3 parties reliées en 2 volumes in-8, demi-veau havane de l’époque, dos à 4 faux-nerfs plats ornés d’un jeu de filets dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bleu, tranches marbrées (petits accrocs aux coif. sup.), xii, cxv (pour "Pétition aux chambres"), 337 p., (1) f. de table, 5 plans et 2 tableaux dépliants et xv, 448 p., 3 plans dépliants et (6), cxv, 44 p. Ensemble bien complet des trois parties reliées en 2 volumes. La troisième partie est formée par la Conclusion générale. L’un des ouvrages fondateurs de la réforme pénitentiaire en France. Membre de la "Société Royale pour l amélioration des prisons", devenu inspecteur général des prisons, Charles Lucas s’appuie sur son expérience et ses voyages d’études en Europe et aux Etats-Unis pour proposer une réforme dont l’objectif principal est la moralisation et l’amendement des détenus. Il envisage un système progressif, jusqu’à une libération aidée par des sociétés de patronage, système qui implique une individualisation de la peine. Il se montre favorable à l’isolement cellulaire des détenus les moins aguerris afin d’éviter la corruption. C’est immédiatement à la suite de la parution de la première édition de cet ouvrage que fut mise en œuvre une réforme des prisons départementales en France (cf. J.-C. Vimont, Saint-Brieuc et Charles Lucas, Criminocorpus). Accident à une planche sans manque. Quelques rousseurs éparses. Très bon exemplaire, bien relié à l’époque. Une note manuscrite précise que l’ouvrage provient de la bibliothèque de l'auteur, Charles Lucas.
In-12, broché, couverture imprimée de l'éditeur, xxiii, 407 p. Recueil de notes composées par Félix Pécaut à l'occasion des conférences qu'il prononça à l'Ecole Normale, édité par son fils Elie après sa mort. Théologien protestant et pédagogue, organisateur et directeur de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, inspecteur général de l'Éducation nationale, Félix Pécaut (1828-1898) est l'une des personnalités centrales dans l'histoire de l'éducation publique sous la Troisième république. Dos fendillé avec renfort de papier collant. Parfait état intérieur.
In-8, broché, couverture de l'éditeur, (4), 172 et 32 p. de catalogue. Edition originale.
In-12, pleine percaline imprimée de l'éditeur, dos lisse, 297 p., tableau dépliant. L'importante contribution de Jules Steeg à l'élaboration et la diffusion d'une morale républicaine et laïque, bien que spiritualiste, reposant sur les grands principes du cousinisme. Protestant libéral Premier pasteur de la paroisse protestante de Libourne jusqu'en 1877, Jules Steeg fut un fervent défenseur de la République. Elu député de la Gironde en 1881, il participa au cabinet Jules Ferry pour mettre en place l'école gratuite, laïque et obligatoire et fut nommé inspecteur général de l'enseignement primaire. Exemplaire partiellement débroché, percaline frottée, papier unifromement bruni.
In-12, demi-toile grise de l'époque, titre doré, (4), 197, (1) p. Edition originale. Disciple et collaborateur de Renouvier, F. Pillon donne un exposé fidèle de la doctrine du théologien protestant et philosophe suisse Charles Secrétan, suivi d'un examen critique, en particulier de sa tentative de synthèse religieuse. Disciple de Friedrich Schelling, d'Alexandre Vinet, influencé par Jules Lequier, Secrétan fut lui-même l'ami de Charles Renouvier. L'une des rares études d'ensemble sur Charles Secrétan. Bon exemplaire.
In-8, broché sous coutures, (1) f. de titre, (2) p. d'Avis de l'éditeur, 86 p. Edition à la date de l'originale de ce célèbre récit de détention et d'évasion, augmentée de "Extrait du mémoire de M. de Comeyras" et d'une "Addition du mémoire". Le titre courant porte: "Mémoires du sieur Henri Masers de Latude, contenant les opérations qu'il a pratiquées pour se sauver une fois de la Bastille, & deux fois du donjon de Vincennes, avec la suite de ces événements". La rédaction du texte est attribuée, par Barbier, à Jean-Yrieix de Beaupoil marquis de Saint-Aulaire. Aventurier excentrique, Masers de Latude passa 35 années (1749-1784) en prison pour avoir adressé une machine infernale à la marquise de Pompadour. Il parvint à s'évader de La Bastille en 1766. Arrêté à Amsterdam, il fut emprisonné à Vincennes d'où il s'évada encore à deux reprises, mais fut chaque fois repris. Sa libération définitive n'intervint qu'en 1784. "Peu d’hommes ont pris dans l’imagination populaire une plus grande place. Le célèbre prisonnier semble avoir résumé dans sa vie de souffrances toutes les iniquités d’un gouvernement arbitraire" (F. Funck-Brentano). De fait cette brochure, qui eut un immense succès, contribua au climat d'agitation prérévolutionnaire. La Révolution fit de Latude un héros de la lutte contre l'arbitraire royal et l'Assemblée lui octroya une pension. Bon exemplaire, imprimé sur beau papier de Hollande, entièrement non rogné.
