz-James), de 37 ans sa cadette, ce qui fait scandale à cause de la grande différence d'âge entre les deux époux, on ne peut s'empêcher de se dire que Paul Hervieu (ne pouvant ignorer la situation matrimoniale de Meyer au moment où il lui écrit en septembre 1908) a fait preuve de beaucoup d'audace dans son propos. Ironie de l'histoire mondaine ... Meyer divorcera de sa très jeune épouse en février 1923 (Meyer meurt en 1924). Ils eurent ensemble deux filles. Marguerite de Turenne d'Aynac se remaria avec un industriel dès mars 1923, et divorça encore ensuite (sans descendance par ce nouveau mariage) ... A croire qu'Hervieu avec son Armature, avait vu assez juste quant aux mondanités ... Marguerite mourut en 1945 âgée de 64 ans, l'âme en paix (on l'espère). Très bel exemplaire truffé et relié pour le bibliophile Arthur Meyer.