In-8 (168 x 110 mm), plein vélin souple de l'époque à rabats, (1) f. de titre, (46), 286 p., (1) f. bl. Rarissime première édition française, dans la traduction de François de Belleforest, "plus rare et plus recherchée que l'édition latine originale publiée à Bâle la même année" (Blackmer). Cet ouvrage demeure l’une des sources contemporaines fondamentales sur le conflit qui opposa, de 1570 à 1573, l'Empire ottoman à la République de Venise appuyée par la Sainte-Ligue, sur l’histoire de la conquête Chypre (1570-1571) par les Turcs et sur les relations entre l’Empire ottoman et Venise, l’auteur ayant été un protagoniste direct des événements et ayant eu accès à des documents inédits et de première main. Important représentant de l’historiographie humaniste, Pietro Bizzari (1530-1584) se convertit très tôt au protestantisme et quitta Venise. Entré en relation avec les principales personnalités de l’Europe des humanistes, il exerça d’importantes responsabilités universitaires, éditoriales, politiques et diplomatiques, à Wittenberg, en Angleterre sur la recommandation de Philipp Melanchthon, auprès d’Edouard VI, de James Stuart et de la reine Elizabeth Ier, puis à Bâle, à Anvers au sein du cercle de Plantin et auprès de l’électeur Auguste de Saxe au service duquel il entra. Cf. M. Firpo, 'Pietro Bizzarri esule italiano del cinquecento', Torino, Giappichelli, 1971. (Atabey, 110-111. Blackmer, 147. Brunet, II, col. 1956 qui signale que cette édition est "rare". Cobham-Jeffery, p.5. Göllner, I, 1612. M. Simonin, 'François de Belleforest', n°117). Sans la carte annoncée à verso du titre, qui ne se rencontre que dans un très petit nombre d’exemplaires. Titre renforcé dans la marge intérieure. Quelques petites auréoles et infimes défauts de papier. De la bibliothèque de Victor Duchâteau (1823-1905), avocat et bibliophile rémois avec ex-libris. Trois petites signatures ex-libris anciennes sur le titre dont une légèrement grattée. Très bon exemplaire, grand de marges, dans sa première reliure de vélin souple.
4 tomes en 3 très forts volumes in-4, demi-chagrin de l'époque, dos à 4 nerfs plats ornés de compartiments garnis d'un décor doré d'encadrement, de palettes et filets dorés en tête et pied, tranches mouchetées. Seconde édition, revue, corrigée et augmentée. Les troisième et quatrième volumes, qui contiennent la table générale, ont été donnés pour prolonger l'ouvrage aux institutions de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. Selon Camus-Dupin (n° 2326): "Le commentaire le plus étendu qui ait encore paru sur le Code d'instruction criminelle". Les travaux de Joseph Carnot ont été largement mis à profit lors des révisions libérales du Code pénal instituées par la loi du 28 avril 1832, dans le sens d'un assouplissement du dispositif répressif, en particulier par la suppression des peines corporelles et l'institution d'une échelle des peines politiques distinctes de celles de droit commun. Frère de Lazare Carnot, magistrat juge à la Cour de cassation, l'auteur avait été l'un des membres de la commission chargée de réviser le Code pénal. Il fut élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1832. Ex-libris "G. Demartial" doré en pied. Bon exemplaire, frais, bien relié.
2 parties en un volume in-8, plein veau, dos à 4 nerfs, plats ornés d'un jeu d'encadrement de filets à froid garnis d'un fleuron en écoinçons (rel. américaine de l'époque - full paneled contemporary american calf), (10), 220 p., (1) f., vi, 76 p., (1) f. errata. Edition originale (First edition) de cet ouvrage, selon A. Burckhardt: "Genève présentée aux Bostoniens". Né à Caen en 1692, Andrew Le Mercier, poursuivit ses études de théologie à Genève et embarqua pour l'Amérique où il devint pasteur à Boston à partir de 1715. The "Political and Geographical account…" has special title page and separate paging. "In 1729, French Protestant minister André Le Mercier worked, along with 13 other ministers, to create the Presbytery of Londonderry in New England. This was the first presbytery in New England and the only colonial presbytery that ever attracted a Huguenot minister (...). For some ministers Le Mercier offered an important bridge between Old and New World religious traditions. In 1732 le Mercier published [this] two-volume work (…). He was the only minister in all of New England with any direct knowledge of ecclesiastical and church practice in Calvin's home city, and he took special care to explain Geneva's parish system to his New England colleagues for whom formal parishes were becoming increasingly important in the eighteenth century" (Jon Butler, 'The Huguenots in America: A Refugee People in New World Society', Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1983, 88). (Cf. A. Burckhardt, in ‘Bull. de la Soc. de l'Hist. du Protestantisme Français’, 1991, p. 613-637. Brinley Sales, 7593. Early American Imprints, I, n°3557. Evans, 3596). Petit manque de papier en marge de la p. 27 de la deuxième partie avec perte de qqs caractères. Quelques rousseurs. Provenance: "Jos. Green, 1732" owner's signatures to title page and "The gift of Mr. Edward Jackson" handwritten from the same hand. Bel exemplaire conservé dans une reliure américaine de l'époque (A very nice early American binding in excellent condition).
In-12, cartonnage marbré à la Bradel, titre doré (reliure signée Laurenchet), [16] feuillets, grande marque de titre sur bois à l’aigle couronné à deux têtes et lettrines historiées. Edition originale et unique. Humaniste et médecin italien mort à Florence, Paolo Giovio (1483-1552), en français Paul Jove, a été l'un des chroniqueurs et historiens les plus réputés de son temps. Il fut ainsi l’un des principaux chroniqueurs des guerres d'Italie et d’Allemagne à propos desquelles il livre ici ses réflexions sous forme de dialogues fictifs entre Arioviste, chef des Suèves et Jules César. Ces "Dialogues" sont suivis d’une lettre à Johann Friedrich I, le Magnanime, Prince Electeur de Saxe (en allemand Johann Friedrich I von Sachsen, der Großmütige) et à Philippe Ier de Hesse (Philipp I, Landgraf von Hessen). La brochure a été imprimée à Cologne (Köln) chez Jaspar von Gennep. (VD16 ZV 6636). Très bon exemplaire, très frais, grand de marges, très bien relié.
Ensemble de 2 ouvrages reliés en un volume in-12 (126 x 70 mm) , plein parchemin ivoire de l'époque. 1- Attribué par les contemporains à H. Estienne, ce pamphlet pourrait avoir été également composé par Th. de Bèze, Hotman ou R. de la Planche. "Pamphlet très violent, écrit pendant la régence de 1574 contre la 'tyrannie' et les 'vices' de Catherine de Médicis, histoire des guerres de religion où les responsabilités sont rejetées sur la reine. L'auteur, qui se donne comme un catholique modéré, semble être un huguenot apparenté au parti des Politiques" ('Sources de l'Histoire de France', 2240). (Cf. Renouard, 'Estienne', 142-143, n°8. Brunet, II, 751). 2- Recueil de pamphlets qui concernent autant Henri III qu'Henri IV. Contient : I- "Journal du règne de Henry III" [par Servin, avocat général au parlement de Paris]. II- "L'Alcandre, ou les amours du Roy Henry le Grand" [chronique scandaleuse attribuée à la Princesse de Conti]. III- "Le divorce satyrique, ou les amours de Reine Marguerite de Valois..." [pamphlet très violent contre Marguerite de Valois attribué à P.-V. Palma Cayet]. IV- "La confession de M. de Sancy par L.S.D.A. auteur du Baron Feneste" [texte peu connu de Théodore Agrippa d'Aubigné]. Léonce Brouillant (in 'Pierre du Marteau', p. 179) précise que ce dernier recueil, publié sous une adresse fictive de Cologne, aurait été comme le précédent publié à La Haye par Adrian Vlacq. (Brunet, IV, 1146) Bon exemplaire, relié à l'époque.
In-8 (188 x 118 mm), pleine peau de truie estampée sur ais de bois, dos gothique à 5 nerfs ornés d'un décor de rinceaux, grandes armes d'Auguste Ier de Saxe (August von Sachsen) dans un large cartouche au centre des plats légendées "Von Gottes gnaden Augustus Herzog zu Sachsen des heiligen Römischen Reichs", encadré d'une roulette comportant également ses armories, des portraits en médaillon dans un décor de rinceaux, initiales "A W E / G G O V" en tête et date de "1574" en pied estampés au noir, quatre fermoirs en laiton ciselé conservés, coupes biseautées, tranches rouges (reliure allemande de l'époque), (22), 888 p., (1) f. bl., portrait de l'auteur gravé sur bois au titre. Édition imprimée à Leipzig par Hans Rambau, du compendium de ses oeuvres donné par Philip Melanchthon lui-même l'année de sa mort, afin de fournir la première dogmatique protestante. Conçu dans un but pédagogique, il était destiné à diffuser les principes de la Réforme en matière de dogme et de liturgie. Contient: "La Confession de foi luthérienne": la confession d'Augsbourg ("Confessio Augustana") et son "Apologia confessionis"; Les "Lieux communs théologiques" ("Loci communes"); "Examen eorum, qui audiuntur ante ritum publicæ ordinationis" sur l'ordination sacerdotale; la réfutation des doctrines de Michel Servet et des anabaptistes ("Responsiones erroris Serveti et Anabaptistarum") ainsi que la réponse à Francesco Stancaro ("Responsio de Controuersijs Stancari"). Portrait de Melanchthon gravé sur bois au titre. Le nom de l'éditeur est donné au colophon. L'ouvrage est dédicacé à l'empereur Charles V. (Bindseil, 'Bibliotheca Melanchoniana', n°63. VD16 M 2890). Exemplaire aux grandes armes d'Auguste Ier de Saxe (August von Sachsen) estampées à froid sur les deux plats, légendées "Von Gottes gnaden Augustus Herzog zu Sachsen des heiligen Römischen Reichs" ("Par la grâce de Dieu, Auguste, duc de Saxe du Saint Empire romain germanique"). On trouve également ses armories incorporées à la roulette d'encadrement des plats au sein d'un décor de portraits en médaillon et de rinceaux. Electeur de Saxe de 1553 à sa mort, Auguste Ier (Freiberg, 1526 – Dresde, 1586), comte palatin de Saxe et margrave de Misnie de 1556 à sa mort, a été l'un des principaux protecteurs du parti luthérien dans le Saint Empire entre 1570 et 1586. Il est le responsable du privilège accordé à l'éditeur de ce volume ("Cum priuilegio Pr. Aug. Elect. D. Sax."). Ex-libris autographe du théologien Johannes Georgius Gottsmann de Hartroda en Thuringe sur le premier contre-plat à la date du 23 juillet 1674. Ainsi qu'un ex-dono autographe de Heinr[ich] Andr[ea] Friederici, à la date de 1719. Papier légèrement bruni. Petits accrocs de papier sans gravité ni perte à la marge extérieure du titre. Le décor du plat supérieur et du dos est estompé. Très bon exemplaire, bien conservé, dans sa première reliure allemande de truie estampée.
5 tomes en 4 volumes in-folio (391 x 250 mm), plein veau blond marbré de l’époque, dos à 6 nerfs guillochés or, ornés de caissons richement fleuronnés et cloisonnés, armes dorées au centre des plats, pièces de titre et de tomaison de veau havane et blond, coiffes et coupes filetées or, tranches rouges. Edition la plus complète des oeuvres collectives de Pierre Bayle, donnée par Pierre Desmaizeaux, proche protégé de l'auteur. "Edition qui doit être préférée à celle de 1727-31, parce qu'elle contient, de plus que la première, cent cinquante lettres à sa famille, formant un cahier de 211 pages qui est placé à la fin du premier volume" (Brunet). "Ce recueil contient tous les ouvrages publiés de Bayle, hors le dictionnaire. Il comprend aussi tout ce qui avait été imprimé de la correspondance" (Delvolve, 'Pierre Bayle…', Bibliographie, p. 436). Selon le catalogue de la BnF, qui se fonde sur le matériel typographique, cette édition aurait été imprimée en France, probablement à Trévoux. Vignette de titre allégorique gravée par Frederik Ottens, d'après Bernard Picard. Table des matières en tête de chaque volume et table des matières de l'ensemble en fin du volume IV. Le premier volume renferme plusieurs gravures sur bois dans le texte et 3 planches hors texte sur cuivre (pages 518, 578 [placé face 584] et 600). Le volume III est divisé en deux parties sous page de faux-titre, titre particulier et pagination continue. Le volume IV renferme plusieurs illustrations sur bois dans le texte dont trois grandes représentations des systèmes planétaires de Ptolémée (p. 394), de Ticho-Brahé (p. 398) et Copernic (p. 401). Quelques rousseurs et petites auréoles éparses. Quelques traces de restauration à la reliure. Très bel exemplaire en veau blond de l'époque aux armes de Jean-Claude Fauconnet de Vildé (1694–1765) dorées sur les plats (aux volumes II, II et IV). Ecuyer, conseiller du roi et de la Ville de Paris, il devint avocat à la cour et au Parlement (Catalogue des livres de feu M. Fauconnet de Vilde, Paris, de Bure le jeune, 1765, p. 24). (Guigard, II, 210. OHR, pl. 1654).
In-8, demi-veau havane de l'époque, dos à 4 faux-nerfs plats ornés d'un jeu de filets dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bleu, tranches marbrées, xix, (1), 499, (5) p. d'errata et table. Edition originale illustrée de nombreux tableaux statistiques. Préfet de police et inspecteur général des prisons de la Seine, Moreau-Christophe entra dans le service actif des prisons après 1830. "Ses livres constituent une mine d'informations" (M. Perrot, ‘L'impossible prison’). (Coquelin & Guillaumin, II, 251. P. O'Brien, p. 329). Quelques rousseurs. Une note manuscrite signale que l'ouvrage proviendrait de la bibliothèque de Charles Lucas. Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.
Petit in-folio oblong (410 x 280 mm), percaline vert bronze éditeur orné de motifs rocaille dorés et à froid, titre doré, 21 lithographies sur fond teinté, dont le titre. Edition originale de cet album conçu lors d'une assemblée générale des fondateurs de Mettray, le 12 mars 1843, "véritable opération de communication" pour promouvoir, sous forme d'une visite en images, la célèbre colonie agricole pour jeunes délinquants fondée Frédéric-Auguste Demetz en 1839. Les planches ont été confiées pour le dessin à Jean-Alexandre Thierry, élève de l'architecte de la colonie Abel Blouet et à Sauvé et Faivre pour la lithographie. L'album comprend le titre dans un encadrement architectural et allégorique, suivi de 20 vues de la colonie et des activités des détenus: vue générale des bâtiments, vue bucolique du village, intérieur et aménagements, salle de classe, réfectoire, dortoir, infirmerie, atelier des cordiers, exploitation de la carrière, horticulture, gymnastique, école de natation, etc. En un siècle (1839-1937), la colonie de Mettray tenta de "redresser" par le travail plus de 17.000 jeunes âgés de 6 à 21 ans, en les arrachant à la prison. Nichée au coeur de la Touraine, l'institution philanthropique sans mur, aux allures de jardin, se transforma rapidement en véritable bagne pour enfants. L'écrivain Jean Genet, y passera près de trois ans et Michel Foucault l'érigera en modèle de l'archipel carcéral. Cf. J. Bourquin et E. Pierre, 'Une visite à Mettray par l'image: l'album de gravures de 1844', in "Sociétés & Représentations", 2004/2 (n° 18), p. 207-216. Cartonnage légèrement frotté, coins émoussés, piqûres et rousseurs, soutenues sur certaines planches.
In-8, demi-veau havane de l'époque, dos à 4 faux-nerfs plats ornés d'un jeu de filets dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bleu, tranches marbrées (petits accrocs à la coiffe sup.), xlvij, 436 p. Edition originale illustrée de nombreux tableaux statistiques. Préfet de police et inspecteur général des prisons de la Seine, Moreau-Christophe entra dans le service actif des prisons après 1830. "Ses livres constituent une mine d'informations" (M. Perrot, ‘L'impossible prison’). La première partie contient le compte rendu d'une importante enquête effectuée sur le terrain à travers l'ensemble de l'institution pénitentiaire française, des maisons de dépôts aux bagnes: Classification, administration, bâtiments, les détenus, régime, etc. La seconde est consacrée à un projet de réformes "morales, matérielles et administratives", dans lequel l’auteur expose sa théorie des 4 systèmes : expiatoire, exemplaire, pénitentiaire et "obviatoire". (Coquelin & Guillaumin, II, 251. P. O'Brien, p. 329). Quelques rousseurs. Une note manuscrite signale que l'ouvrage provient de la bibliothèque de Charles Lucas. Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.
In-4, plein vélin rigide de l'époque, dos titré à la plume, (16), 364, (14) p. Edition princeps de la célèbre autobiographie testamentaire d'Uriel da Costa ('Exemplar humanae vitae'), composée à la veille de son suicide en 1640 et publiée "presque par hasard" (Daniel Lacerda) quarante-sept années après sa mort. Elle est insérée entre les pages 341 et 354 d'un recueil qu'un ministre calviniste arminien, Philip Van Limborch professeur à Amsterdam (1633-1712), consacre à la défense de la "vérité de la religion chrétienne", en discussion avec un Juif érudit, Isaac Orobio de Castro (c.1617-1687), lui-même réfugié du Portugal à Amsterdam. Éditée d'après un manuscrit et peut-être révisée, "Une vie humaine" est suivie de sa réfutation par Limborch. Né au sein d'une famille portugaise marrane, Uriel Da Costa (1585-1640) s'installa à Amsterdam en 1617 et revint au judaïsme, mais il entra bientôt en conflit avec la synagogue. Soumis à une humiliante pénitence publique, il se suicida. Ce document demeurait l'unique seule source d'informations sur Uriel da Costa jusqu'à la découverture récente (1990), à la bibliothèque d'Amsterdam, d'un exemplaire unique d'un autre de ses textes que l'on croyait perdu ("Exame das tradições fariseas") et qui le place aux côtés de Spinoza, dix années avant la condamnation de celui-ci, parmi les victimes du durcissement doctrinaire des autorités juives d'Amsterdam. "Cette autobiographie écrite par Uriel da Costa en 1640 avant de se suicider, reflète toute la culture et toutes les interrogations religieuses de cet esprit qui passa du christianisme-marranisme au judaïsme puis au sadducéisme, enfin au déisme vénérant la Nature. Juif portugais d'Amsterdam, Gabriel, devenu Uriel da Costa, reflète - lui et toute sa famille, affiliée à celle de Spinoza - les recherches de cette société des nouveaux convertis du Portugal et des pays occidentaux au XVII° siècle" (Béatrice Leroy). Cf. I.S. Revah, H. Méchoulan et coll., 'Des Marranes à Spinoza', Vrin, 1995, passim. (Bamberger, 'The printed literature of Spinozism', n° 67. Fürst, 'Bibliotheca judaica', I, p. 17). Quelques rousseurs éparses. Petite trace de restauration de vélin au dos. Très bon exemplaire, très bien conservé dans sa première reliure hollandaise de vélin rigide.
3 parties reliées en un fort volume in-8, plein vélin polychrome sur ais de bois, dos de vélin vert céladon à 4 faux-nerfs orné de guirlandes dorées, plats garnis d’un décor de compartiments délimités de guirlandes, fleurs avec feuilles et tige mosaïquées rouge et vert sur fond ivoire aux 4 coins, réserve noisette en cintre, fleuron doré dans un médaillon rouge au centre, tranches dorées et ciselées, contreplat de papier peint polychrome, provenance datée gravée au noir sur le premier plat: "GK / GFE / 1797" (reliure de l’époque). Remarquable spécimen de reliure allemande dite "reliure de paysan" ("Bauerneinband"), réalisée à partir de techniques mixtes associant teinture, dorure, estampage, mosaïque et incrustation, colles et vernis. Ces reliures, inspirées par le folklore et l’esthétique populaire, ont été réalisées de la fin du XVIIe au début du XIXe s. à destination d'une clientèle aisée. Elles recouvrent essentiellement des livres religieux ou de dévotion en milieu réformé, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Scandinavie et dans les Balkans. Décor légèrement passé. Bel exemplaire, bien conservé, sans restauration.
2 volumes in-12, demi-maroquin rouge cerise de l’époque, dos lisses ornés de compartiments garnis d’un jeu de doubles filets et petits fers spéciaux répétés au centre, titre et tomaison dorés, tranches citron, viii, (2), 462 p. et (4), 422 p., portrait gravé en frontispice. Edition originale. Issu d'une famille de huguenots français réfugiés en Prusse, pasteur, professeur, journaliste, détenteur de la chaire de philosophie puis devenu doyen de l'Académie de Berlin, Johann Heinrich Samuel Formey (1711-1797) occupa une position clef dans l'Europe culturelle de son temps. Spécialiste et introducteur de Christian Wolff en France, défenseur modéré des Lumières, il fournit plusieurs articles à l'Encyclopédie (dont "Dieu") tout en entretenant des rapports parfois difficiles avec Voltaire et les Encyclopédistes. Cet ouvrage contient le recueil de vingt-deux essais philosophiques dont certains avaient paru séparément: la liberté, le sommeil, les songes ("l’un de ses écrits les plus remarquables"), le suicide, l'usure, la matière, le bonheur, les preuves de l'existence de Dieu, "la réformation de la justice", la "physique appliquée à la morale", etc. (Haag, V, p. 144, n° 54. Cf. E. Marcu, 'Un encyclopédiste oublié: J.-H.S. Formey'). Quelques brunissures et petites auréoles éparses. Bon exemplaire, bien relié à l’époque.
In-8, broché, couverture de papier moderne, 40 p., planche gravée hors texte et 2 grandes vignettes par Eisen. Edition originale de ce texte qui sera repris par l'auteur dans son "Héroïde". Illustration d'après Eisen comprenant la célèbre planche représentant la découverture du corps du fils aîné des Calas pendu et 2 grandes vignettes en bandeau et cul-de-lampe gravés sur cuivre l'une par J. Massard, l'autre par E. de Ghendt. (Cohen, p.155. Colon, 'Siècle des Lumières', 62:291. Coquerel, 'Jean Calas et sa famille', n°67). Quelques rousseurs et piqûres.
In-12, demi-veau de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (4), 128, (1) p. errata. Edition originale et unique, rare, de ce discours prononcé par Le Trosne, avocat du Roi converti à la cause physiocratique, plaidoyer en faveur d'une réforme en profondeur de la législation aux fortes implications sociales et économiques. "A l'ouverture des audiences du bailliage d'Orléans, le 15 novembre 1763, Le Trosne s’élève contre l’arbitraire des lois, trace un tableau des devoirs du ministère public et critique la législation pénale de son temps ainsi que l’horrible iniquité de la torture. Ses convictions physiocratiques et son intérêt pour les questions économiques l’engagent à rechercher la corrélation entre le juste et l’utile et à examiner les répercussions favorables d’une saine morale publique sur l’économie nationale, en accompagnant sa démonstration de nombreuses et amples "notes économiques" gage de son ralliement aux Physiocrates" (Cf. Daire, 'Physiocrates', II, p. 88). (Conlon, 'Siècle des Lumières', 64:987. Goldsmiths, 10051.1. Weulersse, 'Mouvement physiocratique', I, p.xxvii). Relié avec: SERVAN (Joseph-Michel-Antoine). Discours sur l'administration de la justice criminelle. Genève, 1767. (4), 152 p. et SERVAN. Discours (...) dans la cause d'une femme protestante. Genève & Grenoble, J.S. Grabit, 1767. (4), 112 p. "Toutes les théories sociales, qui vingt cinq ans plus tard devaient renouveler la face de l'Europe et tracer une nouvelle voie à la civilisation, étaient exposées et développées dans ces discours" (Larousse). Qqs auréoles claires à qqs feuillets. L'ouvrage de Le Trosne est relié en fin. Bel exemplaire, très frais très bien relié à l’époque.
In-8, broché sous couture, couverture d'attente d'origine, 63 p. Edition à la date de l'originale. Avocat au Parlement de Paris et ami de Jean-Jacques Rousseau, Loyseau de Mauléon fut l'un des plus ardents défenseurs de la famille Calas lors de ce procès qui le rendit célèbre. J.-J. Rousseau dans ses “Confessions”, cite avec admiration Loyseau, sa hauteur de vues et son style, monument d'éloquence qu’il compare aux Anciens. (Coquerel, ‘Jean Calas et sa famille’, Bibliographie, n°28, p. 488). Couverture défraîchie. Exemplaire non rogné.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de veau havane, roulette sur les coupes, tranches jaspées, 251, (21) p. dont un faux-titre et deux titres. Edition originale de cette réfutation des 'Pensées philosophiques' de Diderot dans laquelle l'auteur dispose le texte intégral de Diderot et sa propre réfutation en regard, page à page. Le faux-titre: "Pensées philosophiques et pensées chrétiennes, mises en parallèle ou en opposition" est suivi de deux pages de titre: celle des 'Pensées philosophiques', à l'adresse et à la date de l'édition originale (« La Haye, aux dépens de la Compagnie, 1746 »), face à celle des Pensées chrétiennes. Cette réfutation est l'oeuvre du pasteur lausannois Georges P.G. Polier de Bottens (1675-1759). Issu d'une famille renommée de Lausanne, il était docteur en théologie morale et devint professeur et recteur de l'Académie de sa ville. Adversaire résolu des Lumières, il avait pourtant pour neveu Antoine Noé Polier de Bottens, ami et correspondant de Voltaire et auteur de plusieurs articles pour l’Encyclopédie. (Adams, PD16, II, p.286. Tchemerzine-Scheler, II, p. 918-919). Un dernier feuillet de catalogue annoncé par une réclame (« CA ») n'est pas présent. Ce catalogue manque également à l'exemplaire de la BnF, à celui décrit par Tchemerzine, ainsi qu'à l'ensemble des exemplaires recensés par WorldCat. Il n'a probablement jamais été inséré. Bon exemplaire, très frais, bien relié à l'époque.
In-12 (100 x 151 mm), broché, cartonnage crème d'attente de l'époque, (8), 133, (1) p., grande vignette de titre gravée. Prima edizione della traduzione italiana di francese da Jean Bernardo de la Baffarderie, "ggiuntavi di nuovo una canzone del cavalier Marini in morte di detto Ré". D’abord lié à la Ligue, Pierre Matthieu devint secrétaire du duc de Nemours puis soutint le futur Henri IV. Il contribua à son entrée à Lyon en 1595 et le suivit à Paris où il devint son historiographe officiel. Composé par un familier du roi témoin oculaire des événements qu’il relate, cet ouvrage est riche de nombreux détails alors inédits. Il est cité comme l’une des sources de première main pour l’histoire de l’assassinat de Henri IV (Pour l’édition française cf. Brunet, III, 1532. Sources de l’Histoire de France, 3257. Tchemerzine-Scheler, IV, 635). Manque de papier au dos de la reliure. Très bon exemplaire, très frais, très bien conservé, tel que paru.
2 ouvrages reliés en un volume in-8 (195 x 124 mm), plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre de maroquin bordeaux, triples filets d'encadrement sur les plats, roulette sur les coupes, tranches jaspées. 1- Édition originale, rare. Le premier essai politique de Robespierre, alors jeune avocat âgé de 26 ans, qu’il composa en réponse à un concours ouvert par la Société royale littéraire de Metz en 1784, et pour lequel il obtint une médaille d’or ainsi qu’un prix de 400 livres. En homme des Lumières disciple de Montesquieu et de Beccaria, sur un mode modéré mais en un style lyrique et enflammé qui sera sa marque, Robespierre critique l’arbitraire de la justice de son temps et soumet un plan de réforme de la justice pénale. Il propose de bannir le déshonneur imposé aux familles des condamnés, plaide pour la suppression de la confiscation de leurs biens, pour l’égalité devant le châtiment et pour que les bâtards puissent accéder à la condition de citoyen à part entière. (Martin & Walter, 29526/1). 2- Edition originale. L'essai, en tête du volume, composé par le juriste et académicien Pierre-Louis Lacretelle (1751-1824) fut couronné en même temps que celui de Robespierre. Devançant celui-ci, Lacretelle obtint le premier prix, Robespierre le second, mais on décida que la récompense serait la même. Si les deux mémoires comportaient "nombre d'idées semblables", de celui de Lacretelle, on vanta "la hauteur de ses considérations philosophiques et morales, la sagacité de son esprit, la justesse de ses idées et l’humanité de ses sentiments". En 1823, en publiant ses Œuvres complètes, Lacretelle revint sur cette rencontre avec Robespierre : "Rien, dans ce début, ne promettait le personnage qu’on a vu sept ans après. On pourrait croire qu’il s’ignorait encore lui-même. Il faut avoir vu toute une révolution pour savoir à quel point elle peut transformer un homme, ou plutôt développer en lui des poisons cachés et encore sans fermentation". Infimes accrocs à un mors. Très bel exemplaire, très frais, grand de marges, très bien relié à l'époque.